Dilma Rousseff

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Dilma Rousseff
Portrait officiel de Dilma Rousseff.
Portrait officiel de Dilma Rousseff.
Fonctions
36e présidente de la République fédérative du Brésil
En fonction depuis le 1er janvier 2011
(3 ans, 11 mois et 17 jours)
Élection 31 octobre 2010
Réélection 26 octobre 2014
Vice-président Michel Temer
Prédécesseur Luiz Inácio Lula da Silva
40e chef de cabinet de la présidence de la République fédérative du Brésil
21 juin 200531 mars 2010
Président Luiz Inácio Lula da Silva
Prédécesseur José Dirceu
Successeur Erenice Guerra
21e ministre des Mines et de l'Énergie
1er janvier 200321 juin 2005
Président Luiz Inácio Lula da Silva
Prédécesseur Francisco Luiz Sibut Gomide
Successeur Silas Rondeau
Biographie
Nom de naissance Dilma Vana Rousseff
Date de naissance 14 décembre 1947 (67 ans)
Lieu de naissance Belo Horizonte (Brésil)
Nationalité Drapeau : Brésil Brésilienne
Parti politique Parti des travailleurs
Diplômé de Université fédérale du Rio
Grande do Sul
Profession Économiste
Religion Catholicisme romain
Résidence Palácio da Alvorada,
Brasilia

Signature

Dilma Rousseff
Présidents de la République fédérative du Brésil

Dilma Vana Rousseff, née le 14 décembre 1947 à Belo Horizonte (Brésil), est une économiste et femme d'État brésilienne.

Chef de cabinet (Ministra da Casa-Civil) du président Luiz Inácio Lula da Silva à partir de 2005, elle est la candidate du Parti des travailleurs à l'élection présidentielle brésilienne de 2010, qu'elle remporte au second tour de scrutin, le 31 octobre, face au candidat social-démocrate José Serra. Elle est investie dans ses fonctions de présidente de la République fédérative du Brésil le 1er janvier 2011. C'est la première femme élue à ce poste.

Le 26 octobre 2014, Dilma Rousseff est réélue pour un second mandat de quatre ans en recueillant 51,64% des voix au deuxième tour face au candidat du Parti de la social-démocratie brésilienne, Aécio Neves.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Dilma Rousseff est la fille de Dilma Jane Silva et de l'avocat et homme d'affaires bulgare Pedro Rousseff (en bulgare Петър Русев [pɛtɤr rusɛf]), sympathisant du mouvement communiste bulgare, qui a émigré en France en 1929, où il vécut jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale. C'est pour cette raison que le nom de famille est transcrit à la française. Il s'installa ensuite en Argentine en 1944, et peu après au Brésil, où il épousa Dilma Jane da Silva avec qui il eut trois enfants : Igor, Dilma et Zana[1].

Lors de sa campagne présidentielle en 2010 elle laissa entendre, devant la Confédération israélite du Brésil, que sa grand-mère maternelle était, d'après elle, juive[2].

Guérilla sous la dictature[modifier | modifier le code]

Pendant la dictature militaire, Dilma Rousseff a intégré le commando de libération nationale, mouvement de résistance, devenu plus tard le VAR-Palmares (en). Arrêtée en 1970, elle est torturée pendant vingt-deux jours, puis condamnée par un tribunal militaire et détenue durant trois ans, jusqu'en 1973. Bien plus tard, en 2011, alors qu'elle est devenue présidente du Brésil, il lui sera reproché par un sénateur de l'opposition (Agripino Maia) d'avoir menti sous la torture, ledit sénateur s'inquiétant de ce qu'elle mente à nouveau devant le sénat.

À l'époque de sa détention, elle a été surnommée la Jeanne d'Arc de la guérilla, en raison de son importance idéologique dans le mouvement. En décembre 2006, elle a obtenu une indemnisation.

À la fin des années 1970, elle a épousé un autre membre du mouvement guérillero, Carlos Franklin Paixão de Araújo, avec qui elle a eu une fille unique, et s'est installée avec lui dans l'État du Rio Grande do Sul.

