Cesária Évora

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Évora (homonymie).

Cesária Évora

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Cesária Évora en 2008

Informations générales
Surnom Cize
A diva dos pés descalços
La Diva aux pieds nus
Naissance 27 août 1941
Drapeau du Cap-Vert Mindelo, Cap-Vert
Décès 17 décembre 2011 (à 70 ans)
Drapeau du Cap-Vert Mindelo, Cap-Vert
Activité principale Chanteuse
Genre musical Morna, coladeira
Instruments Voix
Années actives 1957 - 2011
Labels Lusafrica, Columbia, RCA
Site officiel cesaria-evora.com

Cesária Évora (sɨˈzaɾiɐ ˈɛvuɾɐ; née à Mindelo, le 27 août 1941 et morte à Mindelo, le 17 décembre 2011), est une chanteuse populaire capverdienne. Elle est surnommée La Diva aux pieds nus[1] , surnom dû à son habitude à se produire pieds nus sur scène.

De sa voix rauque, elle a popularisé la morna, musique du Cap-Vert, auprès du grand public mondial. Elle a eu une carrière d'enregistrement et de représentations de 54 années, de 1957 à 2011.

Au cours de sa carrière, elle chante majoritairement dans sa langue maternelle, en créole capverdien, mais aussi en français, d'où le titre de son morceau La Diva aux pieds nus. Elle a eu l'occasion de se produire dans les plus grandes salles du monde, dont l'Olympia à Paris[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille, enfance et ses débuts[modifier | modifier le code]

Maison de Cesária Évora

Cesária Évora naît en 1941 dans la paroisse civile de Mindelo à São Vicente. Fille de Justino da Cruz Évora et de Dona Joana, elle est issue d’une famille nombreuse et pauvre, composée de cinq enfants[Note 1]. Son père était guitariste et violoniste et sa mère cuisinière.

Alors qu'elle est âgée de sept ans, son père meurt brutalement. Suite à cet évènement, sa mère la place dans un orphelinat jusqu'à l'âge de 13 ans. Là-bas, elle adhère à la chorale où elle apprend à chanter.

C'est à ses 16 ans que Cesária Évora rencontre Eduardo, marin et guitariste portugais. Il lui apprend la musique cap-verdienne et les différents types de musiques traditionnelles, et l'incite à chanter dans les bars et les cafés avec d'autres musiciens.

À ses 20 ans, elle rencontre Gregorio Gonçalves (alias Goy), un guitariste cap-verdien, celui-ci permet à Cesária Évora de chanter sur une radio locale, la Radio Barlavento, sa notoriété augmente dans toutes les îles du pays. Son passage à la radio lui permet d'enregistrer quelques musiques. Deux bandes enregistrées, 45-tours, ont été édités en albums aux Pays-Bas ainsi que dans le pays colonisateur, le Portugal.

Le retrait[modifier | modifier le code]

Dans les années 1970, Cesária Évora est reconnue comme chanteuse dans tout le Cap-Vert. Le Cap-Vert, avant 1975, faisait encore partie de l'Empire colonial portugais. Suite à l'indépendance du pays le 5 juillet 1975, le pays est dirigé par le Parti africain pour l'indépendance du Cap-Vert.

Celui-ci instaure un système politique monopartiste, ce qui entraîne plusieurs fermetures de bars et cafés. Cesária Évora voit ses revenus baisser et décide de mettre un terme à sa carrière, estimant qu'elle ne subviendra pas à ses besoins.

Le retour[modifier | modifier le code]

Cesária Évora plonge dans un silence qui durera dix années. À l'occasion de la célébration des dix ans de l'indépendance du Cap-Vert, elle enregistre un album à Lisbonne en compagnie d'autres artistes féminines capverdiennes, mais la gloire n'est toujours pas au rendez-vous.

C’est en 1987 que sa carrière est prise en main par José da Silva, un cheminot français dont la famille maternelle est originaire de Mindelo, qui l’a entendue dans une discothèque cap-verdienne de Lisbonne. Paraît alors l’album La Diva aux pieds nus qui contient une coladeira aux accents de zouk, Bia Lulutcha, qui devient un tube dans la communauté cap-verdienne.

Son deuxième album, Distino di Belita est un échec. Mar Azul, totalement acoustique, sort fin 1991 et sa carrière démarre alors vraiment, d'abord à Angoulême, puis au New Morning de Paris. Mais c’est avec l’album Miss Perfumado (en) sorti en 1992 et la chanson Sodade que le succès naît auprès du grand public. Cette chanson parle du travail forcé des Cap-Verdiens obligés de travailler dans les plantations de cacao de Sao Tomé-et-Principe par le pouvoir colonial portugais.

De 1992 à 1999, Cesária Évora mène une carrière internationale, elle chante avec Caetano Veloso, Marisa Monte, travaille pour Emir Kusturica, ou avec Linda Ronstadt.

En 1999, l’album Café Atlântico est le plus vendu de tous ses disques (770 000 exemplaires).

En 2004 Cesária Évora reçoit un Grammy Award du meilleur album world music pour l'album Voz d'Amor (400 000 exemplaires vendus) et une Victoire de la musique, la deuxième, après celle de 1999 pour Café Atlântico. Elle participe cette même année à l'album Gaïa pour la préservation de l'environnement, où elle interprète Jangadéro, composée par Alan Simon.

À ce jour, Cesária Évora a vendu 4,5 millions de disques, dont 2 millions en France.

Fin de vie[modifier | modifier le code]

En septembre 2011[3], Cesária Évora décide de mettre fin à sa carrière et d'annuler les concerts à venir suite à des problèmes de santé. Elle avait déjà subi plusieurs opérations chirurgicales dont une opération à cœur ouvert en mai 2010[4]. Cesária Évora meurt le 17 décembre 2011 à l'hôpital Baptista de Sousa, à São Vicente, des suites d'une insuffisance respiratoire.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Cesária Évora ne se serait jamais mariée et aurait toujours vécu chez sa mère. Mais il existe les versions selon lesquelles elle serait passée par trois divorces[5]. Elle aurait eu quatre enfants, selon d'autre sources trois[6], tous de pères différents. Selon d'autres sources encore, elle aurait eu seulement deux enfants[7], un fils Eduardo et une fille Fernanda, et fut grand-mère de deux petit-enfants[8]. L'Independent à ce propos parle de ses filles au pluriel[9].

Honneurs[modifier | modifier le code]

La République du Cap-Vert a rendu hommage à Cesária Évora avec une série de trois timbres émis en 2003[10].

En 2009, Cesária Évora est faite Chevalier de la Légion d'honneur par Christine Albanel[11].

Le gouvernement capverdien souhaite acquérir la maison de Cesária Évora à Mindelo et la transformer en musée consacré à la diva[12].

Dans son album Racine Carrée sorti en août 2013, l'artiste belge Stromae rend hommage à Cesária Évora dans sa chanson Ave Cesaria[13] .

Le 18 juin 2014, le Conseil de Paris décide de rendre hommage à la chanteuse en donnant son nom à une place du futur quartier Macdonald dans le 19e arrondissement[14].

Discographie[modifier | modifier le code]

Participations

Filmographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Lela est l'un de ses frères

Références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :