Blaise de Vigenère

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Blaise de Vigenère

Description de l'image  Vigenere.jpg.
Naissance 5 avril 1523
Saint-Pourçain-sur-Sioule
Décès 19 février 1596 (à 72 ans)
Paris
Nationalité Française
Profession diplomate
Activité principale Cryptographe
Autres activités
Alchimiste et astrologue et cryptographe

Blaise de Vigenère, né le 5 avril 1523 à Saint-Pourçain-sur-Sioule et mort le 19 février 1596 à Paris, est un diplomate, cryptographe, traducteur, alchimiste et astrologue français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il était de famille noble et connue. Son père, Jean, contrôleur ordinaire des guerres, lui fit donner une éducation classique très poussée, l’envoyant pour cela à Paris. L’adolescent en profita avec zèle. Avide de connaissances, il étudiait encore à l'âge mûr, et eut comme maîtres, pour le grec et l’hébreu, Turnèbe et Dorat.

Il connut une existence très mouvementée. Encore tout jeune, il accompagna, en 1545, l’envoyé de France, Louis Adhémar de Grignan, à la diète de Worms. Puis, pendant plusieurs années, il voyagea pour son compte, parcourant en particulier l’Allemagne et la Hollande. Il devint ensuite, à vingt-quatre ans, secrétaire du duc de Nevers, charge qu’il conserva jusqu’à la mort de ce seigneur et de son fils en 1562.

En 1549, il visita Rome au cours d’une mission diplomatique de deux ans et il y retourna en 1566, lorsqu’il y fut nommé secrétaire d’ambassade, y restant trois ans jusqu’en 1569. Pendant ces deux séjours, il lut des livres traitant de cryptographie et entra en contact avec des cryptologues. Enfin, Henri III, qui avait beaucoup d’estime pour lui, le fit secrétaire de sa chambre.

Il fut, entre-temps, quelque peu soldat, et mena une vie très peu exemplaire.

Il mourut d'un cancer de la gorge. Sa tombe est à l'église Saint-Étienne-du-Mont[1].

Contributions[modifier | modifier le code]

« Il estoit, dit l’Estoile, homme tres-docte, mais vicieux[2]. »

Cependant, ce secrétaire d’ambassade, voyageur de carrière et de plaisir, qui fréquenta les armées et eut une existence dissipée et aventureuse, fut également un homme d’étude prodigieux et un des auteurs les plus féconds de son époque.

Vigenère n'avait guère commencé à écrire qu’à cinquante ans. Ses livres témoignent d’une érudition très vaste, mais lourde, diffuse, encombrée d’occultisme, et mal servie par une plume rude et inélégante. Ils n’en eurent pas moins un succès extraordinaire.

Même si ses traductions, pourtant vantées par ses contemporains, sont d'un style très peu élégant, il a le titre de premier théoricien de la traduction. Il est aussi le seul contemporain à avoir laissé un compte rendu critique des artistes du XVIe siècle.

Chiffre de Vigenère[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Chiffre de Vigenère.

La paternité de ce qu'on appelle le « chiffre de Vigenère » revient plutôt à Giovan Battista Bellaso, qui a publié son travail en 1564.

Le chiffrement présenté par Vigenère en 1586 a toutefois quelques différences avec celui de Bellaso. Bellaso se servait d'une « table réciproque » à cinq alphabets de son invention ; Vigenère en utilisait dix. Bellaso basait son chiffrement sur la première lettre du mot ; Vigenère le basait sur une lettre sur laquelle les correspondants s'étaient mis préalablement d'accord.

Publications[modifier | modifier le code]

Cette liste comprend des œuvres originales et des traductions.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ernst Bouchard, Notice biographique sur Blaise de Vigenère […], 1868, 212 p. 
  • Richard Crescenzo, « Numa et la nymphe Égérie : l'approche démonologique de la religion chez Blaise de Vigenère », dans Esculape et Dionysos. Mélanges en l'honneur de Jean Céard, Genève, Droz, 2008, p. 787-799.
  • Marc Fumaroli/collectif, Blaise de Vigenère poète & mythographe au temps de Henri III, Cahiers V.L. Saulnier, no 11, Paris, Éditions Rue d'Ulm, 1994 (ISBN 2728801878)
  • Marc Fumaroli, « Hacia el triunfo de la prosa : los manifiestos de Vigenère », dans La diplomacia del ingenio. De Montaigne a La Fontaine, Barcelone, Acantilado, 2011, p. 61-104
  • Denyse Métral, Blaise de Vigenère archéologue et critique d'art, Paris, E. Droz, 1939.
  • Maurice Sarazin, Blaise de Vigenère, Bourbonnais 1523-1596. Introduction à la vie et à l'œuvre d'un écrivain de la Renaissance, préface de Marc Fumaroli, 1997, Charroux, Éditions des Cahiers bourbonnais, 112 p. 

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Comme celle de Pascal, né exactement un siècle après lui.
  2. Journal du règne de Henri IV, roi de France et de Navarre, p. 121

Articles connexes[modifier | modifier le code]