Elizabeth (film)

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Elizabeth

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Élisabeth Ire d'Angleterre, lors de son couronnement. Ce portrait a servi de base au tournage de la scène du couronnement dans le film.

Réalisation Shekhar Kapur
Scénario Michael Hirst
Acteurs principaux
Sociétés de production Working Title Films
Polygram Filmed Entertainment
Channel Four Films
Pays d’origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre Biographique
Historique
Sortie 1998
Durée 124 minutes (h 4)

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Elizabeth est un film britannique du réalisateur indien Shekhar Kapur, sorti en 1998, sur la vie de la reine d'Angleterre Élisabeth I .

Il évoque l'ascension au trône d'Angleterre de la reine Élisabeth Ire (1533-1603) interprétée par Cate Blanchett. Plusieurs acteurs célèbres font partie du casting, comme Geoffrey Rush, Christopher Eccleston, Joseph Fiennes, John Gielgud, Fanny Ardant et Richard Attenborough. Une suite a été réalisée en 2007, également par Shekhar Kapur : Elizabeth : L'Âge d'or, dont l'action se situe 30 ans plus tard.

Ce film a rendu célèbre l'actrice australienne Cate Blanchett dans le monde entier. Elle a remporté plusieurs récompenses pour son portrait d'Elizabeth, notamment un BAFTA et un Golden Globe en 1998. Le film a quant à lui été nommé dans la section meilleur film britannique lors des BAFTA 1998. Elizabeth a été nommé dans sept catégories lors de la cérémonie des oscars, comprenant celles du meilleur film et de la meilleure actrice. Il a reçu l'Oscar du meilleur maquillage.

Le film montre l'accession au trône de la jeune Elizabeth après la mort de sa demi-soeur Mary Ire, qui l'avait emprisonnée. Son règne sur un royaume divisé et ruiné est perçu comme faible et menacé par l'invasion de la France ou de l'Espagne des Habsbourg. Pour la future stabilité et sécurité de la couronne, son conseiller William Cecil la presse de se marier. Ses prétendants sont le catholique Philippe II d'Espagne ou le français Henri, duc d'Anjou. Elle se lance malgré tout dans une liaison avec le très inapproprié Robert Dudley.

Elizabeth doit également lutter contre des menaces internes, comme celles venant du puissant quatrième duc de Norfolk ainsi que des armées de Marie de Guise, placées en garnison en Ecosse. Elle fait face à des complots romains menés par le Pape Pie V. Épaulée par son maître espion Francis Walsingham, elle met fin à la fois aux menaces internes et externes, exécutant sans pitié les comploteurs. Elizabeth met finalement un terme à sa liaison et se résout à n'épouser personne excepté l'Angleterre. Le film se termine sur une Elizabeth adoptant le personnage de reine vierge et déclarant : « je suis mariée à l'Angleterre », initiant l'âge d'or de l'Angleterre.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Fille du roi Henri VIII et d'Anne Boleyn, Elizabeth est déclarée illégitime à la mort de sa mère, décapitée pour haute trahison en 1536.

En 1558, alors qu'elle régnait sur l'Angleterre, la fille de Catherine d'Aragon, première épouse d'Henri VIII, Marie Tudor, se fait diagnostiquer un cancer de l'utérus. N'ayant pas donné d'héritier, les catholiques craignent que sa demi-sœur Elizabeth, qui est protestante, lui succède. Ils la convainquent de la faire arrêter et emprisonner dans la tour de Londres, mais Marie refuse, et, à sa mort, Elizabeth devient reine.

Elle doit à son tour trouver un prétendant pour avoir un héritier protestant afin d'éviter que le trône ne revienne aux mains des catholiques, et fait face aux ambitions et aux trahisons qui ponctuent la vie à la cour. Son propre cousin, le catholique duc de Norfolk, complote pour son assassinat avec la reine d'Écosse, Marie de Guise. Ce complot est soutenu par le pape.

