Suprême NTM

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Suprême NTM

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JoeyStarr (à gauche), et Kool Shen (à droite).

Informations générales
Pays d'origine Drapeau de la France France
Genre musical Hip-hop, rap conscient, rap alternatif
Années actives 19881998
Depuis 2008
Labels Epic (Sony BMG)
Site officiel supreme-ntm.com
Composition du groupe
Membres Kool Shen
JoeyStarr
Anciens membres DJ Clyde
DJ James
DJ Concepteur Detonateur "S"
Logo

Suprême NTM, ou simplement NTM, est un groupe de hip-hop et de rap français, originaire du département de la Seine-Saint-Denis. Composé principalement de deux rappeurs, JoeyStarr (Didier Morville) et Kool Shen (Bruno Lopes), le groupe marque les débuts du rap des années 1990 en France[N 1]. Formé en 1988 et dissous en 1998, le groupe se reforme en 2008 sans annoncer de nouvel album et pour une tournée nationale[N 2].

Les deux rappeurs JoeyStarr et Kool Shen revendiquent leurs origines banlieusardes du département 93, c'est-à-dire, de jeunes ayant vécu et survécu dans un milieu défavorisé[N 3]. Ainsi, le groupe s'appelle à ses débuts : 93 NTM, identité représentative de leurs origines[1],[N 4]. Si NTM est connu avant 1998 pour son hostilité à l'égard de la police, des paroles virulentes[2],[N 5], et une bataille juridique avec les autorités françaises, il est aussi connu pour ses paroles ouvertement critiques sur le racisme et les inégalités de classe dans la société française, et qui portent un constat d'urgence sur l'état des banlieues[3],[N 6].

Dans ce groupe voulu « réaliste » ou « authentique » par ses auteurs[N 7], le contraste entre les styles est marqué : alors que JoeyStarr a un flow relativement lent, des paroles agressives, des textes plutôt engagés, une voix profonde, résonnante et éraillée [N 8], Kool Shen possède un flow plus lyrique, des paroles plus mélancoliques et poétiques. Leur style musical évolue entre celui d'un rap hardcore et celui d'un rap conscient[N 9] tout en passant par celui d'un rap « festif » comme dans le single La fièvre ou Pass pass le oinj, qui ont contribué à faire connaître le groupe. Certains albums ont clairement des influences funk, soul et reggae. Au total, six albums ont été publiés par Sony Music Entertainment sous le label Epic Records. Leur dernier album Suprême NTM, qui contient le morceau Laisse pas traîner ton fils connait un certain succès commercial avec 2 500 000 disques vendus[réf. nécessaire], depuis le début des années 2010.

En 1998, le groupe sort son dernier album avec des airs originaux sous le label NTM, alors que JoeyStarr et Kool Shen ont lancé chacun leurs propres labels, faisant la promotion de nouveaux groupes et créant de nouvelles branches dans d'autres domaines tels que l'industrie du vêtement (2 High est la marque de Kool Shen, Com8 celle de JoeyStarr). Alors que le groupe existait encore officiellement, la notoriété de son nom a été utilisée en 2001, pour promouvoir un duel mettant en scène les deux labels des artistes l'un contre l'autre. Malgré la déclaration de Kool Shen en 2004 : « on en a fini avec NTM en 98 », le groupe se reforme le temps d'un succès d'une tournée nationale en 2008. À Bercy, les trois premiers concerts tournent à guichets fermés, confirmant le succès de retrouvailles attendues par les fans.

Biographie[modifier | modifier le code]

De la rencontre à 93 NTM (1983–1988)[modifier | modifier le code]

L'existence du nom NTM commence par une campagne d'autopromotion sur les murs de Paris, de graffs sauvages du trigramme maintenant bien connu, comme sur ce camion.

Avant 1988, le groupe fut composé principalement et initialement de JoeyStarr (Didier Morville), de Kool Shen (Bruno Lopes) et de DJ S (Franck Loyer), tous trois originaires du département de la Seine-Saint-Denis, en banlieue parisienne. DJ S et Kool Shen se connaissent depuis l'enfance. Le jeune Didier arrive quand ils sont en CM1 mais aucune amitié particulière ne se crée alors. En juillet 1983, des danseurs hip-hop américains effectuent une prestation sur la place du Trocadéro : JoeyStarr et Kool Shen y vont séparément ; tous deux sont marqués par cette prestation[4]. Kool Shen apprend que le futur JoeyStarr y était aussi, il va à sa rencontre dans la cité voisine, et ils commencent tous deux à s'entraîner à la danse. JoeyStarr et Kool Shen se font ainsi d'abord connaître par la danse (le breakdance pour Kool Shen et le smurf pour Joey Starr), puis et surtout le graffiti (notamment sur la ligne 13 du métro parisien) : ils évoluent alors dans un posse nommé NTM (formé des D.R.C — Da Red Chiffons — et des T.C.G — The Crime Gang (Sheek, Kaze, Dozer, Reen, Ekinox, Majestic, Rital, ...). Peu après, le groupe se renforce en s'associant avec les 93 M.C. (Kea, Swen, Lazer, Mam, Mao, Boa, Fame, Arem, J Lee, Reak, Kast, Acid, Arys, Kar, Rowe, Naze…) de Saint-Denis, ce qui donnera la fusion 93 NTM (avec Chino, Colt, Mode 2, Tex, Kay One, Aro, Meo ainsi que les TCG et les DRC).

