Ostrava

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ostrava
Blason de Ostrava
Héraldique
Drapeau de Ostrava
Drapeau
Mairie
Mairie
Administration
Pays Drapeau de la République tchèque République tchèque
Région Moravie-Silésie
Maire Petr Kajnar
Code postal 702 00
Indicatif téléphonique international +(420)
Démographie
Population 299 622 hab. (2012)
Densité 1 399 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 50′ 29″ N 18° 17′ 25″ E / 49.8412715, 18.290248349° 50′ 29″ Nord 18° 17′ 25″ Est / 49.8412715, 18.2902483  
Altitude 260 m
Superficie 21 423 ha = 214,23 km2
Divers
Site(s) touristique(s) http://www.ostravainfo.cz/
Localisation

Géolocalisation sur la carte : République tchèque

Voir la carte administrative de République tchèque
City locator 14.svg
Ostrava

Géolocalisation sur la carte : République tchèque

Voir la carte topographique de République tchèque
City locator 14.svg
Ostrava
Liens
Site web www.ostrava.cz

Ostrava (autrefois Mährisch-Ostrau), au nord de la Moravie, est la troisième ville de République tchèque avec une population de 300 000 habitants. Située à la confluence de deux rivières, au débouché de la Porte de Moravie, ce fut dès l'Antiquité un lieu de passage important. En raison de la richesse de ses mines de charbon, elle fut aux XIXe et XXe siècles un des grands bassins sidérurgiques d'Europe centrale.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Ostrava a été nommée d'après le fleuve Ostrá aujourd'hui appelé Ostravice.

Géographie[modifier | modifier le code]

Ostrava se trouve à l'extrême nord-est de la Moravie, dans l'est de la Bohême, entre le bassin des Sudètes et les Beskides, au débouché nord de la Porte de Moravie, col qui formait la frontière historique entre Moravie et Silésie. Elle est située à une dizaine de kilomètres de la frontière polonaise et à une cinquantaine de la frontière slovaque. Ostrava est aussi la confluence de la rivière de Lučina et de l’Ostrawitza (Ostravice) ; cette dernière rivière se déverse à son tour en aval via l’Oppa (Opava) et la Porubka dans l’Oder. Ostrava est le chef-lieu du district d'Ostrava et de la région de Moravie-Silésie.

Relevé météorologique d'Ostrava
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −5,6 −4,1 −0,8 3 7,3 10,6 11,9 11,6 8,7 4,7 0,9 −3,2 −5,6
Température maximale moyenne (°C) 0,4 2,8 7,7 13,5 18,9 21,9 23,6 23,4 19,4 14 6,7 2 23,6
Précipitations (mm) 26,7 30,2 34 52,4 91,2 104,4 91,1 91,8 58,8 42,3 44,6 34,3
Nombre de jours avec précipitations 6,7 6,6 7 8,2 10,8 11,2 10,5 9,6 7,7 6,6 8,6 7,5 11,2
Source : Czech Hydrometeorological Institute (ČHMÚ)
Diagramme climatique
J F M A M J J A S O N D
 
 
 
0,4
−5,6
26,7
 
 
 
2,8
−4,1
30,2
 
 
 
7,7
−0,8
34
 
 
 
13,5
3
52,4
 
 
 
18,9
7,3
91,2
 
 
 
21,9
10,6
104,4
 
 
 
23,6
11,9
91,1
 
 
 
23,4
11,6
91,8
 
 
 
19,4
8,7
58,8
 
 
 
14
4,7
42,3
 
 
 
6,7
0,9
44,6
 
 
 
2
−3,2
34,3
Moyennes : • Temp. maxi et mini °CPrécipitation mm

Histoire[modifier | modifier le code]

Ostrava s'est formée à partir de quelques campements à la confluence de l’Ostravice et de l’Oder. La Route de l'ambre, passée la Porte de Moravie, aboutissait en ce lieu. La présence de la tribu slave des Holasici est attestée dans le bassin de l’Ostrava depuis au moins le Xe siècle. La région était auparavant occupée par des Germains, et encore antérieurement par des Celtes.

L’Oder et l’Ostravice ont formé pendant des siècles une frontière naturelle entre Moravie et Silésie. À la confluence de l’Ostravice et de l’Oder on trouvait sur les deux rives des villages s'appelant Ostrava. La localité de Polska Ostrawa est mentionnée pour la première fois dans les sources écrites en 1229. Moravská Ostrava (Mährisch Ostrau) apparaît en 1267 dans les chroniques, et obtient en 1279 une charte. En 1297, Polska Ostrava doit accepter la construction du château fort des Piast de Silésie. Tout au long du Moyen Âge, de nombreux colons germanophones s'établissent en ville.

Mährisch-Ostrau en 1728

La ville de Mährisch-Ostrau n'eut qu'un rayonnement mineur jusqu'à la fin du XVIIIe siècle : en 1794 elle ne comptait encore que 1 578 habitants, alors qu'en 1869 sa population était passée à 6 881 habitants. Le développement urbain et économique résulte du creusement des premières mines de charbon dans la région à partir de 1763.

En 1827, la famille Rudolf fondait les Forges Rudolf (Rudolfs Eisenhüttenwerke). Ces usines furent rachetées par la suite par les Rothschild et aussitôt rebaptisées en Forges de Witkowitz. Ostrava devint le cœur du bassin sidérurgique et minier de Bohême.

