Mikhaïl Botvinnik

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Mikhaïl Botvinnik
Михаил Ботвинник

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Botvinnik en 1936

Naissance 17 août 1911
Kuokkala, Russie
Décès 5 mai 1995 (à 83 ans)
Moscou
Nationalité Drapeau de l'URSS Union soviétique
Profession Joueur d'échecs, Ingénieur
Distinctions
Champion du monde d'échecs

Mikhaïl Moïseevitch Botvinnik (russe : Михаил Моисеевич Ботвинник) (17 août 1911 à Kuokkala, aujourd'hui Repino, Gouvernement de Vyborg, Grand-duché de Finlande, au nord-ouest de Saint-Pétersbourg, Russie5 mai 1995 à Moscou) est un joueur d'échecs soviétique, champion du monde de 1948 à 1957, de 1958 à 1960 et de 1961 à 1963.

Carrière[modifier | modifier le code]

Débuts aux échecs (1924-1926)[modifier | modifier le code]

Botvinnik en 1927

Mikhaïl Botvinnik naquit le 17 août 1911 dans une ville située actuellement dans le district de Saint-Pétersbourg. Son père et sa mère étaient dentistes. Bien que d'origine juive, les parents de Botvinnik lui interdirent de parler le yiddish et il reçut une éducation soviétique. Il apprit à jouer aux échecs à l'âge de douze-treize ans, fin 1923 et il remporta le championnat de son école en 1924. Il fit d'abord parler de lui à quatorze ans, en 1925, en battant le champion du monde Capablanca dans une simultanée. Un an plus tard, en 1926, il réussit à se qualifier pour la finale du championnat de Léningrad adultes où il finit deuxième. Puis, il fut remarqué très jeune et soutenu par le « père de l'école soviétique d'échecs », Alexandre Iline-Jenevski.

Champion d'URSS (1931 et 1933)[modifier | modifier le code]

En 1927, Botvinnik finit cinquième du championnat d'URSS à seize ans et fut proclamé maître. Après une deuxième tentative infructueuse (en 1929), Botvinnik remporta le championnat d'URSS à vingt ans, en 1931, puis à nouveau deux ans plus tard, en 1933.

Iline-Jenevski organisa en 1933 un match entre Botvinnik et Salo Flohr, un des meilleurs joueurs du monde et parmi les plus difficiles à battre. Mené 2-0 dans la première moitié du match, Botvinnik gagna deux parties en une semaine et réussit à faire match nul 6-6 (+2 -2 =8).

Premiers succès internationaux (1934-1938)[modifier | modifier le code]

Botvinnik lors du match contre Salo Flohr en 1933
Botvinnik face à Flohr en 1933
Botvinnik (à gauche) face à Lasker à Moscou en 1936

En 1934, Botvinnik remporta un succès à Léningrad (+5 -1 =5) devant le futur champion du monde Max Euwe, puis il fit son entrée sur la scène internationale, en étant le premier soviétique depuis Bogolioubov à participer dans un tournoi à l'étranger, à Hastings en 1934-1935 (+3 -2 =4) où il finit cinquième-sixième ex æquo.

En 1935, il remporta le fort tournoi de Moscou (+9 -2 =8) en compagnie de Flohr devant les anciens champions du monde Lasker et Capablanca, puis il termina deuxième (+7 -1 =10) à l'édition suivante en 1936 derrière Capablanca, mais les deux joueurs partagèrent la première place à Nottingham (+6 =8) la même année, devant tous les meilleurs joueurs du monde : Euwe, Fine, Reshevsky, Alekhine, Flohr, Lasker, Vidmar, Bogoljubov, Tartakover, Alexander, Thomas et Vidmar. Malgré un insuccès relatif au tournoi AVRO en 1938 (il termina troisième (+3 -2 =9) derrière Paul Keres et Reuben Fine mais devant trois champions du monde, Alexandre Alekhine, Max Euwe et José Raúl Capablanca), beaucoup le considéraient comme le concurrent le plus sérieux pour le champion français. Après le tournoi, il rencontra Alekhine et ils convinrent officieusement du principe d'un match, mais l'éclatement de la Seconde Guerre mondiale mit fin à tout espoir. En 1945, Botvinnik lança à nouveau son défi, mais officiellement cette fois.

Champion du monde (1948)[modifier | modifier le code]

Entre 1941 et 1948, Botvinnik remporta tous les tournois auxquels il participa, dont trois championnats d'URSS (les championnats d'URSS 1944 et 1945 et le « championnat absolu » de 1941 qui n'est pas comptabilisé comme championnat d'URSS) et les forts tournois de Groningue en 1946 et de Moscou (le Mémorial Tchigorine) en 1947.