NTM est, à la base, un groupe de « Graffiti Writers » (et même selon Joey, des « Graffiti Kingz »). En fin de compte, les deux compères se tournent vers une autre discipline du hip-hop, après avoir vu le groupe Assassin, leurs copains de l'époque faire du rap. NTM se serait formé aussi par défi, causé par une discussion entre Johnny Go (responsable du premier maxi français rap de l'histoire), JoeyStarr et Kool Shen : il leur explique en effet doctement un soir dans le métro que « le rap est une branche du hip-hop réservée à une élite dont eux, ces Graffiti Kingz aux mains tachées de peinture, ne feront sans doute jamais partie. » Cet affront allume la mèche : « Le soir même, on a commencé à écrire des conneries. (…) Les trois premiers textes parlaient de graffiti[5]. » Joey n'a qu'une ambition, réussir : « Il faut savoir que nous avons commencé la musique avec cette ambition: soit on cartonne, soit c'est la honte » ; « On venait pour tout brûler, pas pour faire de l'entre-deux. En danse, nous étions dans le top-ten. En graffiti, nous étions dans le top-ten. Si on faisait du rap… il fallait qu'on soit dans le top-ten[4],[5]. »

Débuts et Authentik (1989–1991)[modifier | modifier le code]

NTM apparaît publiquement à partir de 1989, sur Radio Nova dans l'émission de Dee Nasty et Lionel D, le Deenastyle, et dans un concert mêlant plusieurs rappeurs français le 26 mars 1989 à l'Élysée Montmartre, puis dans un concert à Élancourt en 1990 avec le groupe Zebda en première partie[6]. En 1990, leur titre Je rap paraît sur la première compilation de rap français : Rapattitude[7]. Les majors du disque commencent à s'intéresser au phénomène rap, le groupe est signé chez Epic, un label de Sony. Dans le tout premier maxi comportant quatre titres du groupe, Le Monde de demain, marque les esprits à plus de 50 000 exemplaires[réf. nécessaire] vendus à l'époque, coïncidant avec le climat de tension sociale qui régnait en France cette année-là : entre octobre et novembre, de violents affrontements entre policiers et jeunes des cités dans la banlieue lyonnaise, à Vaulx-en-Velin, et des manifestations de lycéens particulièrement violentes à Paris. Leur première télé se fait aussi en 1990 dans l'émission Mon zénith à moi, invités sur Canal+ par la prêtresse du punk Nina Hagen copine de leur manager de l'époque Franck Chevalier.

Un an plus tard, le 3 juin 1991, sort Authentik, leur premier album. Les morceaux les plus connus incluent Le Monde de demain, L'Argent pourrit les gens, C'est clair (écrit par DJ Koun[réf. nécessaire]), Authentik, Freestyle auquel participe Rockin' Squat, entre autres. L'album s'écoule à 90 000 exemplaires en quelques mois[8]. Après une tournée en France, NTM remplit le Zénith de Paris le 24 janvier 1992[9] ; c'est dans un froid glacial qu'attendent des centaines de jeunes des cités de la Seine-Saint-Denis et d'autres fans venu de tout Paris pour découvrir NTM sur scène pour un concert considéré légendaire : NTM donne tout sur scène, le public est complètement déchaîné, les 6 200 personnes qui assistent au concert savent qu'ils vivent un moment historique pour le groupe[réf. nécessaire]. Il s'agit de la première fois qu'un groupe de rap remplit une si grande salle grâce à sa notoriété[réf. nécessaire].

J'appuie sur la gâchette et polémique (1993)[modifier | modifier le code]

Suivra le 15 mars 1993, l'album 1993... J'appuie sur la gâchette, composé principalement par DJ S. Un morceau, Police, entraînera une enquête classée sans suite. En mars, sort le simple J'appuie sur la gâchette, qui raconte l'histoire d'un suicide. L'album est une déception commerciale [réf. nécessaire] par rapport au précédent opus et n'aboutira que sur une mini tournée seulement 3 dates en France et une autre le 7 mai 1994 au Palais des sports de Paris[10]. L'album est certifié disque d'or, 49 mois après sa sortie (en 1997)[11].

