Pierre Vassiliu

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Pierre Vassiliu

Description de cette image, également commentée ci-après

Pierre Vassiliu en concert à Cambieure (Aude), en 2004.

Informations générales
Naissance 23 octobre 1937
Villecresnes, Seine
Décès 17 août 2014 (à 76 ans)
Sète, Hérault
Activité principale auteur-compositeur-interprète
Années actives années 1960 - années 2000
Labels Decca
Barclay
RCA

Pierre Vassiliu est un auteur-compositeur-interprète français, né le 23 octobre 1937 à Villecresnes, dans ce qui deviendra plus tard le Val-de-Marne, et mort le 17 août 2014 à l'âge de 76 ans, à Sète dans l'Hérault.

Apprenti jockey, il entame une carrière de chanteur dans les cabarets parisiens à la fin des années 1950. Son premier succès Armand, sort en 1962. Vassiliu est principalement connu pour sa chanson Qui c'est celui-là ?, qui atteint la 1re place du hit-parade français en 1973.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Pierre Vassiliu naît le 23 octobre 1937 à Villecresnes[1]. Son père est un médecin roumain ayant immigré en France. Sa mère, tourangelle, est mélomane et pratique le piano[1],[2]. Pierre Vassiliu doit quitter le domicile familial à l'âge de quinze ans en raison de ses « bêtises »[2]. Passionné de sport hippique, il devient apprenti jockey au début des années 1950[3],[4]. Pour subvenir à ses besoins, il donne des leçons d'équitation, ce qui lui permet de rencontrer des célébrités comme Roger Pierre et Jean-Marc Thibault, qui l'encouragent à composer[5],[6]. Vassiliu sert durant vingt-neuf mois en tant que photographe des armées au cours de la guerre d'Algérie[2]. Il passe en conseil de guerre pour avoir diffusé, grâce à un camion de l'armée équipé de haut-parleurs, sa chanson La Demande de permission, au texte antimilitariste[5].

Carrière musicale[modifier | modifier le code]

Pierre Vassiliu retourne à la vie civile et rejoint le Petit Conservatoire de Mireille[7]. Il se produit dans les cabarets de la rive gauche et chante notamment au cabaret L'Écluse[3],[5]. Armand, son premier 45-tours, est écrit avec son frère Michel. Édité en 1962, ses ventes atteignent les 150 000 exemplaires[3]. Le chanteur se produit en première partie des Beatles à l'Olympia[1], puis de vedettes françaises comme Claude François et Sylvie Vartan qu'il accompagne en tournée[6]. Au cours des années 1960, il continue de rencontrer le succès avec des titres comme Alice ou La Famille tuyau de poêle[6].

À la suite de désaccords artistiques avec Decca, Vassiliu rejoint les Disques Barclay. Amour, amitié, son premier album, est édité en 1970[8]. Le 45-tours Qui c'est celui-là ?, qui se classe numéro un du hit-parade français en 1973, est une adaptation en français du titre Partido alto de Chico Buarque[5],[6]. En quatre mois, le disque se vend à 300 000 exemplaires. Le chanteur affirme avoir « vécu une quinzaine d'années avec le fric de cette chanson »[9]. La même année, sort J'ai trouvé un journal dans le hall de l'aéroport, qui connaît également le succès. En 1982, Pierre Vassiliu chante à l'Olympia accompagné par les dix musiciens du groupe Raoul Petite[10].

En 1984, il s'installe avec sa famille au Sénégal, où il tient un club de jazz[7],[11]. Le chanteur retourne en France en 1986. Désargenté, il est hébergé par l'humoriste Coluche, qui lui propose de camper dans le jardin de sa villa[9]. Il renoue avec le succès avec le titre Toucouleur, tiré de l'album L'Amour qui passe, et repart en tournée. Son album suivant, La Vie ça va, est édité en 1993[3]. En 1999, après cinq ans d'absence, Vassiliu donne plusieurs concerts à Paris[12], il chante durant une semaine à Bobino pour promouvoir son album Parler aux anges[1],[12]. Le double album Pierre précieuses (jeu de mot sur son prénom) sorti en 2003 est réalisé grâce à l'aide financière d'une entreprise vendant des produits ésotériques[9]. Il comporte un disque de chansons enregistrées avec des musiciens de différents pays, et un autre constitué de morceaux interprétés en concert[1]. En 2008, le chanteur accepte de participer à la 3e édition d'Âge tendre, la tournée des idoles. Il apparaît également sur scène en 2011 avec Arnaud Fleurent-Didier[13].