Selon les recensements, la population passa de 13 448 (1880) à 19 240 (1890), puis à 30 116 (1900) et 36 754 (1910). Toute la région connut d'ailleurs la même explosion de peuplement : de 18 711 (1843) la population bondit à 186 613 en quelques décennies (1910). Une tel bouleversement ne s'explique que par un exode rural massif, non seulement depuis les campagnes moraves, mais aussi et peut-être surtout de Galicie, l'unité de nationalité facilitant la chose. Cet exode s'accompagna de troubles sociaux et de difficultés socio-économiques sérieuses[1].

Mährisch-Ostrau était rattaché à la Marche de Moravie et Polnisch-Ostrau au duché de Silésie.

Jusqu'en 1918, la ville de MÄHRISCH OSTRAU - MORAVSKA OSTRAVA (nom bilingue seulement après 1867) faisait partie de la monarchie autrichienne (empire d'Autriche), puis Autriche-Hongrie (Cisleithanie après le compromis de 1867), chef-lieu du district de même nom, l'un des 34 Bezirkshauptmannschaften en Moravie[2]. POLNISCH OSTRAU - POLSKA OSTRAVA était par contre dans la Silésie autrichienne, district de FREISTADT - FRYSZTAT (Fryštát). Cette ville nouvelle n'eut son bureau de poste qu'en 1884[3].

Oblitération bilingue du bureau de poste de la ville morave, en 1878

De 1919 à 1939, elles furent rattachées à la Tchécoslovaquie, la partie orientale de la ville prenant le nom de Slezská Ostrava (Ostrava-de-Silésie). Au 1er janvier 1924, les faubourgs de Mariánské Hory, Přívoz et Vítkovice, ainsi que trois autres communes (Hrabůvka (Petit Grabau), Nová Ves (Neuville) et Zábřeh nad Odrou furent incorporées à Moravská Ostrava[4].

De 1939 à 1945, Mährisch-Ostrau et Schlesisch-Ostrau, en tant que villes du Protectorat de Bohême-Moravie, furent annexées au Reich allemand. En 1941, Mährisch Ostrau et Schlesisch Ostrau furent officiellement réunies. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le bassin industriel fut une cible privilégiée des attaques aériennes alliées. En 1945, les quartiers germanophones furent évacués suite aux décrets Beneš. Deux cents prisonniers allemands furent exécutés[5]. Les quartiers furent repeuplés par ceux que les autorités appelèrent « rapatriés » : des familles venant du sud de la Moravie, de Slovaquie, et des Roms.

Avec la dissolution du CAEM, les industries chimiques et métallurgiques, déjà affectées par les mesures anti-pollution, ont été frappées par la crise. La fermeture du dernier puits d'extraction de charbon, à Přívoz, eut lieu le 30 juin 1994. Les hauts-fourneaux de Vítkovice s'éteignirent le 27 septembre 1998[4].

Économie[modifier | modifier le code]

Les usines sidérurgiques Nová huť (Ostrava).

Ostrava est une ville au prestigieux passé industriel et minier. Ainsi la région entre Ostrava et Karviná est un grand bassin industriel. Par suite de la concentration de l'industrie lourde (traitement du charbon, usines sidérurgiques, mécanique lourde, cokeries, centrales électriques, usines à gaz, complexe chimique), les conditions environnementales se sont fortement dégradées. Hormis Ostrava, le « cœur d'acier de la république » (en tchèque ocelové srdce republiky) comme on l'appelait sous l'ère communiste, les grandes villes ouvrières de la région sont Karviná, Orlová, Bohumín (pour l'acier et les laminoirs) ; d'autres villes, plus modestes, dépendent entièrement de cette activité industrielle sur le plan économique.

Monuments et patrimoine[modifier | modifier le code]

Culture[modifier | modifier le code]

Ostrava a accueilli plusieurs tournois d'échecs internationaux dans l'Entre-deux-guerres (1923, 1930, 1933), et plus récemment les championnats du monde d'athlétisme juniors le 13 juillet 2007. À Ostrava même, on trouve quatre théâtres, six musées, un jardin zoologique. Dans son agglomération on peut trouver six musées dont le Musée de la mine (Hornické muzeum).

Le campus de l’Université Technique d'Ostrava est depuis 1964 l’héritier de l'ancienne école des mines installée à Příbram depuis 1849.

Depuis 2002, un festival musical, Colours of Ostrava y est organisé. Les concerts sont repartis sur plusieurs sites dans le centre-ville (9 scènes en 2008). C'est l'un des plus grands de République tchèque.

Elle est connue pour sa vie nocturne, essentiellement concentrée dans la célèbre rue Stodolni.

En juillet 2013, elle accueille les championnats européens de tennis de table.

Personnages célèbres[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

La ville de Ostrava est jumelée avec[6] :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D'après Hana Šústková, Prager wirtschafts- und sozialhistorische Mitteilungen / Prague economic and social history papers., vol. 8, Institut für Wirtschafts- und Sozialgeschichte, Karlsuniversität, Philosophische Fakultät,‎ 2007-8 (ISBN 80-7308-232-1[à vérifier : ISBN invalide]), p. 185-193.
  2. Die postalischen Abstempelungen auf den österreichischen Postwertzeichen-Ausgaben 1867, 1883 und 1890, Wilhelm KLEIN, 1967
  3. Wilhelm Klein bureau 3825.
  4. a et b >Site web de la ville consacré à l'histoire d’Ostrava, consulté le 11 novembre 2011
  5. « Ermittlungen in Ostrau eingestellt », Frankfurter Allgemeine Zeitung (dpa), 26 novembre 2010.
  6. Partnerská města

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]