Ils participent à l'émission RapLine une première fois, puis dans un numéro spécial de cette dernière, le 16 juillet 1993, 154e émission avec une critique de Kool Shen sur le rap de MC Solaar[12].

Paris sous les bombes, La Fièvre et consécration (1995–1998)[modifier | modifier le code]

Logo « NTM » apparaissant sur les albums Paris sous les bombes, et Suprême NTM.

Le 28 mars 1995, le groupe sort son troisième album, Paris sous les bombes, qui marque sa séparation avec le disc-jockey et producteur historique du groupe, DJ S. Les morceaux sont composés principalement par DJ Clyde (ex-membre d'Assassin), LG. Exp., Lucien et à la programmation additionnelle DJ Max. Trois clips (Tout n'est pas si facile, Qu'est-ce qu'on attend et surtout La Fièvre (qui a eu le plus de succès) sont réalisés par Seb Janiak et regroupés dans un court métrage, Paris sous les bombes. L'album, qui joue sur l'ambiguïté du mot « bombes » désignant en réalité les bombes aérosols des graffiteurs, se vend à 500 000 exemplaires[13]. Le 9 juin 1995, NTM se retrouve au Zénith de Paris pour la deuxième fois de son histoire. Devant le succès de sa tournée, NTM la prolonge même avec trois concerts au Bataclan de Paris le 18, 19 et 20 novembre 1995.

Sigle du label de JoeyStarr, B.O.S.S..

Le 20 avril 1998, sort l'album de la consécration, intitulé Suprême NTM, 40 000 albums sont vendus le jour de la sortie ce qui constitue encore aujourd'hui un record pour un disque de rap. Suprême NTM, d'où sont issus les morceaux Ma Benz, That's My People, Laisse pas traîner ton fils, Seine-Saint-Denis Style. Ces tubes conduisent NTM à effectuer une tournée dans toute la France dont le Zénith de Paris le 25 novembre 1998, qui bénéficie d'une deuxième date en raison de l'affluence importante. La série de concert, s'achève le 18 décembre 1998 par l'ultime concert à Genève, qui sera le dernier de la carrière de NTM avant de se reformer dix ans plus tard. C'est aussi cette année-là que seront créés les deux labels Boss Of Scandalz Strategyz (BOSS) pour JoeyStarr, et IV My People pour Kool Shen.

NTM en live et séparation (2000–2001)[modifier | modifier le code]

Le 28 mars 2000, sortent leur premier album live, NTM Live... du Monde de demain à Pose ton gun, et le DVD du concert au Zénith de Paris du 25 novembre 1998. La même année, paraît un documentaire sur le groupe, Authentiques, réalisé par Alain Chabat et Sear (rédacteur en chef du magazine Get Busy)[14]. Les rumeurs de séparation sont de plus en plus importantes, mais Joey Starr et Kool Shen n'excluent pas, à l'époque, la réalisation d'un cinquième album[réf. nécessaire]. En 2001, les deux labels B.O.S.S. et IV My People sortent l'album Le Clash, compilation, faisant suite à une série de maxis, contenant les morceaux du groupe remixés par chaque label. Peu après, toute éventualité de reformation est exclue.

Évolution de carrière (2001–2008)[modifier | modifier le code]

Bien qu'en apparence les deux membres du groupe paraissaient proches, il n'en demeurait pas moins qu'hors scène ou caméra, Kool Shen et JoeyStarr menaient leurs vies séparément. Par exemple, les deux chanteurs écrivaient leurs textes séparément, se mettant préalablement d'accord sur le thème d'une chanson. Ce mode d'écriture et de fonctionnement a surpris de nombreux fans, à cause de l'apparente proximité et complicité qui se dégageait de ce duo. Depuis 2001, JoeyStarr et Kool Shen poursuivent des carrières solo. Kool Shen sort l'album Dernier round en 2004 avant de se retirer provisoirement du rap (en tant qu'interprète). Actuellement, Kool Shen s'occupe de produire et de dénicher des artistes « nouvelle génération » via sa structure IV My People. Il est cependant revenu sur sa décision de sortie du rap et son nouvel opus est paru en 2009. Il n'abandonne cependant pas son label, IV My People.

