Étienne Pasquier (poète)

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Étienne Pasquier.
Portrait par Thomas de Leu.

Étienne Pasquier, né le à Paris où il est mort le , est un homme d'État, historien, humaniste, poète et magistrat français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Durant sa jeunesse, il réside à Paris. Il devient avocat au Parlement, en 1549, après avoir achevé ses études sous la direction de Jacques Cujas.

Désireux de participer à la réconciliation entre protestants et catholiques (voir Guerres de religion), il s'attache à chercher les origines historiques de l'unité de la nation française jusque dans le passé préchrétien du pays. Mettant à profit une longue convalescence après un empoisonnement accidentel survenu en 1558, il commence à travailler sur ce sujet jusqu'en 1560, année où il publie le premier tome de ses Recherches de la France.

En 1565, il s'illustre en tant que partisan du gallicanisme par sa plaidoirie dans le procès qui oppose l'Université de Paris aux Jésuites, faisant triompher la cause de la première. Il participe également aux « Grands Jours » de Poitiers (1579) et de Troyes (1583) : lors de ces assises, qui se tiennent irrégulièrement jusqu'à la fin du XVIIe siècle, une commission dont les membres sont sélectionnés par le roi au sein du Parlement de Paris est envoyée en province avec tout pouvoir pour entendre et régler les affaires qui lui sont soumises, en particulier celles qui concernent l'abus de droits seigneuriaux. À la faveur de ces événements, Étienne Pasquier rédige et publie les plaisanteries qu'il échange avec ses collègues.

En 1585, il est nommé par Henri III avocat-général du roi à la Chambre des comptes. Il s'y distingue en s'opposant au système de la vente des terres et des charges héréditaires.

Les Guerres de religion le contraignent, en 1588, à quitter Paris pour Tours pendant la Ligue : il met ces années à profit pour travailler sur ses Recherches. En mars 1594, il regagne la capitale avec le convoi d'Henri IV.

Il y reprend son travail avant de prendre sa retraite. Ensuite, il publie en près d'une décennie un grand nombre d'œuvres littéraires, avant de mourir à l'âge de quatre-vingt six ans des suites d'une maladie foudroyante, le 1er septembre 1615.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Son œuvre considérable n'a jamais été réunie et publiée intégralement. L'édition de référence est celle d'Amsterdam (2 vols. fol., 1723). La sélection de Léon Feugère, publiée en deux volumes avec une introduction élaborée à Paris, en 1849 en est la plus accessible.

L’auteur des Recherches de la France est un précurseur important de l’historiographie moderne, inspiré par des méthodes de ses confrères italiens. Il cite fréquemment comme sources primaires des chroniqueurs contemporains. Il cherche à produire une reconstruction la plus exacte possible du passé, pour étudier les besoins actuels de la France, en période de crise. Il écrit une histoire nationale, des cultures, des coutumes, des institutions, sans patriotisme agressif et exclusif. Il remonte au monde gaulois, qu’il oppose au monde romain : l’histoire de la France vaut bien celle de Rome. Et il critique certains aspects qui freinent l’évolution : usage du latin, droit romain…

En tant que poète, Étienne Pasquier fut un membre mineur du mouvement de la Pléiade. Plus intéressantes sont ses œuvres en prose : ses Recherches en trois volumes, ses lettres et ses plaidoiries.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Recherches de la France, 1596
  • Jeus poétiques, Paris, J. Petit-Pas, 1610
  • Les Lettres d'Estienne Pasquier, Paris, J. Petit-Pas, 1619, 22 livres (I-X, 1586 ; XI-XXII, 1619, soit 284 missives adressées à plus de cent trente destinataires, édition de André du Chesne)
  • Les Recherches des Recherches et autres œuvres de Me Étienne Pasquier, pour la defense de nos roys, contre les outrages, calomnies & autres impertinences dudit autheur, 1622
Étienne Pasquier avait plaidé pour l'Université contre les Jésuites et, lorsqu'en 1621, ses enfants donnèrent une édition augmentée des Recherches de la France il n'en fallut pas plus pour que Garasse — qui voyait partout des ennemis de la religion et de son ordre — se dechaînât dans ces Recherches des Recherches. Tout le livre IV est, en particulier, consacré à démontrer que Pasquier était libertin. Moins connues que la Doctrine curieuse, les Recherches des Recherches, qui sont le premier grand ouvrage de Garasse, projettent une lumière très intéressante sur la psychologie de leur auteur et sur une certaine mentalité de l'époque.
  • LesRecherches de la France, édition critique établie sous la direction deMarie-Madeleine Fragonard et François Roudaut, Paris, Champion, 1996. 
  • Léon Feugère, Œuvres choisies d'Étienne Pasquier, Paris, F. Didot, 1849, 2 vol. gr. in-18
  • G. Huppert, Naissance de l'histoire en France ; les « Recherches » d'Étienne Pasquier, dans Annales. Économies, sociétés, civilisations, 23, 1968
  • Dorothy Thickett, Estienne Pasquier (1529-1615), The Versatile Barrister of 16th-Century, Londres et New York, Regency Press, 1976
  • Suzanne Trocmé Sweany, Estienne Pasquier (1529-1615) et nationalisme littéraire, Paris, Champion, 1985
  • C. Vivanti, « Les Recherches de la France d'Étienne Pasquier. L'invention des Gaulois », dans Pierre Nora (dir.), Les Lieux de mémoire, II.2 La Nation, Paris, 1986
  • Paul Bouteiller, Recherches sur la vie et la carrière d'Étienne Pasquier, historien et humaniste du XVIe siècle, Paris, 1989
  • Les Recherches de la France, éd. Marie-Madeleine Fragonard-François Roudaut (dir.) et alii, Paris, Champion, 1996
  • Ullrich Langer, « La Rhétorique de la conciliation dans la Congratulation sur la paix générale faite au mois de mars 1598 d’Étienne Pasquier » in Thierry Wanegffelen (dir.), De Michel de L’Hospital à l’édit de Nantes. Politique et religion face aux Églises, V. Autour de Michel de L’Hospital : « Politiques » et iréniques français du XVIe siècle, Presses universitaires Blaise Pascal, Clermont-Ferrand, 2002
  • Myriam Yardeni, « La Pensée politique des « Politiques » : Étienne Pasquier et Jacques-Auguste de Thou », ibid.

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