Catherine Sauvage

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Catherine Sauvage

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Catherine Sauvage à la télévision, en 1974

Informations générales
Naissance 26 mai 1929
Nancy, France
Décès 19 mars 1998 (à 68 ans)
Bry-sur-Marne, France
Activité principale chanteuse, comédienne
Genre musical chanson française
Années actives 1946-1994
Labels Philips

Catherine Sauvage née Jeanine Marcelle Saunier le 26 mai 1929 à Nancy et morte le 19 mars 1998 à Bry-sur-Marne, Val-de-Marne) est une chanteuse et une comédienne française.


Biographie[modifier | modifier le code]

En 1940, la guerre la pousse elle et sa famille jusqu'en zone non-occupée à Annecy. Charles Trenet lui donne le goût de la chanson, le théâtre amateur le goût de la scène. Un temps chanteuse et productrice à Radio Genève en 1947 1, elle s'installe à Paris à dix-huit ans pour suivre des cours d'art dramatique, et adopte le patronyme de Sauvage, emprunté à une amie d'enfance :

« J'ai fait mon apprentissage chez Jean-Louis Barrault avec Jean Vilar, Roger Blin, Marcel Marceau. [...] Le hasard de la vie m'a permis d'être présentée à Moyses, qui était le directeur du cabaret le Bœuf sur le toit. Je lui ai chanté quelques « trucs » comme ça, je lui ai dit deux ou trois poèmes. Résultat, Moyses m'a engagée dès le lendemain. J'avais un répertoire d'occasion avec notamment des chansons de Marianne Oswald. Je suis restée deux mois au Bœuf sur le toit, après, j'ai chanté au Quod-libet, une boîte au 3 rue des Prés-Aux-Clercs ».

Puis ce fut le cabaret L'Arlequin au 131 bis du boulevard Saint-Germain, puis L'Écluse au 15 du quai des Grands-Augustins, dans le sixième arrondissement.

Elle rencontre Léo Ferré, dont beaucoup de chansons sont alors interdites de radio, et qu'elle contribue à faire connaître en les interprétant : elle enregistre « Monsieur William » et « Paris canaille », qui est une grand succès commercial. Son interprétation de « L'Homme » lui vaut en 1954 un grand prix du disque décerné par l'académie Charles-Cros :

« Ça a été la rencontre de ma vie. Comme un bonheur n'arrive jamais seul, dit-on, Jacques Canetti est venu m'écouter un beau soir. Il était toujours à la recherche d'artistes pour la firme de disques dont il était le directeur artistique ainsi que pour les Trois Baudets qu'il avait créé.  »

Jacques Canetti l'engage donc en 1953 et 1954 aux Trois Baudets.

« J'ai donc fréquenté ce cabaret de la rue Coustou pendant deux ans. Dans la foulée, me voilà vedette à l'Olympia, tandis qu'un grand prix du disque m'est attribué pour « L'Homme » de Léo Ferré. »

« Je chante Léo depuis toujours… il représente l'une des grandes rencontres de ma carrière, l'autre étant le pianiste accompagnateur Jacques Loussier, lui aussi je l'ai connu lorsqu'il démarrait dans le métier. En 1949, avec Léo Ferré, nous partagions la même scène au cabaret Les Trois Mailletz au 56 rue Galande, dans le cinquième arrondissement de Paris. J'ai enregistré au moins cent de ses chansons. Nous avons eu des succès communs. En 1954, mon interprétation de « L'Homme » m'a valu le Grand Prix du Disque. »

Après les Trois-Baudets en 1953, elle passe en vedette en 1954 à l'Olympia, en 1955, puis en 1960 à Bobino pour un long tour de chant. La vogue des yéyés l'éloigne un temps des scènes parisiennes, puis elle renoue avec le succès en 1968 à Bobino. Elle interprète alors aussi bien Léo Ferré, Louis Aragon que Gilles Vigneault, poète alors inconnu qu'elle rencontre au Québec et dont elle est la première à chanter les textes en France. Exigeante dans le choix de ses textes, elle l'est aussi dans celui de ses musiciens : Michel Legrand, arrangeur de plusieurs de ses enregistrements, ou Jacques Loussier, pour l'accompagner au piano. Chanteuse de scène, elle y déploie une hargne raffinée qui fit dire à Georges Brassens (qu'elle a aussi interprété) « elle ne chante pas, elle mord ». En 1991, elle enregistre un album entièrement consacré à Jacques Prévert.

« Il y a eu, parfois, des moments insolites. Ainsi, un jour, Mireille m'a téléphoné en me confiant qu'elle avait mis en musique un texte d'Alfred Jarry, « Les Trois Grenouilles ». Vous êtes la seule à pouvoir chanter cela ! Une autre fois, c'est Michel Emer qui m'a apporté un texte de Colette, Chanson des pieds légers, estimant, lui aussi, que sans moi cette composition resterait dans les tiroirs. Quant aux œuvres de Maurice Fombeure, « Variations pour une trompette de cavalerie » et « Prières pour dormir heureux », je les ai reçues en cadeau du poète lui-même. »

Son dernier succès, « Avec le temps » de Léo Ferré, date de 1971.