JoeyStarr, lui, continue de manier le micro. Son premier album en solo, Gare au jaguarr, est sorti le 16 octobre 2006. Auparavant, il a sorti début 2006 sa biographie, Mauvaise Réputation[N 10], coécrite avec Philippe Manœuvre et un album compilation réunissant une sélection de ses titres préférés, My Playlist, chez Wagram music. En 2007, JoeyStarr s'offre deux concerts à l'Olympia de Paris le 17 et 18 février 2007. Les deux chanteurs sont également à l'origine de deux marques de streetwear : 2 High pour Kool Shen et Com8 ou, plus récemment, Wild West Indies pour JoeyStarr. Malgré leur séparation, le groupe NTM doit encore honorer un album dans le contrat les liant à leur maison de disques. C'est pourquoi un best of est sorti le 26 novembre 2007. Les deux rappeurs, malgré leur séparation, se vouent un grand respect mutuel, JoeyStarr ayant déjà qualifié Kool Shen de meilleur rappeur français (lors de l'émission 66 minutes sur M6 : « J'ai eu la chance de faire 4 albums avec celui que je considère comme le meilleur rappeur français »).

Retour (2008)[modifier | modifier le code]

Depuis fin 2007, des rumeurs qui se diffusent peu à peu sur Internet, annoncent la reformation de NTM. Le 7 mars 2008, la nouvelle est rendue officielle sur la chaîne de télévision musicale MCM[15],[16]. Le 13 mars 2008, le duo se présente sur le plateau de l'émission Le Grand Journal de Michel Denisot, diffusée sur Canal+[17]. Avec les inséparables DJ James et Naughty J aux platines, ils commencent par rapper un live de Seine-Saint-Denis Style, puis expliquent les raisons de leur retrouvailles dans une interview[Laquelle ?], et annoncent trois concerts au Palais omnisports de Paris-Bercy les 18, 19 et 20 septembre 2008[17]. Étaient également présents sur le plateau Pascal Obispo, mais aussi Olivier Besancenot, ami de Joey, et tous les deux parrains du collectif Devoirs de Mémoires. Pascal Obispo insiste et rend hommage aux deux rappeurs : « certains textes et paroles de NTM sont à placer au niveau de Léo Ferré. » La comparaison a déjà été faite en 1995, par Christophe Lameignère, le directeur de production de leur maison de disques, Epic Records : « Ils sont des chroniqueurs sociaux, proches des Kinks et de Léo Ferré[18]. »

Quelques questions ont été posées lors de l'interview de Michel Denisot, malgré le caractère impromptu de leurs retrouvailles récentes, ils avouent avoir le sentiment « de s'être quittés, il y a à peine une heure ». Concernant la reformation du groupe, JoeyStarr répond : « Parce qu'on est contents d'être là, et… à part quelques exemples concrets, le rap français sur scène n'existe plus. » Pour Kool Shen, « Une série de circonstances a fait le reste : Sébastien Farran [leur manager] a fait le lien, le "best-of" a joué un rôle[19],[N 11], l'opportunité du stade de France a été ratée. » Concernant la représentation du nom du groupe, Shen répond que : « Je ne sais pas si ça a réellement eu un sens, c'était juste ce qu'on écrivait sur les murs parce qu'on faisait des graffitis, donc on n'avait pas de raisons d'être exposé médiatiquement, on s'est appelé Nique Ta Mère. C'était une façon aussi de mettre ce qu'on avait envie de lâcher sur les murs, après on a fait du rap et donc on a gardé le même nom, et puis ca nous a pas empêché de faire la suite. » Il termine, concernant le succès du groupe, avec : « Le fait qu'on corresponde à une époque, à un moment donné on a lâché un discours qui correspondait à des gens [..] on avait la réponse de la rue en direct, on passait sur Nova, il y avait un tas de gens qui répondaient. »

Malgré le fait historique que chaque sortie d'album se solde par une actualité sociale chargée dans le domaine des banlieues, NTM se défend de faire du rap politique, mais d'être plutôt, selon leurs dires, le haut-parleur et non les leaders pour une prise de conscience dans les banlieues[N 12]. Le 18 mars 2008, Marc-Olivier Fogiel les accueille dans son émission T'empêches tout le monde de dormir et commence par parler d'un véritable engouement des fans pour ces retrouvailles : 45 000 places vendues en l'espace de trois jours, depuis le 15 mars[réf. nécessaire]. Répondant à ses questions, celle que tous les fans attendent, l'annonce d'une date de sortie, mais ils répondent qu'aucun nouvel album n'est prévu. Joey précise : « rien n'est impossible, puisque Kool Shen voulait arrêter le rap en 2007. » Au terme de la discussion, Joey reconfirme sa position (la même qu'il avait déclaré auparavant le 13 mars à Michel Denisot) : « On ne fait pas Bercy pour gagner avant toute chose de l'argent, sinon on aurait préparé un packaging » : des tee-shirts, un album, etc. L'« important n'est pas là », précise t-il, mais plutôt du côté des fans : « On va déjà commencer par voir comment on retrouve nos sensations », et concluant par une promesse d'une ambiance pour les fans : « vous allez voir…. »

