Konstantin von Neurath

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le dignitaire nazi. Pour le philosophe, sociologue et économiste autrichien, voir Otto Neurath.
Konstantin von Neurath
Konstantin von Neurath, Protecteur de Bohême-Moravie, en 1939.
Konstantin von Neurath, Protecteur de Bohême-Moravie, en 1939.
Fonctions
Ministre du Reich aux Affaires étrangères
Chancelier Adolf Hitler
Gouvernement Cabinet Hitler
Prédécesseur Heinrich Brüning
Successeur Joachim von Ribbentrop
Protecteur de Bohême-Moravie
Prédécesseur Création du poste
Successeur Wilhelm Frick
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Vaihingen-sur-l'Enz, Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Date de décès (à 83 ans)
Lieu de décès Vaihingen-sur-l'Enz (RFA)
Parti politique NSDAP

Konstantin Freiherr von Neurath (né le à Vaihingen-sur-l'Enz, Allemagne et mort le à Vaihingen-sur-l'Enz) est un diplomate allemand.

Diplomate[modifier | modifier le code]

Il a été ambassadeur à Rome, auprès du royaume d'Italie de 1921 à 1930, partageant avec d'autres diplomates certaines de ses conclusions sur les échecs et les succès de la politique étrangères menées par le Royaume dans les années 1920[1], puis à Londres de 1930 à 1932.

Ministre des Affaires étrangères[modifier | modifier le code]

Franz von Papen et Konstantin von Neurath lors d'une réception de la presse étrangère en novembre 1932

Il devient alors ministre conservateur des Affaires étrangères du gouvernement de Franz von Papen, position qu'il occupe encore dans les gouvernements de Kurt von Schleicher et d'Adolf Hitler, garantissant, avec d'autres, un certaines continuité entre les cabinets présidentiels qui se succèdent à partir de 1932[2].

Confirmé lors de la mise en place du cabinet mis en place le 30 janvier 1933, il constitue un garant de la continuité de la politique extérieure du Reich[3], rassurant aux yeux des diplomates étrangers, français notamment[4], représentant de milieux politiques avec lesquels Hitler et ses proches doivent dans un premier temps composer[5], tentant ainsi, en mars 1933, d'infléchir certains aspects de la politique antisocialiste menée par le NSDAP[6]. Conservateur, il s'oppose cependant rapidement à l'un des principaux acteurs conservateurs de l'arrivée d'Hitler au pouvoir, Hugenberg, dont il soutient la mise à l'écart en juin 1933[7].

Rapidement, il doit renoncer au monopole de son ministère sur la politique extérieure du Reich, devant composer avec de nombreux acteurs institutionnels officines gravitant autour du NSDAP[8], Hitler notamment[9], mais aussi Rosenberg[10], ou encore Ribbentropp[11].

Il organise ainsi le retrait allemand de la Société des Nations en 1933[12], sous la pression des militaires[13]. Il est le négociateur allemand du traité naval germano-britannique en 1935 et de la remilitarisation de la Rhénanie en 1936. Neurath est cependant désavoué par le chancelier lorsque il s'oppose à la conclusion d'un pacte de non agression avec la Pologne[14], tout en en reconnaissant certains mérites[15]. Dans le courant de l'année 1936, peu de temps avant la remilitarisation de la Rhénanie, il obtient la certitude de l'inaction de la Grande-Bretagne et de la France, fournissant ainsi l'assurance d'une victoire diplomatique du Troisième Reich[16]. Il s'oppose notamment à l'anticléricalisme supposé du Troisième Reich[17].

Selon Annie Lacroix-riz, en dépit de son désaveu partiel lors de la négociation du traité germano-polonais, il aurait continué à exercer une certaine influence sur la politique allemande durant la période 1937-1938[18].

En 1937, il adhère au parti nazi et est nommé par Himmler au grade d'Obergruppenführer SS[11], ce qui n'empêche pas son éviction progressive des prises de décisions régissant la vie politique du Reich, y compris dans sa sphère de compétence[19] : il voit ainsi son ministère colonisé par un certain nombre de membres de la SS, proches de Himmler[11]. Malgré cette éviction progressive, il est cependant présent à la réunion du 5 novembre 1937, au cours de laquelle Hitler expose ses ambitions expansionnistes[20], à savoir, dans un premier temps, l'Anschluss, le rattachement des Sudètes au Reich et la prise de contrôle du reste de la Tchécoslovaquie[21]; devant ce programme, il fait partie de ceux qui expriment leur inquiétude quant à la réaction des autres puissances européennes[22], incitant Hitler et ses proches à supprimer son influence[23]. En février 1938, dans le contexte de l'affaire Blomberg-Fritsch[24], il est poussé à la démission de son poste de ministre, remplacé par Joachim von Ribbentrop, acteur de plus en plus important des Affaires étrangères dans le Reich depuis quelques années[22]. Nommé conseiller auprès du nouveau ministre[25] ou encore président d'un cabinet secret (censé conseiller Hitler, mais qui ne se réunit jamais[26], il garde le titre de ministre sans portefeuille, mais son rôle est désormais marginal. Il participe à la préparation de l'attentat de 1938 contre Hitler[27].

Protecteur de Bohême-Moravie[modifier | modifier le code]

Konstantin von Neurath (à gauche au premier plan), lors de la séance du Reichstag le 4 mai 1941.

