Judit Polgár

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Dans le nom hongrois Polgár Judit, le nom de famille précède le prénom, mais cet article utilise l’ordre habituel en français Judit Polgár, où le prénom précède le nom.

Judit Polgár

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Judit Polgár en 2013

Naissance 23 juillet 1976 (38 ans)
Budapest, Hongrie
Nationalité Drapeau de Hongrie Hongroise
Profession
Joueuse d'échecs
Distinctions

Judit Polgár, née le 23 juillet 1976, est une joueuse d'échecs hongroise.

En décembre 1991, elle obtient la dernière norme pour le titre de grand maître international — à moins de quinze ans et cinq mois — et devient le premier joueur à battre le record de précocité que l'américain Bobby Fischer détenait depuis plus de 33 ans (grand maître à 15 ans et 6 mois en 1958). Son titre de grand maître lui est décerné officiellement par la Fédération internationale des échecs début 1992[1].

Au 1 novembre 2014, Judit Polgár est le 69e joueur mondial et première joueuse féminine, avec un classement Elo de 2 675 points[2]. Son meilleur classement a été huitième mondial avec 2 735 points aux classements de juillet et d'octobre 2005. Le 13 août 2014, dans une interview au Times, elle annonce prendre sa retraite échiquéenne[3].

Meilleure joueuse de la fin du XXe siècle avec une très confortable avance[4], Judit Polgár ne participe plus aux compétitions réservées aux femmes mais affronte directement l'élite mondiale masculine. Elle est considérée par certains comme la meilleure joueuse d'échecs de tous les temps[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Judit Polgár et sa sœur Zsófia Polgár en 1988 lors de l'Olympiade d'échecs de Thessalonique.

Judit Polgár est la fille de László Polgár et la sœur benjamine de Susan et de Sofia, deux autres championnes d'échecs.

Elle est initiée très tôt aux échecs par son père, qui entend démontrer avec ses filles que le génie n'est pas inné et que l'on peut atteindre l'excellence par l'entraînement dans n'importe quel domaine particulier[5].

Carrière échiquéenne[modifier | modifier le code]

En 1988, alors qu'elle est championne du monde des moins de 12 ans, elle forme l'équipe hongroise féminine à l'Olympiade d'échecs de Thessalonique avec ses deux sœurs et Ildiko Madl, l'équipe remporte le titre devant l'URSS qui avait dominé les épreuves précédentes. Elles renouvellent l'exploit en 1990 à Olympiade d'échecs de Novi Sad.

En janvier 1989, son classement Elo est de 2 555, soit le classement d'un grand maître international, la plaçant 55e joueur mondial. Elle remporte le championnat des moins de 14 ans en 1990 à Fond du Lac.

Elle obtient la dernière norme pour le titre de grand maître en décembre 1991, à Budapest, en remportant le championnat de Hongrie à 15 ans et presque cinq mois. Elle devenait grand maître international quelques mois après sa sœur Susan, et battait le record de précocité auparavant détenu par Bobby Fischer depuis 1958[6],[7].

En 1993, elle remporte le tournoi d'Hastings et elle bat en match l'ancien champion du monde Boris Spassky 5,5-4,5.

Elle termine première au tournoi de Madrid (catégorie 16) en 1994, et l'année suivante elle gagne un match contre le prodige néerlandais Jeroen Piket 6-2.

Elle remporte encore le tournoi de León (catégorie 17) en 1996, l'US Open en 1998, le tournoi de Hoogeveen (tournoi VAM, ex æquo avec Jan Timman) en 1999, Sigeman and Co, Japfa Classic, la finale du festival Najdorf en 2000. Aux Olympiades de 2000, elle obtient le score de 10/13 au troisième échiquier.

En 2001, elle est 2e ex æquo au tournoi de Linares.

Accession au top 10 mondial[modifier | modifier le code]

Judit Polgar en 2008.

En janvier 1996, son classement par la FIDE de 2675 Elo en fait le 10e joueur mondial, et la seule femme a être jamais entrée parmi les dix meilleurs[8],[9].

