Fête de l'Humanité

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La fête de l'Humanité, communément appelée fête de l'Huma, est un événement organisé tous les ans par le journal L'Humanité au cours du second week-end de septembre. C'est une fête politique où le Parti communiste français et les divers groupements de gauche sont fortement représentés. Outre les activités politiques, la Fête comprend de nombreuses activités culturelles et de divertissement. Son édition 2010 a attiré environ 600 000 visiteurs[1].

Grande scène de la fête en 2005 pour le concert de Bernard Lavilliers.

Objectifs et histoire[modifier | modifier le code]

Ici, une vente d'articles dédiés à Che Guevara et à Bob Marley
Ici, une vente d'articles dédiés à Che Guevara et à Bob Marley
Stand de Granma, organe officiel du comité central du Parti communiste cubain

Elle a été créée en 1930 par Marcel Cachin (Directeur du journal L'Humanité de 1918 à 1958), il veut en faire un évènement populaire, une manifestation de "solidarité prolétarienne". La première « fête de l'Huma » s'est tenue en septembre 1930 au parc Sacco et Vanzetti, à Bezons aujourd'hui dans le Val-d'Oise. L'objectif de cette fête est de développer la diffusion de L'Humanité et de dégager des bénéfices pour financer le journal. De l'argent est récolté pour soutenir les mineurs en grève, l'entrée est à deux francs, mais seulement mille personnes viennent à la première fête, à laquelle n'est présente qu'un seul stand non parisien, celui de la ville d'Alès[2] hors de l'Île-de-France[3].

Les premiers grands concerts ont lieu en 1936 lors du Front populaire, qui voit la fête pour la première fois dépasser le seuil de 300.000 participants[4].

En 1937, la fête accueille ses premiers stands d'autres pays : Suisse, Belgique, Angleterre, Union soviétique et en 1954, trente départements sont représentés. Interrompue pendant les années d’Occupation, la tradition de la fête de l’Huma reprend à la Libération et réunit un million de personnes en 1945[5], au bois de Vincennes.

Jusqu’en 1956, la fête se déroule au bois de Vincennes, puis en 1957 et 1958, elle a lieu à Montreuil, au parc Montreau. En 1959, ce sont les terrasses de Meudon qui l’accueillent.

Le parc des Sports de La Courneuve accueille pour la première fois la fête à partir de 1960 et jusqu'en 1971, où des centaines de milliers de personnes prennent son chemin, avec une escapade de 1966 à 1970 sur la pelouse de Reuilly, au bois de Vincennes, où elle ne cesse de grandir. Le Village international, créé en 1954, a vu sa place augmenter dans les années 1970. De 1972 à 1998 elle se tient dans le parc paysager de La Courneuve, dessiné par des paysagistes sur un ancien bidonville, et depuis 1999 la fête s'installe à l’Espace fêtes du parc départemental de La Courneuve contigu à l'aéroport du Bourget.

La grande vedette de l'année 1981 est le TGV qui vient de battre le record du monde de vitesse sur rail, le 26 février 1981, la rame TGV no16 ayant atteint sur la LGV Sud-Est 380 km/h[6], alors que le ministre des transports Charles Fiterman, l'un des 4 communistes entrés au gouvernement après l'élection de François Mitterrand fait du lobbying pour que la SNCF investisse dans d'autres lignes afin d'en faire un levier de démocratisation des vacances.

Le programme de la fête est accessible sur Internet à partir de 1991[7].

La journée du vendredi, auparavant réservée aux militants est ouverte au public depuis les années 1980.

Organisation[modifier | modifier le code]

La fête commence, le week-end précédent, par la classique randonnée cyclotouriste La Courneuve-Dieppe-La Courneuve. Le samedi matin, une course à pied de 10 kilomètres traverse la fête où est située son arrivée. Chaque année, une exposition culturelle est organisée.

Débat sous l'agora, en 2006, au sujet de l'agriculture

Dans l'après-midi du dimanche, le grand meeting politique, qui s'achève par le chant de L'internationale, et certaines années de la Marseillaise, donne le ton de la rentrée sociale.

