Ladislas Ier de Pologne

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Ladislas Ier le Bref
Ladislas Ier
Ladislas Ier
Titre
Duc de Brześć Kujawski et de Dobrzyń nad Wisłą
12671288
Prédécesseur Casimir Ier de Cujavie
Successeur Ladislas Ier le Bref (Brześć Kujawski)
Siemovit de Dobrzyń (Dobrzyń nad Wisłą)
Duc de Brześć Kujawski
12881300
Prédécesseur Ladislas Ier le Bref
Casimir II de Łęczyca
Siemovit de Dobrzyń
Successeur Venceslas II de Bohême
Duc de Sandomierz
12891292
Prédécesseur Conrad II de Czersk
Successeur Venceslas II de Bohême
Duc de Łęczyca
12941300
Prédécesseur Casimir II de Łęczyca
Successeur Venceslas II de Bohême
Duc de Grande-Pologne
12961300
Prédécesseur Boleslas le Pieux
Successeur Venceslas II de Bohême
Duc de Sandomierz

de Wiślica, de Sieradz, de Łęczyca et de Brześć

13041320
Prédécesseur Venceslas II de Bohême
Successeur Casimir III le Grand
Duc de Petite-Pologne (Cracovie)
Princeps de Pologne
13061320
Prédécesseur Venceslas II de Bohême
Successeur Casimir III le Grand
Duc de Grande-Pologne
13141320
Prédécesseur Przemko II de Głogów
Henri IV le Fidèle
Jean de Ścinawa
Boleslas d'Oleśnica
Conrad Ier d’Oleśnica
Successeur Casimir III le Grand
Roi de Pologne
13201333
Couronnement
Cathédrale du Wavel (Cracovie)
Successeur Casimir III le Grand
Biographie
Dynastie Piast
Date de naissance v. 1261
Date de décès
Lieu de décès Cracovie
Père Casimir Ier de Cujavie
Mère Euphrosyne d'Opole
Conjoint Edwige de Kalisz
Enfant(s)

Ladislas Ier le Bref (en polonais Władysław I Łokietek) (v. 12612 mars 1333), appelé aussi Ladislas Ier le Nain, de la dynastie Piast, est le troisième fils de Casimir Ier de Cujavie.

Titres[modifier | modifier le code]

En 1267, Ladislas devient duc des régions de Brześć Kujawski et de Dobrzyń nad Wisłą. Trop jeune pour régner, c’est sa mère, Euphrosyne d’Opole, qui assure la régence. De 1275 à 1288, il doit partager le pouvoir avec ses frères.

Il est duc de Brześć et de Sieradz (1288-1300), duc de Sandomierz (1289-1292), vassal de Venceslas II de Bohême (1292-1300), régent du duché de Dobrzyń (1293-1295), duc de Łęczyca (1294-1300), duc de Grande-Pologne et de Poméranie (1296-1300).

Après un exil de quelques années (1300-1304), il devient duc de Wiślica (à partir de 1304) et à nouveau duc de Sandomierz, Sieradz, Łęczyca et Brześć (à partir de 1305). En 1306, il est duc de Cracovie (Ladislas IV) et suzerain des duchés d’Inowrocław et de Dobrzyń nad Wisłą. De 1306 à 1308/1309, il reprend le contrôle de la Poméranie, et en 1314, de la Grande-Pologne. Il porte alors le titre de « Wladislaus Dei gracia, dux Regni Polonie et dominus Pomerania, Cuiavie, Lancicie as Siradie » (Ladislas, par la volonté de Dieu, duc du royaume de Pologne et seigneur de Poméranie, de Cujavie, de Łęczyca et de Sieradz).

En 1320, il est couronné roi de Pologne. Il porte le titre de « Wladislaus Dei gracia, rex Polonie »(Ladislas, par la volonté de Dieu, roi de Pologne).

En 1327, il échange les régions de Łęczyca et de Sieradz contre Inowrocław et Dobrzyń nad Wisłą.