Le champion du monde en titre Alexandre Alekhine décéda brutalement en 1946 et le titre mondial dut être remis en jeu. La Fédération internationale des échecs organisa un tournoi avec les meilleurs joueurs du moment : deux Occidentaux (trois étaient prévus, mais Reuben Fine déclara forfait, alléguant des raisons professionnelles) et trois Soviétiques. Il y eut donc Samuel Reshevsky, Polonais émigré aux États-Unis et l'ancien champion du monde hollandais Max Euwe pour le bloc de l'Ouest, Mikhaïl Botvinnik, Paul Keres, Estonien récemment redevenu Soviétique et Vassily Smyslov pour le bloc de l'Est. Botvinnik l'emporta aisément avec 14 points sur 20 (+9 -1 =10).

Cette victoire, qui inaugura une domination soviétique de près de 50 ans sur le monde des échecs, eut certainement un impact dans la politique de l'URSS vis-à-vis des échecs. Dix ans plus tard, on comptait un million de joueurs licenciés en URSS.

1951-1961 : la défense du titre mondial[modifier | modifier le code]

Match contre Bronstein (1951)[modifier | modifier le code]

En 1950, Botvinnik reçut le titre de grand maître international lors de la création du titre par la Fédération internationale des échecs. De 1948 à 1950, la Fédération internationale organisa un tournoi interzonal et un tournoi des candidats pour désigner l'adversaire de Botvinnik lors du championnat du monde prévu en 1951. Le cycle des candidats fut remporté par David Bronstein.

Après sa victoire en 1948, Botvinnik s'abstint de disputer la moindre partie officielle jusqu'au match de 1951 contre David Bronstein. Contre Bronstein, il fut mis en difficulté : le jeu original et sans complexe de son adversaire, ainsi que le manque de compétition contraignirent le champion du monde à concéder le match nul 12-12 (+5 -5 =14). Si Botvinnik domina son adversaire dans les finales, ce dernier commettant plusieurs erreurs grossières, il perdit toutes ses parties en milieu de jeu, le plus souvent dans des phases tactiques.

Matchs contre Smyslov (1954, 1957 et 1958)[modifier | modifier le code]

Vassili Smyslov, le rival des années 1950

Dans les années 1950, le champion du monde ne participa plus que rarement aux grands tournois internationaux, enregistrant plus ou moins de succès. Après une cinquième place au championnat d'URSS 1951 remporté par Paul Kéres, Botvinnik rattrapa Mark Taïmanov dans la dernière ronde du championnat d'URSS 1952 et, vainqueur du match de départage, il remporta son sixième titre après ceux de 1931, 1933, 1939, 1944 et 1945, record partagé avec Mikhaïl Tal. La même année, il finit troisième ex æquo du tournoi de Bucarest 1952 remporté par Paul Kéres et ne fut pas sélectionné dans l'équipe qui remporta l'olympiade d'échecs de 1954. Après une troisième place au championnat d'URSS 1955, Botvinnik remporta néanmoins une victoire, ex æquo avec Smyslov au mémorial Alekhine en 1956.

En 1954, Botvinnik défendit son titre contre Vassily Smyslov et dut encore se contenter d'un match nul 12-12 (+7 -7 =10), même si le match fut spectaculaire : pas moins de 8 parties consécutives furent gagnées par l'un ou l'autre, ce qui est exceptionnel à ce niveau. Dès lors, on commença à s'interroger sur le bien-fondé de la règle stipulant que le champion du monde conservait son titre en cas de match nul.

Botvinnik perdit une première fois son titre en 1957 contre Vassily Smyslov (+3 -6 =13). Il le récupéra en 1958 lors du match revanche (+7 -5 =11).

Matchs contre Mikhaïl Tal (1960 et 1961)[modifier | modifier le code]

Botvinnik en 1961
Tal en 1961

Botvinnik perdit son titre une deuxième fois en 1960 face à Mikhaïl Tal, âgé alors de 23 ans (+2 -6 =13). Et il le regagna à nouveau lors du traditionnel match revanche en 1961 (+10 -5 =6), mais dans des conditions particulières puisque son adversaire connaissait alors de sérieux problèmes de santé.

