Viktor Kortchnoï
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| Viktor Lvovitch Kortchnoï | |
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Kortchnoï en 1993
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| Nom de naissance | Виктор Львович Корчной |
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| Naissance | 23 mars 1931 Leningrad, URSS |
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| Profession(s) | Joueur d’échecs |
Viktor Lvovitch Kortchnoï (en russe : Виктор Львович Корчной)[1] (né le 23 mars 1931 à Leningrad, URSS - ) est un joueur d’échecs soviétique qui obtint l'asile politique de la Suisse en 1978, puis la nationalité helvétique en 1992. Après sa défection de l'union soviétique, en 1976, Kortchnoï a disputé deux matchs de championnat du monde d'échecs (en 1978 et en 1981) contre le numéro un soviétique Anatoli Karpov, de vingt ans son cadet. Grand maître international en 1956, Kortchnoï fut un des dix meilleurs joueurs du monde de 1957 à 1990[2].
Bien qu’il n’ait jamais été champion du monde, Kortchnoï est un joueur au palmarès des plus prestigieux, connu pour sa ténacité et sa constante volonté de vaincre. Il a été candidat au championnat du monde en un nombre record de 10 occasions (en 1962, puis, sans interruption, de 1968 à 1991[3]). Il fut quatre fois finaliste du cycle des candidats : en 1968 et 1977 face à Boris Spassky, en 1974 contre Karpov et en 1980 contre Robert Hübner ; il remporta deux finales des candidats (1977/78 et 1980).
Quatre fois champion d’URSS (en 1960, 1962, 1964/65 et 1970), Kortchnoï a remporté quatre fois le tournoi de Wijk aan Zee (en 1968, 1971, 1984 et 1987[4]), et reçu l’Oscar du meilleur joueur de l’année 1978 (devant Karpov). Il fut cinq fois champion d’Europe par équipes avec l’URSS (dont deux fois meilleure performance individuelle) et six fois membre de l’équipe d’URSS qui remporta les Olympiades d'échecs (en 1960 et de 1966 à 1974). Il remporta également la médaille d'or individuelle au premier échiquier avec l'équipe de Suisse, lors de l'olympiade d'échecs de 1978 ainsi que trois médailles d'or et trois médailles de bronze individuelles lors des olympiades disputées avec l'équipe d'URSS.
D’une longévité sans équivalent dans le circuit professionnel, Kortchnoï a affronté tous les champions du monde depuis Botvinnik jusqu’à Kramnik, Anand et Topalov. Il a un score égal face à Botvinnik et Bobby Fischer. Il a un score positif face aux champions du monde Mikhaïl Tal, Tigran Petrossian et Boris Spassky qu'il a rencontrés et battus lors des matchs des candidats. Il est devenu en 2006 champion du monde senior. En avril 2007 (à 76 ans), il comptait encore parmi les 100 meilleurs joueurs du monde. En juillet 2008, il était encore crédité de 2602 points Elo.
[modifier] Biographie et carrière
[modifier] Années de formation
D’origine ukrainienne-polonaise, Kortchnoï naquit à Leningrad le 23 mars 1931 et connut une enfance très difficile. De caractères dissemblables, ses parents se séparèrent très tôt. Sa mère, d’origine juive ukrainienne était une femme excentrique, une pianiste, dont le souci principal était de pouvoir nourrir son fils, ce qu’elle ne réussissait pas car elle n’avait pas d’argent. Elle laissa Viktor à son époux, un ingénieur en réfrigération, d’origine catholique polonaise, membre du parti, professeur de langue et de littérature russe et qui s’était remarié. Kortchnoï survécut au terrible siège de Léningrad (septembre 1941- janvier 1944) : les élèves de Leningrad étaient évacués à la campagne, lui resta en ville[5]. Son père fut envoyé au front et tué en novembre 1941. Son oncle disparut. Viktor se réfugia chez sa grand-mère paternelle, une aristocrate polonaise ruinée, qui mourut à son tour. Kortchnoï et un voisin enveloppèrent le cadavre dans un drap et allèrent l’ensevelir, en secret, au cimetière, ce qui lui permit de toucher deux rations. Sa belle-mère le prit définitivement avec elle. En 1942, Viktor fut envoyé à l’hôpital : il souffrait de dystrophie. Kortchnoï hérita de cette période un tempérament de lutteur qui ne renonce jamais dans l'adversité ainsi que la persévérance face aux épreuves et après les défaites.
À l’âge de 6 ans, il avait appris à jouer aux échecs avec son père, et, en 1943, lorsque l’étau du siège de Leningrad se déserra, il participa à son premier tournoi junior. À l’automne 1944, il s’inscrivit au club d’échecs (ainsi qu’aux clubs de musique et de récitation[6]) des Pionniers de Leningrad. Il fut entraîné par Abraham Model (un ancien entraîneur de Mikhaïl Botvinnik), Andrei Batuyev et, à la fin de la guerre, Vladimir Zak[7]. Kortchnoï progressa rapidement. En 1946, il remporta le championnat de Leningrad junior et se qualifia pour le championnat d’URSS junior, remporté par Tigran Petrossian, où il termina 11e-12e[8]. En 1947, il remporta le championnat d’URSS junior[9], et il récidiva l’année suivante en terminant premier ex æquo avec Ivo Nei[10]. En 1949, il marqua 5½ points sur 6, au premier échiquier de la très forte équipe junior de Leningrad, au championnat national junior par équipes, ce qui lui valut le titre de candidat maître.
Parallèlement à sa passion pour les échecs, il étudia pendant six ans à l’université de Leningrad pour devenir historien et décrocha un diplôme en histoire en 1954.
[modifier] Grand maître international (1956)
En 1950, Kortchnoï termina deuxième du championnat de Leningrad (+8 -3 =2) et battit le vainqueur Mark Taimanov. Lorsque le grand maître Aleksandr Tolouch lui proposa de l’entraîner et de faire de lui un maître en deux ans, Kortchnoï répondit : « j’y arriverai sans vous », ce qu’il fit, mais il regretta plus tard sa décision lorsqu'il vit que Boris Spassky, le jeune prodige de Leningrad, faisait des progrès plus rapides avec Tolouch[11]. En 1950, lors de sa première demi-finale[12] du championnat d’URSS[13], à Tula (Russie), Kortchnoï commença le tournoi par un point sur neuf (=2, -7), mais il réussit néanmoins à finir 11e-13e avec (+4,=4,-7). En 1951, il termina 5e-7e de la finale du mémorial Tchigorine[14][15] et réalisa à cette occasion une première norme de Maître (soviétique). Peu après, en mai-juin 1951, il termina 5e-8e de la demi-finale[16] du XIXe championnat d’URSS 1951 à Leningrad (+6, =8, -4), et il succéda à Pétrossian comme plus jeune maître soviétique (à 20 ans)[17], mais manqua la qualification pour la finale du championnat d'URSS qui était un tournoi zonal.
De 1952 à 1959, Kortchnoï participa à 8 demi-finales du championnat d’URSS et réussit à chaque fois à se qualifier pour la finale (il termina deux fois premier de sa demi-finale : en 1957 et en 1959[18]) mais ses résultats en finale furent irréguliers, alternant réussites et désastres. En 1952, Kortchnoï finit 2e-4e (devant Averbakh, Flohr et Kholmov) de la demi-finale[19] à Minsk. Lors de sa première finale du championnat d’URSS, à Moscou, en novembre-décembre, il devança Keres, Smyslov (qu’il battit) et Bronstein au classement et termina 6e du championnat remporté cette année par Mikhaïl Botvinnik devant Taimanov et Geller. Cette série de succès échiquéens attira l’attention de la direction du comité des sports de l’URSS qui l’enrôla dans l’équipe des athlètes d’État. Il perçut, à partir de 1954[20], un salaire, dépendant de ses résultats, qui lui permit de se consacrer entièrement aux échecs. En février 1954, Kortchnoï finit 2e-3e, ex æquo avec Mark Taimanov, du XXIe championnat d’URSS à Kiev[21] (+10 =6 -3). Grâce à ce succès, il fut autorisé à participer à son premier tournoi international à Bucarest et le remporta devant Rashid Nezhmetdinov. La FIDE lui accorda le titre de maître international à l’automne 1954, mais, l’année suivante, en février-mars 1955, au XXIIe championnat d’URSS à Moscou qui était un tournoi zonal qualificatif pour le championnat du monde d'échecs[22], il termina 19e sur 20 participants (+1, =10, -8).
Après l'échec lors du tournoi zonal de 1955, Kortchnoï fit une pause, partit se reposer au bord de la mer Noire, arrêta pour la première fois de fumer et se concentra sur sa préparation physique et théorique. Trois mois après, il remporta le championnat de Leningrad (+16 -1 =2), en juin 1955, avec 17 points sur 19 et trois points d’avance sur Tolouch et Semion Fourman. Puis, en décembre 1955-janvier 1956, il remporta son deuxième tournoi à l'étranger : le tournoi d’Hastings. En février 1956, il finit 4e du XXIIIe championnat d’URSS à Leningrad et se qualifia[23] ensuite pour sa cinquième finale consécutive du championnat d'URSS (1957) où il finit 7e-8e à égalité avec Petrossian. À la fin de l'année 1956, Kortchnoï reçut le titre de grand maître international.
[modifier] Champion d’URSS (1960) et candidat au championnat du monde (1962)
En 1957, Kortchnoï remporta sa demi-finale du XXVe championnat d'URSS (1957/58), mais, en janvier-février 1958, il ne fut que 9e-11e de la finale à Riga qui était un tournoi zonal qualificatif pour le championnat du monde. Cependant, il réussit à battre le vainqueur et futur champion du monde Mikhaïl Tal[24].
En 1958, Kortchnoï épousa une arménienne, native de Tbilissi (Géorgie), Isabela, qui habitait Moscou et qui lui donna un fils, Igor (en 1959). Il continua à habiter à Leningrad avec sa famille.
En 1959, Kortchnoï termina premier de sa demi-finale du championnat d'URSS à Tcheliabinsk et remporta le tournoi de Cracovie. En février 1960, il décrocha son premier titre de champion d’URSS à Leningrad devant Geller, Petrossian, Polougaïevsky, Smyslov, Taimanov, Spassky, Bronstein et 12 autres joueurs soviétiques[25]. Deux rondes avant la fin, Geller était premier et avait marqué 9 points sur 10 lors des dix précédentes parties. Kortchnoï et Petrossian étaient deuxièmes à ½ point. Lors de la pénultième ronde, Petrossian annula sa partie tandis que Kortchnoï affrontait Geller. Il défit son adversaire avec les pièces Noires, en jouant une défense Alekhine. Lors de la dernière ronde, les trois leaders remportèrent leurs parties, laissant Kortchnoï seul vainqueur sur le score de : +12 =4 -3.
Grâce à son titre de XXVIIe champion d’URSS obtenu en février 1960, Kortchnoï put participer à trois tournois en Argentine (il remporta ceux de Buenos Aires et de Córdoba), et fut sélectionné dans l’équipe d’URSS qui remporta l’olympiade d'échecs de 1960 de Leipzig (où débuta également Bobby Fischer).
En février 1961, un an après son premier titre de champion d'URSS, Kortchnoï remporta ses 4 dernières parties du XXVIIIe championnat d’URSS (remporté par Pétrossian), termina seul 2e de la finale et se qualifia pour la première fois pour le tournoi interzonal de Stockholm (remporté par Fischer) en 1962, puis pour le tournoi des candidats qui eut lieu à Curaçao quelques mois plus tard : Kortchnoï ne finit que 5e sur 8 avec le score de 13½ / 27 (et 2½ à 1½ contre Fischer).
[modifier] Rafleur de tournois (1963-1969)
Parallèlement à la lutte pour le titre mondial, Kortchnoï multiplia, dans les années 1960, les premiers prix dans les tournois, distançant à chaque fois largement ses adversaires. En 1961, il remporta le tournoi de Budapest avec deux points d'avance sur Bronstein ; en 1963, La Havane devant Tal, Geller et Pachman ; en 1965, Erevan avec un point d'avance sur Petrossian, Stein et Portisch ; en 1966, Bucarest (12,5/14), Sotchi (11,5/15, devant Spassky et Polougaïevski) ; en 1967, Leningrad (13/16), Budva (devant Tal, Gligoric et Geller). Kortchnoï remporta également quatre fois le championnat d’URSS (en 1960, en 1962, en 1964/65, avec le score de 15/19, meilleure performance réalisée lors d'une finale avec au moins 19 participants[26], sans défaite et deux points d'avance sur Tal, Stein et Bronstein, et en 1970, 16/21, meilleur score lors d'une finale avec au moins 22 participants), le championnat de Leningrad 1964 (14/16 et 4 points d'avance) et deux fois les tournois de Wijk aan Zee (en 1968, avec 3 points d'avance sur Tal et Portisch, et en 1971, devant Petrossian et Gligoric) et de Palma de Majorque (en 1968, avec un point d'avance sur Spassky, Larsen, Petrossian, Gligoric, et en 1972), devant les meilleurs joueurs mondiaux, Fischer excepté. Il participa aussi, de 1960 à 1974, à 6 olympiades d’échecs remportées par l’équipe d’URSS[27]. Sa soif de victoires[28] et ses nombreux succès dans les années 1965-1969 l'ont fait qualifier de « Larsen de l'est ».