En 1977, elle a obtenu un diplôme de l'École de sciences économiques de l'université fédérale du Rio Grande do Sul.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

À la même époque, elle participait à la restructuration du Parti démocratique travailliste (PDT). Durant le gouvernement d'Alceu Collares en Rio Grande do Sul, entre 1991 et 1995, elle fut nommée secrétaire d'État à l'Énergie.

Elle rejoint le parti des travailleurs (PT) en 2001[3].

Ministre de Lula[modifier | modifier le code]

En janvier 2003, le président Luiz Inácio Lula da Silva nomma Dilma Rousseff Ministre de l'Énergie, poste qu'elle occupa durant deux ans jusqu'en juin 2005, où elle fut nommée chef de cabinet (« Ministra da Casa-Civil », en portugais), après la démission de son prédécesseur à ce poste, José Dirceu, accusé de corruption. Des scandales de même nature ayant touché plusieurs dirigeants du PT, elle devient alors la dauphine de Lula.

Dilma Rousseff est aussi présidente du conseil de direction de l'entreprise d'État pétrolière Petrobras.

Le 26 avril 2009, elle a annoncé qu'on lui avait diagnostiqué un cancer lymphatique et qu'elle devrait se soumettre à un traitement de chimiothérapie, et a indiqué que la probabilité de guérison était élevée.

Campagne présidentielle[modifier | modifier le code]

En septembre 2010, elle est la « candidate de Lula » pour l'élection présidentielle. Totalement « relookée » à cette occasion, elle dit avoir eu recours à la chirurgie esthétique pour « adoucir ses traits »[3].

Elle obtient 46,9 % des voix au premier tour et est contrainte à un second tour[4]. Le 31 octobre 2010, lors du second tour, elle arrive largement en tête des suffrages devant son rival social-démocrate José Serra, ancien gouverneur de l'État de São Paulo. Elle a bénéficié de l'énorme popularité du président Luiz Inacio Lula da Silva qui l'a soutenue pendant toute la campagne et du succès de sa politique qui a sorti de la pauvreté 29 millions de Brésiliens avec une économie florissante [5]. Au second tour, elle recueille 56 % des voix et devient donc la première femme élue à la présidence fédérale du Brésil[6]. Avec 56,05 %, soit 55 724 713 millions de votes, elle est la femme qui a reçu le plus grand nombre de suffrages au monde.

Présidente de la République[modifier | modifier le code]

Le gouvernement de Dilma Roussef.

Son investiture a lieu le 1er janvier 2011. Elle succède ainsi au président Lula qui lui passe l'écharpe présidentielle[7], devant les députés et les sénateurs, à Brasilia.

La première année de son mandat est notamment marquée par plusieurs scandales, en particulier de corruption, qui conduisent quatre membres de son gouvernement à démissionner entre mai et août 2011[8],[9],[10], dont le ministre de l'environnement pour avoir refusé de donner son aval au projet de construction du barrage de Belo Monte, contre la volonté de Dilma Rousseff. Elle est très critiquée par de nombreuses associations écologistes et par les Amérindiens, dont le Chef Raoni, depuis qu'elle a accepté la construction de ce groupe de barrages[11],[12] alors même qu'aucun projet de conservation de la forêt amazonienne ni des peuples y vivant n'est à l'ordre du jour.

En 2011 et 2012, Forbes la classe au troisième rang de la liste des femmes les plus puissantes du monde. Elle occupe en 2013 le deuxième rang.

Elle doit faire face à un important mouvement protestataire en 2013 ainsi qu'à une situation économique en berne, la croissance du pays se retrouvant à 2 % en 2013, contre 7,5 % en 2011, ainsi qu'à une baisse du real face au dollar[13]. Elle devient de plus en plus contestée par son peuple en raison du chômage, de la pauvreté et de l'écart croissant entre les classes aisées et les classes populaires. En 2014, son gouvernement dépense 11 milliards d'euros pour héberger la 20e édition de la Coupe du monde de football, alors qu'environ 1 million de Brésiliens vivent dans la rue ; ces actions entraînent l'indignation du contribuable, et elle doit donc faire face à des manifestations à travers tout le pays. Lors de la compétition, au stade Maracanã, elle se fait huer à chacune de ses apparitions[14].