Le 18 avril 2008, près d'un mois après, une tournée dans toute la France (Marseille, Strasbourg, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Lyon, Lille, Saint-Herblain) est annoncée du 2 au 24 octobre 2008. Elle commencera à Genève et finira au Zénith de Nantes. En tout, neuf dates sont programmées. Deux dates supplémentaires au POPB de Bercy sont ajoutées : le 22 et le 23 septembre 2008[20]. Le 15 juin 2008, Kool Shen réitère le sérieux de son engagement : « Si on s'est remis pour faire Bercy, ce n'est pas pour blaguer[21]. » Le 23 juin 2008 se déroule à l’Olympia un concert « privé » exceptionnel du groupe[22],[23] ou Joey déclarera finalement : « On n'est pas là pour régler des comptes avec le hip-hop français. » Lord Kossity était l'invité surprise[24]. Et Sefyu jouait en première partie[25]. En 2009, JoeyStarr participe au refrain du titre J'reviens sur l'album de Kool Shen, Crise de conscience. La même année parait le CD/DVD live du concert à Bercy.

En 2010, le groupe joue au Parc des Princes, devenant ainsi le premier groupe de rap à remplir un stade[26],[27] ; Sexion d'assaut assure la première partie[28].

Controverses[modifier | modifier le code]

Conflits avec l'autorité[modifier | modifier le code]

Malgré sa popularité en France, dans le reste de l'Europe et au Canada, NTM a été très critiqué pour la virulence de ses paroles[N 5]. Le 14 juillet 1995, lors d'un concert à La Seyne-sur-Mer organisé par SOS Racisme, pour protester contre l'élection d'un maire du parti du Front national à Toulon, le Suprême NTM interprète le titre Police : pour introduire le morceau, JoeyStarr insulte et crie sa haine de la justice et de la police[29]. Cela leur vaudra en novembre 1996, en première instance au tribunal correctionnel de Toulon, une condamnation à trois mois de prison ferme (et trois mois avec sursis), ainsi que six mois d'interdiction « d'exercer la profession de chanteur de variétés », pour « propos outrageants » envers les forces de l'ordre lors d'un concert à La Seyne-sur-Mer[30].

NTM interjette appel et, en juin 1997, la cour d'appel d'Aix-en-Provence allège le jugement du tribunal de Toulon et condamne Kool Shen et JoeyStarr à 50 000 francs d'amende (environ 7 600 €) et deux mois d'emprisonnement avec sursis.

Nom du groupe[modifier | modifier le code]

Il est composé de l'adjectif « Suprême » et de « NTM ». Dans le langage familier, « NTM » (Nique Ta Mère) est utilisé comme une insulte.

Suprême[modifier | modifier le code]

Historiquement, l'adjectif « Suprême » a été ajouté devant les trois initiales « NTM » à la demande de leur maison de disques, qui pensait que le nom serait mal perçu à ses débuts à cause de sa signification trop insultante. Dans une interview, JoeyStarr confie une explication de l'adjectif, qui sous-entend l'excellence du groupe mais qui peut aussi contenir un sens d'auto-dérision, pour ne pas trop se prendre au sérieux. Et ainsi créer un effet contraste paradoxal entre l'adjectif élogieux et les initiales "vulgaires".

NTM[modifier | modifier le code]

Le sigle NTM signifie « nique ta mère[N 13] ». Au premier degré et dans son acception la plus courante, soit au sens propre, c'est une insulte incestueuse liée à la mère. Ou « fornique avec ta mère ». Pourtant, le groupe dément l'interprétation au premier degré de son nom face aux médias qui recherchent le sensationnel[2],[N 14]. Les trois initiales sont favorables à des jeux de mots. C'est pourquoi, plusieurs rétroacronymes sont apparus : « Le Nord Transmet le Message »[N 15], « Nord Trop Mortel »[N 16], « N'aime que Ta Maman »[N 17], « Nous Taguons le Métro » [N 18], etc. Cette insulte, principalement utilisée par des jeunes comme un acte de rébellion contre quelqu'un qu'ils détestent, est une expression de leur révolte ou colère. Proférer de telles insultes face aux pouvoirs publics est passible de peines de prison[31]. La variante arabisante « Nicoumouk » utilisée par NTM dans leurs paroles[N 19] fait référence à la même insulte en arabe[N 20].

Dans le documentaire Authentiques d'Alain Chabat, le sens du verbe « niquer » peut être transformé par une expression proche comme « faire la nique à quelqu’un » qui signifie un «  geste fait en signe de mépris ou de moquerie ». L'expression Nique Ta Mère étant plus commune dans les banlieues, elle choque moins par son usage dans ce milieu là. Au niveau national, ce nom de groupe a déjà fait l'objet de nombreuses controverses du fait de son caractère choquant et insultant. Malgré cela, il n'a jamais été changé[2]. Le duo des chanteurs décode donc l'abréviation NTM par un mouvement de contestation des inégalités sociales comme un « Va t' faire voir »[N 21],[10]. Il revendique sa liberté d'expression par cette abréviation, qui n'était, avant la création du groupe, qu'un simple graff (ou un tag) de métro, sans vouloir lui donner un sens initial. Pourtant, selon Kool Shen, « Choisir pour nom NTM conditionne l'écriture »[10].