Elle reste à ce niveau durant les huit années suivantes : au classement d'avril 2003, son classement Elo de 2 715 la place à nouveau au dixième rang mondial. La même année, elle termine deuxième et invaincue au prestigieux tournoi de Wijk aan Zee aux Pays-Bas, un demi-point derrière l'Indien Viswanathan Anand et un point devant le champion du monde classique Vladimir Kramnik. Grâce à ces performances, elle occupe la huitième place mondiale aux classements de 2004.

Judit Polgár est mariée à un vétérinaire hongrois, Gustav Fonts, et donne naissance à un fils, Olivér, en août 2004 et une fille, Hanna, en juillet 2006.

Elle disparaît temporairement du classement Elo de la FIDE de janvier 2005 suite à une inactivité de plus d'un an et c'est sa sœur, Susan Polgar, qui occupe alors la première place au classement féminin.

Judit Polgár participe au tournoi de Wijk aan Zee en 2005, finissant ex aequo à la cinquième place avec 7/13[10]. Elle termine troisième dans un très fort tournoi en double-rondes à Sofia en Bulgarie, ex aequo avec Ruslan Ponomariov, derrière Viswanathan Anand et Veselin Topalov mais devant Michael Adams et Vladimir Kramnik et reprend la huitième place mondiale qu'elle occupait un an plus tôt et atteint le meilleur classement Elo de sa carrière avec 2 735 points.

Au Championnat du monde de la Fédération internationale des échecs 2005, elle prend la dernière place, probablement affaiblie par son éloignement prolongé de la compétition.

En avril 2011, elle termine troisième au championnat d'Europe individuel à Aix-les-Bains.

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

Le 13 août 2014, dans une interview au Times, elle annonce prendre sa retraite échiquéenne[11].

La meilleure joueuse féminine mondiale[modifier | modifier le code]

Judit Polgár lors du Mainz Chess Classic de 2008.

Judit Polgár est la meilleure joueuse féminine mondiale depuis la fin du XXe siècle, et est généralement considérée comme la meilleure joueuse féminine de tous les temps[4] ; pourtant elle n'a jamais participé au championnat du monde d'échecs féminin contrairement à ses sœurs dont l'aînée, Susan, fut championne du monde d'échecs féminin de 1996 à 1999, lors que Judit était déjà la numéro un mondial.

La raison est que, quand elle a brisé, à 15 ans, le record de précocité de Bobby Fischer pour le titre de Grand maître international, elle fut plusieurs années durant un espoir mondial pour le titre de champion du monde d'échecs masculin. Aussi, elle ne participe pas aux tournois féminins[12] et joue quasi exclusivement avec des joueurs de son niveau, soit des hommes. Vu sa différence de niveau avec les autres joueuses, elle se retrouve donc très souvent, dans les tournois auxquels elle participe, la seule joueuse féminine.

Publications[modifier | modifier le code]

  • (en) Judit Polgar, Judit Polgar teaches Chess, Quality Chess, Glasgow, 2012
  • (en) Judit Polgár: How I beat Fischer’s record, Quality Chess, Glasgow, 2012, ISBN 978-1-907982-19-4