L'un de ses conseillers les plus fidèles, sir William Cecil la presse de trouver un époux, et insiste pour lui présenter le duc d'Anjou, futur roi de France sous le nom d'Henri III. Mais Élisabeth, se revendiquant libre et indépendante, refuse les avances de ses nombreux prétendants à cause de son amour pour Robert Dudley, son ami d'enfance.

Un conseiller de la reine assassine Marie de Guise. Le complot du duc de Norfolk est déjoué, plusieurs intrigants sont décapités. Dudley est épargné par la reine, pour qu'il lui rappelle à quel point elle a frôlé le danger. Une fois ces ennemis éliminés, la reine décide de ne plus considérer les alliances par mariages, et proclame être mariée à l'Angleterre.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

La même année, les acteurs Joseph Fiennes (Robert Dudley) et Geoffrey Rush (Francis Walsingham) ont également joué dans Shakespeare in Love, respectivement les rôles de William Shakespeare et de Philip Henslowe, film dans lequel la reine Élisabeth Ire est jouée par Judi Dench. Lors de la 71e cérémonie des Oscars qui eut lieu en 1999, les deux actrices qui ont interprété le rôle de la reine Elizabeth Ire, Cate Blanchett dans Elizabeth et Judi Dench dans Shakespeare in Love ont été nommées respectivement dans la catégorie meilleure actrice et meilleure actrice dans un rôle secondaire (Oscar que Judi Dench a finalement remporté).

Le poème que récite Robert Dudley à Elizabeth est un sonnet écrit par Philip Sidney, gendre de Francis Walsingham, conseiller de la reine[3].

Ce fut le dernier film de John Gielgud (Jules César, Le Crime de l'Orient-Express, Elephant Man, Shine), qui interprète ici le pape[3].

Production[modifier | modifier le code]

Les costumes et accessoires de la scène du couronnement sont inspirés du portrait du couronnement d'Elizabeth, The Coronation of Elizabeth

Cate Blanchett fut choisie pour interpréter Elizabeth après que Kapur ait vu une bande-annonce de Oscar and Lucinda.

D'après le commentaire du réalisateur, Kapur a mentionné que le rôle du pape (interprété par John Gieguld) avait d'abord été proposé à Marlon Brando, qui avait accepté. Cependant, cette décision fut révisée quand Kapur réalisa que beaucoup de personnes seraient probablement gênées à l'idée de partager le plateau avec Brando pendant deux jours. Plus tard, après que Gieguld ait repris le rôle, Kapur suggéra, en vain, que l'accent du pape devait être italien ; tous les acteurs britanniques qui étaient présents furent horrifiés qu'un réalisateur demande à John Gielgud de parler avec un accent qui « n'était pas celui de John Gielgud ».

Une grande partie du tournage en intérieur, représentant le palais royal, fut réalisé dans divers endroits de la cathédrale de Durham - reconnaissable à sa nef unique.

Réception[modifier | modifier le code]

Le film a été présenté pour la première fois en septembre 1998 à la Mostra de Venise, où il reçut le Max Factor Award des meilleurs maquillages, attribué à Jenny Shircore.

Il a rapporté 82 150 642 $ au niveau mondial, pour un budget initial de 30 000 000 $[1].

En regard du box-office, le film est noté à 81 % sur le site Rotten Tomatoes, regroupant 59 critiques[4] et est évalué à 3,6/5 pour 845 notes sur le site d'Allociné[5].

Le critique du Chicago Sun-Times Roger Ebert a écrit :

« À travers les yeux du réalisateur indien Shekhar Kapur, Elizabeth n'est pas un chef-d'œuvre de théâtre, mais un mélange de couleurs et d'émotions riches et saturées. La texture du film est à recommander à elle seule, même séparée de l'histoire. »

— Roger Ebert[6], Chicago Sun-Times, 20 novembre 1998.

