Sidney Bechet

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Sidney Bechet

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Sidney Bechet, Freddie Moore et Lloyd Phillips, Jimmy Ryan's (Club), New York, ca. Juin 1947, Image: William P. Gottlieb.

Informations générales
Naissance
La Nouvelle-Orléans, États-Unis
Décès (à 62 ans)
Garches, France
Genre musical Jazz
Instruments clarinette, saxophone
Sidney Bechet, Londres, 1922
Buste de Sidney Bechet à Juan-les-Pins

Sidney Bechet (né le à La Nouvelle-Orléans aux États-Unis et mort le à Garches). est un clarinettiste, saxophoniste et compositeur américain de jazz.

Biographie[modifier | modifier le code]

Musicien cosmopolite dès sa jeunesse, Sidney Bechet est à l'origine de la première critique de jazz un peu sérieuse. En 1919, il est le clarinettiste soliste du Southern Syncopated Orchestra dirigé par le compositeur Will Marion Cook, qui refusait d'utiliser le mot « jazz » mais tenait beaucoup à avoir Bechet en vedette. Le chef d'orchestre suisse Ernest Ansermet, qui eut plusieurs fois l'occasion d'écouter cette formation à Londres, écrivait à propos de Bechet : « (Il) ne peut rien dire de son art, sauf qu'il suit sa propre voie… et c'est peut-être la route sur laquelle le monde entier swinguera dans l'avenir. »

Prodige musical, né au sein d'une famille créole (la famille Bechet serait originaire de Haute-Savoie, et plus précisément de Féternes), il a étudié auprès de Louis dit "Papa" Tio et Lorenzo Tio fils à La Nouvelle-Orléans[1]. Il se joint, en 1917, à l'exode vers Chicago et y travaille avec deux célèbres exilés, le trompettiste Freddie Keppard et le pianiste Tony Jackson. Puis il accompagne Cook à Londres où il découvre le saxophone soprano, instrument plus dominant que la clarinette et avec lequel il peut aisément produire le palpitant vibrato qui est son signe distinctif. En juin 1924, Sidney Bechet rejoint le groupe de Duke Ellington et commence la deuxième tournée en Nouvelle-Angleterre avec eux. Moins de trois mois plus tard, « le Duke » le renvoie après qu’il ne se soit pas présenté à trois concerts.

Expulsé de Grande-Bretagne pour cause de bagarre dans un hôtel, Bechet retourne aux États-Unis et s'installe à New York, où le pianiste Clarence Williams veut à tout prix le faire enregistrer, en particulier aux côtés de Louis Armstrong. C'est ainsi qu'a lieu une première rencontre entre ces géants du jazz. Cependant, de nouveaux problèmes le ramènent en Europe où il passe quatre ans au sein de la Revue nègre dont Joséphine Baker est la vedette. Pendant qu'Armstrong réalise ses enregistrements classiques, son principal rival comme soliste de jazz est en tournée en Europe et en Russie. Mais Sidney Bechet a un fort caractère, et en 1928, une bagarre éclate entre lui et le banjoïste Mike McKendrick sur lequel il tire[2]. Le drame est évité, mais Sidney Bechet se retrouve 11 mois en prison à Fresnes, puis expulsé de France.

Après un retour triomphal au Festival de jazz de Paris en 1949, il décide de s'établir en France. Bechet y devient une super vedette hexagonale (avec une épouse à la campagne et une maîtresse à Paris). Son thème Petite Fleur est un succès mondial, même si lui-même était probablement plus fier des partitions de ballets telles que La Nuit est une sorcière qu'il compose pour le danseur et chorégraphe Pierre Lacotte.

À la fin de sa vie, en 1956, il entame une grande tournée en Belgique. Albert Langue, jazzman de Mons et initiateur du Festival mondial des musiques militaires de Mons, l'accompagne dans ses concerts, à la trompette. Sidney Bechet lui demande s'il n'a pas en mémoire une musique locale qu'il pourrait jouer en Belgique pour faire plaisir à son public et personnaliser la tournée belge. Albert Langue lui joue sur un piano Le Doudou, musique leitmotiv de la Ducasse de Mons qu'il adapte au style de musique de La Nouvelle-Orléans.
C'est un tel succès qu'il l'enregistre pour la maison de disques Vogue. Ce disque est une des meilleures ventes de 1956 et permit au Doudou d'être connu partout dans le monde.

Depuis sa mort, en 1959, le jour de son soixante-deuxième anniversaire, une statue de son buste se dresse dans un parc de Juan-les-Pins.

Parmi ses plus célèbres enregistrements, il faut faire figurer le trio Blues in Thirds, avec Earl Hines et Baby Dodds, Blue Horizon, Out of The Gallion avec Mezz Mezzrow, Petite fleur et n'importe laquelle de ses versions de Summertime ou de Weary Blues.

Discographie[modifier | modifier le code]

  • The Legendary Sidney Bechet, RCA Bluebird (Les « Feetwarmers » des débuts et « Blues in Thirds »).
  • Sidney Bechet in New York, JSP (La séance avec Louis Armstrong).
  • The King Jazz Story Vol.4, Storyville (Le meilleur de Bechet-Mezzrow) avec Cousin Joe.
  • Jazz Classics Vol.1, Blue Note (Avec Bunk Johnson, Albert Nicholas).
  • Le 18 avril 1941 Bechet enregistre chez son ami John Reid (RCA) des séances en re-recording, une invention du maître et une première dans l’histoire du jazz. Il joue à tour de rôle de la basse, de la batterie, du piano, de la clarinette, du saxo soprano et ténor; et enregistre les deux faces d’un disque avec les morceaux The Sheik of Araby et Blues of Bechet[3].
  • El Doudou, Vogue, 1956 (avec Albert Langue).
  • Parisian Encounter, Vogue, 1958 (avec Teddy Buckner)
  • Jazz sur la Croisette, compilation avec Claude Luter (INA mémoire vive /Abeille Musique) reprise sous le titre Cent ans de Jazz, (album Sidney Bechet et Claude Luter), Vogue, 1998. L'album comprend notamment les tubes les plus appréciés : Dans les rues d'Antibes, Les Oignons, Petite fleur.
  • "Blues in the air" RCA Victor (Horizons du Jazz no 2, gravé en 1940).
  • "L'Histoire de Sidney Bechet", Disques Vogue (La vie extraordinaire du grand musicien racontée par Sidney Bechet lui-même et illustrée par 24 versions inédites de ses meilleures compositions, dans un double album).

Art[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Treat it gentle, Da capo press (son autobiographie en anglais).
  • La musique c'est ma vie, La table ronde (son autobiographie en français).

Hommages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "Charles E. Kinzer, "The Tios of New Orleans and Their Pedagogical Influence on the Early Jazz Clarinet Style", Black Music Research Journal p. 219-302"
  2. http://mobile.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/sydney-bechet-les-oignons-c-est-55981
  3. http://www.deezer.com/fr/music/playlist/bechet-alone-59322350#music/playlist/bechet-alone-59322350.

Liens externes[modifier | modifier le code]