Cependant, lors de la domination de Tigran Petrossian à la tête du titre mondial (1963-1969), la carrière internationale de Kortchnoï fut freinée à plusieurs reprises : de 1963 à 1967, il ne participa à aucun tournoi international en Europe de l’Ouest ou en Amérique (exceptée La Havane). En 1963, la fédération soviétique reçut une invitation accompagnée d'un billet d'avion pour la coupe Piatigorsky à Santa Monica et envoya la femme de Pétrossian à la place de Kortchnoï, pourtant champion d'URSS. En 1965, il fut invité personnellement au tournoi international de Zagreb, mais, bien qu'il eût remporté le championnat d'URSS, en janvier, la fédération soviétique voulut l'envoyer à la place à un petit tournoi en Hongrie, ce qu'il refusa. À l'issue du championnat d'Europe par équipes, en 1965, pour tenter d'améliorer sa situation, Kortchnoï adhéra au parti communiste par opportunisme, mais, en mai-juin 1967, il fut écarté du très fort tournoi du club central de Moscou où participaient Stein, Smyslov, Tal, Bronstein, Portisch, Spassky, Geller, Keres, Petrossian[29] et inscrit au tournoi international de Leningrad qu'il remporta sans défaite (+10, =6).
[modifier] Prétendant au championnat du monde (1967-1971)
En 1964, au tournoi zonal de sept joueurs organisé par la fédération soviétique, Kortchnoï termina 5e-6e et manqua la qualification pour le Cycle des candidats 1964-1965, qui vit la victoire de Boris Spassky.
Après un match de barrage qui l’opposa à Mark Taimanov et à Gipslis, et grâce à un meilleur départage au championnat d’URSS de février 1967, Kortchnoï se remit dans la course au championnat du monde : 2e-4e à l’interzonal de Sousse en 1967, il battit Samuel Reshevsky à Amsterdam, en 1968, lors du premier match du tournoi des candidats. Ensuite, ce fut le tour de Mikhaïl Tal battu sur un score très serré (5½ à 4½) à Moscou ; puis, en finale du tournoi des candidats, il affronta Boris Spassky qui se révéla trop fort pour lui[30].
Après sa finale des candidats de 1968, Kortchnoï fut exempté des qualifications interzonales pour le cycle suivant (1970-1972) et il fut directement admis au tournoi des candidats de 1971 : il remporta facilement son premier match contre Efim Geller, mais perdit ensuite en demi-finale des candidats contre l’ex-champion du monde, Tigran Petrossian par 4½ à 5½ (neuf parties nulles suivies d'une défaite)[31].
[modifier] L’adversaire de Karpov (1972-1974)
En 1969, l'entraîneur de Kortchnoï, Semion Fourman, le quitta pour s’occuper du jeune Anatoli Karpov, champion du monde junior en 1969, vingt ans plus jeune que Kortchnoï et la nouvelle étoile des échecs soviétiques. Fourman fut remplacé, en 1970, comme entraîneur de Kortchnoï, par Gennadi Sosonko, qui devint vite grand maître après son émigration aux Pays-Bas en 1972.
En 1972, Kortchnoï fumait toujours beaucoup et ses tempes commençaient à grisonner. Il gagnait des parties en zeitnot et jouait encore avec succès des coups à double tranchant dans des positions difficiles ou peu claires, refusant les propositions de nulle. Au terme de deux saisons 1971/72 et 1972/73 en-deçà de ses résultats précédents — il perdit son match contre Pétrossian en 1971, termina seulement 11e du très fort tournoi mémorial Alekhine à Moscou, en décembre 1971, fut 2e du tournoi d’Amsterdam 1972, seulement 8e du championnat de Leningrad 1973 et perdit son mini-match contre Semion Fourman au match-tournoi des sélections, en avril 1973 — il réalisa qu’avec l’âge[32] (il avait dépassé 40 ans), et sans changement, il ne pourrait plus continuer à remporter des parties en prenant les mêmes risques, à jouer sur le fil du rasoir.
Kortchnoï trouva la volonté pour effectuer des changements radicaux. Il commença à pratiquer des exercices physiques : de la marche et du yoga (il avait toujours été critiqué comme étant un joueur peu athlétique[33]), fit plus attention à sa santé et arrêta une nouvelle fois de fumer avant l’interzonal de juin 1973 à Leningrad. Il ne but plus une goutte d'alcool, se mit à porter des lunettes noires d’homme d’affaires et apparut beaucoup plus calme qu’auparavant.
Au début 1971, Kortchnoï et Karpov avaient disputé un match d’entraînement amical de 6 parties (+2 =2 -2)[34]. En janvier 1972, il partagèrent la première place du tournoi d’Hastings (1971/72). En juin 1973, il occupèrent la première place du tournoi interzonal de Leningrad (avec 11 victoires et une seule défaite sur 17 parties pour Kortchnoï), puis, en octobre 1973, la deuxième place du XLIe championnat d’URSS.
En 1974, dans les matchs du tournoi des candidats, Kortchnoï battit d’abord assez facilement (7½ à 5½) la jeune star brésilienne Henrique Mecking (vainqueur de l’autre tournoi interzonal à Petrópolis), puis fut ensuite opposé à l’ancien champion de monde Tigran Petrossian. Les deux adversaires n’étaient plus alors dans les meilleurs termes. Le match disputé à Odessa, fut riche en incidents divers[35]. Bien que le match fût prévu pour durer jusqu’à ce que l’un des joueurs obtienne 4 victoires, Petrossian abandonna après seulement cinq parties, pour des raisons médicales, sur le score de 3 victoires à 1 pour Kortchnoï (et une seule nulle). Sa victoire sur Petrossian en 1974 propulsait à nouveau Kortchnoï en finale du tournoi des candidats dont le vainqueur affronterait le tenant du titre Bobby Fischer en 1975. Le dernier adversaire de Kortchnoï fut Anatoli Karpov.
[modifier] Kortchnoï contre le Kremlin (1974-1975)
La finale des candidats de 1974 était organisée sur 24 parties, autant qu'un championnat du monde, à Moscou[36]. Cette finale des candidats fut la plus longue de l'histoire et dura plus de deux mois, du 16 septembre au 22 novembre. Après avoir mené rapidement 2 victoires à 0, puis, après 11 parties nulles, 3 à 0[37], Karpov se fit remonter 3 victoires à 2 et finit par remporter la finale sur le score de 12½ à 11½ (+3, -2, =19). Durant ce match Kortchnoï ne reçut le soutien que de son ami David Bronstein, qui fut sanctionné durement dans les années suivantes par les autorités soviétiques[38], et de Paul Keres, qui proposa une aide que Kortchnoï déclina. En novembre 1974, lors de la cérémonie de clôture, Kortchnoï comprit qu’il devrait quitter l’URSS[39]. L'année suivante, Karpov devait rencontrer Bobby Fischer.
En décembre 1974, Kortchnoï donna une interview à un journaliste yougoslave[40], dont une partie parut dans le journal Politika. Il osait dire qu’il ne se considérait pas inférieur à Karpov, dont la supériorité sur Polougaïevski, Tigran Petrossian ou Spassky ne lui paraissait pas évidente. Il dénonçait les conditions dans lesquelles s’était déroulé le match de 1974. Il estima que Karpov, bien que très bon joueur, était encore jeune et que c’était en profitant de toutes les possibilités offertes par l’appareil qu’il était arrivé au plus haut échelon[41]. Kortchnoï soutenait aussi la revendication de Fischer de ne pas compter les parties nulles lors des matchs de championnat du monde[17]. Aussitôt après leur publication, Kortchnoï regretta ses paroles imprudentes : dès son retour en URSS, le 20 janvier 1975, des explications écrites lui furent demandées par le comité des sports de l'URSS.
Kortchnoï refusa ensuite, en février 1975, d’aider Karpov dans sa préparation contre Fischer. Les premières sanctions visant Kortchnoï tombèrent : il fut exclu pendant un an de la sélection nationale et son salaire diminué. Lors d’une campagne de presse dans le but de promouvoir Karpov, Tigran Petrossian attaqua dans un article l’attitude « anti-sportive » de Kortchnoï dans son interview. En avril, Karpov devint le nouveau champion du monde, par défaut, puisque Bobby Fischer renonçait à défendre son titre. Les autorités centrales (le comité des sports) empêchèrent Kortchnoï de jouer pendant un an (la durée fut réduite à dix mois par la suite) dans des tournois internationaux — et de voyager à l’étranger[42]. À Leningrad, il fut privé du droit de publier des articles d’échecs et de faire des commentaires sur les échecs à la télévision. Soupçonné de vouloir partir en Israël, son appartement fut mis sur table d’écoute[43]. Il ne reçut plus les magazines yougoslaves ou en anglais et il lui fut interdit de faire des simultanées ou des cours.
[modifier] La défection et le boycott (1976-1977)
À la fin de 1975[44], Kortchnoï fut autorisé à participer à un tournoi international à Moscou (3e-5e du mémorial Alekhine, en octobre-novembre), puis, en décembre 1975, à jouer lors du tournoi d’Hastings (il finit 4e). Il en profita pour emmener des livres d'échecs auxquels il tenait et des albums de photos qu'il fit parvenir à Sosonko maintenant fixé aux Pays-Bas. À l’issue du tournoi IBM d’Amsterdam, qu’il remporta en juillet 1976 à égalité avec Tony Miles, Viktor Kortchnoï demanda à Tony Miles comment prononcer l’expression « asile politique » en anglais. Le lendemain, il se rendit dans une gendarmerie et demanda l’asile politique aux Pays-Bas. Après quinze jours passés en cachette dans une chambre sous les toits, il se vit accorder un permis de séjour de six mois. Il devint, dès le 12 août 1976, membre de la fédération néerlandaise d’échecs dont il remporta le championnat en 1977. Il fut nommé capitaine de l’équipe olympique des Pays-Bas qui se rendit à l’olympiade d'échecs de 1976 à Haïfa. Depuis il a changé deux fois de pays (des Pays-Bas à l’Allemagne et au canton d’Argovie en Suisse en 1978). Kortchnoï laissait derrière lui sa femme et son fils Igor, qui se virent refuser un visa de sortie (en novembre 1977) et devinrent des otages du régime communiste. Leurs passeports furent confisqués.
La fédération soviétique instaura un boycott contre Kortchnoï. Les organisateurs de tournois furent mis devant un choix clair : ou bien la présence des joueurs soviétiques, ou bien celle de Kortchnoï. Les pressions s’accentuèrent encore lors de ses tentatives de ravir le titre de champion du monde à Anatoli Karpov, de 1977 à 1981. Dans les années 1970, plusieurs forts joueurs d’échecs abandonnèrent l’URSS[45], et Kortchnoï fut le plus prestigieux d’entre eux, ce que ni la fédération soviétique d’échecs, ni même le Kremlin[46] ne lui pardonnèrent jamais. Une lettre de condamnation fut publiée, signée par presque tous les grands maîtres soviétiques : seuls Mikhaïl Botvinnik[47], David Bronstein (son ami fidèle), Boris Spassky (parti vivre en France) et Boris Gulko (futur champion d’URSS en décembre 1977 et dissident) refusèrent de la signer. Parallèlement Karpov écrivit sa propre lettre plus modérée. Le nom de Kortchnoï fut rayé des livres d’échecs et des revues soviétiques, les photos le représentant détruites, ses parties ne furent pas publiées en URSS. Les autorités soviétiques demandèrent à la fédération internationale de lui retirer son titre de grand maître.
