Jacques Amyot (évêque)

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Jacques Amyot
Image illustrative de l'article Jacques Amyot (évêque)
Jacques Amyot, portrait par Léonard Gaultier.
Biographie
Naissance 30 octobre 1513
Melun
Décès 6 février 1593 (à 79 ans)
Auxerre
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 3 mars 1571
Évêque d'Auxerre
Autres fonctions
Fonction religieuse
Grand aumônier de France
Fonction laïque
Maître de la Librairie

Orn ext Grand Aumonier 6.svg
Blason Jacques Amyot (1514-1593).svg
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Jacques Amyot, né à Melun le 30 octobre 1513 et mort à Auxerre le 6 février 1593, est un prélat français et l'un des traducteurs les plus renommés de la Renaissance. Il est inhumé à Auxerre[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Né de parents pauvres[2] en 1513, il parvient à se rendre à Paris suivre les cours du collège de Navarre[2] où il se met au service de riches étudiants afin de subvenir à ses besoins. Il est l'élève de Pierre Danès. À 19 ans, en 1532, il obtient sa licence à Paris et devient maître ès arts. Il décide de poursuivre ses études à l'université de Bourges où enseigne le juriste milanais André Alciat, et devient docteur en droit civil de l'université de Bourges. On trouve alors à Bourges une école de grec et un marché éducatif important. Il a trouvé à s'employer comme précepteur puis comme lecteur de grec et de latin en 1537.

Par l'intermédiaire de Jacques Colin, abbé de Saint-Ambroix à Bourges, aumônier de François Ier, il obtient une place de précepteur de ses neveux, puis des fils de Guillaume Bochetel, secrétaire d'État, et beau-frère de Jean de Morvillier, lieutenant du Berry. Il commence alors ses premières traductions avec la Vie de Démétius de Plutarque, en 1542. Recommandé à Marguerite de Valois, alors duchesse de Berry, il est nommé professeur de latin et de grec à l'université de Bourges. Durant les 10 ans de sa chaire universitaire il traduit le roman grec Théagène et Chariclée (sous le titre L'Histoire aethiopique) d'Héliodore, parue en 1547, lui vaut d'être récompensé par François Ier, qui lui octroie le bénéfice de l'abbaye de Bellozane laissé vacant par la mort de François Vatable.

Il est alors en mesure de se rendre en Italie pour étudier le texte de Plutarque conservé au Vatican. Il s'attelle à la traduction des Vies parallèles des hommes illustres (1559-1565). Sur le chemin du retour, il se voit chargé d'une mission pour le concile de Trente. Rentré en France, il est nommé précepteur des fils de Henri II en 1557. Le premier, Charles IX, le nomme grand aumônier en 1561 ; le second, Henri III, le fait commandeur de l'ordre du Saint-Esprit.

Il avait été nommé maître de la Librairie en 1567, après l’éviction de Pierre de Montdoré. Sous son administration, la Bibliothèque du roi fut transportée de Fontainebleau à Paris, sans doute dans une maison particulière louée à cet effet. Au cours de l'année 1593, cette maison fut en partie pillée par les Ligueurs.

Maison natale de Jacques Amyot à Melun
Statue devant l'hôtel de ville de Melun

Pie V le nomme évêque d'Auxerre en 1570 à la suite de la mort à Rome de Philibert Babou de La Bourdaisière. Son frère cadet, Jean Amyot, est désigné comme son procureur le 6 février 1570 et prend possession de l'évêché pour lui le 6 mars 1570. Il va développer des actions en faveur des populations de son diocèse mais a conservé ses fonctions à la cour auprès de Charles IX et Henri III. Il est nommé supérieur de l'hôpital des Quinze-Vingts à Paris, en 1572.

Il vit à Auxerre dans la tranquillité, occupé à la réfection du chœur de la cathédrale pour l'adapter à la pastorale prévue par les décisions du concile de Trente et la Contre-Réforme et à ses traductions. En 1579 il donne le règlement de l'Hôtel-Dieu d'Auxerre. Il fait publier le bréviaire en caractères romains en 1580. Il fonde un collège des jésuites, en 1584, qui deviendra l'actuel Lycée Jacques Amyot d'Auxerre. Il se trouve à Blois en décembre 1588 au moment de l'assassinat du duc de Guise et du cardinal de Lorraine. Il fait partie des prélats excommuniés par les résolutions de la faculté de théologie de l'université de Paris pour avoir assister à la messe du 1er janvier 1589 en compagnie d'Henri III. Ecclésiastique pieux et consciencieux, il s'en tient courageusement à ses principes. Il aurait conseillé à l'aumônier du roi Henri III de refuser l'absolution à l'assassin des princes de Guise, assassinat qu'il est néanmoins soupçonné d'avoir approuvé. Son retour est difficile à Auxerre, perturbé jusqu'à la fin de sa vie par l'insubordination et les révoltes de son clergé malgré une absolution prononcée par le légat Caetani en 1590. Sa maison est pillée et il est contraint de quitter Auxerre pendant quelque temps. Il aurait légué à sa mort 1 200 couronnes à l'hôpital d'Orléans, en raison des « 12 deniers » qu'il y avait reçus quand, « pauvre et nu », il se rendait à Paris.

Le traducteur de Plutarque[modifier | modifier le code]

On lui doit la traduction de sept ouvrages de Diodore de Sicile (1554), les Amours pastorales de Daphnis et Chloë de Longus (1559) et les Œuvres morales de Plutarque (1572). Sa traduction vigoureuse et idiomatique des Vies des hommes illustres a été retraduite en anglais par Thomas North (en) et a fourni à Shakespeare la matière de ses pièces romaines. La première traduction est publiée en 1559 mais elle est revue et corrigée en 1565 et 1567.

Amyot s'intéressa surtout à Plutarque. Il ne publia pas sa traduction de Diodore, dont il avait pourtant découvert le manuscrit. L'intérêt de son travail réside aujourd'hui surtout dans son style. Son ouvrage eut un immense succès et exerça une grande influence sur plusieurs générations d'écrivains français. Montaigne lui rend un chaleureux hommage dans ses Essais (II-4) : « Je donne, avec raison, ce me semble, la palme à Jacques Amyot sur tous nos écrivains français » et : « Nous autres ignorants étions perdus, si ce livre ne nous eût relevés du bourbier ».

Hommages[modifier | modifier le code]

Plusieurs rues et édifices portent son nom :

Armoiries[modifier | modifier le code]

D'azur au chevron d'or, chargé d'un croissant de gueules et accompagné de deux trèfles en chef et d'une étoile en pointe, le tout d'or.[3]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bertrand Beyern, Guide des tombes d'hommes célèbres, Le Cherche midi,‎ 2011, 385 p. (ISBN 9782749121697, lire en ligne), p. 273.
  2. a et b Monographie de Melun aux archives départementales de Seine et Marne
  3. Popoff 1996, p. 6.

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]