En 1329, il perd la région de Dobrzyń nad Wisłą. En 1332, il perd le contrôle de toute la Cujavie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Un pays morcelé[modifier | modifier le code]

Sceau de Cujavie de Ladislas le Bref

Jusqu’au début du XIIe siècle, la Pologne s’est affirmée comme un État de plus en plus puissant sous l’autorité centralisée des Piasts. En 1138, suite au testament de Boleslas III le Bouche-Torse qui voulait éviter les guerres fratricides entre ses enfants, la Pologne est divisée entre ses fils. Depuis, le pays s’est disloqué en duchés de plus en plus nombreux.

Ladislas n’a que sept ans lorsque son père décède en 1267. Mineur, il reste sous l’autorité de sa mère. Il séjourne régulièrement à Cracovie, à la cour de Boleslas V le Pudique, avec lequel son frère aîné Lech II le Noir s’est lié.

Ce n’est qu’en 1275 qu’il devient duc des régions de Brześć Kujawski et de Dobrzyń nad Wisłą où il doit partager le pouvoir avec ses deux jeunes frères, Casimir II de Łęczyca et Siemovit de Dobrzyń.

La mort de Lech II le Noir[modifier | modifier le code]

Lorsque Lech II le Noir, devenu duc de Cracovie, décède le 30 septembre 1288, il laisse son duché héréditaire de Sieradz à ses demi-frères. Ladislas succède alors officiellement à son père à Brześć Kujawski et à son frère à Sieradz.

En 1289, il soutient Boleslas II de Mazovie dans sa guerre contre Henri IV le Juste pour le trône de Cracovie. Ce dernier, appuyé par la bourgeoisie allemande et une partie de la noblesse, avait pris le pouvoir à la fin 1288. Le 26 février 1289, Boleslas II de Mazovie, Ladislas le Bref et Casimir II de Łęczyca infligent une lourde défaite aux alliés d’Henri IV le Juste (Henri III de Głogów, Przemko de Ścinawa et Bolko Ier d’Opole) qui rentraient en Silésie (Bataille de Siewierz).

Tentative de s’emparer de la Petite-Pologne et défaite face à Venceslas II[modifier | modifier le code]

Malgré cette victoire, Boleslas se retire dans son duché, laisse Cracovie à Henri IV et abandonne à Ladislas le Bref tous ses droits sur la Petite-Pologne. Ladislas s’empare du duché de Sandomierz mais ne réussit pas à garder le Wawel et doit s’enfuir de Cracovie, laissant la ville à Henri IV. Ayant perdu le trône de Cracovie, Ladislas s’efforce, dès la fin 1289, de renforcer sa position à Sandomierz. Ainsi, il marie sa nièce à André III de Hongrie.

Peu de temps avant de mourir le 23 juin 1290, Henri IV le Juste rédige un testament par lequel il fait de Przemysl II son successeur à Cracovie. Au printemps 1291, menacé par Ladislas le Bref et impopulaire à Cracovie, Przemysl II est contraint de signer un accord avec Venceslas II. La bourgeoisie allemande de Cracovie et beaucoup de petits nobles appuient les prétentions de Venceslas, qui en termes de sécurité, de prestige et d’espoir de développement économique offre plus que Przemysl II, mais avec le danger que la Pologne soit intégrée au Saint-Empire. Przemysl abandonne à Venceslas la Petite-Pologne ainsi que le duché de Sandomierz dont Ladislas le Bref s’était emparé.

Contrairement à son cousin de Grande-Pologne, Ladislas ne se résigne pas à laisser Venceslas gouverner la Petite-Pologne. En 1292, l’armée tchèque, renforcée par des détachements envoyés par les ducs de Silésie et le margraviat du Brandebourg, chasse Ladislas de Sandomierz. Celui-ci se réfugie à Sieradz où il subit un siège en septembre 1292. La place forte ne résiste pas très longtemps. Ladislas et son frère Casimir II se retrouvent prisonniers de Venceslas. Le 9 octobre 1292, ils sont contraints de rendre un hommage de vassalité à Venceslas et de signer un accord en vertu duquel ils renoncent à revendiquer la Petite-Pologne. En échange, ils peuvent rester en Cujavie.