Le site de la chaîne de télévision britannique BBC a publié en 2000 la critique suivante :

« Malgré les yeux brillants et les somptueuses parures de la cour, ce drame historique intelligent évite habilement les marécages des fantasmes nostalgiques. Le réalisateur Kapur tire le meilleur d'une distribution exceptionnelle et nous offre à la fois une atmosphère romantique et une exploration mature d'un thème d'importance - la sombre hypocrisie, la trahison et l'ambition malsaine qui régnaient au cours de cette période sanguinaire en Grande Bretagne. »

— Matt Ford[7], BBC, 27 octobre 2000.

Par ailleurs, la Ligue catholique pour les droits civils et religieux (Catholic League for Religious and Civil Rights) a qualifié le film d'« anti-catholique », considérant qu'il donne l'« impression que les conflits religieux étaient tous le fait de l'Église catholique ». De plus la Ligue s'appuie sur la critique du New York Times, qui affirmait également que le film était « résolument anti-catholique »[8], le tout complété par un « pape magouilleur », et elle répéta qu'un autre journal, le Buffalo News, avait écrit que « chaque catholique du film est sombre, cruel et sournois »[9].

Bande originale[modifier | modifier le code]

La bande originale a été composée par David Hirschfelder :

  1. Elizabeth : Overture - 4:44
  2. Love Theme : Arrest - 3:08
  3. Tonight I Think I Die - 4:22
  4. Walsingham - 2:05
  5. Night Of The Long Knives - 4:12 (adapté d'une composition de William Byrd)
  6. Coronation Banquet - 6:34
  7. Love Theme - 1:48
  8. Aftermath - 5:19
  9. Parliament - 4:08
  10. Rondes - 4:32
  11. Conspiracy - 3:21
  12. Ballard - 3:53
  13. One Mistress, No Master - 4:25
  14. Nimrod - 4:30 (tiré d’Enigma Variations de Edward Elgar)
  15. Requiem - 5:10 (de Mozart)

L'album a remporté le BAFTA de la meilleure musique de film, et a été nommé à l'Oscar de la meilleure musique de film.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Inexactitudes historiques[modifier | modifier le code]

Le film prend beaucoup de libertés avec l'histoire, pour privilégier l'effet dramatique.

Inexactitudes des comportements ou relations[modifier | modifier le code]

