Place Taksim

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41° 02′ 13″ N 28° 59′ 06″ E / 41.036968, 28.985091

Place Taksim et la station Taksim de le métro d'Istanbul
Monument de la République sur la place Taksim
Vue de la place de Taksim depuis le Burger King
Parc Gezi près de la place Taksim

Taksim est le nom d'une place et, par extension, du centre moderne d'Istanbul qui s'étend aux alentours, sur la rive occidentale (européenne) de la ville. C'est un centre nerveux multiculturel qui vit 24 heures sur 24, avec des flux de personnes importants, mais aussi un trafic routier intense sur le rond-point de la place du même nom. Elle est dans le district de Beyoğlu.

La place abrite le Cumhuriyet Anıtı (Monument de la République), qui a été construit en 1928 et commémore la création de la République turque, ainsi qu'un bâtiment de division des canalisations d'eaux (qui est à l'origine du nom de taksim, qui signifie « division » en arabe) datant du XVIIIe siècle. C'est également une station importante de bus vers les autres quartiers de la ville, même très éloignés.

La place est située au début de la fameuse Istiklal Caddesi, une longue rue piétonne dans laquelle un tramway fait des allers-retours.

Création et nom[modifier | modifier le code]

Taksim, à partir de l'arabe taqṣīm, signifie « division » ou « distribution ». La place Taksim était à l'origine le point où les principales canalisations d'eau du nord d'Istanbul ont été collectées au départ et reliées à d'autres parties de la ville (d'où le nom). Cette utilisation de la zone a été établie par le Sultan Mahmud Ier. La place prend son nom de la pierre du réservoir qui est situé dans cette zone. En outre, le mot « Taksim » peut renvoyer à une forme d'improvisation musicale dans la musique classique turque qui est guidée par le système Makam.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le 1er mai 1977, la manifestation des syndicats est attaquée par la milice d'extrême-droite des Loups gris. Depuis, la place Taksim est considérée comme un lieu symbolique des revendications de la gauche turque[1]. Ce rôle est renouvelé par l'occupation du parc Gezi en 2013.

La place Taksim aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Taksim est le principal centre de transport et une destination appréciée par les touristes et la population d'Istanbul. L'Istiklal Caddesi (Avenue de l'Indépendance), une longue rue piétonne commerçante, se termine par cette place, et un tramway ancien part de la place, traverse toute l'avenue, se termine près du Tünel (1875), qui est le deuxième métro par sa date de construction après celui de Londres (1863). Autour de la place Taksim, il y a de nombreuses agences de voyage, hôtels, restaurants, pubs, et chaînes de restauration rapide telles que les chaînes Pizza Hut, McDonald et Burger King. Il abrite également quelques-uns des plus grands hôtels d'Istanbul, y compris les hôtels InterContinental, le Ritz-Carlton et l'Hôtel Le Marmara.

Taksim est aussi un lieu favori pour les événements publics tels que des défilés, les célébrations du nouvel an ou d'autres rassemblements.

Le centre culturel Atatürk (en turc : Atatürk Kültür Merkezi), un centre multiculturel et un opéra, est également situé sur la place Taksim.

Parc Gezi[modifier | modifier le code]

Un parc urbain, le parc Gezi fait l'objet d'un projet de piétonnisation de la place Taksim contesté[2].

Transports[modifier | modifier le code]

La place de Taksim est une plaque tournante importante pour le transport public à Istanbul. En plus d'être le principal point de transfert pour le système de bus municipal, la Place de Taksim est aussi le terminus du métro 4 Taksim-Levent ligne du métro d'Istanbul. La ligne de Tramway İstiklal - Tünel commence également à Taksim.

La position de Taksim a reçu un élan supplémentaire le 29 juin 2006, lorsque le nouveau funiculaire reliant la station de métro Taksim au tramway et port de Kabataş a été ouvert, permettant aux passagers de monter à Taksim en seulement 110 secondes.

Manifestations[modifier | modifier le code]

La place a été un important lieu pour les manifestations politiques au cours de la plus grande partie de son existence. Des groupes de tous les horizons politiques en Turquie, ainsi que de nombreuses ONG, tentent de manifester, sur cette place afin d'utiliser sa visibilité pour le bénéfice de leur cause. Le 16 février 1969, quelque 150 manifestants de gauche ont été blessés lors d'affrontements avec des groupes d'extrême droite dans ce qui est connu sous le nom de « Dimanche ensanglanté ». À la suite des événements connus sous le nom de massacre de la place Taksim, trente-six manifestants de gauche ont été tués par des inconnus et qui auraient été d'extrême-droite sur la place au cours de la manifestation de la Fête du travail du 1er mai 1977. Suite à de nombreux autres incidents violents, toutes les formes de manifestations ont été interdites sur la place et les unités de police de maintenir une présence dissuasive autour de la tour d'horloge afin de prévenir tout incident. L'interdiction ne s'applique pas aux avenues ou les rues environnantes. La place de Taksim a été le lieu des émeutes de football en 2000 lorsque deux fans de Leeds United ont été poignardés à mort lors d'affrontements avec des supporters de Galatasaray, la veille de la demi-finale du match entre les deux équipes de la coupe de l'UEFA de 1999-2000 de première ligue.

Toutefois, des réunions pour des événements tels que la célébration du nouvel an, de la fête de la République ou à l'occasion d'importants matches de football sont exclus de l'interdiction.

Taksim reste une place extrêmement surveillée par les forces de l'ordre turques. Cette présence policière permanente n'a cependant pas réussi à déjouer les attentats du 31 octobre 2010.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bernard Dréano, « De Kemal à Occupy Taksim, plongée dans l’histoire pour comprendre les raisons d’un soulèvement », Bastamag, publié le 26 juin 2013, consulté le 26 juin 2013
  2. (fr) « Istanbul : les Indignés de Taksim », Laurène Perrussel-Morin, Le Journal International, 29 mai 2013

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