Parapsychologie

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La parapsychologie est l'étude pluridisciplinaire au moyen de la méthode expérimentale de phénomènes qui mettraient en jeu le psychisme et son interaction avec l'environnement. Ces phénomènes sont appelés phénomènes Psi. Le fondateur de cette discipline est Joseph Banks Rhine. La parapsychologie a succédé historiquement à la métapsychique, qui étudiait le somnambulisme et les médiums au XIXe siècle. Pour la majorité des scientifiques, la parapsychologie est néanmoins considérée comme une pseudo-science.

La parapsychologie tente d'établir scientifiquement l'existence du Psi. Les phénomènes psi sont généralement classés en deux grandes catégories :

La parapsychologie est généralement considérée dans les milieux scientifiques comme une pseudo-science à cause de son incapacité à prouver l'existence de son objet d'étude, le Psi, mais aussi par sa remise en cause des principes de nombreux autres domaines scientifiques, comme la physique fondamentale ou la biologie. Les recherches en parapsychologie sont critiquées, voire démystifiées, par les scientifiques relevant du Scepticisme scientifique. Les sceptiques reprochent essentiellement aux parapsychologues de ne pas « donner sa chance à l'hypothèse H_0 ». Ils acceptent de remettre en question des points de théorie, mais jamais leur postulat de départ, qui est l'existence du Psi, posée a priori[1]. Le psychologue James Alcock répertorie les principaux arguments sceptiques contre l'existence du Psi[2].

À l'inverse, la psychologie des expériences inhabituelles est une discipline qui étudie les phénomènes prétendument paranormaux dans une perspective psychologique, sociologique ou encore ethnologique, sans référence au Psi.

La parapsychologie naît à la fin du XIXe siècle en Angleterre au Trinity College à Cambridge sous l'influence de Henry Sidgwick et Frederic William Henry Myers.

L'illusionniste américain, James Randi, et en France le bio-physicien Henri Broch du Laboratoire de zététique de l'Université de Nice Sophia-Antipolis et le magicien Gérard Majax ont offert un million de dollars à quiconque prouverait l'existence d'un phénomène Psi, sans que jamais personne ne parvienne à relever le défi[3].

Les chercheurs en parapsychologie[modifier | modifier le code]

Le terme de parapsychologue fait le plus souvent référence à un chercheur possédant un diplôme de psychologie, bien que des scientifiques d'origines très diverses (physiciens, médecins, biologistes...) en viennent à se spécialiser dans ce domaine. Certains pays, tels que le Royaume-Uni, ont mis en place des diplômes d'état portant spécifiquement sur la parapsychologie. La quasi-totalité des parapsychologues sont membres d'une association scientifique spécifique, la Parapsychological Association (PA)[4] organisme membre de l'AAAS. Les conditions pour devenir "Full member" de cette association sont les suivantes : détenir un doctorat, avoir publié un article traitant de parapsychologie reconnu par les membres de l'association comme étant de bonne qualité et ayant été publié dans un journal scientifique ou le méritant, et être coopté par deux membres de l'association[5]. Ces critères sont par exemple quasi identiques à ceux de l'American Psychological Association[6].

De ce point de vue, rien ne distingue le chercheur en parapsychologie d'un chercheur dans n'importe quel autre domaine d'activité scientifique. C'est d'ailleurs l'avis du sceptique Ray Hyman : "La plupart des parapsychologues expérimentaux ont des diplômes universitaires (...) Ils ont été formés à utiliser les mêmes contrôles expérimentaux et techniques statistiques typiques de l'investigation scientifique."[7]

Le nombre de membres de la PA semble relativement stable depuis plusieurs années, avec environ une centaine de "Full Members"[8]. Si l'on inclut les diverses catégories de membre de la PA on peut compter qu'environ 200 chercheurs travaillent dans le domaine de la parapsychologie à travers le monde, dont un quart effectue des recherches à plein temps au sein de structures officielles. Il existe environ une vingtaine de laboratoires universitaires travaillant sur la parapsychologie. La plupart sont situés en Grande-Bretagne.