Alliance avec Przemysl II[modifier | modifier le code]

Pour essayer de contrer Venceslas, Przemysl II et Ladislas, qui jusque là étaient concurrents, se rencontrent à Kalisz en janvier 1293, dans le but de mettre au point une stratégie commune pour se débarrasser du souverain de Bohême. Le 6 janvier 1293, à l’initiative de l’archevêque Jakub Świnka, Ladislas le Bref et son frère Casimir II de Łęczyca concluent un accord avec Przemysl II. En échange de leur soutien, Przemysl, qui n’a pas de fils, fait de Ladislas le Bref son héritier en Grande-Pologne, en Petite-Pologne et dans le duché de la Poméranie de Gdańsk. Cet accord est scellé par le mariage entre Ladislas le Bref et Hedwige, la fille de Boleslas le Pieux, l’oncle de Przemysl.

Le plan mis au point à Kalisz doit déjà être revu l’année suivante lorsque Casimir II est tué par les Lituaniens. Casimir n’étant pas marié et n’ayant pas d’enfant, c’est son frère Ladislas le Bref qui hérite du duché de Łęczyca.

Le 26 juin 1295, à Gniezno, Jakub Świnka couronne Przemysl II roi de Pologne, sans attendre l’accord du pape et du Saint-Empire. Quelques mois plus tard, le 8 février 1296, Przemysl II est enlevé et assassiné par des sbires à la solde des margraves de Brandebourg.

Duc de Grande-Pologne et de Poméranie[modifier | modifier le code]

Lorsque Ladislas, soutenu par la noblesse, succède à Przemysl en Grande-Pologne et en Poméranie, Henri III de Głogów veut faire valoir ses droits sur le trône qui lui avait aussi été promis par Przemysl en 1290.

Les deux parties trouvent un accord le 10 mars 1296, grâce notamment à l'intervention de Jan Gerbicz. Henri III de Głogów reçoit toute la région au sud de l’Obra. De plus, Ladislas le Bref adopte Henri IV le Fidèle, le fils d’Henri III de Głogów, à qui il promet d’offrir, lorsque celui atteindra l’âge de sa majorité, le duché de Poznań. Et si Ladislas décède sans descendance, Henri IV le Fidèle héritera de toute la Grande-Pologne.

Ladislas a beaucoup de difficultés à imposer son autorité en Grande-Pologne. Le brigandage est généralisé. Le camp des opposants à Ladislas est de plus en plus puissant, avec à sa tête l’évêque de Poznań, André Zaremba. L’archevêque Jakub Świnka, qui constate l’incapacité de Ladislas à gouverner efficacement, prend ses distances.

En juin 1298, à Kościan, Henri III de Głogów conclut un accord avec André Zaremba. En échange d’un soutien pour s’emparer de la Grande-Pologne, de la Poméranie de Gdańsk et de la couronne de Pologne, Henri promet d’élargir les privilèges de l’Église et d’offrir le poste de chancelier du royaume à une personne du camp des opposants à Ladislas le Bref.

L’exil[modifier | modifier le code]

Venceslas II, devenu roi de Bohême en 1297, a aussi l’ambition de devenir roi de Pologne, Pour cela, il doit éliminer Ladislas, son adversaire le plus dangereux. En 1299, Ladislas le Bref doit de nouveau rendre un hommage de vassalité à Venceslas. En juillet 1300, sous le prétexte que Ladislas ne remplit pas ses devoirs de vassal, Venceslas II organise une expédition punitive. Ladislas réussit à s’enfuir et à quitter le pays alors que sa femme et ses enfants se cachent à Radziejów.