En 1977, la fédération soviétique tenta de le disqualifier au prétexte que le championnat du monde se dispute entre fédérations et non entre individus, et que Kortchnoï ne pouvait plus valablement représenter la fédération soviétique. Lors du cycle des candidats, en 1977, Kortchnoï affronta successivement trois joueurs soviétiques : Lev Polougaïevski et les deux précédents champions du monde : Tigran Petrossian et Boris Spassky, qu’il battit d’une manière convaincante. Il termina ensuite 2e (devant Ulf Andersson, Jan Timman, Miguel Najdorf, Tony Miles, Henrique Mecking, Gennadi Sosonko et Lubomir Kavalek) du fort tournoi de Wijk aan Zee remporté par Lajos Portisch (en 1978), et remporta aussi le tournoi de Beer-Sheva.
[modifier] Première finale du championnat du monde à Baguio (1978)
La première finale du championnat du monde de Kortchnoï, en 1978, à Baguio (Philippines), qu’il perdit 5 à 6, est restée dans les annales de l’histoire du noble jeu. Elle dura plus de trois mois (du 17 juillet au 18 octobre 1978) et 32 parties très disputées. Le match eut lieu pendant la saison des pluies. Il fut l’occasion d’un incessant combat psychologique et d'une discussion théorique. Pour déconcentrer le challenger et tenter de le déstabiliser, les Soviétiques firent appel à un « parapsychologue »[48], le Dr Zoukhar, directeur du Laboratoire central de psychologie de Moscou[49]. Dans le domaine des ouvertures, l'équipe de Karpov comprenant Igor Zaïtsev et Mikhaïl Tal mit au point plusieurs nouveautés dans la variante ouverte de la partie espagnole.
Les joueurs commencèrent le match prudemment, puis, durant la cinquième partie, Kortchnoï manqua un mat et la partie se termina par un pat après 124 coups. Au début de la 8e partie, Karpov refusa de serrer la main du challenger, ce qui déconcentra Kortchnoï. Dans l'ouverture, une espagnole ouverte, Kortchnoï joua une défense inédite et douteuse qui contribua à sa première défaite. Lors de la dixième partie, Karpov introduisit sa première nouveauté dans la partie espagnole[50], mais Kortchnoï parvint à résoudre les problèmes posés. Il revint au score lors de la onzième partie, suite à une erreur de Karpov. La suite du match, à la mi-août fut dramatique. La treizième partie fut ajournée dans une position où Kortchnoï avait un pion de plus et choisit d'en gagner un deuxième. Le samedi 19 août, lors de 14e partie, Karpov introduisit une deuxième nouveauté dans la variante ouverte de la partie espagnole, sacrifia la qualité et atteint l'ajournement avec une position favorable. Le dimanche 20 août, les joueurs reprirent les deux parties interrompues. Lors de la reprise de la treizième partie, Kortchnoï choisit la suite la plus tranchante pour l'emporter mais Karpov répondit par un coup que l'équipe du challenger n'avait pas prévu. Kortchnoï perdit du temps pour répondre et finit par perdre sa Dame lors du Zeitnot. Karpov remporta ensuite la reprise de la quatorzième partie de manière convaincante. Dans la nuit du lundi au mardi, il se produisit un tremblement de terre. Puis le typhon Elaine passa le mercredi sur Baguio, avant la seizième partie. La présence du docteur Zoukhar au premier rang au début de la 17e partie irrita Kortchnoï, qui perdit 15 minutes sur son temps à la pendule à mobiliser les officiels pour le faire reculer dans les travées. Il en résulta pour Kortchnoï une crise de temps, qui le fit tomber dans un piège et il se fit mater par Karpov, qui mena le match 4 victoires à 1.
Lors des 20e et 22e parties, Karpov manqua plusieurs occasions de conclure par précipitation et Kortchnoï revint dans le match en remportant la 21e partie. Après la 27e partie, Anatoli Karpov menait 5-2, les nulles ne comptant pas et la victoire revenant au premier vainqueur de 6 parties ; amaigri par les efforts fournis durant le match, il perdit alors trois parties sur quatre (la 28e, une espagnole ouverte, les 29e et 31e), toutes en finale, et Kortchnoï égalisa 5 à 5. Karpov remporta la 32e partie et avec elle le titre (+6-5=21)[51].
[modifier] Deuxième match pour le championnat du monde (1981)
Peu après la première finale du championnat du monde, Kortchnoï remporta la médaille d’or au premier échiquier à l’olympiade d'échecs de 1978 à Buenos Aires, qui vit la victoire de la Hongrie. Les journalistes lui décernèrent également l’Oscar du meilleur joueur de l’année 1978, devant Anatoli Karpov. En 1979, il remporta quatre forts tournois, toujours sans la participation de joueurs soviétiques.
Pendant ce temps, en mai 1978, le fils de Kortchnoï reçut sa convocation au service militaire et décida de se dérober. Après 12 mois vécus dans la clandestinité, il finit par se rendre à la police. À la fin de l’année 1979, Igor Kortchnoï fut condamné à deux ans et demi de prison dans un camp de travail pour désertion aggravée de parasitisme. Un temps apatride, Kortchnoï n’obtint l’asile politique en Suisse, et le statut de réfugié politique[52], qu’après l’olympiade de 1978. Il n’acquit la citoyenneté helvétique qu’en 1992[53], le délai nécessaire pour les réfugiés issus d’Union soviétique étant de 12 ans minimum.
En 1980, lors du tournoi des candidats, après avoir battu difficilement Tigran Petrossian (quatrième match des candidats entre les deux joueurs, après ceux de 1971, 1974 et 1977), il battit à nouveau Lev Polougaïevski (gagnant la partie décisive dans un match très disputé) et Robert Hübner (qui abandonna en cours de match). Puis, en 1981, Kortchnoï perdit nettement son deuxième championnat du monde (son troisième match après ceux de 1974 et de 1978) contre Karpov à Merano, en Italie (+2, =10, -6) — après quatre parties, Karpov menait déjà 3 victoires à 0. Les Soviétiques avaient auparavant encore refusé à sa femme et son fils de venir le rejoindre.
[modifier] Match contre Kasparov (1983) et fin du boycott soviétique (1984-1991)
Après le match perdu de 1981, les joueurs soviétiques continuèrent le boycott des tournois qui acceptaient Kortchnoï. En juillet 1982, sa belle-mère, Roza, sa femme, Bella, et son fils, Igor, purent enfin le rejoindre en Suisse. Ils obtinrent le statut de réfugié politique mais, malheureusement, ils ne formaient plus une famille unie. Viktor et Isabela entamèrent une procédure de divorce qui dura trois ans[54].
En 1983, Kortchnoï battit Lajos Portisch en quart de finale des candidats et la Fédération Internationale des Échecs (FIDE) décida que Kortchnoï devrait affronter Garry Kasparov, en demi-finale des candidats, à Pasadena en Californie. La fédération soviétique refusa d’envoyer Kasparov aux États-Unis et Kortchnoï gagna le match par forfait. Des négociations commencèrent entre Kortchnoï et les Soviétiques pour rejouer le match. Kortchnoï acceptait de rejouer à Londres, à condition que les Soviétiques mettent fin au boycott, ce qu'ils concédèrent avec une réparation financière pour le dissident. Lors d'une confrontation précédente entre les deux joueurs disputée lors de l'Olympiade de Lucerne (en 1982), Kasparov avait battu Kortchnoï ; lors de la première partie du match de demi-finale disputé à Londres en novembre 1983, Kortchnoï surprit Kasparov dans l'ouverture et gagna. Suivirent 4 parties nulles, qui permirent à Kasparov de se remettre dans le match. Lors de la sixième partie, Kortchnoï commit une erreur lors d'un finale de tours et perdit la partie. Kasparov enchaîna ensuite avec 3 victoires et deux nulles et élimina Kortchnoï du cycle des candidats.
En 1984, après la défaite contre Kasparov (4 à 7), Kortchnoï put à nouveau rencontrer les joueurs soviétiques en tournoi et il multiplia les participations dans les tournois internationaux. Il remporta deux fois le fort tournoi de Wijk aan Zee (en 1984 avec Aleksandr Beliavski et en 1987 avec Nigel Short). En 1985, il remporta le fort tournoi de Bruxelles, puis en 1986, le tournoi open de Vienne (devant Anatoli Karpov) ; en 1988, il remporta celui d'Amsterdam, et en 1990, Rotterdam. Ses résultats lors des autres super-tournois furent irréguliers, notamment à Tilburg (8 joueurs jusqu'en 1991) : 1er-3e en 1985, dernier (8e) en 1986, 4e en 1987, 2e derrière Kasparov en 1988, et avant-dernier (7e) en 1991[55]. Après 1985, il ne participa plus aux super-tournois de Linarès[56]. Lors des tournois de la coupe du monde organisée par la GMA (Grandmaster Association) en 1988-1989, il termina 4e à Barcelone en mars 1989 et trois fois dans les dernières places[57].
Parallèlement à sa carrière dans les tournois, Kortchnoï ne dépassa plus le stade des quarts de finale du cycle des candidats au championnat du monde. Il termina 13e-14e sur 16 au tournoi des candidats de Montpellier, en 1985. En 1987, il remporta le tournoi interzonal de Zagreb et il se qualifia pour le cycle des candidats où il fut éliminé, en 1988, par le grand maître islandais Jóhann Hjartarson (lors du départage). Lors du tournoi interzonal de Manille, disputé en 1990, il se qualifia pour les matchs des candidats où il battit d'abort Hort mais fut éliminé par Jan Timman en quart de finale, en 1991. En 1993, il échoua d’un demi-point, battu par Anand[58] lors de l'avant-dernière ronde du tournoi interzonal FIDE (à Bienne) et il obtint moins de la moitié des points lors de l'interzonal (PCA) de Groningue.
[modifier] Champion du monde senior (2006)
Après 14 ans passés comme résident suisse, Kortchnoï obtint la nationalité helvétique en 1992. En 1990, Mikhaïl Gorbatchev lui avait rendu la nationalité soviétique, par reconnaissance pour ses contributions au développement des échecs en URSS. Il put revenir à Saint-Pétersbourg (Leningrad) après la chute de l’Union soviétique, au printemps 1992. Le 23 mai 1992, il avait épousé son amie Petra Leeuwerik, une victime du régime soviétique, qui avait dirigé sa délégation à Baguio en 1978.
Depuis 1994, Kortchnoï a participé à de nombreux événements échiquéens dans l’ancienne Union soviétique. Il est revenu en 1994 à Moscou pour participer au grand-prix Intel rapide et à l’olympiade d'échecs de 1994. Il a remporté le tournoi de Saint-Pétersbourg en avril 1997, devant Svidler, Khalifman, Salov... Ses autres victoires importantes en tournoi furent réalisées à Madrid, en 1995, à Sarajevo, en 1998 et, à 70 ans, en juillet 2001, à Bienne devant Svidler, Gelfand, Grischuk et Lautier..
Il a participé à trois reprises au championnat du monde FIDE (en 1997, 1999 et 2001). En janvier 2000, il fut invité au très fort tournoi d'échecs Corus de Wijk aan Zee, remporté par Kasparov et où participaient Anand, Lékó, Morozevitch et Kramnik (il ne marqua que 5 / 13). En janvier 2001, il a fait jeu égal dans un match contre le futur champion du monde FIDE Ruslan Ponomariov (+2-2=4).
En septembre 2006, Kortchnoï remporta le 16e championnat du monde senior, qui s’était tenu à Arvier (Vallée d'Aoste, Italie) sur un score de 9 à 2. Kortchnoï a marqué 7½ dans les huit premières parties, puis a annulé dans les 3 dernières[59]. C’est le premier titre de champion du monde individuel remporté par Kortchnoï.
En avril 2008 (à 77 ans), Kortchnoï a joué aux côtés d’Anatoli Karpov, dans l’équipe Oural sud de Tcheliabinsk, lors du championnat de Russie par équipes à Dagomys (autour de Sotchi) [60]. En avril 2009, il a réalisé la meilleure performance individuelle au championnat d'Europe par équipes sénior.
[modifier] Le style de Kortchnoï : un lutteur acharné
Dans les années 1950, le style de Kortchnoï privilégiait la contre-attaque agressive. Il excellait dans les positions défensives difficiles et dans les finales. Pendant les années 1960, son style devint plus polyvalent, apprenant à prendre l’initiative et maîtrisant tout l’éventail technique pour devenir un candidat au titre mondial.
