Robert Fisk

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Robert Fisk

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Robert Fisk pendant un cours donné à l'université Carleton au Canada en 2004

Naissance (67 ans)
Nationalité Flag of the United Kingdom.svg Britannique
Profession journaliste
Formation
École préparatoire de Yardley Court
Sutton Valence School
Université Lancaster
Distinctions

Robert Fisk (né le ) est un journaliste britannique, grand reporter et correspondant au Proche-Orient depuis plus de trente ans à Beyrouth du journal The Independent.

Il a publié un nombre important de livres sur la révolution iranienne, des guerres du Liban, du Golfe, d'Afghanistan, de l'invasion de l'Irak en 2003, du Kosovo et d’Algérie. Fisk a reçu plus de prix journalistiques (24) que n’importe quel autre grand reporter britannique. Il a reçu le prix Amnesty International en 2000 pour ses reportages en Serbie pendant les bombardements de l’OTAN et le David Watt Memorial Award en 2001 pour sa couverture du Proche-Orient.

Début de carrière[modifier | modifier le code]

Fisk est éduqué à l'école préparatoire de Yardley Court, au Sutton Valence School et à l'université Lancaster en Grande-Bretagne et a un doctorat en philosophie en science politique du Trinity College à Dublin en 1983. Ensuite, il travaille pour le Sunday Express, mais un conflit avec son chef de service, John Jonor, l'oblige à démissionner et à partir pour The Times. De 1972 à 1975, au sommet des tensions du conflit nord-irlandais, il est envoyé comme correspondant par The Times à Belfast, avant de couvrir la Révolution des Œillets. Puis il devient correspondant au Moyen-Orient de 1976 à 1988. Quand il publie un article d'investigation sur le vol 655 Iran Air au moment de la prise de contrôle du journal par Rupert Murdoch, il s'en va pour The Independent où il publie son premier article le 28 avril 1989

Guerre du Liban et autres conflits[modifier | modifier le code]

Fisk vit au Liban depuis 1976 et était présent à Beyrouth lors de la guerre civile. Il fut un des premiers journalistes à visiter le lieu du massacre de Sabra et Shatila au Liban, aussi bien que le massacre de Hama. Son livre sur le conflit libanais, Pity the Nation est publié en 1990. Fisk couvre aussi le conflit israélo-arabe, la guerre du Kosovo, la guerre d'Algérie, la guerre Iran-Irak.

Entretiens de Oussama Ben Laden[modifier | modifier le code]

Fisk est l'un des rares journalistes à avoir interviewé Oussama ben Laden à trois reprises (toutes ces entrevues ont été publiées par The Independent : 6 décembre 1993, 10 juillet 1996 et le 22 mars 1997). Durant un des entretiens de Ben Laden, Fisk note une tentative de conversion à l'islam de la part de Ben Laden. En effet, Ben Laden lui déclare « Mr Robert, un de nos frères avait un rêve. Il rêva... que tu étais une personne spirituelle... Cela signifie que tu es un vrai musulman. » Fisk répliqua « Sheikh Osama, je ne suis pas un musulman, je suis un journaliste et la tâche du journaliste est de rapporter la vérité. » Ben Laden répondit « Si tu dis la vérité, cela signifie que tu es un bon musulman. »

Durant un entretien de 1996, Ben Laden accusa la famille royale saoudienne de corruption. Lors de son dernier entretien, Ben Laden évoqua l'aide de Dieu « pour ramener l'Amérique dans l'ombre d'elle-même. »

Attaques terroristes du 11 septembre 2001[modifier | modifier le code]

Fisk condamne les attaques comme étant un crime contre l'humanité mais évoque la thèse du complot. Reprochant à l'administration Bush, son incompétence supposée et la qualifiant d'« ennemis de la démocratie » et d'« entreprise diabolique. » Il estime que le débat est malhonnête quant à la manière dont est posée la politique américaine au Moyen-Orient.

Œuvres de Robert Fisk[modifier | modifier le code]

Liban, nation martyre[modifier | modifier le code]

Liban, nation martyre est la première version française de Pity the Nation, qui décrit la guerre civile libanaise, rappelle les détails des premières attaques kamikazes (notamment l'attentat du Drakkar) contre les Français et les Américains, et comprend aussi le récit de l’assassinat de Rafik Hariri, que Fisk a vu se perpétrer sous ses yeux. La version française de Pity the Nation comprend 60 pages de plus que la version anglaise.

La première édition du livre en 1991 fut concomitante à un drame personnel vécu par l’auteur : l'enlèvement le 16 mars 1985 de son ami Terry Anderson, correspondant de l'AP à Beyrouth. Il fut libéré le 4 décembre 1991 et Fisk savait que son livre serait lu par les ravisseurs, d'autant qu'il a été traduit en arabe. Effectivement, Anderson rapportera que ses gardiens lui en ont lu des passages. Fisk a tenté à travers son livre d'aider son ami [réf. nécessaire].

La Grande Guerre pour la civilisation[modifier | modifier le code]

Éloges[modifier | modifier le code]

« Robert Fisk est l’un des plus remarquables reporters de sa génération. Comme correspondant de guerre, il est inégalé. » Financial Times.

Il est qualifié par le New York Times comme « probablement le plus grand reporter britannique à l'étranger ».

