Miguel Najdorf

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Miguel Najdorf

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Miguel Najdorf en 1973

Nom de naissance Mendel Mieczysław Najdorf
Naissance 15 avril 1910
Grodzisk Mazowiecki, Varsovie, Pologne
Décès 4 juillet 1997 (à 87 ans)
Malaga, Espagne
Nationalité Polono-argentin
Profession Joueur d'échecs

Miguel Najdorf, né Mendel (Mieczysław) Najdorf[1] le 15 avril 1910 à Grodzisk Mazowiecki, près de Varsovie, et mort le 4 juillet 1997 à Malaga, est un joueur d'échecs d'origine juive polonaise, qui a obtenu la nationalité argentine pendant la Seconde Guerre mondiale.

Biographie et carrière[modifier | modifier le code]

Débuts (1929-1939)[modifier | modifier le code]

Mieczysław Najdorf suivit d'abord les cours de David Przepiórka, puis de Ksawery Tartakower, auquel il s'est toujours référé comme « mon maître ».

Au début de sa carrière, en 1929 ou 1930, Najdorf bat Glücksberg (ou Gliksberg) dans une partie célèbre connue comme L'Immortelle polonaise.

  • En 1930, il partage la 6e place du championnat de Varsovie, gagné par Paulin Frydman.
  • En 1931, il termine 2e du championnat de Varsovie derrière Frydman et neuvième l'année suivante.
  • En 1933, il remporte le tournoi « quadrangulaire » de Varsovie.
  • En janvier 1934, il termine 2e, derrière Rudolf Spielmann. Pendant l'été 1934, il perd un match contre Ored Karlin (+1 –2 =1). La même année, il remporte encore le championnat de Varsovie.
  • En 1935, il termine 2e ex æquo avec Paulin Frydman et Henryk Friedmann, derrière Xavier Tartakover au 3e championnat de Pologne à Varsovie. Après quoi, il gagne un match contre Tartakover à Toruń (+2 –1 =2).
  • En 1936, à Budapest, il partage la 1re place avec Lajos Steiner au championnat de Hongrie.
  • En 1937, il prend la 3e place au 4e championnat de Pologne à Jurata. En 1937, il gagne à Rogaška Slatina.
  • En 1938, il termine dixième ex æquo à Łódź.
  • En 1939, il est 6e à Margate.

Émigration en Argentine (1939-1946)[modifier | modifier le code]

En septembre 1939, l'éclatement de la Seconde Guerre mondiale le retient à Buenos Aires, où il participait à la 8e Olympiade, représentant la Pologne au deuxième échiquier. Najdorf était un Juif polonais (tout comme deux autres membres de l'équipe, Tartakover et Frydman tandis que les autres membres, Regedzinski, d'origine allemande et Sulik, étaient non-juifs). Il comprit ce qui était en train de se passer en Pologne et décida de rester en Argentine. De nombreux joueurs, juifs ou non, en firent de même, perdant ainsi leurs liens familiaux et personnels, mais échappant ainsi à la Shoah[2]. Najdorf obtient cependant de brillants résultats au 2e échiquier à Buenos Aires (+12 -2 =4).

  • En octobre 1939, après l'Olympiade, Najdorf est 1er ex æquo avec Paul Keres au tournoi de Buenos Aires (Circulo) avec 8½/11.
  • En 1941, il est 2e, derrière Gideon Ståhlberg à Mar del Plata avec 12½/17. Toujours en 1941, il est 1er ex æquo avec Stahlberg à Buenos Aires avec 11/14.
  • En 1942, il remporte Mar del Plata avec 13½/17, devant Stahlberg.
  • En 1943, il est 2e à Mar del Plata, derrière Stahlberg, avec 10/13. En 1943 il remporte le tournoi de Rosario.
  • En 1944, il gagne à La Plata avec 13/16, devant Stahlberg. En 1944, il est 1er ex æquo avec Herman Pilnik à Mar del Plata avec 12/15.
  • En 1945, il remporte le tournoi de Buenos Aires (Mémorial Grau) avec 10/12, devant Stahlberg et Carlos Guimard. Il prend la 2e place à Viña del Mar 1945 avec 10½/13, derrière Guimard. Il remporte ensuite Mar del Plata 1945 avec 11/15 devant Stahlberg, et à nouveau en 1946 avec 16/18, devant Guimard et Stahlberg. Il gagne encore à Rio de Janeiro 1946.