Bill Harston a écrit[61] : « Parmi les grands joueurs du monde, Viktor Kortchnoï est unique. Quand il s’installe en face d’un jeu, il y apporte un mélange de concentration, de détermination et d’énergie non rivalisé par aucun grand maître. Pour Kortchnoï les échecs sont par dessus tout une lutte. Lorsqu’il joue, tout ce qui lui importe est le résultat du jeu. Les amitiés sont oubliées et les problèmes mis au rancart ; la bataille sur l’échiquier devient priorité absolue ; cette volonté immense de gagner rend le jeu de Kortchnoï toujours intéressant. Jamais satisfait d’une simple routine de jeu, il poursuit une stratégie complexe cherchant la manœuvre suprême dès les premières étapes du jeu. Cela lui crée souvent un problème de pression de temps mais là Kortchnoï est souverain. Quand la pendule lui montre que seulement des minutes lui sont laissées, il entre dans un état de concentration totale, presque en transe, employant entièrement le temps occupé par son adversaire à penser... » Kortchnoï a déclaré[62] que son idole était Emanuel Lasker, et son jeu décontenançait autant ses adversaires[63].
Kortchnoï est connu pour sa franchise et son franc-parler : En 1968, il jugea le jeu de l'ancien champion du monde et ami Tal, qu'il venait de battre difficilement, stéréotypé. Après sa défaite contre Boris Spassky en finale des candidats, il reconnut la supériorité de son adversaire et lui prédisit la victoire contre Pétrossian. En 1972, Kortchnoï fut le premier grand maître soviétique à affirmer ouvertement, sans attendre l’accord des autorités, que Bobby Fischer avait battu Spassky parce qu’il jouait le mieux et qu’aucun autre joueur (lui compris) n’aurait gagné. Au début de 1974, il affirma qu'aucun des joueurs soviétiques n'aurait une chance contre Fischer en 1975[64].
Kortchnoï est, dans ses analyses de parties, d'une sévérité extrême envers les insuffisances de son jeu, qu'il cherche à améliorer, ne pouvant se contenter d'une partie nulle.
[modifier] Bilan
Garry Kasparov a dit de lui[65] : « Dans toute l’histoire des échecs vous ne trouverez pas un autre joueur avec une telle constance dans la discipline, la vigueur et la férocité... Kortchnoi, même dans sa septième décennie, recherche encore la vérité dans les échecs. »
Sa participation aux cycles des candidats a été très longue. Il a participé, de 1962 à 1993, à 7 tournois interzonaux (dont deux victoires en 1973 et 1987), à deux tournois des candidats (en 1962 et en 1985) et à 19 matchs dans les sélections des candidats au championnat du monde — dont 13 victoires de 1968 à 1991[66].
Entre 1970 et 1990, les meilleurs classements FIDE de Kortchnoï ont été les suivants[67] : 2e-3e avec Spassky (1970), 3e-4e avec Larsen (janvier 1971), 3e (juillet 1971), 5e-6e avec Portisch (juillet 1972 et juillet 1973), 3e (mai 1974 et janvier 1975), 2e (janvier 1976), 2e-3e avec Petrossian (janvier 1977), 2e (janvier 1978 et janvier 1979), 3e (janvier 1980), 2e-3e avec Portisch (juillet 1981), 3e (janvier et juillet 1982), 3e-4e avec Ljoubojevic (janvier 1984), 5e (juillet 1984), 7e (janvier 1985), 5e (juillet 1985), 6e (janvier 1986), 4e (juillet 1986), 5e (janvier 1987), 5e-7e (juillet 1987, avec Timman et Beliavski), 5e (janvier 1988, juillet 1989), 10e-11e avec Ljoubojevic (janvier 1990).
Il est le joueur qui a le plus de parties publiées dans l'informateur d'échecs (depuis 1967).
L’humeur de Kortchnoï dictait largement son plan de jeu. À l’aise avec ou sans l’initiative, il pouvait attaquer, contre-attaquer, jouer positionnel, et était un expert respecté dans les finales. Il est connu comme un maître de la contre-attaque. Étrangement, il fut la bête noire de l’ancien champion du monde Mikhaïl Tal, un pur attaquant, contre lequel il avait un score positif : +13, =29, -6, de même que contre Tigran Petrossian (+12, =47, -11) et Boris Spassky (+22, =35, -14). Il avait un score égal contre Bobby Fischer (+2, =4, -2), Mikhaïl Botvinnik (+1, =2, -1) ainsi que David Bronstein (+6, =13, -6). Il a battu les huit champions du monde de Mikhaïl Botvinnik à Garry Kasparov, ainsi que les champions du monde FIDE, Ruslan Ponomariov et Veselin Topalov.
Il a aussi publié un certain nombre de monographies sur les ouvertures, les finales et plusieurs ouvrages sur ses meilleures parties. Il a, par exemple, signé les articles consacrés à la partie anglaise, au Gambit du roi (code ECO C30-C39), à la défense française et à la variante ouverte de la partie espagnole dans les deux premières éditions de l’Encyclopédie des ouvertures d’échecs. Il a apporté des innovations importantes dans de très nombreuses variantes comme la variante Tartakover du Gambit dame refusé (dans les années 1970) et la variante de Scheveningue de la défense sicilienne (dans les années 1960[68]). Il est connu pour son score très élevé avec les Blancs avec la partie catalane et contre la défense est-indienne.
[modifier] Un palmarès hors du commun
Kortchnoï possède un palmarès[69] unique, à la fois par son ampleur et sa longévité :
[modifier] Titres
- 1950 : maître ès sport de l'URSS, 1951 : maître soviétique, 1954 : maître international
- 1956 : grand maître de l'URSS et grand maître international
- Champion d'URSS en 1960, 1962, 1964-1965 et 1970
- Vainqueur (avec l'URSS) des Olympiades en 1960, 1966, 1968, 1970, 1972 et 1974
- Détenteur de l'Oscar du meilleur joueur de l'année en 1978.
- Vice-champion du monde d'échecs de 1978 à 1983
- Champion du monde senior en 2006.
[modifier] Championnats d’URSS
De 1952 à 1973, Kortchnoï a participé à 16 finales du championnat d'URSS et fut quatre fois seul vainqueur :
- 1960 (février) : XXVIIe champion d'URSS à Leningrad (devant Geller, Petrossian, Polougaïevski, Averbakh, Smyslov, Taimanov, Spassky et Bronstein) : 14 / 19 (+12 =4 -3)
- 1962 (décembre) : XXXe champion d'URSS à Erevan (devant Taimanov, Tal, Spassky et Stein) : 14 / 19 (+10 =8 -1)
- 1964 (décembre) / 1965 : XXXIIe champion d'URSS à Kiev avec 2 points d'avance sur Bronstein, Tal, Stein et Averbakh : 15 / 19 (+11 =8)
- 1970 (décembre) : XXXVIIIe champion d'URSS à Riga ; 1,5 point d'avance sur Toukmakov, Stein, Karpov et Averbakh : 16 / 21 (+12 =8 -1)
Kortchnoï a terminé six fois entre la deuxième et la sixième place :
- 1952 (décembre) : 6e (devant Bronstein, Smyslov et Keres) au XXe championnat d'URSS[70] à Moscou : 11 / 19 (+8 =6 -5)
- 1954 (février) : 2e-3e (avec Taimanov, devant Petrossian et Geller) au XXIe championnat à Kiev : 13 /19 (+10 =6 -3).
- 1956 (février) : 4e (devant Polougaïevski et Tal) au XXIIIe championnat d'URSS à Leningrad : 11 / 17 (+6 =10 -1).
- 1961 (février) : 2e (devant Geller, Stein, Spassky, Smyslov, Averbakh, Polougaïevski, Taimanov et Bronstein) au XXVIIIe championnat d'URSS à Moscou (tournoi zonal) : 13 / 19 (+9 =8 -2)
- 1966 (décembre) / 1967 : 3e-5e (avec Gipslis et Taimanov) du XXXIVe championnat d'URSS à Tbilissi (décembre 1966 - février 1967) : 11,5 / 19 (+4 =15), tournoi zonal remporté par Stein devant Geller. Kortchnoï fut qualifié à l'interzonal grâce à un meilleur départage au détriment de Taimanov.
- 1973 (octobre) : 2e-6e (avec Karpov, Petrossian, Kouzmine et Polougaïevski) au XLIe championnat d'URSS remporté par Spassky (devant Geller, Keres, Taimanov, Tal, et Smyslov) : 11,5 / 17 (+5, =11, -1).
Kortchnoï a aussi participé aux championnats d'URSS 1955 (zonal, 19e), 1957 (7e-8e), 1958 (zonal, 9e-11e), 1959 (9e), 1963 (10e) et décembre 1965 (10e-12e). De 1952 à 1973, il n' a manqué six éditions sur 22 : décembre 1961 (la seule édition manquée sur 15, de 1952 à 1966/67), 1967, 1968/69, 1969, 1971 et 1972. À l'exception des éditions de 1955 et de décembre 1965, Kortchnoï a toujours marqué plus de 52% des points lors des finales.
[modifier] Autres championnats individuels
- 1947 : champion d'URSS junior à Leningrad : 11½ / 15
- 1948 : champion d'URSS junior à Tallinn (avec Ivo Nei) : 5 / 7
Championnats de Leningrad
- 1950 : 2e du championnat de Leningrad : 9 / 13 (+8 -3 =2) remporté par Taïmanov
- 1952 : 4e du championnat de Leningrad : 6½ / 13 (+6 -4 =3) remporté par Taïmanov
- 1953 : 2e du championnat de Leningrad : 9½ / 13 (+8 -2 =3) remporté par Fourman
- 1955 : champion de Leningrad (avec 3 points d'avance sur Aleksandr Tolouch et 5,5 points d'avance sur Fourman.) : 17 / 19 (+16 =2 -1)
- 1957 : champion de Leningrad : 13 / 17 (+11 =4 -2, ex æquo avec Semion Fourman)
- 1964 : champion de Leningrad : 14 / 16 (+12 =4) avec 4 points d'avance sur Osnoos
-
- 1977 : champion des Pays-Bas à Leeuwarden : 12 / 13 (+11 =2), avec 3½ points d'avance sur Donner et Jan Timman,
- 1982, 1984, 1985 : champion de Suisse
- 2006 : 16e champion du monde senior : 9 / 11, +7 =4 (7½ / 8 au début)
[modifier] Tournois
[modifier] 1953-1959 : un grand maître soviétique
En 1950 et 1953, Kortchnoï termina deuxième des championnats de Leningrad (remportés par Taïmanov et Fourman).
- 1952 : 2e-4e du tournoi de Minsk[71] (+7 -3 =7) devant Averbakh, Flohr, Antochine et Kholmov,
- 1953 : vainqueur du tournoi d'Odessa[72] : 12 / 14 (+10 =4)
- 1954 : vainqueur du tournoi de Bucarest devant Rashid Nezhmetdinov[73] (+10 =6 -1)
En 1954, Kortchnoï termina 2e-3e du championnat d'URSS ; en 1955, il remporta son premier titre de champion de Leningrad : 17 / 19,
- 1955 / 56 : co-vainqueur (avec Fridrik Olafsson et devant Mark Taimanov) du tournoi de Hastings : +5 =4
- 1956 : vainqueur des tournois de Frounze[74] : 17 / 18 (+17, -1) et de Poltava : 12 / 16[75] (+10-2=4).
- 1956 : 3e-4e devant Tal, Krogious et Polougaïevski du tournoi de Tbislissi[76] (+7 -2 =10) remporté par Petrossian
En 1957, Kortchnoï remporta son deuxième titre de Champion de Léningrad (+11 =4 -2), ex æquo avec Fourman.
- 1957 : vainqueur du tournoi de Sverdlovsk[77] (+8 =11) avec 1½ point d'avance sur Polougaïevski et Averbakh
- 1957 : vainqueur (hors concours) du championnat open d'Ouzbékistan[78]
- 1958 : 2e-4e, avec Lev Polougaïevski et Fourman, du championnat de Russie (hors concours) à Sotchi remporté par Nezhmetdinov : 12 / 19
- 1958 : 2e-3e avec Geller du tournoi de Tachkent[79] (+9 -2 =4) remporté par Kholmov
- 1959 : vainqueur (hors concours)[80] du championnat open d'Arménie 12 / 14 avec deux points d'avance
- 1959 : vainqueur (sans défaite) des tournois de Cracovie (+6 =5) et de Tcheliabinsk[81] : 12 / 15 (+9 =6) avec 1,5 point d'avance sur Goufeld et Taimanov.
En 1960, Kortchnoï remporta son premier titre de champion d'URSS.