Le retour[modifier | modifier le code]

Sceau de Ladislas le Bref, duc de Cracovie

En 1304, Ladislas le Bref, disposant du soutien du Saint-Empire et de la Hongrie, revient d’exil et s’empare de Wiślica et de Lelów. Ce retour triomphal aurait sans doute été de courte durée s’il n’y avait eu le décès de Venceslas II le 21 juin 1305. Continuant sur sa lancée, Ladislas s’empare avant la fin de l’année des duchés de Sandomierz, Sieradz, Łęczyca et Brześć. Ladislas bénéficie une nouvelle fois de circonstances favorables lorsque Venceslas III, en route vers la Pologne à la tête d’une armée pour revendiquer la couronne, est assassiné à Olomouc le 4 août 1306. Sa mort est suivie d’une guerre civile en Bohême, laissant les mains libres à Ladislas. Ayant rallié à lui la majorité des chevaliers de Petite-Pologne, Ladislas fait plier les patriciens de Cracovie et Jan Muskata, en accordant de nouveaux privilèges à la ville de Cracovie et à l’évêque.

Devenu duc de Cracovie, Ladislas Ier s’installe au Wawel le 1er septembre 1306. Ses deux priorités sont de reprendre le contrôle de la Grande-Pologne et de la Poméranie. En Grande-Pologne, il ne réussit qu’à s’emparer de villes frontalières avec la Cujavie : Konin, Koło et Nakło. Le reste de la Grande-Pologne est envahi par Henri III de Głogów (à l’exception de la région de Wieluń dont Bolko Ier d’Opole a pris le contrôle). Fin 1306, à proximité de Tczew, Ladislas le Bref affronte l’armée du Brandebourg et s’empare de la Poméranie de Gdańsk qu’il confie à des gouverneurs.

Conquête de la Poméranie de Gdańsk par les Teutoniques[modifier | modifier le code]

En Poméranie, la bourgeoisie allemande de Tczew et de Gdańsk lorgne vers les margraves de Brandebourg alors que la noblesse polonaise des campagnes reste loyale à Ladislas le Bref. En août 1308, le Brandebourg, à l’appel de la bourgeoisie, envahit la Poméranie et assiège Gdańsk. Les Chevaliers teutoniques sont appelés à l’aide par les Polonais. Mais après avoir rejeté le Brandebourg, l’Ordre teutonique entend bien conserver la région pour l'intégrer à son État. Le 13 octobre 1308, les Teutoniques s’emparent de Gdańsk, massacrent les habitants polonais et conservent la ville. Ladislas ne contrôle plus que la partie méridionale de la Poméranie.

En février 1309, les Teutoniques s’emparent de Tczew. En avril, ils demandent aux Polonais de leur payer une forte rançon pour quitter la Poméranie de Gdańsk, ce que Ladislas refuse. La conquête de la Poméranie s’achève en septembre 1309, lorsque les Teutoniques s’emparent de Świecie après un siège de deux mois. Le contrôle de la Poméranie permet aux Teutoniques de transférer leur capitale de Venise à la forteresse de Marienburg (Malbork).

Élimination de l’opposition intérieure[modifier | modifier le code]

Si Ladislas le Bref ne s’est pas engagé plus activement dans la défense de la Poméranie, c’est parce qu’il devait faire face à une importante opposition intérieure en Petite-Pologne, dirigée par Jan Muskata et par le maire de Cracovie.

Ancien partisan de Venceslas II, Jan Muskata mène la vie dure à Ladislas. Il noue des contacts avec les deux grands ennemis de Ladislas : Bolko Ier d’Opole et Henri III de Głogów. En juin 1308, Jakub Świnka, l’archevêque de Gniezno, vient au secours de Ladislas en privant l’évêque de Cracovie de sa mitre, suite à un procès canonique. En janvier 1309, Ladislas fait arrêter Muskata et l’emprisonne pendant six mois avant de l’expulser de la région. Ce n’est qu’en 1317 qu’il sera autorisé à revenir suite à une intervention du pape Jean XXII.