Fin de carrière (1962 – 1970)[modifier | modifier le code]

Match contre Petrossian (1963)[modifier | modifier le code]

Petrossian à Oberhausen en 1961

En 1963, Botvinnik perdit son titre définitivement contre Tigran Petrossian par 9,5 contre 12,5 (+2 -5 =15).

À ce moment, la FIDE supprima le droit de revanche de l'ex-champion en titre et Botvinnik, âgé de 52 ans, renonça à regagner sa couronne. Qualifié d'office pour les matchs des candidats du cycle suivant en qualité de champion du monde sortant, il déclina l'offre et fut remplacé par Efim Geller.

Victoires dans les tournois internationaux[modifier | modifier le code]

Mikhaïl Botvinnik en 1962

Dans les années 1960, il participa aux championnats d'URSS par équipes et à plusieurs tournois internationaux. Il obtint encore la première place à :

En 1970, Botvinnik décida d'arrêter sa carrière de joueur après que le match prévu contre l'Américain Bobby Fischer eut été annulé.

Le grand homme des échecs soviétiques[modifier | modifier le code]

Botvinnik en 1966
Botvinnik en 1969

Au-delà de ses titres mondiaux, il régna sans partage sur les échecs soviétiques pendant plusieurs décennies, non sans donner naissance à de solides inimitiés. Celle de David Bronstein, par exemple, qui a toujours douté de ses capacités réelles et lui reprochait d'avoir été favorisé par le pouvoir[1]. Entre autres griefs, il lui reprochait de gagner ses parties surtout après l'ajournement et de les perdre surtout avant.

Après sa victoire dans le championnat du monde 1948, il fit une pause dans les échecs et se consacra à ses études d'ingénieur en électricité. Il décrocha son doctorat durant les trois années d'interruption de sa carrière. En 1970, il dirigea une école d'échecs à Moscou, dont sont issus Anatoli Karpov, Garry Kasparov et Vladimir Kramnik. Il s'investit également beaucoup dans la recherche informatique consacrée aux échecs, cherchant à mettre au point une intelligence artificielle sans beaucoup de succès.

On a souvent dit[Qui ?] de Botvinnik qu'il était le père de l'École soviétique. On pourrait plutôt dire qu'il est un des piliers du système de formation qui a permis aux échecs soviétiques de dominer jusqu'à nos jours, y compris après la disparition de l'URSS car la plupart des meilleurs joueurs actuels sont issus de l'ancien État et de l'ancien système de formation des jeunes joueurs. D'autre part, il est surtout considéré comme le maître de la préparation, tant dans les ouvertures que dans l'étude de ses propres parties et de ses adversaires. Garry Kasparov témoigne de son apport à la théorie des ouvertures dans son livre Echecs offensifs[2] : si dans l'approche classique des échecs, les noirs sont « cantonnés dans le rôle du défenseur », cherchant surtout à égaliser, Botvinnik a fait partie des « innovateurs » qui ont souhaité que les noirs trouvent comment obtenir l'avantage : « En adoptant cette attitude sans compromission, dès le début de la partie, on crée le problème de savoir comment obtenir l'initiative. (...) Il porta souvent son choix sur des débuts condamnés par la théorie, se basant sur une analyse approfondie et une compréhension exacte des positions engendrées. Un nombre important de ses nombreuses victoires est dû à l'emploi de ces systèmes « défavorables. »

Botvinnik n'a jamais gagné un match comme champion du monde mais toujours remporté comme challenger, montrant une capacité d'adaptation et d'analyse peu communes[réf. nécessaire]. Enfin, son jeu positionnel était redoutable mais il était fragile lorsque la partie était compliquée et qu'il ne pouvait analyser toutes les conséquences, ce qui explique ses difficultés face à Mikhaïl Tal et David Bronstein. Toutefois, il a réussi quelques chefs-d'œuvre d'attaque, qui lui ont valu plusieurs prix de beauté.

Palmarès[modifier | modifier le code]

Tournois et matchs[modifier | modifier le code]

Les tables suivantes donnent les résultats et les scores de Mikhaïl Botvinnik dans les tournois et les matchs[3]. La notation (+7 –3 =1) signifie : sept victoires, trois défaites et une partie nulle.

1924 à 1930 : champion de Léningrad[modifier | modifier le code]

En 1923, peu après avoir appris les règles du jeu d'échecs, Botvinnik termina dixième du championnat scolaire de Pétrograd (quinze parties disputées, résultats détaillés non connus).