  • Le thème central du film est la rapide transformation de la jeune femme romantique en une reine vierge austère, un rôle qu'Elizabeth endosse à contrecœur dans sa volonté de sécuriser sa position de pouvoir. En réalité, le culte de la reine vierge prit réellement effet à la suite de la dernière proposition de mariage qui fut faîte à Elizabeth environ vingt ans après son accession au trône. L'échec d'Elizabeth face au mariage a été représenté comme un acte sacrificiel, dans le but de protéger l'Angleterre d’éventuelles intrusions étrangères. Suivant ce thème artistique, Elizabeth dans le film met un terme à toutes ses relations personelles ou romantiques, ne conservant que celle qui la lie au personnage machiavélique de Walsingham. Les détails historiques de sa vie sont utilisés, particulièrement sa relation proche avec Dudley, Cecil et Ashley, pour qu'ils suivent la ligne de conduite du film.
  • À la fin du film, Elizabeth décide de se raser la tête pour ressembler à une vierge. En réalité, elle ne s'est jamais rasé ni coupé les cheveux. Un jour, quelqu'un entra dans sa chambre sans savoir qu'elle était toujours au lit, et rapporta que les cheveux de la reine étaient « tout autour de ses oreilles ». Dans le film, on la montre portant une perruque, et bien que la véritable Elizabeth en a effectivement porté une dans sa vie, c'était dans le but de cacher ses cheveux fins et éparses, résultat de son combat contre la variole.
  • Dans le film, Robert Dudley est l'amant d'Elizabeth ; cependant, même si leur relation était romantique, il n'a jamais été certifiée qu'elle était sexuelle. Dans tous les cas, comme il s'était marié quelques années après la mort de Henry VIII, Elizabeth aurait volontairement eu des relations sexuelles avec un homme marié. Le film montre qu'elle met un terme à cette relation quand elle découvre que Dudley est marié.
  • Le film montre Robert Dudley flirtant et plus tard ayant des rapports sexuels avec Lettice Knollys. En réalité, Lettice était mariée à Walter Devereux à cette période, et si elle a bien flirté brièvement avec Dudley, elle est retourné vers son mari à qui elle a donné beaucoup d'enfants, dont Robert Devereux, le futur favori d'Elizabeth. En fait, aucune relation entre Dudley et Knollys n'a eu lieu avant 1573, au moins.
  • Dans le film, Kat Ashley est une dame de compagnie, du même âge qu'Elizabeth et lui porte une très grande amitié. En réalité, Ashley avait 31 ans de plus qu'Elizabeth, elle était sa gouvernante et Elizabeth lui resta dévouée jusqu'à sa mort.
  • William Cecil n'avait pas encore quarante ans au début du règne d'Elizabeth, contrairement à son portrait cinématographique où on le représente comme plus vieux. Il ne fut pas non plus renvoyé par la jeune reine. Il resta l'un de ses plus fidèles conseillers jusqu'à sa mort, peu avant celle de la reine.
  • Francis Walsingham avait la vingtaine quand Elizabeth fut couronnée, il n'était pas l'homme d'âge mûr interprété par Geoffrey Rush. Il n'avait aucune ambiguïté sexuelle et son importance politique a été exagérée dans le film.
  • Le duc de Norfolk était un jeune homme de 22 ans quand Elizabeth accéda au trône, et non d'une trentaine d'années comme dans le film. Il avait 36 ans quand il fut exécuté en 1572.

Inexactitudes dans la chronologie[modifier | modifier le code]

  • Dans le film, la reine Marie Ire meurt après d'une grossesse nerveuse. En réalité, Marie mourut trois ans après cette grossesse nerveuse, d'un cancer des ovaires.
  • La conspiration du duc de Norfolk est un mélange de plusieurs événements - dans le film il est arrêté et sommairement exécuté pour avoir tenté de supplanter Elizabeth et d'épouser Marie, reine d'Écosse, pour consolider sa prise du trône. En réalité, Norfolk a été emprisonné en 1569 pour avoir tenté d'épouser Marie, Reine d'Ecosse, sans permission, mais fut finalement relâché. Il fut ensuite impliqué dans un complot en 1572 (trois ans plus tard) pour mettre Marie, reine d'Écosse, sur le trône. Il fut jugé et exécuté. Contrairement au portrait qui est fait de lui dans le film, où il apparaît comme un homme puissant et sans scrupules, il était en fait un homme faible, facilement manipulé par les autres.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Box-Office de Elizabeth sur Box Office Mojo. Consulté le 2 septembre 2009.
  2. (en) Lieux de tournages sur l'IMDB. Consulté le 2 septembre 2009.
  3. a et b (en) Anecdotes sur l'IMDB. Consulté le 3 septembre 2009.
  4. (en) Elizabeth sur Rotten Tomatoes. Consulté en octobre 2014.
  5. (fr) Critiques spectateurs d’Elizabeth sur Allociné. Consulté en octobre 2014.
  6. (en) Critique de Magnolia sur le site de Roger Ebert. Consulté le 2 septembre 2009.
  7. (en) Critique de Elizabeth sur le site de la BBC. Consulté le 2 septembre 2009.
  8. (en) Janet Maslin, critique de Elizabeth dans le New-York Times. Consulté le 3 septembre 2009.
  9. (en) "Elizabeth" is "resolutely anti-catholic", Catholic League for Religious and Civil Rights. Consulté le 3 septembre 2009.

Liens externes[modifier | modifier le code]