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Fiche de Judit Polgár sur le site de la FIDE avec la date où elle reçut le titre de grand maître.
  2. « November 2014 ratings – minor adjustments » Chessbase.com - 1 novembre 2014, consulté le 15 décembre 2014.
  3. (en) « Judit Polgar to retire from competitive chess », Chessbase.com, 13 août 2014.
  4. a, b et c Les références ci-dessous sont un échantillon (en anglais) de sources affirmant que Judit Polgár est de loin la plus forte joueuse de tous les temps :
    • (en) « Anand wins chess "Battle of the Sexes" », Milwaukee Journal Sentinel,‎ 2003-08-18, p. 6A note: The Associated Press story on Aug.17/18, 2003 on the Polgár–Anand match explicitly refers to Polgár with the words "by far the strongest woman chess player ever"
    • « Polgar, Judit », Encyclodedia Britannica Online (consulté le 8 mai 2011) note: explicitly uses "by far": "By far the strongest female player of all timer".
    • (en) Dylan Loeb McClain, « Chess; The Secret of Playing Blindfold: Memory May Be the Least of It », The New York Times,‎ 2006-12-24 (lire en ligne)
    • Malcolm Pein, « A crown for Kosteniuk », Telegraph Media Group Limited, Londres,‎ 2009-09-22 (lire en ligne) Malcolm Pein, British IM and Executive Editor of CHESS magazine, when speaking of A. Kosteniuk's victory over Hou Yifan for the Women's World Champtionship, said "Currently Judit Polgár is in another league from any other female player."
    • (en) « Elite Players Of Chess To Compete », The New York Times,‎ 2005-05-17 (lire en ligne)
    • (en) James M. Humber et Robert F. Almeder, Human cloning, Humana Press inc. (ISBN 0-89603-565-4), p. 87
    • Bruce Weber, « Next Move? Chess enthusiasts puzzle over game's gender imbalance », Milwaukee Journal Sentinel,‎ 1996-12-22, p. 17A
    • Lubomir Kavalek, « Chess », The Washington Post,‎ 2005-01-17, C12 Kavalek, GM in the top 100 players for 26 years, called Polgár, "the all-time best female player"
    • (en) Bruce Pandolfini, Treasure Chess: Trivia, Quotes, Puzzles, and Lore from the World's Oldest Game, Random House,‎ 2007 (ISBN 978-0-375-72204-2), p. 84 Panolfini, chess author and coach, writes "Judit Polgár is simply the strongest female chess player in history."
  5. (en) David Shenk, The Immortal Game: Or How 32 carved pieces on a board illuminated our understanding of war, art, science, and the human brain, Anchor Canada/Random House,‎ 2006 (ISBN 978-0-385-66227-7), p. 132
  6. (en) « Hungarian teen-ager achieves rank of chess grandmaster », The Globe and Mail, Toronto,‎ 1992-02-05, A9
  7. (en) « Hungarian chess whiz is youngest grandmaster ever », The News, Boca Raton, Florida,‎ 1992-02-05, p. 3A
  8. (en) Jonathan Berry, « Kramnick, 20 Tops the rating list », The Globe and Mail, Toronto,‎ 1996-01-06, A12
  9. « All Time Rankings:FIDE Top 10 1970–1997 », The University of Edinburgh (consulté le 2010-05-15)
  10. grille finale de Wijk aan Zee 2005
  11. (en) « Judit Polgar to retire from competitive chess », Chessbase.com, 13 août 2014.
  12. Il existe des tournois réservés aux femmes, sachant que tous les autres sont mixtes

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Tibor Károlyi, Judit Polgar, The Princess of Chess, Batsford, Londres, 2004.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Liste des 10 premières mondiales au 1er septembre 2014
Rang Ancien
rang
Nom Titre Fédération Elo
(variation)
Parties
jouées
Née en Rang mondial
1 (1) Judit Polgár g Drapeau de la Hongrie Hongrie 2675 (− 1) 6 1976 69
2 (2) Hou Yifan g Drapeau de la République populaire de Chine Chine 2663 (+ 2) 21 1994 87
3 (3) Humpy Koneru g Drapeau de l'Inde Inde 2598 (=) 0 1987 236
4 (6) Nana Dzagnidze g Drapeau de la Géorgie Géorgie 2566 (+ 16) 9 1987 274
5 (4) Ju Wenjun gmf Drapeau de la République populaire de Chine Chine 2561 (+ 2) 11 1991 373
6 (5) Anna Mouzytchouk g Drapeau de la Slovénie Slovénie 2551 (− 4) 10 1990 271
7 (8) Alexandra Kosteniouk g Drapeau de la Russie Russie 2543 (+ 12) 9 1984 478
8 (4) Valentina Gounina g Drapeau de la Russie Russie 2540 (+ 16) 10 1989 490
9 (7) Kateryna Lagno g Drapeau de l'Ukraine Ukraine 2540 (=) 10 1989 491
10 (10) Viktorija Čmilytė g Drapeau de la Lituanie Lituanie 2525 (=) 0 1983 565

Moyenne Elo :

Les variations concernent la différence avec la liste du 1er août 2014.