En 1943, dans l'espoir de donner de ses nouvelles à sa famille restée en Europe par cet exploit, il joue contre 40 adversaires à l'aveugle simultanément à Rosario, il remporte 36 parties et ne concède qu'une nulle et trois défaites[3].

Après la guerre (1946-1950)[modifier | modifier le code]

Après la fin de la guerre, les compétitions d'échecs reprennent, en particulier dans l'Europe dévastée.

En 1950, il est parmi les premiers joueurs à se voir décerner le titre de grand maître international par la Fédération internationale des échecs (FIDE).

Candidat au championnat du monde (1950-1955)[modifier | modifier le code]

Najdorf donnant une partie simultanée en 1955

La série de victoires de Najdorf en tournoi de 1939 à 1947 l'a propulsé au sommet de la hiérarchie mondiale. Selon Chessmetrics[4], il était le 2e joueur du monde au début de l'année 1948 mais est cependant exclu du championnat du monde d'échecs 1948.

Najdorf n'était pas un joueur à temps plein (il a longtemps travaillé dans le domaine des assurances), il était cependant l'un des plus forts joueurs des années 1950 et 1960. Il excellait également au jeu à l'aveugle.

En 1950, il participe au tournoi des candidats de Budapest organisé en vue de sélectionner le challenger du champion du monde Mikhail Botvinnik, et finit 5e. Trois ans plus tard, il participe au tournoi des candidats de Zurich et termine 6e sur 15. En 1955, il manque de sa qualifier pour l'interzonal de Göteborg, et il ne se qualifie plus ensuite[5].

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

Miguel Najdorf en 1992

Najdorf remporte encore des tournois importants tels que Mar del Plata (en 1961, devant Byrne, Matanovic et Filip, et en 1965, devant Stein et Averbakh) et le premier mémorial Capablanca de La Havane (en 1962, devant Polougaïevski, Spassky, Smyslov, Gligoric et Ivkov). Il joue dans les deux coupes Piatigorsky en 1963 (à Los Angeles, il finit 3e) et en 1966 (à Santa Monica, il termine 8e). En 1970, peu avant son 60e anniversaire, il participa encore au match URSS contre le Reste du monde, faisant jeu égal avec l'ancien champion du monde Mikhail Tal 2 à 2 (+1 –1 =2).

Sa personnalité vive avait fait de lui l'un des joueurs d'échecs les plus populaires, et il est probable qu'à l'instar de son mentor, Tartakover, ses mots d'esprit y soient également pour quelque chose. Il remarque par exemple, après le match de 1970 : « Quand Boris Spassky vous offre une pièce, vous feriez bien d'abandonner sur le champ. Mais quand Mikhail Tal offre une pièce, il vaut mieux continuer à jouer, car il pourrait vous en offrir encore une, puis une autre, et qui sait ? »

Najdorf est resté actif jusqu'à la fin de sa vie. En 1979, à 69 ans, il partageait encore la deuxième place dans un très fort tournoi à Buenos Aires avec 8/13, derrière Bent Larsen (11/13), mais devant les anciens champions du monde Tigran Petrossian et Boris Spassky. À Buenos Aires en 1988, il marque encore 8½/15 et se classe 4e à l'âge de 78 ans. Au championnat d'Argentine de 1989, il finit 4e-7e avec 10/17 avec d'autres grands maîtres. Son dernier championnat national date de 1991 à 81 ans. Il est aussi resté un joueur de blitz exceptionnel jusqu'à la fin de sa vie, en 1997.

Résultats aux Olympiades (1935-1976)[modifier | modifier le code]

Najdorf a joué pour l'équipe de Pologne lors de trois Olympiades d'échecs . En août 1935, il est 3e échiquier lors de l'Olympiade de Varsovie[6] (+9 –2 =6). En juin/juillet 1937, il est également au deuxième échiquier lors de l'Olympiade de Stockholm[7] (+5 –3 =7). Il obtient le meilleur résultat au 2e échiquier de l'équipe polonaise lors de l'Olympiade d'échecs de 1939[8] à Buenos Aires en août/septembre 1939 (+12 -2 =4).
En outre, il joue au deuxième échiquier lors de l'Olympiade (non officielle) de Munich (+14 –2 =4) en août 1936.