[modifier] 1960-1973 : rafleur de premiers prix
- 1960 : co-vainqueur du tournoi de Buenos Aires (ex æquo avec Samuel Reshevsky et devant Szabo, Evans, Taïmanov, Olafsson, Gligoric, Uhlmann, Benko, Ivkov, Fischer et Pachman) : 13 / 19 (+9 -2 =8) et vainqueur du tournoi de Sierra de Córdoba (Argentine) : 6 / 7 (+5 =2) devant Taïmanov
En février 1961, Kortchnoï termina 2e du championnat d'URSS (13 / 19).
- 1961 : vainqueur du tournoi de Budapest : 11½ / 15 (+9 -1 =5), et deux points d'avance sur Bronstein et Taimanov
En décembre 1962, Kortchnoï remporta son deuxième titre de champion d'URSS (14 / 19).
- 1963 : vainqueur du tournoi de La Havane : 16,5 / 21 (+14 =5 -2), devant Tal, Geller et Pachman.
- 1964 : 2e-3e du tournoi de Belgrade remporté par Spasski : 11,5 / 17 (+9 -3 =5).
En 1964, Kortchnoï remporta sans défaite son troisième titre de champion de Leningrad (14 / 16) et son troisième titre de champion d'URSS (1964/65) : 15 / 19 (+11 =8).
- 1965 : vainqueur sans défaite des tournois de Gyula (14½ / 15)[82] et de Erevan (avec un point d'avance sur Petrossian, Stein, Portisch et Averbakh) : 9,5 / 13 (+6=7),
- 1966 : vainqueur des tournois de Bucarest (+11 =3) et de Sotchi (Mémorial Tchigorine) : 11½ / 15 (+10 -2 =8), devant Spassky et Polougaïevski
- 1967 : vainqueur des tournois de Leningrad (+10, =6) et de Budva[83] : +5 =6 (1½ point d'avance sur Tal, Gligoric, Geller et Taimanov)
- 1968 : vainqueur des tournois de Wijk aan Zee (avec 3 points d'avance sur Vlastimil Hort, Lajos Portisch et Tal) : 12 / 15 (+10 =4 -1) et de Palma de Majorque (avec un point d'avance sur Spassky, Larsen, Petrossian, Gligoric, Ivkov, Benko et Gheorghiu) : 14 / 17 (+11, =6)
- 1969 : vainqueur des tournois de Luhacovice (Tchécoslovaquie) : +8 =7 (devant Keres et Hort), de Leningrad[84] : 7 / 9 (+5 =4) et de Sarajevo : 12 / 15 (+9 =6) ; co-vainqueur avec Alekseï Suétine du tournoi de La Havane : 11 / 15 (+8 =6 -1)
En 1970, Kortchnoï remporta son quatrième titre de champion d'URSS (16 / 21).
- 1970 : 3e du championnat du monde de blitz à Herceg Novi[85] : 14 / 22 et 2e-5e du tournoi de Rojini/Zagreb, remportés par Bobby Fischer
- 1971 : vainqueur du tournoi de Wijk aan Zee (devant Borislav Ivkov, Tigran Petrossian, Svetozar Gligorić, Robert Hübner, Fridrik Olafsson) : 10 / 15 (+7 -2 =6) ; 2e du tournoi de Blitz de Moscou : 11,5 / 15 (+11 -3 =1).
- 1972 : co-vainqueur des tournois d'Hastings (1971/72, ex æquo avec Karpov) : 11 / 15 (+8 -1 =6) et de Palma de Majorque (avec Oscar Panno et Jan Smejkal) : 10 / 15 (+7 -2 =6) ; 2e du tournoi d'Amsterdam remporté par Polougaïevski : 11 / 15 (+7 -1 =8)
En 1973, Kortchnoï termina 1er-2e, ex æquo avec Anatoli Karpov, du tournoi interzonal de Leningrad : 13,5 / 17 (+11 -1 =5). En 1974, il fut finaliste contre le même adversaire du tournoi des candidats, match perdu (+2 -3 = 19). En 1975, il termina 3e-5e du mémorial Alekhine à Moscou (+8 -4 =3) et 4e du tournoi d'Hastings (1975/76)
[modifier] 1976-1983 : boycott des joueurs soviétiques
- 1976 : co-vainqueur avec Tony Miles du tournoi d'Amsterdam : 9,5 (+5 -1 =9), au terme duquel Kortchnoï demanda l'asile politique
- 1977 : vainqueur du tournoi de Montreux (+4 =5) et du championnat des Pays-Bas à Leeuwarden : 12 / 13 (+11 =2)
- 1978 : vainqueur du tournoi de Beer-Sheva : 12 / 13 (+11 =2) et 2e du tournoi de Wijk aan Zee (remporté par Lajos Portisch) : 7½ / 11
En 1978, Kortchnoï remporta la finale des candidats (contre Spassky), l’Oscar des échecs (devant Anatoli Karpov) et la médaille d'or au premier échiquier de l'olympiade de Buenos Aires.
- 1979 : vainqueur des tournois de Bienne : 12 / 13 (+11 =2) et du grand prix Oude Meester à Johannesburg (+6 -1 =5)
- 1979 : co-vainqueur avec Ljubomir Ljubojević des tournois de São Paulo : 10 / 13 (+7 =6) et de Buenos Aires (+8 =5)
- 1979 : 2e-4e du tournoi de Linares (+6 -2 =5) remporté par Larry Christiansen
- 1980 : co-vainqueur du tournoi de Londres (avec Ulf Andersson et Anthony Miles) : +5 =7 -1
En 1980, Kortchnoï remporta la finale des candidats (contre Hübner).
- 1981 : vainqueur des tournois de Bad Kissingen : 9 / 10 (+8 =2), de Lone Pine (+7 =4) et de Rome : 8 / 9 (+7 =2) ; 2e-3e du tournoi de Johannesburg : 6,5 / 12.
- 1982 : vainqueur des tournois de Lugano (open, +7 =2) et du championnat de suisse (8 / 9)
- 1982 : co-vainqueur avec Jozsef Pinter du tournoi de Rome : 7 / 8 (+6 -1 =2)
- 1983 : vainqueur des tournois open de San Bernardino Brocco et du Liechtenstein (+8 =1)
- 1983 : co-vainqueur, avec Larry Christiansen, du tournoi open des États-Unis de Pasadena (+9 =3)
[modifier] 1984-1991 : fin du boycott
- 1984 : co-vainqueur du tournoi de Wijk aan Zee (avec Aleksandr Beliavski) : 10 / 13 (+7 =6)
- 1984 : vainqueur des tournois de Beer-Sheva, de Sarajevo (+5 =8), de Paris (+6 =3) et du tournoi open du Liechtenstein (+8 =1)
- 1984 : co-vainqueur du tournoi de Titograd (+5 -1 =5, avec Velimerovic et devant Mikhaïl Tal et Mark Taïmanov)
- 1985 : vainqueur du tournoi de Bruxelles : 11 / 15 (+9 =4, devant Boris Spassky)
- 1985 : co-vainqueur du tournoi de Tilburg (avec Robert Hübner et Tony Miles) : +5-2=7
- 1985 : co-vainqueur des tournois open de Toronto (7 / 9) et de Berlin-Ouest (7½ / 9), 3e-4e du tournoi de Linares (+5 -3 =3).
- 1986 : co-vainqueur (avec Aleksandr Beliavski) du tournoi open de Vienne : 6½ / 9 (devant Anatoli Karpov, Boris Spassky et John Nunn)
- 1986 : vainqueur du tournoi open de Lugano,
- 1986 : 2e des tournois SWIFT de Bruxelles (mars, remporté par Karpov), et OHRA de Bruxelles (décembre, remporté par Kasparov)
En 1987, Kortchnoï remporta le tournoi interzonal de Zagreb.
- 1987 : co-vainqueur du tournoi de Wijk aan Zee (avec Nigel Short) : +7 -1 =5[4]
- 1987 : vainqueur du tournoi de Beer-Sheva (+6 =5)
- 1988 : vainqueur des tournois d'Amsterdam et de Royan (+5 =4), 2e-3e du tournoi de Beer-Sheva (+7 -2 =5)
- 1988 : co-vainqueur (avec Kasparov et Gavrikov) du match-tournoi rapide urss-reste du monde à Madrid (5,5 sur 8)
- 1988-89 : 2e du tournoi de Hastings (remporté par Nigel Short)
- 1989 : co-vainqueur (avec Margeir Pétursson) du tournoi open de Lugano (8 / 9) : +7 =2
- 1989 : 2e (derrière Kasparov) du tournoi de Tilburg (8½ / 14), 4e du tournoi de Barcelone (coupe du monde) : 9½ / 16 et 2e-3e du tournoi d'Amsterdam (+3 -2 =5).
- 1990 : vainqueur des tournois de Val Maubuee, de Beer-Sheva et de Rotterdam (mémorial Euwe, devant Jan Timman et Nigel Short) : +2 =4
- 1991 : co-vainqueur du tournoi de Las Palmas (avec Veselin Topalov) : +5 -2 =2 et 2e du tournoi de Pampelune
[modifier] 1992-2007
- 1992 : vainqueur du tournoi de Berne (entraînement), 2e du tournoi de Polanica Zdroj (+4 =7) et quart de finaliste du tournoi de Tilburg Interpolis, K.O. : 8 / 12 (victoires sur Christiansen, Piket, et Tiviakov, match nul contre Gelfand)
- 1993 : co-vainqueur du tournoi d'Anvers (avec Piket et devant Mikhaïl Gourevitch)
- 1994 : vainqueur du tournoi d'Ostrava (+4 =6) et 2e du tournoi d'Anvers (+5 -1 =4)
- 1995 : vainqueur des tournois de San Francisco (+5 =6) et de Hambourg : 7½ / 9 (+6 =3)
- 1995 : vainqueur du tournoi de Madrid (devant Salov, Youssoupov, Judit Polgár, Beliavski, Nigel Short et Jan Timman) : 6½ / 9 (+5 -1 =3)
- 1996 : vainqueur des tournois de Cannes, de Malmö (7½ / 9, +6 =3), de Copenhague (+8 =2 -1) et de Münster (+5 =3) ; 2e-3e du tournoi zonal de Ptuj (+6 =8)
En 1997, Kortchnoï fut éliminé par Nigel Short lors du championnat du monde FIDE.
- 1997 : co-vainqueur des tournois de Enghien les bains (avec Étienne Bacrot, 6½ / 9) et de Saint-Pétersbourg (avec Khalifman, Salov et devant Svidler) : 7 / 11 (+4 -1 =6)
- 1997 : vainqueur du tournoi rapide de Ceska Trebova (Kettler Cup) et des tournois open de Hambourg (+6 =3) et de Baden-Baden (+6 =3)
- 1998 : vainqueur des tournois de Sarajevo : 7 / 9 (devant I. Sokolov, Bareev, Lputian, Georgiev et Nikolić) et de Bad Homburg : 7 / 9 (+5 =4, devant Svidler et Youssoupov)
- 1999 : vainqueur des matchs-tournois de Zurich (+4, =6, Suisse-Allemagne) et de Marbella (+6 =6, Vétérans-Femmes)
- 1999 : co-vainqueur du tournoi de Arnhem (avec Matthew Sadler)
En 2000, Kortchnoï fut invité au très fort tournoi Corus de Wijk-Aan-Zee (11e-12e avec 5 / 13).
- 2001 : vainqueur du tournoi de Bienne (+4 -2 =4, devant Svidler et Gelfand, 22 ans après sa première victoire) et du match-tournoi Vétérans-Femmes à Amsterdam (+6 -1 =3), 2e-3e du tournoi mémorial Najdorf à Buenos-Aires (+3 =6)
- 2002 : vainqueur, devant Yona Kosashvili (au départage) et Jan Timman, du tournoi anniversaire (open) de Curaçao : 7 / 9
- 2003 : 2e-3e, ex æquo avec Bartłomiej Macieja, du tournoi de Reykjavik (+4 -1 =4) remporté par Alexeï Chirov
- 2004 : vainqueur du tournoi de Paks (Hongrie, mémorial George Marx) : 7½ / 10 devant Beliavski et du tournoi rapide de Beer-Sheva
- 2005 : vainqueur du tournoi open de Montréal et du tournoi rapide de Beer-Sheva et co-vainqueur du tournoi jubilé de Mainz (+3 -2 =1)
En 2006, Kortchnoï remporta le championnat du monde senior.