Télévision et cinéma[modifier | modifier le code]

Pierre Vassiliu compose des musiques pour la télévision et le cinéma. Il signe notamment la musique du film Une fille et des fusils de Claude Lelouch sorti en 1964, et la bande originale du téléfilm en quatre parties La Duchesse d'Avila, d'après Jan Potocki, diffusé en 1973[6]. Le chanteur est apparu dans quelques films comme La Saignée (1971), What a Flash! (1972) et Périgord noir (1989). Il est également comédien de doublage et prête notamment sa voix au coq-narrateur, Adam de La Halle, dans la version française de Robin des Bois, le long-métrage d'animation des studios Disney sorti en France en 1974[7]. Au cours des années 1980, Pierre Vassiliu travaille sur un scénario mettant en scène un couple parti s'installer au Sénégal, qu'il destine à l'acteur Gérard Lanvin[2].

Autres activités[modifier | modifier le code]

Pierre Vassiliu compose également pour d'autres artistes, comme Eddy Mitchell[1]. En 1970, ouvre dans le centre-ville d'Apt une salle de concert baptisée L'Usine. Les artistes qui s'y produisent touchent un pourcentage de la recette. L'endroit est notamment fréquenté par Bernard Lubat et Dick Annegarn[6],[14]. En 1990, il fonde avec des amis un festival consacré aux musiques du monde, qui se tient à Mèze[9].

La Vie à rien faire, une première autobiographie de Pierre Vassiliu, paraît en 1989[6]. Elle est suivie par Qui c'est celui-là ?, ouvrage publié en 2005 par les Éditions n°1[7]. La réalisatrice Florence Kirsch travaille pendant deux ans sur un documentaire retraçant sa vie, également titré Qui c'est celui-là ?[15].

Paroles et style musical[modifier | modifier le code]

Pierre Vassiliu débute sa carrière en interprétant des chansons humoristiques, comme La Femme du sergent, dans les cabarets parisiens[16]. La découverte de Crosby, Stills & Nash lui donne envie de réaliser des disques au ton plus sérieux, comme son album Amour, amitié sorti en 1970[8]. Le chanteur s'est inspiré de nombreux styles musicaux, dont les musiques tzigane et cubaine, ou encore du jazz Nouvelle-Orléans[9]. Son album Attends, sorti en 1972, comporte des sonorités sud-américaines. La Vie ça va, édité en 1993, intègre à sa musique des rythmes africains[17]. Amateur de musiques du monde, il s'est produit sur scène avec des artistes du monde entier, comme Femi Kuti, Compay Segundo, ou encore Susheela Raman[9].

Sur le morceau Film, sorti en 1973 en face-B de Qui c'est celui-là ?, Vassiliu ne chante pas mais parle sur un fond musical. La découverte de ce titre a poussé Daniel Darc à employer lui aussi la technique du parler-chanter (ou talk over)[17],[18].

Influence[modifier | modifier le code]

Des chanteurs français ayant débuté leur carrière au cours des années 1990 se réclament de Pierre Vassiliu. Bertrand Burgalat trouve ses textes « poignants, mélange d'hédonisme et de tristesse » et sa musique « solaire »[19]. Albin de la Simone, qui reprend Amour, amitié sur son premier album, l'a découvert en effectuant sa première partie au Bataclan. Il déclare : « Ce moment dans ma vie de débutant est inscrit comme repère. Un modèle. »[19]. Arnaud Fleurent-Didier, qui reprend En vadrouille à Montpellier en concert, a invité Vassiliu à le rejoindre sur scène en 2011[13],[18].

Vie personnelle et famille[modifier | modifier le code]

Michel, le frère de Pierre Vassiliu, est auteur-compositeur. Dimitri Vassiliu, l'un de ses fils, est concepteur lumière (éclairagiste) reconnu, qui a travaillé pour de nombreux artistes français.

En 1970, Pierre Vassiliu s'éloigne de Paris et s'installe dans le Lubéron[6]. Au début des années 2000, le chanteur et son épouse s'établissent à Mèze, un village de l'Hérault[9].

En 2006, Vassiliu apprend qu'il est atteint de la maladie de Parkinson. Il meurt le 17 août 2014 dans un établissement médical de Sète[4]. Le 21 août 2014, une cérémonie a eu lieu en sa mémoire au crématorium de Sète, là même où il a été incinéré.

Discographie[modifier | modifier le code]

Singles[modifier | modifier le code]