En mars 1939, il est nommé protecteur de Bohême-Moravie, mais, il ne dispose d'aucune compétence en matière de police et de maintien de l'ordre, ces domaines étant confiés à la SS et au représentant sur place de Himmler, Karl Hermann Franck, adjoint du protecteur et Höherer der SS und Polizeiführer du protectorat[28]. Seul parmi les principaux responsables territoriaux à ne pas être un ancien combattant du NSDAP[29], il applique les lois interdisant les partis, les syndicats, les manifestations et contrôlant la presse, mais est considéré comme peu efficace. En septembre 1941, Hitler lui nomme comme adjoint (Stellvertretender[30]) Reinhard Heydrich, qui le remplace de fait. À la suite de l'assassinat de ce dernier, sa position reste identique, Heydrich étant remplacé dans ses fonctions par Kurt Daluege[31]

Il est finalement officiellement remplacé par Wilhelm Frick en août 1943, il est alors âgé de 70 ans.

Fin de vie[modifier | modifier le code]

Évincé de la totalité de ses postes en 1943, il est néanmoins pressenti comme ministre des Affaires Étrangères par Karl Dönitz, contre l'avis de Joachim von Ribbentropp[32], mais le désordre dans ce qui subsiste du Reich en mai 1945 empêche sa consultation et sa nomination[33].

Konstantin von Neurath et Göring lors d'une suspension de séance à Nuremberg.

Après la Seconde Guerre mondiale, il comparaît devant le tribunal de Nuremberg, accusé des quatre chefs d'inculpations (crime contre la paix, conspiration, crime de guerre, crime contre l'humanité). Au moment du verdict, en octobre 1946, il est reconnu coupable de ces quatre charges et condamné à une peine de prison de quinze ans. Il est libéré de la prison de Spandau, pour raisons de santé, en 1954.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lacroix-Riz, Le Vatican, L'Europe et le Reich, p. 88
  2. Broszat, L'État hitlérien, p. 107
  3. Kershaw, Hitler, p. 184
  4. Lacroix-Riz, Le Vatican, L'Europe et le Reich, p. 270
  5. Broszat, L'État hitlérien, p. 16
  6. Broszat, L'État hitlérien, p. 129
  7. Broszat, L'État hitlérien, p. 154
  8. Baechler, Guerre et exterminations à l'Est, p. 59
  9. Lacroix-Riz, Le choix de la défaite, p. 110
  10. Lacroix-Riz, Le choix de la défaite, p. 195
  11. a, b et c Peter Longerich, Himmler, p. 387
  12. Tooze, Le salaire de la destruction, p. 56
  13. Kershaw, Hitler, p. 200
  14. Baechler, Guerre et exterminations à l'Est, p. 65
  15. Lacroix-Riz, Le choix de la défaite, p. 198
  16. Masson, Hitler, chef de guerre, p. 24
  17. Lacroix-Riz, Le Vatican, L'Europe et le Reich, p. 286
  18. Lacroix-Riz, Le Vatican, L'Europe et le Reich, p. 283
  19. Baechler, Guerre et exterminations à l'Est, p. 60
  20. Baechler, Guerre et exterminations à l'Est, p. 73
  21. Masson, Hitler, chef de guerre, p. 27
  22. a et b Kershaw, Hitler, p. 214
  23. Peter Longerich, Himmler, p. 392
  24. Tooze, Le salaire de la destruction, p. 249
  25. Kershaw, Hitler, p. 216
  26. Kershaw, Hitler, p. 222
  27. Masson, Hitler, chef de guerre, p. 36
  28. Peter Longerich, Himmler, p. 405
  29. Friedländer, Les Années d'extermination, p. 119
  30. Le titre complet de Heydrich est ainsi Stellvertretender Reichsprotektor in Böhmen und Mähren, ce qui peut se traduire par « vice-protecteur du Reich en Bohême-Moravie ».
  31. Peter Longerich, Himmler, p. 549
  32. Ian Kershaw, La Fin, p. 608, note 64
  33. Ian Kershaw, La Fin, p. 459

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Chistian Baechler, Guerre et extermination à l'Est : Hitler et la conquête de l'espace vital. 1933-1945, Paris, Tallandier,‎ , 524 p. (ISBN 978-2-84734-906-1) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Martin Broszat, L'État hitlérien : L'origine et l'évolution des structures du troisième Reich, Paris, Fayard,‎ 1985 (édition utilisée), 625 p. (ISBN 978-2-213-01402-9) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Saul Friedländer, Les Années d'extermination : L'Allemagne nazie et les Juifs. 1939-1945, Paris, Seuil,‎ , 1032 p. (ISBN 978-2-7578-2630-0)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Ian Kershaw, Hitler : Essai sur le Charisme en politique, Paris, Gallimard (éd. utilisée Folio Histoire),‎ , 416 p. (ISBN 2-070-41908-8) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Ian Kershaw, La Fin : Allemagne, 1944-1945, Paris, Seuil,‎ , 665 p. (ISBN 978-2-02-080301-4) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Annie Lacroix-Riz, Le Vatican, l'Europe et le Reich. : De la Première Guerre mondiale à la guerre froide, Paris, Armand Colin,‎ (ISBN 978-2-200-21641-2)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Annie Lacroix-Riz, Le choix de la défaite. : Les élites françaises dans les années 1930, Paris, Armand Colin,‎ (ISBN 978-2-200-35491-6)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Peter Longerich, Himmler : L'éclosion quotidienne d'un monstre ordinaire [« Heinrich Himmler. Biographie »], Paris, éditions Héloise d'Ormesson,‎ , 917 p. (ISBN 978-2-35087-137-0)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Philippe Masson, Hitler, chef de guerre, Paris, Perrin,‎ , 309 p. (ISBN 978-2-262-043046-9[à vérifier : ISBN invalide]) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Adam Tooze, Le salaire de la destruction : Formation et ruine de l'économie nazie, Paris, Les Belles Lettres,‎ , 806 p. (ISBN 978-2-251-38116-9) Document utilisé pour la rédaction de l’article


Articles connexes[modifier | modifier le code]