Marianne Oswald

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Marianne Oswald, nom de scène de Sarah Alice Bloch [1], est une chanteuse et actrice française née le à Sarreguemines [2] en Moselle et morte le à Limeil-Brévannes, dans le Val-de-Marne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille d'un père lorrain et d'une mère originaire d'Alsace, Marianne Oswald naît à Sarreguemines, pendant la première annexion allemande. Orpheline à l'âge de seize ans, elle est alors envoyée en pension à Munich[3].

Marianne Oswald entame sa carrière de chanteuse dans les années 1920, dans les cabarets de Berlin, après avoir été opérée d'un goitre thyroïdien, selon ses termes « après s'être fait trancher la gorge »[3].

En 1931, du fait de la montée du parti nazi et de la menace qu'il faisait peser, elle s'exile à Paris, où elle introduit dans la chanson française des techniques propres à l'expressionnisme allemand. Elle séduit par sa diction très particulière, son « parlé-chanté » brechtien, un accent dialectal mosellan, sa voix tour à tour brute et tendre.

Elle enregistre en juin 1932, pour la firme Salabert, ses deux premières chansons : En m'en foutant et Pour m'avoir dit je t'aime, avec le pianiste Henri Monfreid. Elle se produit au Bœuf sur le toit où elle chante les chansons de Bertolt Brecht et Kurt Weill : La Complainte de Mackie, La Fiancée du pirate, Le Chant des canons, Sourabaya Johnny… Sa voix plaît à Jean Bérard, président de Columbia France, qui lui fait enregistrer ces deux dernières chansons ainsi que deux autres de Jean Tranchant, La Complainte de Kesoubah et Le Grand Étang. En mars 1934, elle enregistre encore Le Jeu de massacre, chanson d'Henri-Georges Clouzot sur une musique de Maurice Yvain.

C'est la même année que Jean Cocteau lui écrit Anna la bonne, « chanson parlée » qui sera suivie par La Dame de Monte-Carlo en 1936. Anna la bonne donnera également lieu, en 1958, à un court-métrage éponyme de Claude Jutra.

En 1934, Marianne Oswald chante à Pleyel la chanson Appel, de Jean Tranchant. Elle est sifflée, mais Jacques Prévert prend sa défense avec quelques amis. De cette rencontre naît une collaboration fertile entre le poète et la chanteuse : dès avril 1935, elle enregistre Embrasse-moi, sur une musique de Wal-Berg.

Pendant l'été 1934, un fait-divers scandalise Jacques Prévert : une trentaine d'enfants s'étant évadés du bagne de Belle-Île-en-Mer en réponse aux violences des surveillants du réfectoire, l'administration propose une prime de vingt francs pour chaque enfant capturé ; les badauds et les touristes se joignent au personnel du bagne pour leur donner la chasse. Prévert réagit en écrivant d'une traite le poème Chasse à l'enfant, mis en musique par Joseph Kosma et enregistré par Marianne Oswald le 20 octobre 1936. Prévert a aussi l'intention de tirer de l'anecdote un film [réf. nécessaire], mais celui-ci ne voit jamais le jour.

En décembre 1937, le contrat d'exclusivité de Marianne Oswald chez Columbia prend fin avec une autre chanson de Prévert et Kosma, Les Bruits de la nuit.

En 1938, elle entame une carrière d'actrice dans Le Petit Chose de Maurice Cloche avec Arletty. Puis, de 1940 à 1946, elle s'exile aux États-Unis où elle se produit dans les cabarets et à la radio.

De retour à Paris, elle joue de nouveau au cinéma, dans Les Amants de Vérone (1949) et plus tard dans Le Guérisseur (1954), Notre-Dame de Paris (1956), Montparnasse 19 et Sans famille (1958).

Elle se consacre ensuite à la production d'émissions télévisées pour enfants, elle intervient également à la radio, sur Paris Inter (Terre des Enfants dans l'émission les Beaux Jeudis de Maurice Pauliac).

Marianne Oswald meurt le 25 février 1985 à Limeil-Brévannes, dans le Val-de-Marne.

Hommages[modifier | modifier le code]

  • « Je suppose que c'est cette puissance rouge d'incendie, de mégot, de torche, de phare, de fanal, qui l'habite, cet acharnement de braise, cette haleur de gaz d'acétylène, de magnésium et de lampe à souder, qui forment l'efficacité de cette chanteuse, de cette mime que bien des esprits repoussent, mais qui s'impose malgré tout. » (Jean Cocteau - Mes Montres sacrés - Encre 1979)[Où ?]
  • « Elle chante des chansons réalistes, cependant elle dépasse le réalisme, elle ne fait pas semblant, elle transpose, elle taraude l'âme humaine, elle dessine au burin. » (Louis Léon Martin, Petit Parisien, 10 décembre 1933)[Où ?]

Reprises[modifier | modifier le code]

  • Mon oncle a tout repeint est repris par Jean Guidoni en 1980 (uniquement en concert et lors des "bis")
  • Toute seule est repris par Jean Guidoni en 1986 (théâtre des Bouffes du Nord)
  • Jeu de massacre est repris par Juliette Noureddine en 1993
  • La complainte de Kesoubah est reprise par le groupe Casse pipe en 1993 sur l'album Chansons noires - Tome 1
  • La complainte de Kesoubah est reprise également par Louis Ville en 2006 sur son album À choisir
  • La chasse à l'enfant est reprise par Jean Guidoni en duo avec Juliette sur son album Chante Prévert en 2008
  • La grasse matinée est reprise par Jean Guidoni sur son album Chante Prévert en 2008

Discographie[modifier | modifier le code]

  • L'Art de Marianne Oswald, 1932 à 1937, EPM, 1992
  • Kurt Weill à Paris, Assai, 2000

Filmographie[modifier | modifier le code]

Actrice
Réalisatrice
Scénariste

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marianne Oswald, Je n'ai pas appris à vivre, préface de Jacques Prévert, Domat, 1948 ; Pierron, 1999
  • Hélène Hazera, Marianne Oswald, Lie Ernest Flam, 1993
  • Marianne Oswald, Louis Martin-Chauffier, Yves-André Hubert, Ces hommes de l'espérance, [S. l.] : [s. n.], [ca 1955] : une évocation de la résistance allemande au national-socialisme.
  • Marianne Oswald, One small voice, Londres ; New York : Whittlesey house, 1945 : biographie des années de jeunesse.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Filmographie », sur www.lesgensducinema.com (consulté le 25 juin 2013)
  2. Sarreguemines, en allemand Saargemünd, ville aujourd'hui française, à la frontière avec l'Allemagne, était une ville allemande de 1871 à 1919.
  3. a et b « Biographie de Marianne Oswald », sur www.dutempsdescerisesauxfeuillesmortes.net (consulté le 25 juin 2013)

Liens externes[modifier | modifier le code]