Otto Liman von Sanders

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Otto Liman von Sanders vers 1914.
Otto Liman von Sanders en 1916.

Otto Liman von Sanders est un général allemand né le 17 février 1855 à Stolp et décédé le 22 août 1929 à Munich. Il est connu pour avoir été le conseiller et le commandant militaire de l'Empire ottoman pendant la Première Guerre mondiale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est né à Stolp en Poméranie. Comme beaucoup de Prussiens issus de familles aristocratiques, il s'engage dans l'armée et progresse dans ses rangs. Il atteint le rang de lieutenant-général sans avoir jamais commandé de troupes au combat.

Mission militaire dans l'Empire ottoman[modifier | modifier le code]

Comme d'autres généraux prussiens avant lui (le comte von Moltke, le baron von der Goltz) il est nommé, en 1913, à la tête d'une mission de l'armée allemande pour l'Empire ottoman. Pendant près de quatre-vingts ans, l'Empire ottoman a tenté de moderniser son armée en suivant les modèles européens. Liman von Sanders est le dernier Allemand à avoir contribué à cette tâche.

Pourquoi après tant d'années de réformes, l'armée ottomane est-elle toujours inférieure aux autres armées d'Europe ? Le problème n'est pas l'entraînement allemand, mais l'incapacité de l'armée turque à juxtaposer les habitudes orientales et les méthodes strictes européennes. Les hautes classes des princes ottomans composant les officiers posent le plus grand problème. Surtout, il n'y avait aucun moyen pour les conseillers allemands d'améliorer l'infrastructure entourant l'armée. Les transports et communications sont aussi problématiques en 1912 qu'en 1842 et le seront toujours en 1918.

Conseiller militaire[modifier | modifier le code]

Initialement, Liman se forge une mauvaise opinion sur l'armée ottomane et ses dirigeants politiques. En juillet 1914 (alors que la guerre est imminente), Enver Pacha propose une alliance à l'Allemagne. L'ambassadeur allemand à Constantinople, Hans von Wangenheim, après avoir consulté Liman, refuse l'offre d'Enver. L'analyse à l'époque est que l'armée ottomane est faible, le gouvernement n'a que peu de marge de manœuvre financière et les dirigeants sont incompétents. Toutefois, le 1er août 1914, les deux gouvernements signent en secret un traité d'alliance. Ce traité stipule, entre autres, que la mission militaire allemande aura une « influence effective » sur les opérations des armées ottomanes[1]. Au début, cette influence est faible, mais lorsqu'Enver Pacha et Djemal Pacha connaissent leurs premières défaites, la mission allemande prend de plus en plus l'ascendant.

Lorsque les forces ottomanes entrent finalement en guerre (après deux mois à tenter d'éviter un conflit ouvert avec les Alliés), Enver Pacha montre à Liman von Sanders son plan pour détruire l'armée russe qui défend Kars. Liman tente de l'en dissuader, mais son conseil est ignoré. Enver Pacha mène personnellement l'armée ottomane à sa pire défaite de la Première Guerre mondiale, à la bataille de Sarikamis. Djemal Pacha eut la tâche d'attaquer le canal de Suez, conseillé par l'Allemand Kress von Kressenstein. L'attaque sur Suez échoua, avec de faibles pertes.

Commandant des forces ottomanes aux Dardanelles[modifier | modifier le code]

Un Enver Pacha abattu revient à Constantinople et prend la direction de l'armée ottomane autour de la capitale. Après qu'une force maritime et terrestre britannico-française s'est attaquée aux forts défendant le détroit des Dardanelles (18 mars 1915), Enver Pacha redonne le commandement à Liman von Sanders. La défense du gouvernement est alors entre les mains d'un général allemand.

Liman a peu de temps pour organiser les défenses, mais deux éléments jouent en sa faveur. Tout d'abord, la 5e armée ottomane est la meilleure de l'Empire. Elle est constituée de 84 000 soldats bien équipés, répartis en six divisions. Ensuite, il est aidé par une mauvaise stratégie des Alliés. En effet, après avoir tenté en vain de faire franchir le détroit par leur flotte, ceux-ci tentent un débarquement pour s'emparer de la péninsule de Gallipoli et détruire par la terre les forts défendant le détroit. Liman a un mois pour se préparer, profitant de la perte de tout effet de surprise après l'échec de l'assaut maritime. Le 23 avril 1915, les Britanniques débarquent une force importante au cap Helles. Liman prend alors une de ses meilleures décisions de cette période : il nomme Mustafa Kemal (le futur Atatürk) au commandement de la 19e division. La division de Kemal sauve littéralement ce jour les Ottomans. Le jour du débarquement, ses troupes marchent jusqu'aux coteaux surplombant les plages. Kemal voit le danger et s'assure personnellement que ses troupes tiennent le coteau. Ils ne seront jamais délogés, malgré des attaques constantes pendant cinq mois.

D'avril à novembre 1915, lorsque la décision d'évacuer est prise, Liman subit de nombreuses attaques contre ses positions défensives. Les Britanniques tentent un autre débarquement dans la baie de Suvla (en), qui est également stoppé. Le seul point positif du côté des Alliés est la réussite de l'opération d'évacuation avec des pertes mineures. Cette bataille reste toutefois une victoire significative pour l'armée ottomane et qui doit être en partie attribuée à von Sanders.

À la tête de l'armée de Palestine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : en:Sinai and Palestine Campaign.

En 1918, dernière année de la guerre, Liman reprend le commandement de l'armée ottomane en Palestine. Il remplace le général allemand Erich von Falkenhayn battu par le général britannique Edmund Allenby fin 1917.

Liman est paralysé par le déclin de la puissance ottomane. Ses forces ne peuvent plus faire autre chose qu'occuper des positions défensives et attendre l'attaque britannique. Celle-ci met du temps à venir, mais lorsque Allenby la déclenche, l'armée ottomane est détruite en une semaine de combat (Bataille de Megiddo). Liman échappe de peu à la capture sur place, et se réfugie à Constantinople.

Captivité[modifier | modifier le code]

Mais après la reddition de l'Empire ottoman, il y est arrêté et est alors conduit en captivité à Malte[2]. Il fait partie des cent-quarante-cinq dignitaires ottomans, appelés « Exilés de Malte (en) », extraits des prisons turques par les Alliés lors de l'occupation de Constantinople et envoyés là dans l'attente de la tenue d'un tribunal international visant à poursuivre et condamner les Ottomans auteurs de crimes de guerre (en), mais cette démarche restera sans suite[3]. Il est relâché en septembre 1919[réf. nécessaire] et se retire de l'armée allemande la même année.

Liman publie en 1920 un livre écrit en captivité dans lequel il relate ses expériences avant et après la guerre. Il meurt neuf ans plus tard à Munich, à l'âge de 74 ans.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fromkin, David, A Peace to End All Peace, 1989, Avon Books, pp. 49-59.
  2. (en) Muddy Boots, « PoWs on Malta during First World War », sur www.firstworldwarcentenary.co.uk,‎ 30 janvier 2014 (consulté le 7 août 2014).
  3. (en) Anthony Zarb Dimech, « Prisoners Of war in Malta in the First World War », The Malta Independent - en ligne,‎ 1er avril 2012 (lire en ligne).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • David Fromkin, A Peace to End All Peace, p. 56-59. Avon Books, 1989
  • World War One.com - Short biography. Downloaded January 2006.