En voici quelques exemples :

  • la Koestler Parapsychology Unit (KPU)[9] de l'université d'Édimbourg,
  • le département de parapsychologie de l'université de Northampton en Angleterre[10]
  • la chaire de parapsychologie de l'université d'Utrecht aux Pays-Bas[11],
  • le département de parapsychologie de l'université de Lund en Suède[12],
  • La Perrott-Warrick Research Unit du département de psychologie de l'université d'Herfordshire,
  • L'Anomalistic Psychology Research Unit de l'Université Goldsmith de Londres[13],
  • le Princeton Engineering Anomalies Research (PEAR)[14] de l'université de Princeton qui n'est actuellement plus en fonctionnement.

Psychanalyse et parapsychologie[modifier | modifier le code]

L'occultisme et la parapsychologie n'ont guère intéressé Freud. Positiviste, il y voit une régression à l'état animiste. Dans Considérations actuelles sur la guerre et la mort (1915), Freud explique ainsi que la croyance dans les esprits est une réaction devant la mort. Cependant, plusieurs événements vont relativiser son opinion. Au début de sa rencontre avec Carl Gustav Jung, le 25 mars 1909, les deux hommes se retrouvent seuls pour évoquer l'intérêt des phénomènes para-psychologiques en psychanalyse. Freud refuse d'y voir des matériaux à exploiter, méprisant cet intérêt de Jung. Il y a alors des craquements soudains dans la bibliothèque de Jung, qui, peu surpris, annonce à Freud qu'il s'en produira de nouveau. En effet, peu de temps après, un nouveau craquement se fait entendre ; Jung note que Freud en est alors particulièrement effrayé, et depuis ce moment il nourrit une profonde méfiance envers le psychiatre suisse. L'étude de Christian Moreau[F 1] revient sur des textes de Freud dans lesquels il témoigne d'une certaine perplexité pour les phénomènes limites et notamment pour la télépathie.

Résultats et hypothèses de la parapsychologie[modifier | modifier le code]

Les expériences effectuées par les parapsychologues ont mis en évidence des effets[15]. Ces effets ont des tailles relativement faibles, ce qui implique la nécessité d'études avec une forte puissance statistique[16]. Néanmoins, les effets sont du même ordre que ceux observés en médecine et pharmacologie[17]. L'interprétation de ces effets est l'objet de débats au sein de la communauté parapsychologique. À l'heure actuelle il est difficile de déterminer si ces résultats sont le fruit d'artefacts subtils ou la mise en évidence d'interactions inconnues. La principale difficulté provient du fait qu'à supposer que ces interactions existent, il n'existe pas de démonstration sur le plan physique et biologique de leurs mécanismes. Cependant, les travaux déjà effectués permettent d'arriver à un certain nombre d'observations :

  • Si les perceptions existent, elles ne reposent pas sur un canal physique tel qu'ondes électromagnétiques, ultra-sons, etc. Des expériences avec cages de Faraday, ou bien à des distances de milliers de kilomètres, ont eu des résultats positifs[18].
  • Ces perceptions semblent indépendantes de la distance et du temps. Il n y a pas de différence entre les effets par précognition ou par clairvoyance.
  • Une anomalie de communication (télépathie) peut apparaître grâce au protocole Ganzfeld.
  • Les résultats varient d’un sujet à l’autre et d’un test à l’autre, ce qui entraine une non-reproductiblité au sens strict. Pourtant, il existe, comme dans toute science humaine, une reproductibilité statistique qui peut être mise en évidence par la méta-analyse[19],[20]. Ces effets ne sont donc pas impossibles à reproduire, ils nécessitent des paramètres spécifiques[21].
  • La plupart des expériences psi mettent en évidence un effet de déclin : les réussites sont plus importantes au début qu’au milieu du test, et parfois remontent vers la fin (la fameuse courbe en U). Cet effet, observable dans des expériences de psychologie cognitive classique, pourrait provenir de la fatigue et la lassitude des sujets[22],
  • Quelquefois, on obtient du psi-missing, c’est-à-dire des résultats aux tests significativement très inférieurs à ceux prévus par le hasard (comme si les sujets « rataient » volontairement). Il est possible de prévoir avant le déroulement d'une hypothèse ce type d'effets chez les sujets qui ne croient pas en l'existence de ces expériences[23].
  • Les phénomènes de RSPK semblent se focaliser autour d’un individu (souvent un jeune souffrant de problèmes psychologiques), et/ou de certains objets[24].
  • L’ampleur des effets PK ne dépend pas de la complexité du dispositif expérimental[25].

