Salif Keïta (musicien)

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Salif Keïta

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Salif Keïta, à Washington le 28 juin 2006.

Informations générales
Naissance 25 août 1949
Djoliba au Mali
Activité principale Chanteur, compositeur, musicien
Genre musical Afropop, afrobeat, musiques du monde
Années actives depuis 1968
Labels Universal
Site officiel salifkeita.artistes.universalmusic.fr

Salif Keïta, né à Djoliba le 25 août 1949, est un chanteur et musicien malien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Salif Keïta est descendant en ligne directe du fondateur de l’Empire du Mali, Soundjata Keïta[réf. nécessaire]. Il souffre d'albinisme dans une région où les albinos sont mal vus en raison des pouvoirs maléfiques qui leur sont attribués[1]. Après ses études, il rêve de devenir instituteur mais il est recalé à cause de sa mauvaise vue. Il décide alors de devenir chanteur ce qui va créer un scandale dans sa famille. Traditionnellement, la musique est réservée à la caste des griots, et les Keïta sont une famille de princes. Il est rejeté par sa famille et part à Bamako en 1968. Il intègre le groupe du saxophoniste Tidiani Koné, le « Rail band de Bamako », qui joue tous les soirs au buffet-hôtel de la gare à Bamako, et obtient d’importants succès avec son répertoire composé d’airs traditionnels interprétés de façon moderne.

En 1973, il rejoint un autre groupe, Les Ambassadeurs qui joue d'abord au motel de Bamako, puis avec lequel il s’installe à Abidjan, en Côte d’Ivoire. En 1978, il y enregistre son premier album Mandjou dans lequel il rend hommage au président Guinéen Ahmed Sékou Touré et au peuple mandingue.

En 1980, il enregistre aux États-Unis deux disques : Primpin et Tounkan. En 1984, il quitte Abidjan pour revenir à Bamako et retrouver sa famille, notamment son père vieillissant. Il participe cette année au festival de musiques métisses d’Angoulême (France). Il rencontre un succès auprès du public français, et vient s’installer en France à Montreuil d’où il anime de nombreuses fêtes traditionnelles dans la communauté malienne immigrée. L'année suivante, il participe, à la demande de Manu Dibango, à l’enregistrement d’un album collectif Tam tam pour l’Afrique au profit de l’Éthiopie où sévit la famine. En 1986, il enregistre l'album, Soro, de blues-rock chanté en malinké. Cet album enregistré sous la houlette du producteur sénégalais Ibrahima Sylla pour le label Syllart sera révolutionnaire et portera Salif Keita comme une star internationale. Il participe alors au festival des Francofolies à La Rochelle en 1987, et à un concert organisé à Londres pour le 70ème anniversaire de Nelson Mandela, au côté notamment du sénégalais Youssou N'Dour. Il sort en 1989 son second album en France Ko-Yan où à travers la chanson Nous pas bougé, il aborde les problèmes que rencontrent les immigrés maliens en France. Son troisième album Amen sort en juin 1991.

Son album Folon de 1995 est dédié aux enfants albinos pour lesquels il a créé une association. À partir de 1996, bien que toujours installé à Montreuil, il ouvre un studio d’enregistrement à Bamako afin d’aider les jeunes musiciens maliens (dont notamment Fantani Touré, Rokia Traoré…). En 1997, il sort un album Sosie composé de titres de chanteurs français (Maxime Le Forestier, Michel Berger, Jacques Higelin ou Serge Gainsbourg) interprétés à la kora ou au balafon. En juin 1999, il sort un nouvel album intitulé Papa où il évoque son père, décédé deux ans plus tôt. En 2001, il ouvre un club couplé à un studio d’enregistrement qui porte le nom de Moffou, nom d’une flûte utilisée par les enfants bergers. En mars 2002, sort un album portant le même nom.

Le 12 décembre 2004, à Johannesburg (Afrique du Sud), il est distingué aux Kora Awards pour l’ensemble de sa carrière. Lors de la cérémonie des Victoires de la musique 2010 en mars 2010, il obtient une Victoire dans la catégorie « Album musiques du monde de l'année »[2].

Il est le père de l'athlète française Nantenin Keita, championne du monde 2006 et olympique 2008 de 400 m lors des Jeux paralympiques d'été de 2008.

En 2014, il participe au festival de musique du monde Esperanzah !

Engagement citoyen et politique[modifier | modifier le code]

Salif Keïta est candidat aux élections législatives maliennes de 2007. Il figure en troisième position sur une liste présentée par le Mouvement patriotique pour le renouveau, le Bloc pour la démocratie et l'intégration africaine (BDIA) et le Parti citoyen pour le renouveau (PCR) dans la circonscription de Kati[3]. Il milite actuellement au sein du PCR[4].

Le 19 juillet 2010, Salif Keïta a été nommé Ambassadeur de la paix par Jean Ping, président de la commission de l'Union africaine, afin de soutenir « les efforts de la Commission pour résoudre les conflits et promouvoir la paix sur le continent »[5].

Discographie[modifier | modifier le code]

Salif Keïta au festival Womad 2010 - Charlton Park, England.

Salif Keïta a également écrit les bandes originales de deux films :

Anecdote[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Un disque, c'est comme un enfant. On se fiche qu'il soit beau ou pas. L'important, c'est d'avoir fait ce qu'on voulait faire. On va l'élever et le défendre pour lui donner le chemin de la gloire. Mais déjà, il me plaît, parce que c'est mon enfant. (...) C'est le fruit de l'amour. Et l'amour, partout, perce plus fort que les balles d'un fusil. » [6]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Des chefs d’Etats africains ont sacrifié des albinos pour se maintenir au pouvoir. Publié par AfricaPresse.com
  2. Youssouf Doumbia, « Musique : une nouvelle consécration pour Salif Keïta », L’Essor,‎ 9 mars 2010 (lire en ligne)
  3. Législatives en brèves, Challenger n°363 du 4 juin 2007
  4. Source : Africahit le 8 mars 2007
  5. Youssouf Doumbia, « Promotion de la paix en Afrique : Salif keïta nommé ambassadeur par l(‘Union africaine », L’Essor,‎ 20 juillet 2010 (lire en ligne)
  6. propos recueillis par François Bensignor, extrait de Mondomix n°12, Sept/Oct 2005, p 25

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]