- 2006 : vainqueur, au départage, du tournoi open de Banyoles (Espagne), ex æquo avec cinq autres joueurs dont Sergei Tiviakov, 7 / 9
- 2007 : vainqueur du tournoi de Banja Luka (+4 =5)
En 2008, Kortchnoï participa au tournoi Corus de Wijk-Aan-Zee dans le groupe honoraire, où il termina 2e-3e ex æquo avec Timman (+2 -2 =2)
[modifier] Tournois interzonaux et cycles des candidats
[modifier] 1955-1964
En 1955, Kortchnoï termina 19e du championnat d'URSS qui était un tournoi zonal, et il fut éliminé du cycle 1955-1957.
En 1958, Kortchnoï termina 9e-11e du championnat d'URSS qui était un tournoi zonal, et il fut éliminé du cycle 1958-1960.
En février 1961, Kortchnoï termina 2e du championnat d'URSS qui était un tournoi zonal, et il se qualifia pour le cycle 1961-1963.
- février-mars 1962 : 4e-5e au tournoi interzonal de Stockholm : 14 / 22 (+9 -3 =10)
- mai-juin 1962 : 5e au Tournoi des candidats de Curaçao (+7 -7 =13)
- 1 / 4 contre Petrossian (=2 -2)
- 1,5 /4 contre Keres, Geller et Benko (=3 -1)
- 1,5 / 3 contre Tal (+1 =1 -1)
- 2,5 / 4 contre Fischer (+2 =1 -1)
- 4 / 4 contre Filip (+4).
En 1964, à Moscou, Kortchnoï termina 5e-6e du tournoi zonal et fut éliminé du cycle 1964-1966.
[modifier] 1967-1974 : premières finales des candidats
En février 1967, Kortchnoï termina 3e-5e du championnat d'URSS qui était un tournoi zonal. Ce tournoi ne qualifiait que quatre joueurs. Le mini-tournoi de départage se termina par l'égalité entre Gipslis, Kortchnoï et Taimanov. Taimanov qui avait un moins bon départage fut éliminé et Kortchnoï se qualifia pour le cycle 1967-1969.
- 1967 : 2e-4e au tournoi interzonal de Sousse (remporté par Bent Larsen) : 14 / 22 (+9 -3 =10)
- 1968 : finaliste du cycle des Candidats au championnat du monde
- Match contre Samuel Reshevsky à Amsterdam, gagné +3 =5
- Match contre Mikhaïl Tal à Moscou, gagné +2 -1 =7
- Finale : match contre Boris Spassky à Kiev, perdu +1 -4 =3
Lors du cycle 1970-1972, Kortchnoï fut qualifié directement pour le cycle des candidats de 1971.
- 1971 : Candidat au championnat du monde
- Match contre Efim Geller à Moscou, gagné +4 -1 =3
- Demi-finale : match contre Tigran Petrossian à Moscou, perdu -1 =9
Éliminé en demi-finale, Kortchnoï fut admis directement au tournoi interzonal de 1973.
- 1973 : co-vainqueur du tournoi interzonal de Leningrad (avec Karpov) : 13½ / 17 (+11 -1 =5)
- 1974 : finaliste du cycle des Candidats au championnat du monde
- Match contre Henrique Mecking à Augusta, gagné +3 -1 =9
- Match contre Tigran Petrossian à Odessa, gagné +3 -1 =1
- Finale : match contre Anatoli Karpov à Moscou, perdu +2 -3 =19
[modifier] 1977-1983, après la défection
Lors du cycle 1976-1978, Kortchnoï fut qualifié directement au tournoi des candidats de 1977.
- 1977-1978 : vainqueur du cycle de Candidat au championnat du monde
- Match contre Tigran Petrossian à Il Ciocco (Toscane, Italie), gagné +2 -1 =9
- Match contre Lev Polougaïevski à Évian, gagné +5 -1 =7
- Finale : match contre Boris Spassky à Belgrade, gagné +7 -4 =9 (novembre 1977-janvier 1978)
Lors du cycle 1979-1981, Kortchnoï fut qualifié directement au tournoi des candidats de 1980.
- 1980 : vainqueur du cycle de Candidat au championnat du monde
- Match contre Tigran Petrossian à Velden, gagné +2 =7
- Match contre Lev Polougaïevski à Buenos Aires, gagné +3 -2 =9
- Finale : match contre Robert Hübner à Merano, gagné +3 -2 =3
Lors du cycle 1981-1984, Kortchnoï fut qualifié directement au tournoi des candidats de 1983.
- 1983 : candidat au championnat du monde
- Match contre Lajos Portisch à Bad Kissingen, gagné +4 -1 =4
- Demi-finale : match contre Garry Kasparov à Londres, perdu +1 -4 =6
[modifier] 1985-1993
Lors du cycle 1985-1987, Kortchnoï fut qualifié directement au tournoi des candidats de 1985.
- 1985 : 13e-14e au Tournoi des candidats de Montpellier : 6,5 / 15 (+2 -4 = 9)
Lors du cycle 1987-1990, Kortchnoï dut disputer un tournoi interzonal.
- 1987 : vainqueur du tournoi interzonal de Zagreb : 11 / 16 (+8 -2 =6)
- 1988 : candidat au championnat du monde :
- Huitième de finale : match contre Hjartarson à Saint-Jean (Nouveau-Brunswick), égalité : +2 -2 = 2, départage perdu : -1 =1
Lors du cycle 1990-1993, Kortchnoï dut disputer un tournoi interzonal.
- 1990 : 5e-11e au tournoi interzonal (système suisse) de Manille : 8 / 13 (+3 =10)
- 1991 : candidat au championnat du monde
- Match contre Gyula Sax à Wijk aan Zee, gagné +2,-1,=7 (après départage)
- Quart de finale : match contre Jan Timman à Bruxelles, perdu -2,=5
En 1993, lors des cycles FIDE et PCA 1993-1996, Kortchnoï a participé, sans succès, aux tournois interzonaux :
- interzonal de Bienne (FIDE) : 7 / 13 (+4 -3 =6), 73 participants ;
- interzonal de Gröningen (PCA) : 5 / 11 (+1 -2 =8), 54 participants.
[modifier] 1997-2001 : matchs FIDE
- 1997 : candidat au championnat du monde (FIDE) 1998 à Groningue (tournoi des candidats remporté par Anand)
- Match contre Gilberto Hernandez, gagné +1 =1
- Match contre Nigel Short, perdu =4 -1 (au départage, rapide)
- 1999 : candidat au championnat du monde (FIDE) 1999 à Las Vegas (remporté par Aleksandr Khalifman)
- Match contre Sergueï Dolmatov, gagné +4 -2 (au départage, rapide)
- Match contre Vladimir Kramnik, perdu (=1, -1)
Kortchnoï n'a pas participé au championnat du monde FIDE de 2000 disputé à Téhéran et New Delhi et remporté par Anand.
- 2001 : candidat au championnat du monde (FIDE) 2002 à Moscou (finale remportée en janvier 2002 par Ruslan Ponomariov) :
- Match contre Lev Psakhis, perdu (+1 =1 -2)
Kortchnoï n'a pas participé au championnat du monde FIDE de 2004 à Tripoli (remporté par Rustam Qosimjonov).
[modifier] Championnats du monde contre Karpov (1978 et 1981)
- 1978 : match contre Anatoli Karpov à Baguio, perdu +5 -6 =21
- 1981 : match contre Anatoli Karpov à Merano, perdu +2 -6 =10
[modifier] Compétitions par équipes (résultats individuels)
[modifier] Championnats inter-clubs
Avec le club Nauka (Odessa) :
- 1952 : 3e-5e au quatrième échiquier du club Naouka au championnat d'URSS par équipes, à Odessa : 4,5/8
- 1953 : 7e-8e au premier échiquier du club Naouka au championnat d'URSS par équipes des syndicats, à Minsk : 4,5/10
- 1954 : 4e au premier échiquier du club Naouka au championnat d'URSS par équipes, à Riga : 5,5/10
Avec l'équipe du club Troud (Travail) :
- 1961 : 1er-3e au premier échiquier (Troud) au championnat d'URSS par équipes à Moscou : 3 / 5
- 1966 : 1er au deuxième échiquier (Troud) au championnat d'URSS par équipes à Moscou : 7,5 / 9, le premier échiquier était occupé par Mikhaïl Botvinnik.
- 1976 : Vainqueur au premier échiquier (Troud) de la coupe d'URSS par équipes à Tbilissi : 5 / 7 (un point d'avance devant Anatoli Karpov, Tigran Petrossian, Mikhaïl Tal et Vassily Smyslov)
Après sa défection :
[modifier] Avec l'équipe de Leningrad
- 1949 : Meilleure performance au championnat d'URSS junior par équipes : 5½ / 6
Championnats d'URSS par équipes / Spartakiades / Olympiades d'URSS
- 1953 : 3e-5e au deuxième échiquier, à Leningrad : 4 / 8 (championnat remporté par Leningrad)
- 1955 : 1er au deuxième échiquier, à Lugansk (Voroshilovgrad) : 8 / 9 (+7 =2)
- 1958 : 2e au premier échiquier, à Vilnius : 5 / 8
- 1959 : 1er-4e au troisième échiquier, à la spartakiade d'URSS à Moscou : 5 / 8
- 1960 : 4e au premier échiquier, à Moscou : 3,5 / 6 (championnat remporté par Leningrad)
- 1962 : 2e-3e au deuxième échiquier, à Leningrad : 5 / 8 (championnat remporté par Leningrad)
- 1963 : 1er-2e au premier échiquier, à la spartakiade d'URSS à Moscou : 5,5 / 8
- 1967 : 2e au premier échiquier, à la spartakiade d'URSS à Moscou : 3,5 / 5
- 1972 : 3e au premier échiquier, à l'olympiade d'URSS à Moscou : 5 / 8
- 1975 : 2e au deuxième échiquier, à la spartakiade d'URSS à Riga : 6 / 9
Rencontres internationales
- 1959 : Match Leningrad-Budapest contre Gedeon Barcza à Budapest, gagné +1 =3
- 1961 : Match Budapest-Leningrad contre Szabo à Budapest, gagné +3 =1
- 1964 : Match Leningrad-Belgrade contre Aleksandar Matanović à Moscou, gagné +1 =1
- 1965 : Match Belgrade-Leningrad contre Svetozar Gligorić à Vrnjačka Banja, gagné +1 =1
- 1975 : Match Estonie-Leningrad contre Paul Keres à Tallinn, gagné +1 =1
Matchs Leningrad-Moscou : Les matchs annuels traditionnels Leningrad-Moscou, initiés en 1922[86], se jouaient aux jeux d'échecs et de dames, à double tour, sur plusieurs échiquiers, en général 40 et parfois moins, dont des échiquiers masculins, féminins et juniors.
- 1958 : Match contre David Bronstein à Moscou, égalité : =2
- 1959 : Match contre David Bronstein à Leningrad, égalité : =2
- 1960 : Match contre Mikhaïl Botvinnik à Moscou, gagné +1 =1
- 1962 : Match contre David Bronstein à Leningrad, perdu : =1 -1
- 1965 : Match contre Tigran Petrossian à Leningrad, gagné +2
- 1967 : Match contre Vassily Smyslov à Leningrad, perdu -2
[modifier] Avec l'équipe d'URSS
Olympiades universitaires (championnats du monde des étudiants) :
- 1954 : premier échiquier de l'URSS à Oslo : 3e-4e, 4,5 / 7 (olympiade remportée par la Hongrie)
- 1956 : premier échiquier de l'URSS à Uppsala : 6 / 7 (+5 =2)
Championnats d'Europe par équipes :
- 1957 : 8e échiquier : meilleure performance individuelle absolue à Vienne et Baden : 5½ / 6
- 1961 : 6e échiquier : meilleure performance individuelle absolue à Oberhausen : 8½ / 9
- 1965 : 3e échiquier : meilleure performance des 3e échiquiers à Hambourg : 5½ / 8 (+4 =3 -1)
- 1970 : 2e échiquier de l'URSS à Kapfenberg : 4 / 6 (+2 =4 -0)
- 1973 : 3e échiquier de l'URSS à Bath : 4 / 6 (+3 =2 -1)
Matchs URSS-Yougoslavie :
- 1956 : Belgrade : 4,5 / 8 (+2 -1 =5)
- 1957 : Leningrad, Meilleure performance (avec Svetozar Gligorić et Mark Taimanov) du match URSS-Yougoslavie : 6 / 8 (+5 =2 -1)
- 1958 : Match contre Ivkov, à Zagreb, égalité (+1 -1 =2)
- 1959 : Match contre Karaklajic, à Kiev, gagné (+1 =3)
- 1961 : Belgrade (+2 =4), 1963 : Rijeka (+3 -1 =2), 1964 : Leningrad (+3 =2), 1966 : Sukhumi (+3 -1 =1)
[modifier] Olympiades d'échecs avec l'URSS
- 1960 : quatrième échiquier : médaille de bronze à l'olympiade d'échecs de 1960 de Leipzig (première participation) : +8 =5 (meilleure performance des quatrièmes échiquiers participant à la finale A). L'équipe d'URSS était composée de Tal, Botvinnik, Keres, Kortchnoï et, en réserve, Smyslov et Petrossian.