Année Vainqueur ex æquo ou deuxième à cinquième
1924 Championnat scolaire de Léningrad : 5 / 6 (+5 −1)
Léningrad (joueurs non classés) : 11,5 / 13 (+11 −1 =1)
Léningrad (tournoi 2e-3e catégories) : 8,5 / 11 (+7 −1 =3)
Léningrad (tournoi 2e catégorie inachevé) : 2,5 / 3
1925 (Léningrad) Match contre Lioutov : 3,5–1,5 (+3 −1 =1)
Léningrad (tournoi 1re-2e catégories) : 10 / 11 (+10 −1 =0)
(Léningrad) Match contre Rivline : 3-0
Tournoi de Tsarskoïe Selo : 9,5 / 10
(Léningrad) Partie simultanée gagnée contre Capablanca
Léningrad (3e-4e) : 7,5 / 11 (+7 −3 =1)
(tournoi 1re catégorie)

Léningrad (tournoi 1re catégorie inachevé) : 7 / 8
1926 Demi-finale du championnat de Léningrad : 11,5 / 12


(Stockholm)
Match Stockholm - Léningrad contre Stoltz : 1,5–0,5 (+1 −0 =1)
(Léningrad) Match Léningrad - Moscou contre Iordanski : 0,5–1,5
Championnat de Léningrad (2e-3e)  : 7 / 9 (+6 −1 =2)
(victoire de Iline-Jenevski devant Rabinovitch)
Championnat de la province du nord-ouest (Léningrad)
Demi-finale (2e-3e) : 9 / 11 (+8 −1 =2)
Finale (3e) : 6,5 / 10 (+4 −1 =5)
(victoire de Rabinovitch devant Iline-Jenevski)
1927 (Moscou) Match Moscou - Léningrad contre Panchenko : 1,5–0,5
(Léningrad) Match Léningrad - Moscou contre Grigoriev : 1,5–0,5
1927-1928 : championnat de l'union des métallurgistes
(Léningrad) : 8,5 / 11 (+7 −1 =3)
Léningrad (2e après Romanovski) : 7,5 / 10 (+6 −1 =3)
(« Tournoi national des six »)
Championnat d'URSS (5e-6e) : 12,5 / 20 (+9 −4 =7)
(Moscou, victoire de Bogartyrtchouk et Romanovski)
1928 (Riga) Match Riga - Léningrad contre Krastyns : 1 / 1
Match scolaire Léningrad - Rostov : 1,5–0,5
1929 1928-1929 : championnat de l'union régionale
des ouvriers de l'éducation (Léningrad) : 11,5 / 14 (+9 =5)
Moscou : championnat par équipes des universités : 2 / 3 (+1 =2)
Odessa : 7 / 8 (+6 =2) (quart de finale du championnat d'URSS)


Demi-finale du championnat d'URSS (3e-4e) : 2,5 / 5 (+2 −2 =1)
(Odessa, demi-finale remportée par Kan et Izmaïlov)
1930 Tournoi de Léningrad[4] : 6,5 / 8 (+6 −1 =1) (devant Iline-Jenevski)
(Moscou) Matchs par équipes contre Kan : 2-0 et 1,5–0,5
1930-1931 : championnat de Léningrad : 14 / 17 (+12 −1 =4)

1931 à 1940 : champion d'URSS, premier à Moscou et Nottingham[modifier | modifier le code]

En 1934, à Hastings, Botvinnik participa à son premier tournoi international (individuel) à l'étranger.

Botvinnik (à droite) face à Capablanca à Moscou en 1936
match contre Levenfisch en 1937
Année Vainqueur ex æquo ou deuxième à cinquième
1931 Léningrad : tournois par équipes de syndicats : 4 / 4 et 1 / 1
Championnat d'URSS (Moscou) : 13,5 / 17 (+12 −2 =3)
Demi-finale du championnat d'URSS (2e après Kasparian)
(Moscou) : 6,5 / 9 (+6 −2 =1)
1932 Championnat de Léningrad : 10 / 11 (+9 =2)
(Léningrad) Match Léningrad-Kiev : 1 / 1
1932-1933 : tournoi de Léningrad[5] : 7 / 10 (+6 −2 =2)
(tournoi remporté devant Iline-Jenevski, Ragozine et Alatortsev)
(Moscou) Match par radio contre Rioumine : ½-½
1933 Championnat d'URSS (Léningrad) : 14 / 19 (+11 −2 =6)
Léningrad[4] : 10 / 13 (+7 =6) (ex æquo avec Romanovski)
(Léningrad-Moscou)
Match contre Flohr : 6–6 (+2 −2 =8)
1934 Match Léningrad-Moscou contre Belavenets : 2-0
Léningrad : 7,5 / 11 (+5 -1 =5)
(tournoi avec la participation de Euwe et Kmoch)
1934-1935 : Hastings (5e-6e) : 5 / 9 (+3 -2 =4)
(victoire de Euwe, Flohr et Thomas
devant Capablanca et Lilienthal)
1935 Tournoi de Moscou : 13 / 19 (+9 -2 =8) (ex æquo avec Flohr)
(devant Lasker, Capablanca et Spielmann)
1936 Nottingham : 10 / 14 (+6 =8) (ex æquo avec Capablanca)
(devant Euwe, Fine, Reshevsky, Alekhine, Flohr et Lasker)
Moscou (2e derrière Capablanca) : 12 / 18 (+7 -1 =10)