Elle est candidate à un second mandat en vue de l'élection présidentielle de 2014. Ce premier mandat est marqué par des affaires de corruption, une économie toujours fortement marquée par le crise de 2008, une production industrielle en baisse et une croissance en stagnation[15]. Le 26 octobre 2014, Dilma Rousseff est réélue pour un second mandat de quatre ans en recueillant 51,64% des voix au deuxième tour de scrutin face au candidat du Parti de la social-démocratie brésilienne, Aécio Neves[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Who Is Who: Bulgarian Origins and Relatives of Brazil's Dilma Rousseff, Sofia News Agency
  2. Dilma defende relação com Irã em encontro com comunidade israelita, Estado.com.br, 13 septembre 2010 : Sobre sua avó, Dilma contou que ela usava o sobrenome Coimbra, uma indicação de que poderia ser uma judia que adotou o Brasil para viver e que mudou de sobrenome ao chegar. "Eu imagino que minha avó fosse judia porque ela se chamava Coimbra, era de origem portuguesa e acho que ela tinha todos os traços", afirmou. "Pelas características físicas, acho que era uma cristã-nova.". De sa grand-mère Dilma raconte qu'elle utilisait le surnom de Coimbra [ville refuge des Juifs entre 1492 et 1497], indication qu'elle avait pu être une juive ayant adopté le Brésil pour vivre et ayant changé de surnom à son arrivée. […] « Par les caractéristiques physiques, je dirais qu'elle était cristã-nova. »
  3. a et b Jean-Pierre Langellier, « Dilma Rousseff, l’héritière désignée de Lula au Brésil », Le Monde,‎ 2 octobre 2010 (lire en ligne)
  4. http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20101004.FAP8938/dilma-rousseff-favorite-pour-le-deuxieme-tour-de-la-presidentielle-au-bresil.html
  5. Stéphane Monclaire, "De Lula à Dilma", dans le revue Politique Internationale [1]
  6. (pt) Dilma promete honrar a confiança dos brasileiros, site internet du quotidien Público, le 31 octobre 2010
  7. « Brésil: Lula remet l'écharpe présidentielle à Dilma Rousseff », lepoint.fr, 1er janvier 2011.
  8. Paulo Paranagua, « Dilma Rousseff trébuche sur la corruption au Brésil », America Latina - Blog Le Monde,‎ 9 juillet 2011 (lire en ligne)
  9. AFP, « Le gouvernement de Dilma Rousseff éclaboussé par une nouvelle affaire de corruption », France24,‎ 7 juillet 2011 (lire en ligne)
  10. Brian Winter et Marine Pennetier, « Le gouvernement brésilien s'enfonce dans la crise », L'Express,‎ 18 août 2011 (lire en ligne)
  11. Gwendal Perrin, « Dilma Rousseff déçoit (déjà) les défenseurs de l’environnement », ZeGreenWeb.com,‎ 3 février 2011 (lire en ligne)
  12. (en) « Brazil court reverses Amazon Monte Belo dam suspension », BBC News Latin America & Caribbean,‎ 3 mars 2011 (lire en ligne)
  13. Solenn de Royer, « Hollande : "Doubler les échanges avec le Brésil" », in Le Figaro, vendredi 13 décembre 2013, page 7.
  14. « Divers/Brésil - Dilma Rousseff copieusement sifflée au Maracana », liberation.fr, 14 juillet 2014.
  15. Guillaume de Dieuleveult, « Dilma Rousseff : Rebondir ? », Le Figaro Magazine, semaine du 18 juillet 2014, page 15.
  16. AFP, « Dilma Rousseff réélue présidente du Brésil », sur L'EXPRESS.fr,‎ 26 octobre 2014 (consulté le 27 octobre 2014)

Annexe[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]