Royaume de Pologne (1916-1918)

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Royaume de Pologne
Królestwo Regencyjne pl

19161918

Drapeau Blason
Informations générales
Statut Monarchie
Capitale Varsovie
Monnaie Mark polonais
Histoire et événements
5 novembre 1916 Déclaration de Guillaume II et de François-Joseph
11 novembre 1918 Création de la Deuxième République de Pologne
Conseil de régence
Cardinal Kakowski
Prince Lubomirski
Józef Ostrowski
Président des ministres
Jan Kucharzewski
Antoni Ponikowski
Jan Kanty Steczkowski
Ladislaw Wróblewski

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Le Royaume de Pologne (1916–1918), également appelé officieusement Régence du Royaume de Pologne (en polonais : Królestwo Polskie), est un État créé à partir des territoires occupés par l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie de l'ancien Royaume du Congrès (russe), sans avoir toutefois de frontières définies, d'après la déclaration du 5 novembre 1916 des empereurs d'Allemagne et d'Autriche-Hongrie Guillaume II et de François-Joseph et imaginé comme un État fantoche de l'Empire allemand.

La conquête de la Pologne russe[modifier | modifier le code]

En 1915, les succès austro-allemands face à l'armée de la Russie permettent aux empire centraux de chasser les troupes russes de Galicie[1], et d'occuper la Pologne russe, lors d'une bataille de rupture commencée le 2 mai 1915 sur toute la longueur du front[2]. Le 13 juillet 1915, une nouvelle offensive est lancée, et remplissant une partie des objectifs assignés, aboutit à la conquête de Varsovie[1].

La Pologne russe, butin de guerre austro-allemand[modifier | modifier le code]

Au mois de mai 1916, les puissances centrales précisent les objectifs poursuivis en Pologne : les territoires polonais doivent leur revenir[3], dans le cadre d'une politique orientale plus large de création d'États vassaux[4]. Mais ce programme de vassalisation de la Pologne provoque l'hostilité de Burian, ministre austro-hongrois des Affaires étrangères, ce qui repousse sa réalisation à une date ultérieure[5], mais est appuyé par de puissants intérêts économiques dans le Reich[6] : le Reich espère ainsi la mise sous tutelle économique de la Pologne par le contrôle des exportations du pays, notamment par le biais de participations majoritaires dans les chemins de fer[7].

Les territoires devant constituer le royaume de Pologne sont ainsi traités comme un butin de guerre que les puissances centrales se partagent et octroient à des soutiens en fonction de leurs intérêts : ainsi, en 1918, lors du traité entre le gouvernement ukrainien et l'Autriche-Hongrie, Ottokar Czernin, ministre austro-hongrois des affaires étrangères, donne à l'Ukraine nouvellement indépendante, un certain nombre de territoire polonais en échange d'un traité commercial favorable à la double monarchie[8].

Face à ces propositions, les responsables de la double monarchie proposent la mise en place d'une union douanière sur le modèle de celle qui régit les relations commerciales entre le Reich et l'Autriche-Hongrie[9].

Dévolution de la Couronne de Pologne[modifier | modifier le code]

À partir de 1915, d'âpres négociations entre le Reich et son allié autrichien aboutissent à la dévolution de la couronne de Pologne à un prince Habsbourg. En effet, destinée à devenir une monarchie constitutionnelle[9], le royaume doit échoir à Charles-Etienne de Teschen[10].

Cependant, ces projets de vassalisation de la Pologne au Reich suscite de fortes oppositions de Burian[5], de plus en plus appuyé par les responsables austro-hongrois au fil des mois[11].

Projets constitutionnels[modifier | modifier le code]

La proclamation du 5 novembre 1916 garantit non seulement la création d'un royaume, mais aussi l'octroi d'une constitution au futur royaume[12]. Proposé par Wolfgang von Kries, directeur des services administratifs du gouvernement général de Varsovie, le projet constitutionnel est rendu public le 15 novembre 1916, et, calqué sur la constitution du royaume de Prusse (à l'exception notable du droit électoral), confie dans les faits le gouvernement aux conservateurs[12].

Un royaume sous strict contrôle allemand[modifier | modifier le code]

Tout au long du conflit, les milieux économiques, politiques et militaires allemands insistent d'ailleurs sur la nécessité du strict contrôle de la Pologne par le Reich[10].

En dépit des ambitions autrichiennes sur le royaume, le Reich prend de plus en plus le contrôle de l'économie du Royaume, placé de fait, en dépit de la « cerise autrichienne sur le gâteau »[10]; ainsi, en 1916, les fonctionnaires prussiens en poste auprès des autorités d'occupations mettent en place les moyens institutionnels de lier intimement et à long terme l'économie du futur royaume à l'économie du Reich[12] : ainsi, les régions industrielles de la Pologne prussienne disposeraient d'un arrière-pays propice à leur développement, arrière pays fournisseur de matières premières[12]. De plus, le nouveau royaume appartiendrait à l'union douanière germano-austro-hongroise élaborée à partir de 1915, limitant le développement industriel du futur royaume[12], pour une durée minimale de trente années[13].

Au cours de l'année 1917, malgré les soubresauts politiques en Pologne occupée[14], le Reich tente de mettre en place sa politique, acceptée par les Autrichiens lors des échanges de Kreuznach de mai 1917[15].

Jusque dans les jours précédant la reddition allemande de novembre, le gouvernement du Reich crée les conditions de la mise sous tutelle de la Pologne, le contrôle de la Pologne constituant un préalable indispensable au contrôle de l'Ukraine et de la Russie[16]: le 24 septembre 1918, par exemple, les négociations austro-allemandes sur la question polonaise portent sur la frontière occidentale du nouveau royaume[16].

Dissolution du Royaume de Pologne[modifier | modifier le code]

Les traités de paix du début de l'année 1918 ayant déjà amputé le futur royaume de larges parties de son futur territoire, les membres du gouvernement de Varsovie démissionnent et adoptent une attitude hostile aux puissances centrales[8].

À partir des échecs allemands de l'été 1918, les représentants du Reich, qui avaient évincé les autrichiens du contrôle du royaume, envisagent, sous la pression de l'épuisement des troupes allemandes, une autre solution que la constitution d'un royaume de Pologne[17]. Ainsi, au fil des jours, les autorités allemandes d'occupation en Pologne tentent, sous couvert des arguments de libre disposition des peuples et de lutte contre la révolution bolchevique russe pour justifier le maintien du contrôle allemand sur la Pologne[18].

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fritz Fischer (trad. Geneviève Migeon et Henri Thiès), Les Buts de guerre de l’Allemagne impériale (1914-1918) [« Griff nach der Weltmacht »], Paris, Éditions de Trévise,‎ 1970, 654 p. (notice BnF no FRBNF35255571)
  • Annie Lacroix-Riz, Le Vatican, l'Europe et le Reich : De la Première Guerre mondiale à la guerre froide, Paris, Armand Colin, coll. « Références Histoire »,‎ 1996, 539 p. (ISBN 2-200-21641-6).
  • Pierre Renouvin, La Crise européenne et la Première Guerre mondiale, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Peuples et civilisations » (no 19),‎ 1962 (réimpr. 1939, 1948, 1969 et 1972) (1re éd. 1934), 779 p. (notice BnF no FRBNF33152114).
  • Max Schiavon, L'Autriche-Hongrie dans la Première Guerre mondiale : La fin d'un empire, Paris, Éditions SOTECA, 14-18 Éditions, coll. « Les Nations dans la Grande Guerre »,‎ 2011, 298 p. (ISBN 978-2-9163-8559-4).

Notes et références[modifier | modifier le code]

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