1937 (Moscou et Léningrad) Match pour le championnat d'URSS contre Levenfisch : 6,5–6,5 (+5 -5 =3)
(Levenfisch conserva son titre de champion d'URSS)
1938 Léningrad : 14 / 17 (+12 -1 =4)
(demi-finale du championnat d'URSS 1939)
Tournoi AVRO (3e) : 7,5 / 14 (+3 -2 =9)
(Pays-Bas, tournoi remporté par Keres et Fine)
1939 Championnat d'URSS (Léningrad) : 12,5 / 17 (+8 =9)
1940 (Léningrad) Match contre Ragozine
(entrainement) : 8,5–3,5 (+5 -0 =7)
Championnat d'URSS (5e-6e) : 11,5 / 19 (+8 -4 =7)
((Moscou, victoire de Lilienthal et Bondarevski
devant Smyslov et Kéres)

1941 à 1948 : l'ascension vers le championnat du monde[modifier | modifier le code]

De 1941 à 1948, Botvinnik remporta tous ses tournois et annula un match contre C. H. O'D. Alexander.

Année Vainqueur ou ex æquo
1941 Match Léningrad-Moscou (par téléphone) contre Lilienthal : 0,5-0,5
Championnat absolu d'URSS (Moscou, tournoi à quatre tours) : 13,5 / 20 (+9 -2 =9)
1943 Sverdlovsk (tournoi de maîtres) : 10,5 / 14 (+7 =7)
1943-1944 : championnat de Moscou : 13,5 / 16 (+12 -1 =3)
1944 Championnat d'URSS (Moscou) : 12,5 / 16 (+11 -2 =3)
1945 Championnat d'URSS (Moscou) : 15 / 17 (+13 =4)
Match radio URSS - États-Unis contre Denker : 2–0
1946 Tournoi de Groningue : 14,5 / 19 (+13 -3 =3)
(Moscou) Match URSS - États-Unis contre Reshevsky : 1,5–0,5 (+1 -0 =1)
Match radio URSS - Angleterre contre Alexander : 1–1 (+1 -1 =0)
1947 Moscou (mémorial Tchigorine) : 11 / 15 (+8 -1 =6)
1948 Championnat du monde (La Haye et Moscou, tournoi à cinq tours) : 14 / 20 (+10 -2 =8)

1951 à 1962 : la défense du titre de champion du monde[modifier | modifier le code]

De 1948 à 1950, Botvinnik préparait un doctorat en ingénierie électrique, diplôme qu'il obtint en 1951. Jusqu'en 1969, les championnats du monde étaient tous disputés à Moscou.