Catherine Sauvage eut également la chance de travailler à la radio. « Je ne me souviens plus comment on l'appelait à l'époque. Peut-être était-ce l'ORTF ? En tout cas, je me souviens fort bien de Jean Chouquet. C'était un instigateur. Il m'a mise en relation avec Raymond Queneau, Paul Gilson, Armand Lanoux. »

Catherine Sauvage a chanté Louis Aragon, Jacques Audiberti, Charles Baudelaire, Bertolt Brecht, Francis Carco, Colette, Comminges, Robert Desnos, Paul Éluard, Maurice Fombeure, Pierre Frachet, Paul Gilson, Fritz Hoff, Maurice Jacquemont, Alfred Jarry, Lacenaire, Armand Lanoux, Federico Garcia Lorca, Victor Hugo, Pierre MacOrlan, Marie Noël, J. Obe, Jacques Prévert, Raymond Queneau, Pierre Seghers, Philippe Soupault, Charles Trenet, Angèle Vannier, Gilles Vigneault. Sa préférence allait à la poésie mise en musique. Léo Ferré et Gilles Vigneault l'ont considérée comme leur meilleure interprète.

Aragon, l'un de ses poètes préférés, écrivait à son sujet : « Et tout à coup sa voix, comme un cadeau, chaque mot qui prend sens complet. Ces phrases qui vous font entrer dans un pays singulier, on n'est plus seul, on n'est plus avec les importuns. Il y en a pour une demi-heure. Ce qu'elle dit, tient, mais elle le chante ! C'est tout comme, c'est son choix. Ce choix d'intelligence et nous voici vraiment appelés dans un univers différent, où tout parle à l'âme même. Un pays, je vous dis, où tout, comme les mots, se détache avec cette perfection du dire et ce tact merveilleux de chanter (...). C'est que tout cela est langage de poètes, mais qui passe par une gorge de jour et d'ombre, le prisme de la voix se fait lumière et transparence. Avec qui voulez-vous parler ? Moi, je voulais parler de seize chansons choisies et d'une femme rencontrée avec ce nom déjà de souveraine, comme un beau masque de velours : Catherine Sauvage. »

Léo Ferré dit d'elle : « c'est elle qui chante mes chansons avec la plus grande conviction. Je la préfère à toutes les autres. Elle a enregistré près d'une centaine de mes chansons. »

« Je préfère le théâtre au music-hall. À la Gaîté-Montparnasse, au Vieux-Colombier puis, en 1967, au Théâtre de l'Alliance française, qui abrita le Théâtre populaire de la chanson créé et animé par Jacques Douai, j'ai adopté la formule du récital. Le décor était signé Jean Saussac, les éclairages étaient confiés à Claude Régy. Je me sentais à l'aise dans cet environnement. Oswald d'Andréa, au piano, remplaçait Jacques Loussier. Je n'ai jamais eu de problème en ce qui concerne le choix et l'ordre de mes chansons. Un récital de trente-sept chansons a un côté très physique. Sur le moment, je ne ressens pas la fatigue. Tout mon trac se porte dans les pieds. Au bout d'un mois, c'est effectivement épuisant. On ne peut pas faire autre chose, sinon on risque la catastrophe. Dans une pièce, il y a des partenaires, des moments de repos. Tandis que, lorsque l'on chante, on n'a pas droit au trou de mémoire. Bien qu'étant interprète, on arrive un peu à se considérer comme l'auteur de son tour de chant. Cette espèce de mélange, de dosage ne relève-t-elle pas de la création ? Tout ce que je chante, je le prends en charge, que ce soit des révoltes ou des chansons d'amour. Je me sens totalement solidaire de mes auteurs. Donc, c'est un peu moi qui m'exprime à travers les auteurs. »

Reconnue et appréciée à l'étranger elle porta la chanson française sur les scènes de Beyrouth, Mexico, Tokyo[1].

Sa dernière apparition sur scène fut pour les Francofolies de La Rochelle en juillet 1994.

Elle fut accompagnée au piano, après Oswald d'Andréa, par Daniel Raquillet (décédé en 2012) puis par Didier Hu qui l'accompagna jusqu'à sa fin de carrière.

Elle a également joué au théâtre dans des pièces comme L'Échange de Paul Claudel, Le Cercle de craie caucasien de Bertolt Brecht, Frank V de Friedrich Dürrenmatt[2].


Elle vécut avec Pierre Brasseur, puis avec Gérard Paris qu'elle épousa en 1997.

Sur scène, Catherine Sauvage d'une grande sobriété avait l'art du geste utilisé à bon escient. Dans sa manière de dire, de chanter, dans sa tenue vestimentaire, il n'y avait rien de superflu. En 1997, à la sortie de son double CD Catherine Sauvage chante les poètes , elle déclarait : «  Je suis une amoureuse des mots, j'adore la musique. Au théâtre, je n'ai joué que les grands auteurs. Pour moi, cela participe à mon bonheur. Les chansons prennent de la valeur les unes confrontées aux autres. Comme dans la peinture, les rapports de couleurs existent. L'essentiel est de ne pas faire de fausses notes.  »

Catherine Sauvage fut l'une des 250 personnalités qui, constatant la montée en puissance du Front national, ont lancé l'« Appel des 250 » à la contre-offensive qui donna naissance au réseau Ras l'front, le réseau de lutte contre le fascisme.

Elle mourut des suites d'un cancer le 19 mars 1998.

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums studio[modifier | modifier le code]

Albums en public[modifier | modifier le code]

Compilations[modifier | modifier le code]

Super 45 tours (EP)[modifier | modifier le code]

Ne sont pas indiqués ici les EP tirés des albums originaux. Il s'agit ici de super 45 tours au contenu original, qui n'a jamais été repris - ou alors partiellement - dans aucun album du vivant de Catherine Sauvage.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Figaro 18 mai 1983
  2. Journal Radio TV 29 août 1974.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]