Louis Ier de Bourbon-Condé

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Louis Ier de Bourbon-Condé
Image illustrative de l'article Louis Ier de Bourbon-Condé

Titre Prince de Condé (1546 - 1569)
Autre titre duc d'Enghien (1566 - 1569)
pair de France (1566)
Arme cavalerie
Grade militaire général
Commandement général en chef des huguenots
Conflits guerres de religion
Faits d'armes Batailles de Dreux, de Saint-Denis et de Jarnac
Biographie
Dynastie Maison de Bourbon
Naissance 7 mai 1530 à Vendôme
Décès 13 mars 1569 à Jarnac(à 38 ans)
Père Charles IV de Bourbon
Mère Françoise d'Alençon
Conjoint Éléonore de Roye
Françoise d'Orléans Longueville
Liaisons Isabelle de Limeuil
Enfants

Louis Ier de Bourbon, prince de Condé, duc d'Enghien (Vendôme, 7 mai 1530Jarnac, 13 mars 1569) est un prince du sang de la maison de Bourbon et le principal chef protestant pendant les trois premières guerres de religion. Il meurt assassiné sur le champ de bataille de Jarnac.

Il est le fondateur de la maison de Condé .

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils cadet de Charles IV de Bourbon et de Françoise d'Alençon, il est le frère du roi Antoine de Navarre, et donc l'oncle du futur Henri IV.

Première carrière militaire[modifier | modifier le code]

Il fait ses premières armes sous les ordres du maréchal de Brissac en Piémont, où son dévouement et son ardeur sont remarqués. Revenu en France, il participe en 1552 à la conquête des Trois-Évêchés et à la défense de Metz. L'année suivante, il se distingue durant une campagne en Picardie. Pour le récompenser, le roi le place à la tête d'une compagnie d'ordonnance. En 1554, il prend part à la bataille de Renty, où il charge à la tête de ses gendarmes. En 1555, il retourne combattre en Italie, où il entre en conflit avec les Guise. Malgré ses services, il se voit refuser le gouvernement de Picardie, que son père et son frère avaient exercé. En 1557, il participe à la défense du royaume lors de l'invasion de la Champagne et de la Picardie par le duc de Savoie. Il participe aux prises de Calais et de Thionville. Malgré ses efforts, il reste aux marges de la faveur royale ; la charge de colonel général de l'infanterie par delà les monts qu'il reçoit en 1558, est bien modeste pour son rang.

Guerres de Religion[modifier | modifier le code]

Après la mort d'Henri II, les mécontentements que lui font essuyer les Guise le jettent dans l’action violente. Il aurait été le capitaine muet de la conjuration d'Amboise (mars 1560), qu'il combat finalement pour donner le change. Suspecté par les Guise au pouvoir d'avoir fait partie des conjurés, Condé est assigné à demeure à la cour. S'il n'est pas arrêté, c'est que les Guise n'ont pas de preuve écrite de sa participation à la conjuration.

Réfugié chez son frère le roi de Navarre, il soutient activement le mouvement de sédition qui anime la province pendant l'été. L'arrestation de l'un de ses agents en possession de documents compromettants pousse le roi, le 31 octobre, à le faire arrêter [1]. Certaines sources le présentent comme condamné à mort sans que cela soit établi. Son exécution aurait été ajournée par la maladie du roi qui meurt le 5 décembre[2]. Avec le changement de gouvernement, il est libéré par Catherine de Médicis, qui a besoin du contrepoids que représente un prince du sang face aux Guise, après la mort du roi François II[3].

Première guerre[modifier | modifier le code]

Après le massacre de Wassy le 1er mars 1562, il prend les armes. En avril, il publie un manifeste où il proclame sa volonté de délivrer la régente et le roi des Guise. Il obtient des promesses d’aide d’Allemagne, et s’empare de plusieurs villes de la vallée de la Loire avec une poignée de cavaliers[4]. Les protestants prennent le contrôle de la vallée du Rhône, du Dauphiné, du Languedoc, de Lyon, dont il confie la garde à Soubise. Mais aucun renfort ne peut lui parvenir, ni de ces régions ni de Guyenne. Il perd la bataille de Dreux et y est fait prisonnier (1562). Il est libéré par la paix d'Amboise de 1563, qui octroie aux huguenots une certaine tolérance religieuse.