En mai 1311, Ladislas doit affronter une tentative de coup d’État fomentée par la bourgeoisie allemande de Cracovie et de Sandomierz, et dirigée par Albert, le maire de Cracovie. Les mutins appellent Bolko Ier d’Opole à monter sur le trône. Les rebelles s’emparent de la ville mais pas du Wawel, défendu par les fidèles de Ladislas. On ne sait si Bolko intervient à titre personnel ou en tant que vassal du nouveau roi de Bohême Jean de Luxembourg. Ladislas écrase la mutinerie grâce à l’aide des Hongrois et Bolko doit fuir Cracovie en juin 1312. Ladislas sanctionne lourdement les meneurs et supprime de nombreux privilèges qui avaient été accordés à la ville.

Conquête de la Grande-Pologne[modifier | modifier le code]

La normalisation de la situation en Petite-Pologne permet à Ladislas de se tourner vers la Grande-Pologne. Après le décès d’Henri III de Głogów le 9 décembre 1309, son territoire est partagé entre ses cinq fils qui doivent affronter la chevalerie opposée au démembrement du duché. Au début 1314, une révolte éclate, sans doute inspirée par Ladislas le Bref. Les insurgés se rendent vite maîtres de toute la Grande-Pologne, à l’exception de Poznań qui résiste. Ils appellent Ladislas à monter sur le trône. Ce n’est qu’en novembre 1314 que Ladislas obtient la réédition de Poznań. Il ne laisse aux enfants d’Henri III qu’un petit territoire situé sur l’Obra.

Ayant réalisé la conquête de la Grande-Pologne, Ladislas peut mener une politique étrangère plus active. En 1315, il conclut avec les monarchies scandinaves (Danemark, Suède et Norvège), le Mecklembourg et la Poméranie, une alliance dirigée contre le Brandebourg. La guerre éclate un an plus tard, mais n’a pour conséquence que la dévastation des zones frontalières.

Couronnement royal et collaboration avec la Hongrie[modifier | modifier le code]

À cette époque, Ladislas commence à manœuvrer pour obtenir que le pape autorise son couronnement en tant que roi de Pologne. Il est activement soutenu par l’Église polonaise, l’archevêque de Gniezno Borzysław (qui a succédé à Jakub Świnka en 1314) et l’évêque de Cujavie Gerward en tête. En 1318, Gerward est envoyé à Avignon par Ladislas le Bref. Gerward est sans doute l’auteur de la supplique de Sulejów qu’il remet à Jean XXII. Avant que Gerward ne quitte la Pologne, une assemblée générale des dignitaires de Pologne a eu lieu à Sulejów pour signer un document demandant au pape une couronne royale pour Ladislas. Le pape donne son accord le 20 août 1319.

Le 20 janvier 1320, Ladislas Ier le Bref se fait couronner roi à Cracovie, dans la cathédrale du Wawel, par Janisław, le nouvel archevêque de Gniezno. Ce couronnement marque la reconstruction d’un royaume solide (à l’exception de la Silésie, de la Mazovie et de la Poméranie, tous les territoires polonais sont réunis sous la couronne). Le glaive du sacre, dit Szczerbiec (Ébréché), est utilisé pour la première fois à l’occasion de ce couronnement. Dans les faits, Ladislas est plus le roi de Cracovie que celui de la Pologne. Il a pu atteindre son objectif parce que Jean de Luxembourg, qui revendique aussi la couronne, doit faire face à beaucoup de difficultés intérieures en Bohême.

L’année 1320 est également cruciale pour Ladislas dans d’autres domaines. Le 14 avril 1320, à Inowrocław débute le premier procès, organisé par le Saint-Siège, opposant la Pologne et les Teutoniques au sujet de la Poméranie. Le pape Jean XXII a nommé Janisław, l’archevêque de Gniezno, comme juge. Le procès se termine le 9 février 1321 à Brześć Kujawski. Les Teutoniques sont condamnés à rendre la Poméranie à la Pologne et à payer un dédommagement. Ils ne se plient pas au verdict.

Toujours en 1320, Élisabeth, la fille de Ladislas, épouse Charles Robert de Hongrie, renforçant l’alliance entre les deux nations.