Depuis l'album 1993... J'appuie sur la gâchette et les paroles de C'est Clair, le sens profond du symbole NTM est expliqué par le groupe : « NTM combat pour la jeunesse »[N 22]. Au-delà du nom du groupe qui choque, les deux rappeurs veulent faire passer un message d'alerte aux politiques : celui de la justice sociale pour tous, de ne pas délaisser les jeunes désœuvrés des cités banlieusardes, de s'occuper du problème de la pauvreté, voire de trouver une solution au problème de la « racaille »[N 23].

Influences musicales[modifier | modifier le code]

Ils ont débuté dans le hip-hop dans les block-partys de Dee Nasty où ils côtoyaient notamment le groupe Assassin. Rockin'Squat collabore notamment pour le morceau Freestyle (sur le premier album des NTM), puis est cité élogieusement par le groupe dans Pour un Nouveau Massacre, qui apparait sur leur deuxième album (Le Hardcore est à la baisse/Seul Assassin, original, jamais ne cesse/Clyde, Solo et l'Impérial gardent notre estime/Hardcore est la rime).

Dans Tout n'est pas si facile, le groupe cite quelques références. Ceux-ci ont pu influencer, du moins ont été appréciés par NTM[N 24] : Lucien, Dee Nasty, Meo et Colt.

Membres du groupe[modifier | modifier le code]

Searchtool.svg Note : pour plus d'informations sur les membres du groupe, leur collaboration à d'autres projets et leur production solo, se référer aux articles détaillés les concernant.

Anciens membres et invités[modifier | modifier le code]

  • DJ Concepteur Detonateur "S" (DJ S), de son vrai nom : Franck Loyer. Il enregistre les deux premiers albums Authentik et 1993... J'appuie sur la gâchette avant de quitter le monde de la musique.
  • Animalxxx / AL.x / Axel / Ax.L / Mr 3 (danseur & rappeur membre du groupe Psykopat)
  • Reak / Bad Reak / Son Altesse / Lazer (danseur & rappeur membre du groupe Psykopat)
  • Zeedya / Yazid (Choriste > solo)
  • Mr Kast (Choriste)
  • Lady V (danseuse), de son vrai nom Virginie Sulle (31.01.1971 - 03.09.2000)
  • DJ Acide
  • Solo
  • DJ Clyde (ancien DJ du groupe Assassin)
  • DJ Max
  • DJ Spank
  • DJ Kay One (membre graffer du 93 NTM et 93MC)
  • DJ James
  • DJ Naughty J
  • Lord Anthony Cahn
  • LG Experience
  • Scalp (danseur et fondateur des Paris City Breaker)
  • Rockin' Squat

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums[modifier | modifier le code]

Albums studio[modifier | modifier le code]

Albums live[modifier | modifier le code]

Compilations[modifier | modifier le code]

Singles et EP's[modifier | modifier le code]

  • 1990 : Le Monde de demain, maxi 4 titres
  • 1991 : Authentik, remixé par Kirk Yano
  • 1991 : Soul Soul, remixé par Kirk Yano
  • 1992 : Boogie Man, maxi inédit contenant deux titres live enregistrés au Zénith lors de la tournée de 1991-1992
  • 1993 : J'appuie sur la gâchette
  • 1993 : Pour un nouveau massacre
  • 1995 : Aiguisé comme une lame, avec Raggasonic
  • 1995 : Tout n'est pas si facile / Qui paiera les dégâts (remix)
  • 1995 : Pass pass le oinj / Paris sous les bombes
  • 1995 : La fièvre / Check the flow
  • 1995 : NTM Live (5 titres enregistré le 9 juin 1995 au Zénith de Paris)
  • 1996 : Qu'est ce qu'on attend ?
  • 1996 : Come again 2 avec Big Red
  • 1996 : Affirmative action (St Denis Style remix) avec Nas
  • 1998 : 93 Party (6 morceaux en concert)
  • 1998 : Laisse pas traîner ton fils / Seine St Denis Style
  • 1998 : Ma Benz avec Lord Kossity
  • 1999 : That's my people / Touche pas ma musique (remix) / J'vise juste (remix)
  • 1999 : Pose ton gun / On est encore là (II)
  • 2000 : C'est arrivé près de chez toi (live) avec Jaeyez
  • 2001 : Qui veut la peau de mon crew ? IV My People feat. Kool Shen & Salif
  • 2001 : Clasher mon crew (T'es fou !) B.O.S.S. feat. Joey Starr & Iron Sy
  • 2009 : J'reviens Kool Shen feat. Joey Starr

Filmographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. le sigle NTM est celui de l'insulte "Nique ta mère"
  2. Les réservations pour Bercy sont complètes en l'espace d'une heure, forçant les organisateurs à annoncer de nouvelles dates et une tournée nationale.
  3. NTM représente non pas « une joie de vivre mais une joie de survivre à travers un paysage super gris »
  4. NTM est fier de ses origines et les revendique comme une identité à part entière. En 2005 selon la Délégation interministérielle à la ville, le 93, de son surnom 9-3 ou 93 (« neuf cube ») en langage « banlieusard », est classifié comme « ghetto parisien ». Plus précisément l'appellation est « quartiers difficiles » que qualifié en « zone urbaine sensible » (ZUS) ou « quartier-guetto » ; la Seine-Saint-Denis figure en première place de la petite couronne de Paris en 2005.
  5. a et b Car « la violence relève des actes ». Extrait de paroles hardcore : Nique la police / Nique le CSA / Donne moi des balles pour la police municipale / Fous donc ton gilet par balle / à base de popopopop / Viens, viens voir tonton Joey viens viens <PAN><PAN> hahahahaha
  6. Selon JoeyStarr, durant les émeutes de 2005, alors qu'ils avaient dénoncé cet état de fait plusieurs années auparavant, « l'urgence d'agir », les médias ont dénoncé le groupe comme étant provocateur et ayant une responsabilité dans ces évènements. Cf. paroles de Qu'est-Ce Qu'on Attend (pour foutre le feu)
  7. cf. Authenthik l'album. Le groupe pose ses paroles en accord avec la réalité des banlieues, dites sensibles et avec son actualité.
  8. qu'il utilise parfois pour crier comme dans Pose ton Gun
  9. Des refrains, tels que « Pose ton Gun », sont explicitement anti-violents.
  10. Mauvaise Réputation, JoeyStarr et Philippe Manoeuvre, Flammarion, 2006
  11. - Kool Shen : Pendant le choix des titres de notre best-of, il (Sebastien Farran) nous a proposé de faire Bercy. Et des deux côtés, on avait envie de remettre le couvert.
  12. Cela se remarque depuis les paroles Le monde de Demain : « Je ne suis pas un leader / Simplement le haut-parleur / D'une génération révoltée prête à tout ébranler ».
  13. L'aphérèse(supposition) « nique » est quelquefois transformée en « nick »
  14. Que pensent vos mères de Nique ta mère? Réponse d'un des membres du groupe : Au départ, elles l'ont mal pris, bien sûr, mais nos mères ont l'esprit large. Ce « Nique ta mère » heurte les femmes, qui se sentent déshonorées. On comprend. Il serait temps de comprendre aussi que NTM n'a l'intention de niquer la mère de personne, et de se demander quel malaise a pu engendrer un tel nom. La presse ne retient de NTM que des formules fracassantes.
  15. Appellation donnée par le journaliste Olivier Cachin (ex-présentateur de l'émission Rap Line) et qui a été démentie par la suite par KoolShen et JoeyStarr
  16. Expression employée par Kool Shen dans le morceau Boogie Man
  17. Citée par Thomas N'gijol dans l'émission du 13 mars 2008, Le Grand Journal sur Canal+.
  18. Auteur inconnu ; en lien avec le passé du groupe.
  19. Paroles de Seine Saint-Denis Style : « Tu kiff, tu kiff pas, Nicoumouk viendra à toi »
  20. Naal dine oumouk qui peut être traduite différemment selon les langues arabes mais qui touche à la mère (oumouk).
  21. Comme l'expression « Vaffanculo » qui est utilisée lors du V-Day annuel italien, populaire et politique du comique impertinent, Beppe Grillo
  22. Extrait : Contrairement à ce qui se dit ici ou là / En aucun cas ce sigle de trois ne s'adresse à toi / Nous nous dénonçons les marasmes de l'état / NTM combat pour la jeunesse, pour faire valoir ses droits / Qu'on se le dise, voilà notre devise, ce que l'on vise / Réalises-tu ta lourde méprise / L'expression te choque, bloque / Elle est pourtant d'époque / Elle enveloppe les cités telle une increvable cloque / Cette fois c'est clair, plus d'interprétation précaire.
  23. Qualification de Nicolas Sarkozy, peu avant les émeutes de 2005.
