Massacre de Dersim

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Localisation de la Province de Dersim en Turquie (1937).
Sabiha Gökçen devant un Breguet 19 avant le bombardement de Dersim

Le massacre de Dersim est un évènement ayant eu lieu en 1937 et 1938[1] à Dersim, actuellement province de Tunceli en Turquie.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1937, l’armée turque prend position à Dersim. Les militants Dersimis poursuivent la résistance pendant que l’armée Turque commence à organiser des opérations militaires pour une nouvelle offensive l’année suivante. Le chef de la résistance, Seyit Riza est arrêté et exécuté le 18 novembre 1937 à l’âge de 81 ans. Pourtant, la loi interdisait l’exécution des personnes ayant un tel âge. Cette « opération » ou « cette mission de civilisation », selon Atatürk, dure deux ans.

Selon un ouvrage militaire, publié en 1972 par l'État-major turc, il a été affirmé que la province de Dersim était surveillée par l'État bien avant le début des opérations. L'opération militaire contre cette région a été décrite en tant que blessure au sein de l'État dans le rapport d'Hamdi Bey, préparé en 1926. L'État se préparait à cette opération à partir de 1925, la première révolte kurde en République de Turquie.

Cette opération tourne au massacre: on compte, selon les sources entre 7594[2], plus de 10000[3], plus de 13000[4] et jusqu'à 80 000 morts d'après une conférence Kurde controversée[5]. Plusieurs villages brûlés et des milliers de personnes déportées vers l’Ouest de l’Anatolie. Dersim connaît d’autres problèmes au cours de cette opération, tels que des exils, des disparitions, des prises d’otages de villes entières, des tortures, l’interdiction des manifestations, l'interdiction de la langue, de la culture et de la croyance.

Dersim est peuplé majoritairement de kurdes de confession alevie. La population parle le Kurmandji et le Zazaki qui est une langue d'origine indo-européenne, proche des langues parlées dans le nord de l'Iran. La culture et la langue de Dersim est menacée par la politique d'assimilation de l'État turc.[réf. nécessaire] En novembre 2011, le premier ministre Recep Tayip Erdogan s'est excusé officiellement, au nom de l'État turc, pour le massacre perpétré à Dersim[4]. Cependant, les attentes des associations de Dersim ne sont pas satisfaites[6]:

  • restitution du nom kurde de Dersim à la province de Tunceli,
  • publication des noms des personnes déportées et de l’identité des orphelins adoptés,
  • révélation du lieu où le chef de la résistance dersimi Seyit Riza a été enterré après son exécution
  • interdiction d’attribuer à des lieux ou à des équipements publics, le nom des personnes ayant participé aux massacres de Dersim (Sabiha Gökçen, Fevzi Çakmak).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.massviolence.org/Dersim-Massacre-1937-1938
  2. (en) Asa Lundgren, The unwelcome neighbour: Turkey's Kurdish policy, London, Tauris & Co,‎ 2007, p. 44
  3. « Turkey PM Erdogan apologises for 1930s Kurdish killings », BBC News,‎ 23 novembre 2011 (lire en ligne)
  4. a et b http://fr.euronews.com/2011/11/23/la-turquie-s-excuse-pour-le-massacre-du-dersim-dans-les-annees-30/
  5. Dersim ‘38 Conference
  6. http://ovipot.hypotheses.org/6762

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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