Axes de recherche[modifier | modifier le code]

Les travaux effectués dans le domaine de la parapsychologie expérimentale peuvent être classés en deux grandes catégories :

  • Les travaux élitistes concernent les recherches portant sur des sujets « doués », appelés aussi « sujets psi ». Les travaux effectués dans ce domaine, dans des cadres contrôlés, ont pour ambition d'éviter toute interférence dans le protocole expérimental, comme la lecture froide et les effets Barnum dans le domaine des perceptions extra sensorielles. Pour la psychokinèse, les dispositifs mis en place sont généralement plus complexes. En effet, de nombreux exemples de « tricherie » ont été rencontrés chez les sujets, ces derniers utilisant des techniques empruntées à l'illusionnisme.
  • Les travaux universalistes ont été développés principalement à l'université de Duke par Joseph Banks Rhine, dans le prolongement de travaux de Charles Richet. Ils ont pour but la mise en évidence d'effets psi chez des individus non sélectionnés. Ces expérimentations nécessitent un nombre d'essais très important, car les phénomènes recherchés apparaissent avec une fréquence très faible. On peut notamment citer le protocole Ganzfeld ou encore les travaux de micro-PK d'Helmut Schmidt. C'est à l'heure actuelle l'approche qui est privilégiée au sein des laboratoires de parapsychologie.

Validité[modifier | modifier le code]

La parapsychologie est un champ d'étude particulièrement controversé. L'existence même de son sujet d'étude n'est pas prouvée et est régulièrement remise en question. Si certains observateurs considèrent que les travaux dans ce domaine ont permis de mettre en évidence des phénomènes inexplicables autrement que par le psi, d'autres contestent ces analyses et remettent en cause le statut scientifique de la parapsychologie. En effet, cette discipline est confrontée à de majeures critiques :

Parapsychologie et fraude[modifier | modifier le code]

La question de la fraude est source de nombreux débats. On peut tout d'abord remarquer qu'il existe plusieurs exemples historiques de fraude en parapsychologie. Au XIXe siècle, par exemple, alors que le débat faisait rage à propos du spiritisme et de l'existence des esprits, l'illusionniste Harry Houdini fut un critique de certains médiums. Il dénonça les trucs d'illusionnisme utilisés par les médiums spirites afin de faire croire qu'ils étaient capables de communiquer avec les morts. Mais il faut remarquer que les parapsychologues et les métapsychistes eux aussi ont effectué ce travail d'explication et de mise en évidence de divers procédés charlatanesques[26]. Certains prestidigitateurs célèbres, par exemple Robert-Houdin, n'ont d'ailleurs pas été en mesure, dans certaines séances, d'expliquer les phénomènes observés[27]

La fraude des sujets[modifier | modifier le code]

Il peut exister deux types de fraudes en parapsychologie: le premier est celui en provenance de sujets étudiés[28], le second est celui de données altérées par les parapsychologues eux-mêmes. En ce qui concerne la première catégorie, il est essentiel, lorsqu'on étudie un sujet prétendument doué pour le psi, d'avoir un illusionniste pour minimiser au maximum le risque de tricheries. Différents ouvrages proposent des conseils pour prévenir ce genre de fraudes, tel que par exemple l'ouvrage de Richard Wiseman et Robert L. Morris Guidelines for testing psychic claimants[29].

On pourra également remarquer la difficulté de travailler avec des sujets dans le domaine de la psychokinèse, comme Uri Geller, ayant des connaissances en prestidigitation. Ce dernier a notamment été critiqué par James Randi. Une expérience, publiée dans la revue Nature, a d'ailleurs été l'occasion de nombreux débats[30].