Après la guerre, il représente l'Argentine aux olympiades de 1950 à 1976. Il est au premier échiquier à l'Olympiade de Dubrovnik en 1950 (+8 –0 =6), ainsi qu'à celle d'Helsinki (+11 -2 =3).

Au total, Najdorf a remporté onze médailles olympiques (sept pour les résultats par équipe de la Pologne puis de l'Argentine : quatre médailles d'argent et trois médailles de bronze, et quatre à titre individuel : trois médailles d'or en 1939, 1950 et 1952, et une médaille d'argent en 1962). Le meilleur résultat pour l'Argentine fut une médaille d'argent à Helsinki en 1952.

Contributions à la théorie des ouvertures[modifier | modifier le code]

Chess zhor 26.png
Chess zver 26.png
Tour noire sur case blanche a8 Cavalier noir sur case noire b8 Fou noir sur case blanche c8 Reine noire sur case noire d8 Roi noir sur case blanche e8 Fou noir sur case noire f8 Case blanche g8 vide Tour noire sur case noire h8
Case noire a7 vide Pion noir sur case blanche b7 Case noire c7 vide Case blanche d7 vide Pion noir sur case noire e7 Pion noir sur case blanche f7 Pion noir sur case noire g7 Pion noir sur case blanche h7
Pion noir sur case blanche a6 Case noire b6 vide Case blanche c6 vide Pion noir sur case noire d6 Case blanche e6 vide Cavalier noir sur case noire f6 Case blanche g6 vide Case noire h6 vide
Case noire a5 vide Case blanche b5 vide Case noire c5 vide Case blanche d5 vide Case noire e5 vide Case blanche f5 vide Case noire g5 vide Case blanche h5 vide
Case blanche a4 vide Case noire b4 vide Case blanche c4 vide Cavalier blanc sur case noire d4 Pion blanc sur case blanche e4 Case noire f4 vide Case blanche g4 vide Case noire h4 vide
Case noire a3 vide Case blanche b3 vide Cavalier blanc sur case noire c3 Case blanche d3 vide Case noire e3 vide Case blanche f3 vide Case noire g3 vide Case blanche h3 vide
Pion blanc sur case blanche a2 Pion blanc sur case noire b2 Pion blanc sur case blanche c2 Case noire d2 vide Case blanche e2 vide Pion blanc sur case noire f2 Pion blanc sur case blanche g2 Pion blanc sur case noire h2
Tour blanche sur case noire a1 Case blanche b1 vide Fou blanc sur case noire c1 Reine blanche sur case blanche d1 Roi blanc sur case noire e1 Fou blanc sur case blanche f1 Case noire g1 vide Tour blanche sur case blanche h1
Chess zver 26.png
Chess zhor 26.png
La variante Najdorf de la défense sicilienne après 1. e4 c5 2. Cf3 d6 3. d4 cxd4 4. Cxd4 Cf6 5. Cc3 a6

La variante Najdorf de la défense sicilienne, une des variantes d'ouverture les plus populaires, porte son nom. Elle a notamment été pratiquée par Bobby Fischer et Garry Kasparov. Najdorf a également apporté des contributions à la théorie de la défense est-indienne. Il a aussi été journaliste, animant une rubrique populaire dans le journal Buenos Aires Clarin.

Parties remarquables[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Moishe selon certaines sources.
  2. Najdorf perdit sa famille dans la Shoah, se remaria en Argentine et eut deux filles
  3. Perlas Ajedrecísticas
  4. (en) Chessmetrics Summary for 1945 - 1955. La Fédération internationale des échecs n'adopte le classement Elo qu'en 1970, Chessmetrics a calculé les classements historiques antérieurs en fonction des résultats des tournois.
  5. Interzonal de Goteborg 1955, Mark Weeks
  6. Résultats de l'équipe de Pologne à l'Olympiade de Varsovie
  7. Résultats de l'équipe de Pologne à l'Olympiade de Stockholm
  8. Résultats de l'équipe de Pologne à l'Olympiade de Buenos Aires

Références[modifier | modifier le code]

  • (en) Garry Kasparov, My Great Predecessors, part IV, Everyman Chess,‎ 2004 (ISBN 1-85744-395-0)
  • (en) Tomasz Lissowski, Adrian Mikhalchisine et Miguel Najdorf Najdorf : Life and Games, Batsford, 2005

Liens externes[modifier | modifier le code]