Touranisme

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le Touranisme ou Pantouranisme est un courant idéologique politique dont le but est l'union des peuples de langues turques et finno-ougriennes au sein d'une entité nommée Touran. Le touranisme est basé sur une hypothétique origine commune aux deux groupes linguistiques et, par extension, d'un « super-groupe » ouralo-altaïque, selon une théorie aujourd'hui largement abandonnée.

Le linguiste allemand Max Müller a proposé en 1861 l'idée d'une « famille » de langues touraniennes qui auraient été parlées par des populations nomades d'Asie. Celle-ci est distincte des langues sémitiques, tels l'arabe et l'hébreu, ainsi que de l'indo-européen, parlé par les Aryens, lesquels étaient des sédentaires vivant de l'agriculture[1]. Müller explique l'absence dans le touranien de nombreux traits normalement communs à une famille de langues par la particularité du mode de vie des populations nomades, où les structures terminologiques et grammaticales n'ont pas pu être établies une fois pour toutes par une génération de locuteurs, comme ce fut le cas avec les populations sédentaires des groupes aryens et sémitiques. Il distingue aussi deux grands groupes de langues dans le touranien : celui du nord formé par les langues ouraliennes et les altaïques et celui du sud, comprenant les langues tamoules et polynésiennes.

L'idée d'une grande famille linguistico-génétique a été reprise par les nationalistes turcs, tel Ziya Gökalp pour qui les peuples turcs formeraient une entité politique s'étendant du Bosphore aux montagnes de l'Altaï dans l'Est de l'Asie[2].

Vers 1920, le mouvement s'est répandu en Hongrie et au Japon, deux peuples qui dériveraient d'une souche commune. Cette théorie a alimenté le nationalisme japonais durant la première moitié du XXe siècle.

Plus récemment, le touranisme a resurgi en Hongrie dans les milieux d'extrême droite (Jobbik), voire au sein de la droite traditionnelle[3].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Max Müller, Lectures on The Science of Language. Delivered At The Royal Institution of Great Britain in April, May, and June, 1861. New York : Charles Scribner, (p. 241). Lectures on The Science of Language.
  2. Paksoy, H.B., ‘Basmachi’ : TurkestanNational Liberation Movement 1916-1930s - Modern Encyclopedia of Religions in Russia and the Soviet Union, Florida : Academic International Press, 1991, Vol. 4.
  3. Joëlle Stolz, "Le touranisme, refuge de Hongrois obsédés par leur quête d’identité", Le Monde du 18 février 2012.