Intervention dans la Rus' de Halych[modifier | modifier le code]

Trois ans après sa conclusion, l’alliance entre la Pologne et la Hongrie est mise à contribution. Dans la Rus' de Halych-Volodymyr, la dynastie issue de Roman de Halicz s’éteint suite à la mort des deux héritiers du trône qui affrontaient les Tatars. La Pologne et la Hongrie soutiennent avec succès un Piast de Mazovie, Boleslas, le fils de Trojden Ier de Czersk, qui s’empare du trône et prend le nom de Georges II (Jerzy II) pour diriger ce pays orthodoxe. C’est le début d’une influence grandissante de la Pologne dans la région, qui permettra son annexion par Casimir III le Grand.

Guerre contre le Brandebourg[modifier | modifier le code]

En 1325, Ladislas conclut une alliance avec Gediminas (Giedymin), le grand-duc de Lituanie. Casimir III le Grand, le fils et successeur de Ladislas, épouse la fille de Gediminas. Le 10 février 1326, les armées polonaise et lituanienne lancent une offensive contre la Nouvelle Marche et s’emparent de la place forte de Międzyrzecz. La même année, Ladislas s’empare de la région de Wieluń, qui appartenait à Boleslas l’Aîné, un allié de la Bohême.

Échec de l’invasion de la Mazovie[modifier | modifier le code]

Sceau du roi Ladislas le Bref (revers)

L’année suivante, Ladislas met sur pied une nouvelle expédition militaire, cette fois contre la Mazovie. L’objectif est de soumettre Wacław, le duc de Płock. Malgré la prise et l’incendie de Płock, la campagne est un échec. En effet, les Teutoniques, ensuite Jean du Luxembourg, alliés de la Mazovie, sont entrés dans la guerre. Alors que les Teutoniques repoussent Ladislas, Jean de Luxembourg assure sa domination sur une grande partie de la Silésie. Les ducs de Haute-Silésie lui rendent un hommage de vassalité à Opava, ce qui se traduit par la perte de la région pour la Pologne.

Toujours en 1327, Ladislas donne les duchés de Łęczyca et de Sieradz à ses neveux (Boleslas et Ladislas) et à Przemysł d'Inowrocław, en échange des régions stratégiques d’Inowrocław et de Dobrzyń nad Wisłą.

Perte de la région de Dobrzyń[modifier | modifier le code]

Au début de l’année 1329, les armées de Bohême et de l’Ordre teutonique partent en croisade, attaquent et s’emparent des places fortes les plus importantes de Samogitie (Lituanie). Au même moment, le roi Ladislas le Bref commence à envahir les terres contrôlées par l’Ordre en Prusse. Les croisés se replient sur la Pologne et s’emparent de la région de Dobrzyń que Jean de Luxembourg offre aux Teutoniques. Ensuite, Waclaw de Płock est obligé de rendre un hommage de vassalité à Jean de Luxembourg. Le duché de Płock, qui jusque là avait réussi à se maintenir en dehors de la souveraineté polonaise, devient un fief de la Bohême. Les Teutoniques, profitant du fait que la Cujavie n’est pas prête pour la guerre, traversent la Vistule pour piller et incendier les villes de Włocławek, Raciąż et Przedecz.

Ne pouvant se battre sur deux fronts, Ladislas le Bref propose un armistice au Brandebourg. Celui-ci, confronté à une guerre civile, accepte.

Guerre contre les Teutoniques pour la possession de la Cujavie[modifier | modifier le code]

En 1330, la guerre contre les Teutoniques reprend. Ceux-ci mènent des raids contre des villes de Cujavie et de Grande-Pologne, mettant à sac Radziejów, Bydgoszcz et Nakło. En représailles, Ladislas, soutenu par les Lituaniens, traverse la Vistule et attaque la région de Chełmno. Une trêve de sept mois est conclue le 18 octobre 1330. Malheureusement pour la Pologne, l’alliance avec la Lituanie se rompt suite à une querelle entre Ladislas et Gediminas.

