Isabelle Aubret

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Isabelle Aubret

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Isabelle Aubret, en 2010.

Informations générales
Nom de naissance Thérèse Coquerelle
Naissance 27 juillet 1938 (76 ans)
Lille, France
Activité principale chanteuse
Genre musical chanson française
Années actives 1952-présent
Labels Polydor
Barclay
Disques Meys
Teme
Site officiel http://www.isabelle-aubret.com/

Isabelle Aubret (née Thérèse Coquerelle, le 27 juillet 1938, à Lille, Nord), est une chanteuse française. En 1952, elle remporta les Championnats de France de gymnastique et en 1962, le Concours Eurovision de la chanson pour la France, avec la chanson Un premier amour[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Isabelle naît le 27 juillet 1938, à Lille, en France. Elle est la cinquième de onze enfants. Son père est contremaître dans une filature; sa mère, d'origine ukrainienne, est femme au foyer[2].

En 1952, à l'âge de quatorze ans, Isabelle quitte l'école et est engagée comme bobineuse dans l'usine où travaille son père. Elle continue à suivre des cours d'art dramatique et de danse classique. La même année, elle remporte les Championnats de France de gymnastique[2].

Parallèlement, Isabelle participe à des concours locaux de chant. Son professeur d'art dramatique la présente au directeur d’une radio lilloise et elle monte sur scène pour la première fois. Elle chante dans des ensembles et en 1956, à l'âge de 18 ans, elle est engagée dans un orchestre du Havre[3].

En 1960, Isabelle gagne un concours de chant, organisé à l'Olympia. Elle est remarquée par le directeur de la salle, Bruno Coquatrix, qui l'aide à obtenir un contrat dans un cabaret de Pigalle, le Fifty-Fifty[4].

En 1961, Isabelle auditionne pour l'agent artistique Jacques Canetti, qui lui fait signer un contrat d'enregistrement. Elle publie son premier 45 tours, dont la Face A est Le Gars de n'importe où et la Face B, Nous les amoureux, reprise de la chanson gagnante du Concours Eurovision de la chanson 1961, interprétée initialement par Jean-Claude Pascal[3]. Avec Le Gars de n'importe où (dont les paroles avaient été écrites par Maurice Vidalin et la musique, composée par Jacques Datin), elle participe à la sélection nationale française pour le Concours Eurovision de la chanson 1961 et termine troisième[5]. Grâce à cette chanson, elle remporte le Grand Prix du Festival d'Enghien[6].

Premiers succès[modifier | modifier le code]

En 1962, Isabelle est sélectionnée par la télévision publique française pour représenter la France à la septième édition du Concours Eurovision de la chanson. Ses concurrents au titre sont notamment Alain Barrière, Serge Gainsbourg et le vainqueur du concours Eurovision l'année précédente Jean-Claude Pascal. La chanson Un premier amour qu'elle interprète, a été écrite par Rolland Valade et composée par Claude-Henri Vic. Le 18 mars 1962, à Luxembourg, Isabelle remporte le concours pour la France, offrant au pays sa troisième victoire[7].

La même année, Isabelle rencontre Jean Ferrat. Il écrit pour elle la chanson Deux enfants au soleil et lui offre la première partie de sa tournée. Isabelle demeurera toujours fort proche de Ferrat et reprendra plusieurs chansons écrites initialement pour lui, notamment Deux enfants au soleil de Claude Delécluse, en 1961 ; Un enfant quitte Paris, de Georges Coulonges, en 1967 et Tout ce que j'aime, de Philippe Pauletto, en 1970[6].

En 1963, Isabelle partage la scène de l'ABC avec Sacha Distel et fait la première partie de Jacques Brel à l'Olympia[2].

Premier accident[modifier | modifier le code]

En 1963, Isabelle est pressentie par le réalisateur Jacques Demy et le musicien Michel Legrand pour le rôle principal du film Les Parapluies de Cherbourg. Mais elle est victime d'un grave accident de voiture à Arnay-le-Duc[8]. Elle doit subir de multiples opérations et entreprendre une très longue rééducation qui la tient éloignée de la scène[4].

Jacques Brel lui offre les droits à vie de la chanson La Fanette. Michelle Senlis lui écrit C'est beau la vie, sur une musique de Jean Ferrat. Isabelle enregistre la chanson et remporte un grand succès commercial[2].