  24. « À l'époque les héros s'appelaient Aktuel / Lucien, Dee Nasty, Tecol et Meo », in "Tout n'est pas si facile" (K.Shen, J.Starr)
  25. Extrait : « C'est quoi ce bruit, la fureur, ces cris d'animaux ? Incompréhension, angoisse, mouvement de panique. Barbares descendus sur la ville. Mais le rap n'est pas le retour à une langue supposée primitive, inarticulée, c'est l'élucidation, la mise à jour et l'activation de la puissance de la langue, le démontage du moteur, l'encéphalogramme des mots, le raffinage de ces mots par les corps. Le rap épuise la langue et la fait renaître comme un nouvel amour, comme un amour de jeunesse. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Une forte hausse des quartiers-ghettos », sur Le Monde (consulté le 26 juin 2014).
  2. a, b et c Greg, « Suprême NTM 1993... J’appuie sur la gâchette », sur abcdrduson.com,‎ 30 avril 2012 (consulté le 27 juin 2014).
  3. NTM « Plus mélomane », journal Sud Ouest,
  4. a et b Nicolas George, « NTM »,‎ 9 novembre 2010 (consulté le 27 juin 2014).
  5. a et b Laure Narlian, « Joeystarr se met à table », sur France 2 (consulté le 27 juin 2014).
  6. « Suprême NTM, Le Bilbo, Elancourt (FR) - 20 oct. 1990 », sur Myconcertarchive (consulté le 27 juin 2014).
  7. « Suprême NTM pose sur Rapattitude », sur Quai-baco,‎ 19 mars 2012 (consulté le 27 juin 2014).
  8. « Kool Shen et Joey Starr, les rappeurs de NTM, sont dans le viseur de la police, de la justice et du FN. Même si le duo a mis un bémol à sa rage. Nique Le Pen. », sur Libération,‎ 28 juillet 1996 (consulté le 27 juin 2014).
  9. Exit Music, « Suprême NTM – Suprême NTM (Epic) »,‎ 26 octobre 2012 (consulté le 27 juin 2014).
  10. a, b et c « L'affaire NTM en sept questions », sur L'Express,‎ 21 novembre 1996 (consulté le 22 mai 2012).
  11. Morgane Giuliani, « Queen, Rihanna, NTM: les 11 clips censurés qui ont marqué les esprits », sur Le Figaro,‎ 10 août 2013 (consulté le 27 juin 2014).
  12. « Rapline NTM… Nostalgie… »,‎ 25 septembre 2009 (consulté le 27 juin 2014).
  13. Mathias Vicherat, Pour une analyse textuelle du rap français,‎ 2001 (ISBN 2747510891), p. 82.
  14. « Authentiques », sur Allociné (consulté le 27 juin 2014).
  15. « Concert de NTM: Bercy style », sur L'Express,‎ 18 septembre 2008 (consulté le 27 juin 2014).
  16. « Rage, argent, adrénaline : le retour prometteur des rappeurs de NTM », sur Le Monde,‎ 15 septembre 2008 (consulté le 27 juin 2014).
  17. a et b « NTM se reforme et annonce 3 concerts à Bercy », sur Le Nouvel Observateur,‎ 14 mars 2008 (consulté le 27 juin 2014).
  18. « Mais jusqu'où ira NTM? », sur L'Express,‎ 7 décembre 1995 (consulté le 27 juin 2014).
  19. Interview de JoeyStarr et Kool Shen - Les Inrockuptibles no 667 - p. 46
  20. « NTM - Tournée 2008 », sur Fnac (consulté le 22 mars 2012).
  21. Éric Mandel, « Kool Shen: Ce n'est pas pour blaguer », sur JDD,‎ 15 juin 2008 (consulté le 27 juin 2014).
  22. « NTM : L’Olympia, Paris le 23 juin 2008 », sur We Love Music,‎ 24 juin 2008 (consulté le 27 juin 2014).
  23. Jean-Marc Morandini, « NRJ partenaire du concert exceptionnel de NTM à l'Olympia »,‎ 18 juin 2008 (consulté le 27 juin 2014).
  24. Jérome Guillas, « NTM, Olympia style », sur JDD (consulté le 22 mai 2012).
  25. « Suprêmement NTM ! », sur Télérama (consulté le 22 mai 2012).
  26. Julien Bordier, « C'était comment NTM au Parc des Princes? », sur L'Express,‎ 20 juin 2010 (consulté le 27 juin 2014).
  27. « NTM a mis le feu au Parc », sur Le Parisien,‎ 20 juin 2010 (consulté le 14 mars 2014).
  28. « NTM enrôle la Sexion d'Assaut au Parc des Princes », sur Le Parisien,‎ 05 mai 2010 (consulté le 03 juillet 2014)
  29. « Flash-info no 15 - Fédération professionnelle indépendante de la police » (consulté le 12 mars 2012).
  30. « NTM », sur Premiere.fr (consulté le 27 juin 2014).
  31. « Justice "Nique ta mère", un mois ferme », sur L'Humanité,‎ 13 février 2004 (consulté le 22 mars 2012).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]