Année Vainqueur ou ex æquo Deuxième à cinquième
1951 Championnat du monde contre Bronstein : 12–12 (+5 −5 =14) Championnat d'URSS (5e) : 10 / 17 (+6 −3 =8)
(Moscou, victoire de Keres devant Petrossian, Geller et Smyslov)
1952 Championnat d'URSS (Moscou) : 13,5 / 19 (+9 −1 =9)
(ex æquo avec Taïmanov, devant Geller)
Mémorial Maroczy (Budapest) (3e-5e) : 11 / 16 (+7 −2 =8)
(victoire de Keres devant Geller, Smyslov et Stahlberg)
Gagra et Voronovo (entrainement) : 4 / 8 (+2 −2 =4)
1953 (Moscou) Match de départage contre Taïmanov : 3,5–2,5 (+2 −1 =3)
1954 Championnat du monde contre Smyslov : 12–12 (+7 −7 =10)
Olympiade d'Amsterdam : 8,5 / 11 (+6 =5)
1955 Championnat d'URSS (Moscou, 3e-6e) : 11,5 / 19 (+7 −3 =9)
(victoire de Geller devant Smyslov, Illivitski, Petrossian et Spassky)
(Moscou) Match URSS - États-Unis
contre Reshevsky : 1,5–2,5 (+0 −1 =3)
1956 Moscou (mémorial Alekhine) : 11 / 15 (+8 −1 =6)
(ex æquo avec Smyslov, devant Taïmanov, Gligoric et Bronstein)
Olympiade de Moscou (2e) : 9,5 / 13 (+6 =7)
(médaille d'or remportée par Larsen)
1957 (Moscou) Match d'entraînement contre Averbakh : 5–5 (+3 −3 =4) Championnat du monde contre Smyslov : 9,5–12,5 (+3 −6 =13)
1958 Championnat du monde contre Smyslov : 12,5–10,5 (+7 −5 =11)
Tournoi de Wageningue : 4 / 5 (+3 =2) (devant Flohr et Donner)
Olympiade de Munich (3e) : 9 / 12 (+7 −1 =4)
(médaille d'or remportée par Gligoric devant Euwe)
1959 Spartakiade d'URSS (Moscou) : 4,5 / 8 (+1 =7)
(2,5 / 4 en demi-finale ; 2 / 4, =4 en finale)
1960 Olympiade de Leipzig (2e échiquier) : 10,5 / 13 (+8 =5) Match Moscou-Léningrad contre Kortchnoï : 0,5–1,5 (+0 −1 =1)
Championnat du monde contre Tal : 8,5–12,5 (+2 −6 =13)
1961 Championnat du monde contre Tal : 13–8 (+10 −5 =6)
Championnat d'Europe par équipes (Oberhausen) : 6 / 9 (+4 −1 =4)
1962 1961-1962 : Hastings : 8 / 9 (+7 =2)
(deux points d'avance devant Gligoric, Flohr, Bisguier et Penrose)
Stockholm : 8,5 / 9 (trois points devant Flohr et Söderborg)
Olympiade de Varna (6e au 1er échiquier) : 8 / 12 (+5 −1 =6)
(médaille d'or remportée par Olafsson)

1963 à 1970 : ancien champion du monde[modifier | modifier le code]

Année Vainqueur Deuxième à septième
1963 Spartakiade d'URSS (2e échiquier) : 8 / 9 (+7 =2)
(Moscou, premier avec 4,5 / 5 en demi-finale et en finale[6])
Amsterdam : 4 / 5 (+3 =2) (devant Flohr et Donner)
Championnat du monde contre Petrossian
(Moscou) : 9,5–12,5 (+2 -5 =15)

1964 Championnat de Moscou par équipes
des entreprises collectives : 4,5 / 5
Coupe d'URSS par équipes (1er-2e) : 4,5 / 6 (+3 =3)
(Moscou, 1er échiquier de Troud, ex æquo avec Tal)
Championnat de Moscou par équipes : 1,5 / 2

Olympiade de Tel-Aviv (3e au 2e éch.) : 9 / 12 (+7 -1 =4)
1965 Noordwijk : 6 / 7 (+5 =2)
(devant Flohr, Trifunovic, Larsen, Bobotsov et Donner)

Championnat du club Troud par équipes : 4,5 / 5

Match Moscou-Léningrad contre Tolouch : 2-0
Championnat de Moscou par équipes (2e après Smyslov)
(Moscou) : 2,5 / 4 (+2 –1 =1)
Championnat d'Europe par équipes (5e au 2e échiquier)
(Hambourg) : 3,5 / 8 (+2 –3 =3)
Spartakiade des syndicats par équipes (demi-finale)
(Moscou) : 2,5 / 4 (+2 −1 =1)
1966 Championnat du club Troud par équipes : 3,5 / 4
Amsterdam (tournoi IBM) : 7,5 / 9 (+7 –1 =1)
Coupe d'URSS par équipes : 6 / 9 (+5 -2 =2)
(Moscou, 1er échiquier de Troud[7],[8])
Championnat de Moscou par équipes (2e après Smyslov)
(Moscou) : 3 / 5 (+1 =4)
1967 1966-1967 : Hastings : 6,5 / 9 (+5 -1 =3) (devant Uhlmann)
Championnat de Moscou des entreprises : 1-0
Spartakiade d'URSS[9] (2e échiquier) : 6 / 9 (+5 -2 =2)
+3 −1 =0 en demi-finale ; +2 -1 =2 en finale
(ex æquo avec Polougaïevski en finale)
Championnat de Moscou par équipes : 5 / 7 (+3 =4)