En 1962, Kortchnoï fut remplacé par Efim Geller (3e du tournoi des candidats). En 1964, Geller et Tal furent remplacé par Boris Spassky (2e du championnat d'URSS) et Leonid Stein (champion d'URSS).
- 1966 : premier échiquier de réserve : médaille d'or à l'olympiade d'échecs de 1966 de La Havane (+9 =3 -1). L'équipe d'URSS était composée de Petrossian, Spasski, Tal, Stein et, en réserve, Kortchnoï et Polougaïevski.
- 1968 : troisième échiquier : médaille d'or à l'olympiade d'échecs de 1968 de Lugano (+9 =4). L'équipe d'URSS était composée de Petrossian, Spasski, Kortchnoï, Geller et, en réserve, Polougaïevski et Smyslov.
- 1970 : troisième échiquier : médaille de bronze à l'olympiade d'échecs de 1970 de Siegen (+8 =6 -1[32]). L'équipe d'URSS était composée de Spasski, Petrossian, Kortchnoï, Polougaïevski et, en réserve, Smyslov et Geller.
- 1972 : deuxième échiquier : médaille d'or à l'olympiade d'échecs de 1972 de Skopje : +8 =6 -1. L'équipe d'URSS était composée de Petrossian, Kortchnoï, Smyslov, Tal, et, en réserve, Karpov et Savone.
- 1974 : deuxième échiquier : médaille de bronze à l'olympiade d'échecs de 1974 de Nice +8 =7. L'équipe d'URSS était composée de Karpov, Kortchnoï, Spasski, Petrossian, et, en réserve, Tal et Kouzmine.
En 1976, Kortchnoï prit part, en tant que capitaine, à la préparation de l'équipe hollandaise à l'olympiade d'échecs de 1976 de Haïfa. Elle termina 2e derrière les États-Unis.
[modifier] Avec l'équipe de Suisse
Kortchnoï joua toujours au premier échiquier :
Olympiades
- 1978 : médaille d'or au premier échiquier à l'olympiade d'échecs de 1978 de Buenos Aires : 9 / 11 (+7 =4)
- 1982 : à Lucerne (+5 =7 -2), Kortchnoï perdit une partie célèbre contre Garry Kasparov.
Kortchnoï fut absent en 1980, 1984, 1986, 1996 et 1998.
- 1988 : Thessalonique (+5 =5 -2), 1990 : Novi Sad (+5 =5 -3), 1992 : Manille (+2 =6), 1994 : Moscou (+3 =9 -1)
- 2000 : Istanbul (+3 =7 -2), 2002 : Bled (+6 =5 -1), 2004 : Calviá (+2 =7 -3), 2006 : Turin (+4 =4 -2), 2008 : Dresde (+1 =6 -3)
Championnats du monde par équipes à Lucerne
- 1985 : Meilleure performance individuelle (devant Anatoli Karpov et Tony Miles) : 7½ / 9
- 1989 : Meilleure performance individuelle (devant Nigel Short et Jan Timman) : 6 / 9
- 1993 : 2e-3e meilleure performance individuelle : 5½ / 9 (+2 =7)[87]
Championnat d'Europe par équipes sénior
[modifier] Matchs URSS - Reste du monde
Avec l'équipe d'URSS (au 3e échiquier), en 1970 : match contre Lajos Portisch à Belgrade : perdu -1 =3.
Avec l'équipe du reste du monde (au 3e échiquier), en 1984 : match contre Lev Polougaïevski à Londres : gagné +1 =3.
En 1988[89] fut organisé un match rapide de bienfaisance URSS - Reste du monde, à Madrid, sans Karpov, avec Kasparov et Kortchnoï aux premiers échiquiers. Kortchnoï marqua : 5½/8 (+3, =5).
En 2002, Kortchnoï participa au match Russie - Reste du monde en tant qu'entraîneur-secondant de l'équipe du Reste du monde (qui remporta le match).
[modifier] Matchs (hors championnat du monde)
Matchs d'entraînement :
- 1970 : Match contre David Bronstein à Leningrad, perdu 2 à 5
- 1971 : Match contre Anatoli Karpov à Leningrad, joué avec les Noirs (sauf une partie), égalité +2 =2 -2
- 1973 : Match contre Robert Hübner à Solingen, gagné 4½ à 3½
- 1976 : Match contre Jan Timman à Leeuwarden, gagné 5½ à 2½
- 1977 : Match contre Wermer Hug à Zurich, gagné 3 à 1
- 1982 : Match contre Jan Timman à Hilversum, égalité +1 =4 -1
Depuis 1993 :
- 1993 : Match contre Jeroen Piket à Nimègue : gagné +4 =4
- 1995 : Match contre Alon Greenfeld à Beer-Sheva : gagné 3½ à 2½
- 1995 : Match contre Xie Jun à Wentzou : gagné 3 à 1
- 1996 : Match contre Brunner à Zurich : gagné 5 à 1
- 1996 : Match contre Gilberto Hernandez à Mérida : gagné 5½ à 2½
- 1997 : Match contre Étienne Bacrot à Albert, gagné 4 à 2
- 1999 : Match rapide contre Boris Spassky, gagné +4 =4 -2
- 2001 : Match contre Ruslan Ponomariov à Donetsk, égalité +2 =4 -2
[modifier] Une partie
Viktor Kortchnoï, Tigran Petrossian, Odessa, 1974, demi-finale des candidats, 1re partie Voir la partie sur un échiquier
1. c4 Cf6 2. Cc3 e6 3. Cf3 b6 4. e4 Fb7 5. d3 d6 6. g3 Fe7 7. Fg2 O-O 8. O-O c5 9. b3 Ca6 ?! 10. Te1 e5 11. Fh3 Cc7 12. Ch4 g6 13. Cg2 Ce6 14. f4 exf4 15. gxf4 Ch5 16. Cd5 Ff6 17. Tb1 Fd4+ 18. Rh1 Cc7 19. Cde3 ! Cg7 20. f5 Cce8 21. Tf1 Cf6 22. Cc2 Fe5 23. Fg5 De8 24. Cce3 Rh8 25. De1 Cfh5 26. Fg4 Tg8 ?
(voir diagramme)
27. f6 ! Ce6 28. Dh4 Cxg5 29. Dxg5 Fd4 30. Fxh5 gxh5 31. Dxh5 Tg6 32. Cf5 De5 33. Tf3 Txf6 34. Th3 h6
(voir diagramme)
35. Dg5 ! Te8?? (la suite logique était 35. ... Tg6 36. Txh6+ Txh6 37. Dxh6+ Rg8 38. Cxd4 cxd4 39. Tg1 Fxe4 40. dxe4 Dxe4 41. Dxd6 et les Blancs doivent gagner) 36. Dg7 mat 1-0
[modifier] Publications
- (de) Ein Leben für das Schach. Rau-Verlag, Düsseldorf 1978
- (de) Mein Leben für das Schach. Die Autobiographie. Olms-Verlag, Zurich 2004 ISBN 978-3-283-00409-5,
- (en) Chess is my life, Olms-Verlag, 2004
- (de) Meine besten Kämpfe. 1952 bis 1978. Rau-Verlag, Düsseldorf 1979
- (de) ANTISCHACH. Mein Wettkampf um die Weltmeisterschaft gegen KARPOW in Baguio City 1978. Eigenverlag, Wohlen 1980
- (fr) Le jeu de la destruction, Jacques Grancher, éditeur, 1981
- (en) Persona non grata, 1981
- (de) Praxis des Turmendspiels. Olms-Verlag, Zurich 1999 ISBN 978-3-283-00287-9,
- (en) Pratical rook endings, Olms-Verlag (1999, 2002)
- (de) Meine besten Kämpfe, Bd. 1, Partien mit Weiß. Olms-Verlag, Zurich 2001 ISBN 978-3-283-00407-1,
- (en) My Best Games, Vol.1: Games with White Éditions Olms, 2e édition 2002, ISBN 3-283-00404-8
- (de) Meine besten Kämpfe, Bd. 2, Partien mit Schwarz. Olms-Verlag, Zurich 2001 ISBN 978-3-283-00408-8,
- (en) My Best Games, Vol. 2: Games with Black, Édition Olms, 2001 ISBN 3-283-00405-6
[modifier] Encyclopédie des ouvertures d’échecs
- Encyclopédie des ouvertures d'échecs Volume C, 2e édition, Belgrade, 1981
- A29. Ouverture anglaise, Informateur d'échecs, Belgrade, 1993
- C18-19. Défense française, Informateur d'échecs, Belgrade, 1993
- C 80-81. Partie espagnole - Défense ouverte, Informateur d'échecs, Belgrade 1994
- C 82. Partie espagnole - Défense ouverte, Informateur d'échecs, Belgrade 1994
- C 83. Partie espagnole - Défense ouverte, Informateur d'échecs, Belgrade 1994
[modifier] Sources
- (fr) Patrick Derreumaux : Cavalier seul ! - Le style de Kortchnoi, L'impensé radical, 1977
- (fr) Albéric O'Kelly, S. Zinser : Baguio 1978, championnat du monde d'échecs, ed. Diffec
- (fr) Nicolas Giffard, Alain Biénabe, Le Guide des échecs. Traité complet, collection Bouquins, Robert Laffont, 1993
- (fr) Paul Keres, Ivo Nei, Mes parties favorites de Fischer, Spassky, Kortchnoï et Larsen, Editorial Chessy, 2006
Avec des symboles :
- (fr) (en) David Levy & Kevin O'Connell : Korchnoi's Chess games, Oxford university press, 1978
Livres en anglais ou allemand :
- (en) Bernard Cafferty & A.J. Gilman, Chess with the masters, The Chess Player, Nottingham, 1977 (ISBN 090-0-92895-6),
- (en) Bernard Cafferty et Mark Taimanov, The Soviet Championships, Cardogan Chess 1998
- (en) Andrew Soltis, Soviet Chess 1917-1991, McFarland & Company, Jefferson, États-Unis, 2000
- (en) Garry Kasparov, My great predecessors, Part V : Kortchnoï & Karpov, Everyman Chess 2006
Livres de Kortchnoï :
- (en) (de) My Best Games, Vol.1 : Games with White ; Vol. 2 : Games with Black, Édition Olms, 2001
- (de) Mein Leben für das Schach, PraxisSchach, Édition Olms, 2004 (+CD des 4250 parties)
- (en) Chess is my life
- (fr) Le jeu de la destruction, Jacques Grancher, éditeur, 1981.
[modifier] Notes
- ↑ Chess Notes, C.N. 5591. Корчной (chesshistory.com), en mai 2008, donne 19 transcriptions différentes dans les alphabets latins du nom de Kortchnoï
- ↑ à l'exception des années 1983 et 1988, d'après chessmetrics.com
- ↑ sans compter les championnats du monde FIDE de 1997, 1999 et 2001 auxquels Kortchnoï participa.
- ↑ a b Il y a une erreur dans certains sites : à Wijk aan Zee en 1987, le résultat de la partie Kortchnoï-Flear fut 1-0
- ↑ Sa mère craignait les bombardements des trains et vint le chercher dans le camp où il se trouvait.
- ↑ Il rêvait de devenir acteur, mais n’avait pas une prononciation correcte (Chess is my life)
- ↑ Vladimir Zak, avec lequel Kortchnoï signa une monographie sur le Gambit du roi dans les années 1970, ainsi que Kortchnoï le rapporte dans Mein Leben für das Schach, page 20. Ce fut lui qui « découvrit » Boris Spassky en 1946.
- ↑ Après cinq rondes, il faisait partie de la tête du tournoi, mais il perdit ensuite une partie et se démobilisa.
- ↑ D’après ce que Kortchnoï lui-même rapporte, il gagna parce qu’on aurait forcé deux de ses rivaux à perdre contre lui. MLfdS, p.21 et 22
- ↑ « Presque sans aide », précise Kortchnoï.