Les cas de fraude d'expérimentateurs[modifier | modifier le code]

Il existe peu de cas de fraude non disputée en parapsychologie:

  • L'affaire Walter J. Levy[31], élève de Rhine. Dans ce cas, c'est l'équipe du laboratoire de parapsychologie de l'université de Duke, qui en vérifiant les données, se rendit compte d'une incohérence dans celles provenant de Levy. Levy, sous la pression de Rhine, avoua avoir triché. Rhine publia dans le Journal of Parapsychology cette découverte et toutes les publications de Levy furent donc jugées par les parapsychologues comme irrecevables.
  • L'affaire Samuel Soal[32].

Harvey J. Irwin et Caroline A. Watt[33] indiquent pour leur part qu'aucune étude ne démontre qu'il y a davantage de fraude en parapsychologie que dans les autres disciplines.

Charles Edward Mark Hansel propose d'autre exemples de fraude de la part de chercheurs en parapsychologie dans son ouvrage ESP: A Scientific Evaluation[34]. Hansel, tout comme Randi, est critiqué par certains scientifiques concernant la cohérence des critiques[35].

Charles Tart prétend que certains sceptiques, ne trouvant aucun biais dans les protocoles de parapsychologie, invoquent une fraude de la part des expérimentateurs, fraude qui n'a pas été mise en évidence. On peut citer plusieurs exemples :

  • James Randi à propos des expériences de Rupert Sheldrake avec le chien Jaytee. Randi affirma avoir analysé les données et découvert des biais. Si l'on en croit Sheldrake[36], Randi aurait avoué qu'il n'avait en réalité jamais consulté les données.
  • Hansel à propos des expériences de Rhine et de la Séance Pearce-Pratt. Ne trouvant pas de biais dans ces expériences, Hansel consulta des plans du laboratoire qui pouvaient selon lui permettre une fraude. Or les plans consultés n'étaient pas de la bonne époque. Si l'on se réfère aux plans réels, la critique d'Hansel est incohérente[37]. Malgré la connaissance de cette erreur, Hansel ne revint jamais sur sa position.
  • Henri Broch à propos des expériences de Rhine. Henri Broch affirme que les résultats des expériences de Rhine proviennent notamment du dos des cartes qui peut comporter certaines imperfections[38]. Or, dans la plupart des recherches de Rhine, les sujets ne voyaient pas le dos des cartes[39].

Selon un certain nombre de parapsychologues, les sceptiques diffusent par les médias de faux biais afin de discréditer la recherche en parapsychologie[40].

Outre la fraude volontaire, il peut exister des erreurs involontaires, comme dans n'importe quel domaine scientifique, provenant des convictions des expérimentateurs. On parle alors d'effet Rosenthal ou effet Pygmalion.

Le problème de la reproductibilité[modifier | modifier le code]

Il s'agit du principal reproche à l'encontre de la parapsychologie. Le faible taux de reproductibilité des expériences ainsi que la variabilité des résultats en fonction des expérimentateurs sont pointés du doigt par les sceptiques, qualifiant la discipline de pseudo-science. En effet, le principe de reproductibilité est généralement considéré comme une caractéristique essentielle d'une science expérimentale. Les parapsychologues tentent de résoudre ce problème en cherchant des explications aux échecs de reproductibilité (effet mouton-chèvre, effet expérimentateur...) et en utilisant des méthodes telles que les méta-analyses. Les observateurs sceptiques considèrent pour leur part que les difficultés de reproduction des résultats significatifs par d'autres chercheurs sont une preuve que le psi n'existe pas et que les résultats positifs sont dus à des biais expérimentaux.

Effet Tiroir[modifier | modifier le code]

Les critiques de la parapsychologie mentionnent souvent l'existence d'un effet "tiroir" (ou en anglais filedrawer effect)[41] en parapsychologie. L'Effet Tiroir est un biais de publication[42], qui existe dans tous les domaines de la science, mais qui joue à plein en parapsychologie : les revues ont beaucoup plus tendance à publier des recherches ayant des résultats positifs que des recherches ayant des résultats négatifs. Le résultat de ce biais de publication est qu'en lisant la littérature le lecteur a l'impression que les résultats sont en faveur d'une hypothèse (en parapsychologie, l'hypothèse de l'existence du psi), alors que si toutes les recherches étaient publiées il pourrait constater qu'en moyenne les résultats sont en défaveur de l'hypothèse.