« L’immense ouvrage de Robert Fisk sur les désespoirs de la situation libanaise est parmi les livres les plus aboutis sur la question, ainsi que parmi les plus douloureux et incisifs…. « Liban, nation martyre » est de fait la somme personnelle, finale et définitive de défaites et de souffrances inutiles, la triste compilation des échecs successifs au Liban des Palestiniens, des Libanais, des Israéliens, des Syriens et de bien d’autres… » Edward Saïd.

« Un témoignage bouleversant sur la faillite des politiques à préserver l’humanité d’elle-même. » Sunday Times.

« On reste pantois … face à l’énergie (de Robert Fisk), son engagement et son courage à couvrir les pires conflits contemporains ; on se demande aussi comment Fisk parvient encore à écrire, sain d’esprit, après avoir été témoin d’une telle barbarie. » Literary Review.

Critiques[modifier | modifier le code]

Approximations historiques[modifier | modifier le code]

Dans une note de lecture de Commentary Magazine [1], l’historien israélien Efraïm Karsh, a commenté le manque de rigueur et les nombreuses prises de liberté que se permettait Fisk avec les faits : « Il est difficile de tourner une page de La Grande Guerre pour la Civilisation sans tomber sur des erreurs de base. Jésus est né à Bethléem, et non, comme l'écrit Fisk, à Jérusalem. Le calife Ali, le cousin et beau-fils de Mahomet, a été assassiné en 661, pas au VIIIe siècle après Jésus-Christ. L'émir Abdallah est devenu roi de Transjordanie en 1946, pas en 1921 (bien qu’Abdallah ait effectivement dirigé la Transjordanie à compter de 1921 et jusqu'à ce que l’indépendance complète lui soit accordée par les Britanniques en 1949). La monarchie irakienne a été renversée en 1958, pas en 1962 ; Hadj Amin Al-Husseini, le grand mufti de Jérusalem, a été nommé par les autorités britanniques, pas élu ; pendant son exil, l’ayatollah Khomeiny a quitté la Turquie pour la ville sainte chiite de Nadjaf non pas sous le règne de Saddam Hussein mais quatorze ans avant que Saddam ne s’empare du pouvoir. La résolution 242 du Conseil de sécurité de l’ONU a été adoptée en novembre 1967, pas en 1968 ; l’Égyptien Anouar El-Sadate a signé un traité de paix avec Israël en 1979, pas en 1977, et a été assassiné en octobre 1981, pas en 1979. Pendant la Première Intifada, Yitzhak Rabin était ministre de la Défense, pas Premier ministre, et Al-Qaïda n’a pas été créée en 1998 mais dix ans plus tôt. Et ainsi de suite. »

Journaliste intègre[modifier | modifier le code]

Dans son intervention sur la Syrie devant l'ONU le 28 février 2013, Bahar Kimyongür, auteur du livre Syrianna, cite[2] : « Si les médias prenaient exemple sur Anastasia Popova ou Robert Fisk, s’ils se donnaient la peine de parcourir l’envers du décor, s’ils allaient interroger les millions de Syriens pro-gouvernementaux, neutres ou non politisés, ils réaliseraient que ces citoyens préfèrent rester sous la protection de l’armée et sous l’administration gouvernementale qui leur assure des moyens de subsistance : un salaire, une retraite, des soins médicaux, une instruction, etc. »

Manque d'objectivité[modifier | modifier le code]

Dans un article du Monde des livres, Les limites de l'indignation[3], au sujet de La Grande Guerre pour la civilisation, Alain Frachon écrit : « Autant on le suit et on l'admire dans sa description des souffrances individuelles, son récit de l'horreur de la guerre, autant cette manière de désigner un unique bouc émissaire [i.e. l'Occident] paraît simpliste, militante, indigne d'un diplômé en histoire de Trinity College. Fisk a l'indignation magnifique, mais trop à sens unique. On aimerait qu'il pratique le même flamboyant journalisme de combat pour dénoncer les énormes responsabilités des élites de la région - politiques, religieuses, culturelles, etc. - dans les malheurs de leurs peuples ».

Emmanuel Sivan, professeur d’histoire islamique à l’université hébraïque de Jérusalem, égratigne Robert Fisk (ainsi que Seymour Hersh) dans un article du Haaretz, traduit par Courrier international[4].

Fisk a été constamment la cible de pressions et de menaces. L'une des menaces les plus célèbres a été formulée par l'acteur américain John Malkovich[5].

Après la guerre du Liban, Fisk a accusé les Israéliens d'avoir utilisé de l'uranium appauvri[6], une information qui s'est révélée incorrecte et a été contredite par le Programme des Nations unies pour l'environnement[7]. Néanmoins, Fisk n'a jamais admis cette erreur et cela lui a valu le « Canard of the Year » (« bobard de l'année ») de la part de Honest reporting Canard of the Year (site dédié, selon sa devise, à "défendre Israel contre la partialité des médias") : Robert Fisk of the Independent[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • La Grande Guerre pour la civilisation : l'Occident à la conquête du Moyen-Orient (1979-2005), La Découverte, 2005 (ISBN 2707145734)
  • Liban, nation martyre, Éditions A&R et du Panama, 2007 (ISBN 9782755702415)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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