Deuxième guerre[modifier | modifier le code]

En 1567, il tente d'enlever le roi et sa mère. Cet épisode, resté sous le nom de surprise de Meaux fait reprendre la guerre entre les deux camps religieux. Le prince de Condé livre en novembre 1567 la bataille de Saint-Denis, qui reste indécise, et se termine par une paix relative, la paix de Longjumeau, qui n'est en réalité qu'une trêve permettant aux deux camps de reconstituer leur troupes.

Troisième guerre[modifier | modifier le code]

Pendant la trêve qui suit la paix de Longjumeau, il se retire à Noyers. Il en fuit le 23 août, menacé par les troupes royales, et rejoint La Rochelle avec Coligny le 19 septembre. Ils y retrouvent Jeanne d'Albret et ses Gascons, accompagnée du sieur de Piles, de ses gentilshommes périgourdins, des cavaliers du sénéchal de Poitou Fonteraille, puis plus tard par le baron d’Acier.

L’affrontement avec l’armée royale a lieu le 13 mars 1569 à Jarnac. Blessé durant le combat, Condé tente de se rendre lorsqu'il est assassiné d'un coup de pistolet par Joseph-François de Montesquiou, capitaine des gardes du duc d'Anjou appelés les manteaux rouges. Promené sur une ânesse, son cadavre est l'objet des quolibets de l'armée catholique avant d'être exposé pendant deux jours sur une table au château de Jarnac[5].

Il est le premier de sa famille qu'on ait appelé M. le Prince.

Ses prétendus Mémoires sont une compilation de divers écrits relatifs à l'histoire des protestants de son temps[6].

Ascendances[modifier | modifier le code]

Enfants[modifier | modifier le code]

De son mariage célébré le 22 juin 1551 avec Éléonore de Roye (1535-1564) à Condé-en-Brie (31) [7], il a 8 enfants  :

2e union, de son mariage célébré le 8 novembre 1565 à Vendôme (41) avec Françoise d'Orléans Longueville (1549-1601) à Paris, sont nés :

Il laisse également un fils naturel (né en mai ou juillet 1564 à Dijon) avec Isabelle de Limeuil dite Mademoiselle de la Tour, fille d'honneur de Catherine de Médicis dont elle était sa parente (son grand-père était Antoine de La Tour vicomte de Turenne) et future épouse de Scipion Sardini vicomte de Busancy, baron de Chaumont-sur-Loire. Elle descendait du roi Louis IX. Le prince de Condé avait fait recueillir l'enfant et promettait de le reconnaître, mais il meurt avant.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lucien Romier, La Conjuration d'Amboise. L'aurore sanglante de la liberté de conscience, le règne et la mort de François II, Paris, Librairie académique Perrin et Cie, 1923, p. 269 ; Eric Durot, François de Lorraine, duc de Guise entre Dieu et le Roi, Paris, Classiques Garnier, 2012.
  2. Arlette Jouanna (dir.), Histoire et dictionnaire des guerres de religion, 1559-1598, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1998, 75.
  3. Pierre Miquel, Les Guerres de religion, Paris, Club France Loisirs, 1980 (ISBN 2-7242-0785-8), p. 219
  4. Pierre Miquel, Les Guerres de religion, Paris, Club France Loisirs, 1980 (ISBN 2-7242-0785-8), p 230
  5. Hélène Germa-Romann, Du "bel mourir" au "bien mourir": le sentiment de la mort chez les gentilhommes français (1515-1643), Droz, 2001, pp. 227-228
  6. Cécile Huchard, « Des Mémoires de Condé aux Mémoires de l'Estat de France de Goulart. Le rôle des compilations pamphlétaires » in Jacques Berchtold et Marie-Madeleine Fragonard (dir.), La mémoire des guerres de Religion. La concurrence des genres historiques (XVIe - XVIIIe siècles), Droz, 2009, p.88
  7. « web.genealogie » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2014-08-24

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri d'Orléans duc d'Aumale, Histoire des princes de Condé pendant les XVIe et XVIIe siècles, Tome premier, Tome deuxième, Paris, Michel Lévy frères, 1863 et 1864.

Liens externes[modifier | modifier le code]