Palma de Majorque (2e-3e) : 12,5 / 17 (+9 -1 =7)
(tournoi remporté par Larsen devant Smyslov)
1968 Monte-Carlo (2e derrière Larsen) : 9 / 13 (+5 =8)
Championnat de Moscou par équipes
des entreprises collectives : 1,5 / 3 (+1 –1 =1)
1969 Tournoi de Wijk aan Zee : 10,5 / 15 (+6 =9)
(ex æquo avec Geller, devant Kéres et Portisch)
Spartakiade des syndicats de Moscou : 2 / 3 (+1 =2)
Belgrade (7e) : 8,5 / 15 (+5 -3 =7)
(victoire de Polougaïevski, Ivkov, Matulovic et Gligoric
devant Lengyel et Geller)
1970 (Belgrade) Match URSS - Reste du monde (8e échiquier)
contre Matulović : 2,5–1,5 (+1 -0 =3)
Leyde (3e-4e) : 5,5 / 12 (+1 -2 =9)
(victoire de Spasski devant Donner et Larsen)

Compétitions internationales par équipes[modifier | modifier le code]

Olympiades (1952-1964)

En dehors des matchs de championnats du monde, Botvinnik joua aussi pour l'équipe d'URSS lors de six éditions de cette compétition où l'URSS remporta la médaille d'or.

Lors de la première participation d'une équipe d'URSS à une olympiade, en 1952, Botvinnik fut écarté de l'équipe d'URSS.

Botvinnik (à droite de l'échiquier) à Oberhausen en 1961
  • 1954 : Amsterdam : 1er échiquier (+6 =5) - médaille d'or
  • 1956 : Moscou : 1er échiquier (+6 =7) - médaille d'argent
  • 1958 : Munich : 1er échiquier (+7 -1 =4) - médaille de bronze
  • 1960 : Leipzig : 2e échiquier (+8 =5) - médaille d'or
  • 1962 : Varna : 1er échiquier (+5 -1 =6) - sixième
  • 1964 : Tel Aviv : 2e échiquier (+7 -1 =4) - médaille de bronze
Championnats d'Europe des nations (1961 et 1965)

Botvinnik ne participa qu'à deux éditions de cette épreuve. L'URSS y prit la première place.

  • 1961 Oberhausen : 1er échiquier (+4 -1 =4) - Médaille d'or
  • 1965 Hambourg : 2e échiquier (+2 -3 =3). Botvinnik perdit ses trois dernières parties, termina avec un score négatif et ne fut plus sélectionné ensuite dans l'équipe soviétique pour les olympiades ou les championnats d'Europe.
Match URSS contre le Reste du monde (1970)

Quelques mois avant de mettre fin à sa carrière, Botvinnik participa au premier Match URSS - Reste du monde disputé en 1970 à Belgrade. Il fut opposé au huitième échiquier à Milan Matulović. Il remporta leur match individuel (+1 –0 =3).

Résultats cumulés contre les meilleurs joueurs des années 1930 aux années 1960[modifier | modifier le code]

Le score global de Botvinnik contre les meilleurs joueurs soviétiques et occidentaux fut le suivant[10]. Les joueurs sont classés selon le nombre de parties disputées contre Botvinnik et le total ne tient pas compte de parties d'entraînement (notamment contre Ragozine de 1938 à 1947), ni des matchs « secrets » contre Averbakh en 1957 et contre Fourman en 1963 :

Ainsi Petrossian, Geller, Bogatyrtchouk et Fine étaient les adversaires les plus difficiles de Botvinnik.

Tal, Euwe, Capablanca, Gligoric, Kotov et Kortchnoï avaient des scores égaux contre Botvinnik avec plus de trois parties disputées avec Botvinnik.

Une partie[modifier | modifier le code]

Tigran Petrossian - Mikhaïl Botvinnik, match d'entraînement, 1952[11]