En juillet 1331, les armées bohémienne et teutonique lancent une attaque conjointe contre la Grande-Pologne et la Cujavie, les deux armées devant se rejoindre à Kalisz. La ville de Gniezno est dévastée mais la cathédrale est épargnée. En septembre, les Teutoniques, commandés par Dietrich von Altenburg, arrivent aux portes de Kalisz. L’armée tchèque n’est pas là. Jean de Luxembourg, qui s’est arrêté en Silésie pour régler la succession du duché de Głogów, a dû faire face à la résistance de Bolko II le Petit. Ne pouvant se permettre de laisser du temps à Ladislas, les Teutoniques décident d’envahir la Cujavie sans attendre l’arrivée des Tchèques.

La nuit du 23 au 24 septembre, le premier affrontement direct entre Polonais et Teutoniques se produit dans la région de Konin. Trois jours plus tard, dans la région de Radziejów, une armée polonaise de 5 000 hommes, avec à sa tête Ladislas le Bref et Casimir le Grand, tombe sur l’arrière-garde des Teutoniques. Profitant de l’effet de surprise, les Polonais gagnent la bataille et capturent Dietrich von Altenburg. L’affrontement final a lieu l’après-midi, près du village de Płowce. Les Polonais sont vainqueurs mais la bataille ne se termine pas. Pour une raison inconnue, une partie des Polonais, emmenés par le prince Casimir, quitte le champ de bataille. Profitant de la confusion, Dietrich von Altenburg s’évade et se replie avec ses troupes sur Toruń. Cette bataille a un grand impact psychologique sur les Polonais. Elle montre que les Teutoniques ne sont pas invincibles. Cette victoire montre aussi les limites de la puissance de Ladislas Ier le Bref. Il peut repousser les offensives mais il est dans l’incapacité de reconquérir.

Peu de temps après, des négociations s’ouvrent avec les Teutoniques à Inowrocław mais elles n’aboutissent pas à un traité de paix. En 1332, l’Ordre, sous le commandement d’Othon von Luterberg, lance une nouvelle grande offensive militaire contre la Cujavie. Cette fois, les forces polonaises ne peuvent arrêter la marée teutonique. Le 20 avril 1332, après deux semaines de siège, les Teutoniques s’emparent de Brześć Kujawski, la capitale de la Cujavie. Les deux autres plus importantes places fortes de la région (Inowrocław et Gniewkowo) tombent aussi très vite dans leurs mains. Ladislas ne peut que constater la perte du duché qu’il avait hérité de son père. En août 1332, Jean de Luxembourg et Charles Robert sont appelés à être arbitres dans le conflit entre Polonais et Teutoniques. Le légat du pape impose un armistice qui laisse aux Teutoniques leurs conquêtes récentes, la région de Dobrzyń et la Cujavie.

Décès[modifier | modifier le code]

En janvier 1333, profitant de la mort de Przemko II, Ladislas le Bref envahit le petit duché de Kościan, appartenant aux ducs de Głogów, vassaux de Jean de Luxembourg. C’est sa dernière conquête.

Ladislas décède le 2 mars 1333 au château du Wawel, à Cracovie. Il laisse un royaume plus petit que celui qu’il a reçu lors de son couronnement en 1320. Il est inhumé dans la cathédrale du Wawel.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

De son mariage avec Edwige de Kalisz, il a eu trois fils : Ladislas, Stéphane et Casimir. Les deux premiers étant morts très jeunes, c’est le cadet qui lui succède sous le nom de Casimir III le Grand.

Il a également eu trois filles : Cunégonde (en), Élisabeth et Edwige. Cunégonde a épousé Bernard de Świdnica, ensuite Rodolphe de Saxe. Élizabeth a épousé Charles Robert, le roi de Hongrie. Elle est la mère de Louis Ier de Hongrie. Edwige est morte avant d’avoir atteint l’âge adulte.

Sources[modifier | modifier le code]

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  • Francis Dvornik Les Slaves histoire, civilisation de l'Antiquité aux débuts de l'Époque contemporaine Éditions DU SEUIL Paris (1970)