En 1965, encore en convalescence, Isabelle fait la première partie de Salvatore Adamo à l'Olympia[2]. Elle quitte le label Philips pour Polydor.

Nouveaux succès[modifier | modifier le code]

En 1968, la télévision publique française la sélectionne à nouveau, pour la représenter à la treizième édition du Concours Eurovision de la chanson[9]. Sa chanson, La source, écrite par Guy Bonnet et composée par Daniel Faure, est inspirée d'une légende, adaptée au cinéma en 1960, par Ingmar Bergman, dans son film La Source. Le 6 avril 1968, à Londres, Isabelle termine troisième[10].

En mai de la même année, Isabelle partage la scène de Bobino avec le chanteur québécois Félix Leclerc. Le spectacle est cependant interrompu par les événements de Mai 68 et l'explosion d'un commissariat tout proche. Isabelle part en tournée en France et à l'étranger, chantant dans plus de 70 villes[2].

En 1969, Isabelle quitte Polydor et signe un contrat d'enregistrement avec le producteur Gérard Meys, propriétaire du label Meys et producteur de Jean Ferrat et de Juliette Gréco[3]. La même année, elle interprète Savez-vous ce qu'il faut au sapin de Noël ?, version française de Do You Know How Christmas Trees Are Grown?, composée par John Barry pour le film Au service secret de Sa Majesté, sixième épisode de la série des James Bond.

Tournées internationales[modifier | modifier le code]

En 1970, Isabelle participe à la sélection nationale française pour la quinzième édition du Concours Eurovision de la chanson. Elle y interprète Olivier, Olivia, en duo avec Daniel Beretta. Ils terminent à la deuxième place, derrière Guy Bonnet[11].

Se sentant délaissée par les médias français, Isabelle entame une tournée internationale, qui la mène au Canada, en Algérie, à Cuba et en Pologne. Elle revient sur la scène de Bobino, en 1973, et sort un nouvel album, le Soleil est dans une orange, pour lequel Alain Bashung, encore inconnu à l’époque, lui a écrit une chanson[6].

En 1976, Isabelle participe au Festival Musical de Tokyo et remporte le prix de la meilleure chanteuse[2]. La même année, elle participe à la sélection nationale française pour la vingt-et-unième édition du Concours Eurovision de la chanson. Elle y interprète Je te connais déjà, mais est éliminée en demi-finale[12].

Isabelle publie ensuite deux nouveaux albums : Berceuse pour une femme, en 1977, et Une vie, en 1979. En 1980, elle reçoit le prix de Meilleure chanteuse du monde, décerné par le public japonais. L'année suivante, elle repart pour une longue tournée internationale, qui l'amène en URSS, en Allemagne, en Finlande, au Japon, au Canada et au Maroc[2].

Second accident[modifier | modifier le code]

En 1981, Isabelle est victime d'un nouvel accident. Elle répète un numéro de trapèze volant pour le gala de l'Union des artistes, avec son partenaire, le boxeur Jean-Claude Bouttier, lorsqu'elle fait une chute. Elle se brise les deux jambes et demeure longtemps paralysée. Il lui faudra finalement deux longues années de rééducation pour recouvrer l'usage de ses jambes et remarcher à nouveau[6].

En 1983, durant sa convalescence, Isabelle enregistre cependant un 45 tours, France France ; puis, en 1984, un album, Le Monde chante, et en 1985, une chanson qui remporte un certain succès, 1789, signée Claude Lemesle et Alice Dona[2].

Retour sur scène[modifier | modifier le code]

Isabelle Aubret lors des obsèques de Jean Ferrat, en mars 2010, en compagnie de Pierre Tenenbaum et Michel Pesenti.

Sa convalescence terminée, Isabelle reprend ses tournées. En 1986, elle chante en URSS, au Canada et en Tunisie. En 1987, elle publie l'album Vague à l'homme, grâce auquel, elle reçoit le Prix du Président de la République, décerné par le jury de l'Académie Charles-Cros[3]. En mars 1987, elle chante à l'Olympia, avec Allain Leprest en première partie.

En 1989, année du Bicentenaire de la Révolution française, Isabelle sort un album intitulé 1989. Elle obtient grâce à lui le prix de la Meilleure interprète lors d'un festival à Berlin[6].