  • 1962 : La Femme du sergent (J'étais dans les rizières) (Twist)
  • 1962 : Armand (Decca)
  • 1963 : Ronde enfantine (Decca)
  • 1963 : Alice (Decca)
  • 1964 : À marée haute (La Marne) (Decca)
  • 1965 : Tous publics (Decca)
  • 1965 : Les Défilés (Decca)
  • 1965 : Ivanhoé (Decca)
  • 1966 : Ta-ta-tar (Decca)
  • 1966 : La Femme du capitaine (Decca)
  • 1967 : Tout neuf (Decca)
  • 1967 : Et ta sœur (Decca)
  • 1968 : Samedi matin, l'empereur (Barclay)
  • 1969 : Une fille et puis trois garçons (Barclay)
  • 1969 : Tranquille peinard (Barclay)
  • 1970 : Armand (Véga)
  • 1970 : Amour, amitié (Barclay)
  • 1971 : Sois tranquille, c'est facile (Barclay)
  • 1971 : Dans ma maison d'amour (Barclay)
  • 1971 : Comme j'en ai envie (Barclay)
  • 1972 : Marie en Provence (Barclay)
  • 1972 : Qui c'est celui-là ? (Barclay)
  • 1972 : Les Bleus de Blanche (Barclay)
  • 1973 : Attends (Barclay)
  • 1973 : J'ai trouvé un journal dans le hall de l'aéroport (Barclay)
  • 1974 : Il était tard ce samedi soir (Barclay)
  • 1974 : Les pingouins (Barclay)
  • 1975 : Souvenirs de bal (Barclay)
  • 1976 : Tais-toi (Barclay)
  • 1977 : Qu'il est bête ce garçon (Barclay)
  • 1979 : Sweet Lovely (RCA)
  • 1980 : Marylin (RCA)
  • 1981 : Spiderman (RCA)
  • 1982 : Le Cadeau (RCA)
  • 1982 : C'est chaud l'amour (RCA)
  • 1983 : Les Pauvres et les riches
  • 1984 : Le Dragon
  • 1986 : Toucouleur
  • 1987 : C'est si bon
  • 1989 : Les Grillons
  • 1993 : La vie ça va
  • 1994 : Nuits françaises
  • 1994 : Chérie Lou
  • 1995 : Doudou
  • 1996 : Che Guevara
  • 1998 : Aime-là
  • 1998 : Le vent nous pousse
  • 1998 : Ramons ramons

Albums[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

En tant qu'acteur[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

  • 1967 : À Saint-Lazare
  • 1973 : L'Équipe ou le Roman des fortifs : Flippe
  • 1993 : La Treizième Voiture : Leguen

Cinéma[modifier | modifier le code]

En tant que compositeur[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f « Biographie de Pierre Vassiliu », RFI,‎ novembre 2010
  2. a, b, c et d Jean-Michel Dumay, « La tendresse corrosive de Pierre Vassiliu », Le Monde,‎ 27 juin 1988
  3. a, b, c et d « Biographie de Pierre Vassiliu », Hall de la chanson,‎ septembre 2010
  4. a et b « Le chanteur Pierre Vassiliu est mort », Le Monde,‎ 17 août 2014
  5. a, b, c et d Mathieu Lindon, Clément Ghys, « Pierre Vassiliu, il a eu une drôle de vie, ce type-là », Libération,‎ 17 août 2014
  6. a, b, c, d, e, f, g et h Véronique Mortaigne, « Pierre Vassiliu, c’était celui-là », Le Monde,‎ 18 août 2014
  7. a, b, c et d Jean-Yves Dana, « Pierre Vassiliu, entre amour, humour et appétit de la vie », La Croix,‎ 17 août 2014
  8. a et b « Pierre Vassiliu : Qui c'est celui-là ? », Jukebox magazine, no 202,‎ mars 2004, p. 61-62 (ISSN 0296-6395, lire en ligne)
  9. a, b, c, d, e, f et g Pierre Daum, « Qui c'était celui-là ? », Libération,‎ 27 juillet 2004
  10. C. F., « Les rythmes de Pierre Vassiliu », Le Monde,‎ 29 mai 1982
  11. Thierry Coljon, « Pierre Vassiliu à «Scoubidou» sur RTBF 1 », Le Soir,‎ 21 octobre 1993
  12. a et b Alain Buisson, « A Bobino, Vassiliu a fait un tabac », La Dépêche du Midi,‎ 21 mars 1999
  13. a et b Guido Minisky, « Souvenir d'une rencontre entre Pierre Vassiliu et Arnaud Fleurent Didier », Tsugi,‎ 18 août 2014
  14. « La mort de Pierre Vassiliu fait ressurgir des souvenirs », La Provence,‎ 21 août 2014
  15. Stéphane Hilarion, « "Qui c’est celui-là ?": un doc sur Pierre Vassiliu en quête de financement », Culturebox,‎ 28 avril 2014
  16. Christophe Conte, « Pierre Vassiliu, qui c’était celui-là », Les Inrockuptibles,‎ 18 août 2014
  17. a et b « “Complètement toqué ce mec-là”… Pierre Vassiliu est mort dimanche », Agence France-Presse,‎ 17 août 2014
  18. a et b Odile de Plas, « Hommage : “Pierre Vassiliu était de ceux qui font un tube et cassent le jouet”, Didier Varrod », Télérama,‎ 18 août 2014
  19. a et b Aureliano Tonet, « “Pierre Vassiliu a inventé un ton” », Le Monde,‎ 18 août 2014

Liens externes[modifier | modifier le code]