1.d4 Cf6 2.c4 e6 3.Cf3 d5 4.Cc3 c6 5.cxd5 cxd5 6.Ff4 Cc6 7.e3 Ch5 8.Fg5 Db6 9.a3 h6 10.Fh4 g5 11.Fg3 Cxg3 12.hxg3 Fg7 13.Fd3 Dd8 14.Ch2 h5 15.Tc1 Fd7 16.Cb5 Rf8 17.Cf1 g4 18.Cd2 e5 19.Db3 exd4 20.Cxd4 Cxd4 21.exd4 De7+ 22.Rd1 Fxd4 23.Tc7 Fb6 24.Te1 Dd6 25.Txb7 Th6 26.Fb5 Fe6 27.f4 gxf3 28.Cxf3 Tc8 29.Ce5 Dc5 30.Txf7+? (Db4!) Rg8 (FxT? 31 Cd7+) 31.Tf3 Dc1+ 32.Re2 Tc2+ 33.Rf1 Dd2 0-1 (34. Fe2, Dd4).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ceci n'est pas forcément exact car Botvinnik était d'origine juive, comme Bronstein, et les autorités auraient préféré un pur Russe comme Smyslov au lieu de non-Russes comme Kérès, Botvinnik et Bronstein.
  2. Gary Kasparov (en collaboration avec Bob Wade), Echecs offensifs, Dumerchez-Naoum,‎ 1986 (ISBN 2-904925-03-1) pages 139 et 140.
  3. Sources :
    • (en) Botvinnik, One Hundred selected Games, 1946
    • (en) Botvinnik et Cafferty, Botvinnik's Best Games 1947-1970 1972,
    • (en) Botvinnik, Half a century of chess, 1984.
  4. a et b Tournoi national des maîtres de Léningrad
  5. Tournoi de la maison des scientifiques.
  6. La victoire contre Bouslaev (Géorgie) jouée en demi-finale compta aussi pour la finale)
  7. Botvinnik commença le tournoi en remportant cinq victoires contre Keres, Smyslov, Loutikov, Spassky et Birbraguer. Il disputa seulement neuf parties, se faisant remplacer dans la dixième par Chamkovitch qui fit nulle. Il réalisa la meilleure performance de la finale à onze joueurs, suivi de Geller : 6,5 / 10, puis de Tal ex æquo avec Petrossian : 6 / 10
  8. RUSbase Moscou 1966.
  9. RUSbase Moscou 1967
  10. Botvinnik's Best Games, 1947-1970 par Botvinnik et Cafferty, éd. Batsford, 1972
  11. Petrossian-Botvinnik 1952 sur ChessGames.com

Références[modifier | modifier le code]

Publications de Botvinnik[modifier | modifier le code]

Livres de Botvinnik en anglais
  • (en) One hundred Selected Games, 1949, éd. Dover, 1960Document utilisé pour la rédaction de l’article
Cent parties qui couvrent la période 1926-1946.
  • (en) Championship Chess, 1950, rééd. Hardinge Simpole, 2002
  • (en) (édité par Cafferty) Botvinnik's Best Games, 1947-1970, Batsford, 1972Document utilisé pour la rédaction de l’article
Cent-onze parties commentées par Botvinnik et sélectionnées par Bernard Cafferty.
  • (en) Half a Century of Chess, Cadogan Chess, 1984,
Quatre-vingt-dix parties de 1925 à 1966, avec de nouvelles annotations et des introductions présentant les adversaires.
  • (en) Botvinnik's Best Games (3 volumes), 2000, éd. Moravian Chess
Livre de Botvinnik traduit en français
  • Trois matches d'Anatoli Karpov, champion du monde, éd. du Rocher, 1976

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Livres en français
  • G. Barcza (auteur du chapitre sur Botvinnik), Les champions du monde du jeu d'échecs, tome 2 : de Botvinnik à Fischer, éd. Bernard Grasset, 1987
  • Nicolas Giffard, Le Guide des échecs, éd. Robert Laffont, collection Bouquins, 1993, 2009
  • Victor Kahn et Georges Renaud, Les six candidats au championnat du monde des échecs 1948, Le Triboulet, Monaco, 1948
Livres en anglais
  • (en), Fred Reinfeld, Botvinnik, The Invincible, McKay, Philadelphie, 1946
  • (en) R. G. Wade, The World Chess Championship 1963, Spearman, 1963
  • (en) Garry Kasparov, My Great predecessors, tome 2, ed. Everyman Chess,
  • Edward Winter, World chess champions, Pergamon,‎ 1981 (ISBN 0-08-024094-1)
  • David Hooper, Kenneth Whyld, The Oxford Companion To Chess, Oxford University,‎ 1996 (ISBN 0-19-280049-3)
  • Anne Sunnucks, The Encyclopaedia of Chess, Hale,‎ 1970 (ISBN 0-7091-1030-8)
  • William Hartston, Kings of Chess, Pavilion,‎ 1986 (ISBN 1-85145-075-0)

Liens externes[modifier | modifier le code]