La fête est structurée en « espaces » ; des artistes se produisent sur chaque scène. La « Grande Scène » accueille des artistes de grande renommée, tandis que d'autres scènes, thématiques, accueillent des artistes moins connus. Chaque année dans l'Agora de l'Humanité - un immense chapiteau de plusieurs centaines de place - et dans les différents stands de la Fête ont lieu de nombreux débats portant sur la politique, mais aussi la culture, le sport, les médias… Des partis étrangers idéologiquement proches présentent également leurs luttes. La tente des Amis de L'humanité accueille aussi de nombreux débats.

Le "village du Livre" accueille des centaines d'artistes venus dédicacer leurs ouvrages et des dizaines de débats.

Le Parti communiste espagnol et le Parti Tudeh d'Iran

De nombreux stands proposent de la nourriture ou des boissons; en particulier, ceux tenus par des sections locales du Parti communiste français proposent souvent des spécialités locales.

Chaque année, la fête de l'Humanité accueille plus d'un demi-million de visiteurs.

Expositions culturelles[modifier | modifier le code]

  • 1957 : Exposition de peinture de tapisseries, de dessins (Fernand Léger, Jean Lurçat, Marc Saint-Saëns, Boris Taslitzky, André Fougeron)
  • 1967 : Pablo Picasso : plus de cent toiles, gravures, lithographies, dessins, portraits, céramiques, tapisseries et papiers collés de l’artiste
  • 1973 : Picasso : exposition posthume de 136 œuvres venues de Leningrad, Moscou, Prague, ou prêtées par des musées français et des collectionneurs particuliers
  • 1974 : " Les Impressionnistes "[8]
  • 1982 : Picasso : « Louis Aragon et les peintres de son siècle »
  • 1985 : " Contre l'apartheid" : peintures performances du groupe Banlieue-Banlieue avec le big band Urban Sax
  • 1991 : « L’Homme au cœur de tout », histoire des relations entre communistes et catholiques
  • 1992 : « Aragon dans son siècle »
  • 1993 : « Notre planète vue du ciel »
  • 1994 : « Les plus grands faits de la période 1939–1944, de l’insurrection et de la Libération », par le Comité national pour la célébration du 50e anniversaire de la Libération
  • 1995 : centenaire de la naissance de Paul Éluard
  • 1996 : le musée de la Résistance de Champigny met à la disposition de la fête l’exposition des photos de Willy Ronis « À nous la vie. 1936–1958 »
  • 2003 :
    • « L’Humanité dans le siècle »
    • « Attention jeunes, l’Humanité dans l’art du temps » : présentation des œuvres de quarante jeunes artistes peintres.
  • 2004 :
    • « Cent peintres pour les cent ans de l’Huma »
    • « Jean de Encres, Jean des Sources » consacrée à Jean Ferrat.
  • 2005 : peinture abstraite au XXe siècle
  • 2008 : « 1968/2008 les artistes dans la rue » (…) des artistes reconnus tels que Jean Dubuffet, Ernest Pignon-Ernest, Pierre Alechinsky ou Jacques Villeglé, pour n’en citer que quelques-uns, côtoieront des grapheurs et artistes urbains contemporains comme Miss.Tic, Speedy Graphito, Faucheur et bien d’autres…[9]


Au cours des dernières éditions, la partie culturelle de la fête s'est développée, avec un stand théâtre, cinéma, etc.

Programmation musicale de ces dernières années[modifier | modifier le code]

La fête dispose de nombreuses scènes. La principale est la Grande scène qui peut recevoir environ 100 000 spectateurs. De nombreux artistes tels que Léo Ferré, Stevie Wonder, Pink Floyd, The Who[10], Deep Purple, Jacques Brel, Noir Désir, Johnny Hallyday, Renaud ou Chuck Berry, Jacques Dutronc ou Leonard Cohen[11] sont passés à la Fête de l'Humanité.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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