En 1990, Isabelle publie l’album Vivre en flèche et remonte sur la scène de l’Olympia. Elle enregistre des poèmes d’Aragon, mis en musique par Léo Ferré et Jean Ferrat. Elle commence à reprendre les artistes qui lui tiennent à cœur : Jacques Brel, Guy Béart, Francis Cabrel, Serge Gainsbourg, Jean-Jacques Goldman, Nicole Rieu, Henri Salvador, Alain Souchon et Charles Trenet[2].

En 1992, Isabelle reçoit la Légion d'honneur des mains du Président François Mitterrand[6]. Dans la suite de la décennie, elle enchaîne albums et tournées, parcourant la France et le monde.

En 2001, Isabelle fête ses quarante ans de carrière, en donnant une série de concerts à Bobino. En 2006, elle publie un album intitulé 2006. Parmi les auteurs de ses chansons, se retrouvent Claude Lemesle, qui lui a écrit Berceuse pour une femme et Aimer, ou encore Marys Santini, qui a signé Sahara Sarabande. La même année, Isabelle partage l'affiche des Monologues du vagin, avec les actrices Astrid Veillon et Sara Giraudeau[2].

En 2009, Isabelle intègre la tournée Âge tendre et Têtes de bois et renouvelle l'expérience en 2010[6].

En 2011, elle donne deux concerts exceptionnels au Palais des sports de Paris, les 18 et 19 mai.

En 2014, elle est l'invitée d'honneur et la marraine de la neuvième et dernière tournée Âge tendre et Têtes de bois, intitulée la Tournée supplémentaire.

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums[modifier | modifier le code]

  • 1966 : Les Chansons françaises
  • 1967 : Isabelle Aubret - Polydor
  • 1968 : La Source
  • 1969 : Isabelle Aubret - Barclay
  • 1969 : Un piano blanc - Disques Meys
  • 1970 : C'est beau la vie - Philips
  • 1970 : Olivier Olivia, Tout ce que j'aime - Disques Meys
  • 1971 : Casa Forte - Disques Meys
  • 1973 : Les Classiques de la chanson
  • 1974 : Isabelle Aubret - Disques Meys
  • 1975 : La femme est l'avenir de l'homme
  • 1975 : Isabelle Aubret chante Jacques Brel
  • 1976 : Chansonnettes
  • 1977 : Isabelle Aubret chante Anne Sylvestre
  • 1977 : Berceuse pour une femme
  • 1978 : L'Amour Aragon
  • 1979 : Une vie
  • 1981 : Liberté
  • 1984 : Le monde chante
  • 1986 : 1789 - Beyrouth
  • 1987 : Vague à l'homme
  • 1989 : 1989
  • 1990 : Vivre en flèche
  • 1990 : Chansonnettes et chansons
  • 1991 : In love
  • 1992 : Coups de cœur
  • 1992 : Isabelle Aubret chante Aragon
  • 1993 : Isabelle Aubret chante Ferrat
  • 1993 : C'est le bonheur
  • 1995 : Isabelle Aubret chante Brel - nouvelle version
  • 1997 : Isabelle Aubret chante pour les petits et les grands
  • 1997 : Changer le monde - titré Des mots au Québec
  • 1999 : Parisabelle
  • 2001 : Le Paradis des musiciens
  • 2002 : Cosette et Jean Valjean
  • 2006 : 2006 (La Guitare de Jérémie)
  • 2011 : Isabelle Aubret chante Ferrat - coffret constitué de trois CD et d'un DVD
  • 2012 : L'Arche de Noël

Albums en concert[modifier | modifier le code]

  • 1990 : Allez allez la vie - en concert
  • 2001 : Bobino 2001 - en concert
  • 2011 : Isabelle Aubret Palais des Sports 2011 - DVD et double CD

Compilations[modifier | modifier le code]

  • 1973 : Grands succès - Volumes 1 et 2 - Disques Meys
  • 1981 : Isabelle Aubret - Kébec-Disc - paru au Québec seulement
  • 1988 : Collection "Expression"
  • 1995 : Elle vous aime
  • 2005 : Les Indispensables
  • 2009 : Ses plus belles chansons

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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