- ↑ En 1952, Tolouch avait fait ses offres à Boris Spassky qui remporta le tournoi de Bucarest en 1953 — à seize ans, devint maître international en 1954, se qualifia pour le tournoi des candidats de 1956 et termina 1er-3e du championnat d’URSS en 1956. Spassky, avec un autre entraîneur, devint champion du monde en 1969.
- ↑ En 1949, Kortchnoï avait terminé 8e-10e du quart-de-finale à Lvov avec 7,5/15, [1] ; en novembre-décembre 1950, il finit 4e du quart-de-finale à Leningrad avec 8,5 /14 ; en novembre 1951 il finit 4e-6e du quart de finale à Leningrad avec 9 /15.
- ↑ demi-finale 1950, remportée par Youri Averbakh
- ↑ plusieurs milliers de joueurs prirent part aux phases préliminaires
- ↑ La finale du mémorial Tchigorine fut remportée par Vassily Smyslov
- ↑ demi-finale remportée par Smyslov
- ↑ a b Andrew Soltis : Soviet Chess
- ↑ Il finit 2e-4e de sa demi-finale en 1952, 3e-4e en 1953, 3e-5e en 1954, 4e-5e en 1955, 3e-4e en 1956, 2e-3e en 1958.
- ↑ Demi-finale remportée par Isaac Lipnitski, 2e-4e du championnat d'URSS en 1950
- ↑ Chess is my life, p. 29
- ↑ Dans la dernière ronde, il affronta le leader Youri Averbakh (qui termina invaincu avec le score de 14/19) et eut une finale gagnante, qui se termina par la nulle
- ↑ Ce fut le dernier championnat d’URSS auquel participa Mikhaïl Botvinnik
- ↑ En 1955, il remporta son quart de finale du championnat d'URSS 1956/57 avec 17 / 18 (+17-1) et finit 3e-4e de la demi-finale devant Tal et Polougaïevski.
- ↑ Devenu champion du monde en 1960, Tal aimait dire qu’il avait un score de 5-5 contre Kortchnoï : 5 nulles et 5 défaites (Kortchnoï : Chess is my life)
- ↑ Il ne manquait que Kéres, Botvinnik et Tal qui disputaient leur championnat du monde
- ↑ Les meilleures performance au championnat d'échecs d'URSS sont 15/17 (88%) par Botvinnik en 1945 et Bogolioubov en 1923, et 13,5/17 (79,4%) par Botvinnik en 1931 mais Kortchnoï a réalisé la quatrième meilleure performance, la meilleure avec au moins 19 participants.
- ↑ Aux olympiades Kortchnoï joua au 2e échiquier en 1972 et 1974, et au 3e échiquier en 1968 et 1970.
- ↑ En 1965, il remporta le mémorial Aztalos avec 14½ points sur 15.
- ↑ Participaient également : Najdorf, Gheorghiou, Gligoric, Pachman, Uhlmann et Filip. Bobby Fischer ne fut pas invité.
- ↑ Le match eut lieu à Kiev et Kortchnoï dut s'y rendre sans son entraîneur Semion Fourman inopinément retenu par une compétition militaire. Spassky devint d’ailleurs champion du monde en 1969.
- ↑ D’après Karpov dans Russians versus Fischer, la fédération soviétique aurait décidé quel joueur affronterait Fischer en finale des candidats, en échange de la participation de Kortchnoï à trois tournois à l’étranger en 1972, ce que dément formellement Kortchnoï dans Chess is my life, p.76
- ↑ a b En 1970, à l’olympiade de Siegen, il perdit une partie par forfait en ne se réveillant pas après une partie ajournée lors de la ronde précédente.
- ↑ Chess with the masters
- ↑ Dans 5 des 6 parties, Karpov avait les Blancs et Kortchnoï lui avait annoncé l’ouverture qu’il avait l’intention de jouer, afin qu’il puisse se préparer (Chess is my life, p. 73).
- ↑ Kortchnoï protesta contre l'habitude que son adversaire avait d'agiter constamment ses jambes sous la table, ce qui la faisait remuer. On en arriva presque aux injures et tous les deux s'accusérent mutuellement d'attitude anti-sportive (Kortchnoï : Chess is my life). Une rumeur rapporte que les joueurs se seraient donnés des coups de pied sous la table durant le match, ce que Kortchnoï a toujours démenti. Selon lui, Petrossian, nerveux, avait seulement heurté involontairement la table. Nicolas Giffard rapporte certaines rumeurs insistantes affirmant même que les deux adversaires en vinrent aux mains.
- ↑ Dans ses mémoires, Kortchnoï raconte que la décision de jouer le match à Moscou lui avait été extorquée par la fédération soviétique (qui soutenait Karpov) : Batourinski rajouta un paragraphe à un papier que Kortchnoï avait signé.
- ↑ Durant le match, un incident amusant survint lors de la 21e partie. Kortchnoï joua une nouveauté théorique dans l’ouverture et, après une terrible gaffe de Karpov se retrouva dans une position gagnante. Durant la partie, Kortchnoï se leva, se dirigea vers l’arbitre, et montrant une surprenante ignorance des règles du jeu, lui demanda s’il avait le droit de roquer avec sa tour en prise. L’arbitre, Albéric O'Kelly de Galway, lui ayant répondu qu’il en avait le droit, Kortchnoï roqua, et Karpov abandonna la partie
- ↑ Tom Furstenberg in David Bronstein : L’Apprenti sorcier, pages 280-281
- ↑ La décision définitive ne fut prise que lorsqu’il fut empêché d’apparaître en public, de faire des cours l’année suivante : « Already in November 1974, at the close of my match with Karpov, when i attended my humiliation ceremony, I realised : 'I'm leaving...' But i did not yet sever all connections with this country » Chess is my life, p.90
- ↑ Ce journaliste avait arbitré son match contre Henrique Mecking
- ↑ Botvinnik émit une analyse analogue dans une interview neuf ans plus tard, cf. Chess is my life, p.89 : « Karpov, he explained, forced all the chess players in the country to work for him »
- ↑ Même invité par Paul Keres et Ivo Nei à participer à un tournoi à Tallinn en Estonie, en mars 1975, il ne fut pas autorisé à jouer, et Keres comme Nei furent réprimandés.
- ↑ Chess is my life, p.90
- ↑ Dans une conférence en 2006 à Londres, Kortchnoï mentionna que l’autorisation de réapparaître à l’étranger n’arriva qu’après que Karpov eut hérité du titre mondial. Certains observateurs contestaient la manière dont Karpov était devenu champion du monde. Comme ses adversaires Kortchnoï, Spassky et Polougaievski étaient invisibles du public car tombés en disgrâce, et qu’il n’avait pas affronté Bobby Fischer, on pouvait penser que le titre de Karpov était de moindre valeur (et par conséquent que la victoire de Karpov n’était pas vraiment significative)
- ↑ Soviet Chess. Chapitre 15 : Target: Kortchnoi
- ↑ Il semble que les manœuvres de déstabilisation et le boycott dont a été victime Kortchnoï venaient des plus hautes instances du pays. (Soviet Chess p. 347)
- ↑ D'après Kasparov (My great predecessors, tome II) les crédits pour l'école Botvinnik furent amputés les années suivantes et son école dut être fermée
- ↑ Le terme est utilisé, avec celui de psychologue, par Karpov pour désigner l'assistant de Kortchnoï, Zagainov, qu'il accusait de vouloir l'hypnotiser, en 1974, Soviet Chess (Soltis)
- ↑ Soviet Chess, p 348
- ↑ La nouveauté fut reprise plus tard par Kasparov dans son match contre Anand en 1995
- ↑ Dans une interview accordée à la revue Europe Échecs (janvier 2008), Kortchnoï prétend qu’il risquait d’être éliminé physiquement en cas de victoire. Il déclare tenir cette information de Tal, l’un des secondants de Karpov à Baguio, qui lui aurait tenu ces propos en 1990, 12 ans après les faits.
- ↑ Sa première demande d’asile politique auprès des autorités néerlandaises lui avait été refusée, Chess is my life
- ↑ Chess is my life
- ↑ Sa femme mourut d’une maladie incurable en 1995.
- ↑ Il fut dernier (12e) en 1998
- ↑ D'après Chess is my Life pp. 193-194, Kortchnoï fut invité à participer avec Karpov en 1989, mais il s'opposa à la désignation de Baturinski comme arbitre en chef et quitta Linarès pour Lugano, où il remporta le tournoi open avec 8 points sur 9
- ↑ 15e/17 à Bruxelles en avril 1988, 17e/18 à Reykjavik en octobre 1988 et 14e-15e/16 à Skelleftea en août 1989
- ↑ Anand obtint sa qualification pour les matchs des candidats grâce à sa victoire contre Kortchnoï.
- ↑ www.scacchivda.com
- ↑ Europe Échecs
- ↑ en 1977 dans Korchnoi chess games
- ↑ Andrew Soltis, préface de Why Lasker matters.
- ↑ Après la victoire de Kortchnoï contre Mecking en 1974, un journaliste s’étonna que le joueur soviétique obtint rarement un avantage de l’ouverture que ce soit avec les Blancs ou avec les Noirs, et que ses victoires « étaient d’une étrange sorte qui ne découlait pas logiquement de la position... ». Mikhaïl Tal répondit dans une interview : « — Mais c’est tout Kortchnoï ! C’est un joueur avec un style inimitable, un combattant sans compromis et sans peur. Il n’est pas difficile d’avoir une ouverture favorable contre lui, il vous laisse vous y engager, mais pour ce qui est d’aller à la victoire... c’est une toute autre histoire. » Chess with the masters, p. 49
- ↑ Chess with the Masters
- ↑ Préface de Chess is my life.
- ↑ De 1968 à 1991, dans les matchs des candidats, Kortchnoï a rencontré quatre fois Tigran Petrossian (trois victoires et une défaite), deux fois Boris Spassky (une victoire et une défaite), deux fois Lev Polougaïevski (deux victoires), une fois Anatoli Karpov (en finale), Kasparov, Hjartarson et Timman (défaites), une fois Tal, Geller, Portisch, Reshevsky, Mecking, Hübner, Sax (victoires).
- ↑ Classements FIDE
- ↑ Garry Kasparov My great Predecessors, vol.5, Kortchnoï & Karpov.
- ↑ Une grande partie du palmarès est extrait de la notice consacré à Viktor Kortchnoï dans Le Guide des échecs de Nicolas Giffard, page 793-794, complété par le livre de Garry Kasparov, la table à la fin de l’autobiographie de Kortchnoï : Chess is my life et les tables à la fin de Korchnoi Chess games (David Levy & Kevin O'Connell, 1978).
- ↑ Première participation à la finale du championnat d'URSS, Kortchnoï fut demi-finaliste en 1950-1951, puis de 1952 à 1960, Kortchnoï réussit à se qualifier, lors des demi-finales, à tous les championnats d'URSS
- ↑ demi-finale du championnat d'URSS 1952
- ↑ championnat du club Nauka
- ↑ Rashid Nezhmetdinov était suivi de Ratmir Kholmov, Miroslav Filip, Semion Fourman, Luděk Pachman, Albéric O'Kelly de Galway, Gideon Ståhlberg
- ↑ quart de finale du XXIVe championnat d'URSS
- ↑ vainqueur du championnat du club des volontaires du sport (Burevestnik) après un match de départage contre Kotkov (gagné +3, =3)
- ↑ ½-finale du championnat d'URSS 1956/57
- ↑ demi-finale du XXVe championnat d'URSS 1957/58
- ↑ Championnat d'Ouzbekistan 1957.
- ↑ ½-finale du championnat d'URSS 1958/59
- ↑ [2] Championnat d'Arménie 1959.
- ↑ demi-finale du XXVIIe championnat d'URSS 1959/60
- ↑ mémorial Aztalos : 14½/15, 5,5 points d'avance sur Honfi et Lengyel : 9/15
- ↑ match-tournoi URSS-Yougoslavie
- ↑ spartakiade des syndicats
- ↑ Kortchnoï fut le seul joueur à marquer un point sur deux face au vainqueur Bobby Fischer
- ↑ Andrew Solitis, Soviet Chess
- ↑ 1er : Ivantchuk, 2e Kortchnoï et Alexeï Chirov, suivis de Gata Kamsky et Vladimir Kramnik
- ↑ chessbase news
- ↑ URSS-Reste du monde 1988
[modifier] Liens externes
- Fiche FIDE de Viktor Kortchnoï
- (en) Courte biographie et parties de Viktor Kortchnoï sur ChessGames.com
- (en) Championnats du monde FIDE (1948-1990)

