Nairi

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Histoire de l'Arménie
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Nairi ou Naïri est le nom donné à un territoire s'étendant directement à l'ouest du lac de Van[1] et contrôlé par une confédération de tribus[2] durant une période allant du XIIIe au Xe siècles av. J.-C.. Ce territoire du Haut-plateau arménien correspond aujourd'hui à la région d'Anatolie orientale (ex-Arménie occidentale), en Turquie (entre Hakari et Dersim).

Le nom même a été réutilisé dans la littérature arménienne, principalement par les poètes, en tant qu'autre nom de l'Arménie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les origines de ces tribus sont difficiles à définir mais l'hypothèse la plus probable serait qu'elles descendraient d'une peuplade hourrite, peut-être les descendants de l'ancien royaume du Mitanni. Les Égyptiens, pour parler du territoire des Nairi, parlent du Mitanni Nahairi.

Nairi fait son apparition dans l'histoire au XIIIe siècle av. J.-C., avec une première mention par les Assyriens, sous le roi Tukulti-Ninurta Ier[3]. Le pays est de nouveau mentionné au XIIe siècle av. J.-C. à l'occasion de la première d'une série de trois campagnes victorieuses du roi Téglath-Phalasar Ier : celui-ci doit combattre une soixantaine de chefs de Nairi, dont vingt-trois voient leur territoire nommé, de Tummè à Daiaéni[4].

Le sort ultérieur de Nairi est incertain ; l'hypothèse selon laquelle ses tribus ont fini par se fondre à la population de ce qui allait devenir l'Urartu semble toutefois être la moins improbable[2]. Nairi est d'ailleurs le nom que les rois urartéens donnent à leur royaume dans les inscriptions en assyrien[5].

Nairi en littérature[modifier | modifier le code]

  • En 1920-1921, le poète Yéghiché Tcharents a écrit son Éloge de l'Arménie. Ce poème, l'un des plus fameux de Tcharents, a été maintes fois traduit sans tenir compte de la philologie, du sens même du texte. Il a sans doute été l'un des auteurs majeurs à rêver autour de Naïri. Ce texte, l'un des plus révélateurs, esquisse un lumineux portrait épuré de ce pays mythique où « les filles de Naïri » dansent sous nos yeux. Il dévoile un pays à la fois historique, réel, et en même temps, aux frontières du songe enchanteur qui demeure sans âge, comme le Pays Naïri.

« De ma douce Arménie, j'aime la parole à saveur de soleil,
De notre lyre aux sons de deuil, j'aime la corde aux sanglots,
L'étincelant parfum de nos roses, — pareilles au soleil,
Et des filles de Naïri, j'aime la danse pudique et gracieuse.


J'aime notre ciel obscur, les sources limpides, le lac de lumière,
L'été torride, l'auguste tempête-dragon soufflant de l'hiver,
Les murs noirs de misère de nos maisons perdues dans la nuit,
Et, de nos millénaires cités antiques, — j'aime la pierre.


Où que je sois, je n'oublierai pas nos chants, voix endeuillées,
De nos livres aux lettres forgées, je n'oublierai point la prière,
Que des épées de nos plaies exsangues percent mon cœur,
Orphelin, brûlé de sang, j'aime l'Arménie-ma-bien-aimée !


Pour mon cœur languissant, il n'y a d'autre conte de fée,
Narek, Koutchak ; point d'autre front glorieux, auréolé,
Parcours la Terre : point d'autre blanche cime que l'Ararat
Chemin d'inaccessible gloire, j'aime le Massis ma montagne[6]. »

— Yéghiché Tcharents, Éloge de l'Arménie, Florilège Tagharan (1920-1922)[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gérard Dédéyan (dir.), Histoire du peuple arménien, Privat, Toulouse, 2007 (ISBN 978-2-7089-6874-5), p. 68.
  2. a et b Gérard Dédéyan (dir.), op. cit., p. 71.
  3. René Grousset, Histoire de l'Arménie des origines à 1071, Paris, Payot,‎ 1947 (réimpr. 1984, 1995, 2008) (ISBN 978-2-228-88912-4), p. 45.
  4. Gérard Dédéyan (dir.), op. cit., p. 69.
  5. René Grousset, op. cit., p. 46.
  6. (hy) Tcharents et son poème Ma douce Arménie... par l'acteur shakespearien Khoren Abrahamian : écouter en ligne sur youtube Consulté le 7 août 2014.
  7. Livre dédié à sa première épouse Arpik. Traduction du poème : Élisabeth Mouradian et Serge Venturini, dans Yéghiché Tcharents, Légende dantesque, éd. L'Harmattan, coll. « Lettres arméniennes », 2010 (ISBN 978-2-296-13174-3), p. 82 [lire en ligne]. En 1925, Tcharents publie son roman satirique qui deviendra vite populaire : Pays Naïri (Yerkir Naïri)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Albrecht Götze, Hethiter, « Churriter und Assyrer, Instituttet for Sammenlignende Kulturforskning », Serie A: Forelesninger XVII, Oslo, 1936.
  • (en) Warren C. Benedict, « Urartians and Hurrians », dans Journal of the American Oriental Society, no 80/2 (1960), p. 100-104.
  • (de) Ralf-Bernhard Wartke, Urartu, das Reich am Ararat, Éditions Philipp von Zabern, Mainz/Rhein, 1993.

Lien externe[modifier | modifier le code]