Henri Broch[43], ainsi que d'autres auteurs, ont pour cette raison critiqué les méta-analyses. Le résultat d'une méta-analyse dépend bien évidemment des études qui sont incluses dans celle-ci. S'il y a un biais important de publication, alors forcément le résultat de la méta-analyse sera biaisé. Cependant, il existe diverses méthodes permettant d'estimer l'importance d'un effet tiroir dans un ensemble de publications données, et de corriger le résultat de la méta-analyse en conséquence.

Le problème de la théorie[modifier | modifier le code]

Il n'existe pas actuellement de théorie scientifique unanimement acceptée permettant d'expliquer les résultats obtenus par les parapsychologues. Il existe cependant des « modèles de compréhension » permettant de déterminer quels sont les paramètres permettant d'obtenir des effets psi (meilleurs résultats chez les sujets liés affectivement, importance de certains caractères psychologiques, etc.) et des esquisses de théories descriptives comme le modèle de l'information pragmatique (Lucadou, 1987). La journaliste Lynne Mc Taggart dans son enquête L'univers informé (Ariane, 2006) retrace l'aventure des recherches qui tendent à dessiner un nouveau paradigme scientifique sur un univers en interrelation où l'esprit et le corps humain sont baignés et reliés par un « champ d'énergie ». Ces théories ne font pas non plus consensus, en particulier concernant le fait qu'elles contredisent ou non les théories actuelles en physique contemporaine. Certains auteurs sceptiques pensent que ces théories ne sont pas conciliables avec les théories classiques tandis que d'autres chercheurs (on peut citer notamment Werner Heisenberg,le prix Nobel de physique Brian Josephson, Rémy Chauvin, ou encore le français Olivier Costa de Beauregard, chercheur en physique quantique) pensent que les théories du psi n'invalident pas les modèles de physique contemporains, mais qu'ils les complètent. Au niveau théorique, les sceptiques critiquent généralement le fait que le « support » de l'information et un éventuel organe « récepteur » n'aient pas été mis en évidence. Pour les parapsychologues, les effets psi ne fonctionnent pas selon les mêmes modalités que les autres phénomènes physiques, et par conséquent parler de support d'information et d'organe récepteur est inadapté.

Anormalité et causalité[modifier | modifier le code]

Les expériences de parapsychologie tentent de mettre en évidence des déviations statistiques anormales liées à un paramètre de l'expérience (par exemple le taux de réussite que les sujets ont à deviner la couleur d'une carte en fonction de cette couleur) or, une corrélation n'implique pas que le lien est le psi. Cela peut être dû à des paramètres cachés de l'expérience.

L'effet expérimentateur[modifier | modifier le code]

Le terme d'effet expérimentateur prend un sens particulier dans le domaine de la parapsychologie. C'est une forme particulière de l'effet mouton-chèvre au niveau de l'expérimentateur. Les parapsychologues émettent l'hypothèse que l'expérimentateur pourrait avoir une influence sur les résultats de façon psi (et non pas de façon classique, par exemple avec l'effet Rosenthal). Les sceptiques, à l'inverse, y voient un effet Rosenthal classique. La possibilité de distinguer d'éventuels effets psi provenant des sujets avec ceux provenant des expérimentateurs est un débat important au sein de la communauté des parapsychologues.

Activité cérébrale[modifier | modifier le code]

Si le psi existe, il doit être possible d'identifier une activité cérébrale particulière lors d'une tâche psi. Certaines études semblent suggérer des corrélations des EEG entre sujets isolés[44],[45]. Ce type de corrélation a aussi été mis en évidence par IRMf[46],[47],[48]. Une activité cérébrale avant présentation d'un stimulus visuel a aussi été mise en évidence dans une expérience sur le pressentiment[49]. Cependant, une étude récente utilisant aussi l'IRMf, n'a trouvé aucune différence d'activation cérébrale entre une tâche psi et une tâche similaire non psi[50]. Les auteurs de ce dernier travail affirment que leur recherche apporte une preuve forte en défaveur de l'existence du psi.

Polémiques autour de la parapsychologie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Projet Alpha.

La parapsychologie est largement controversée dans la communauté scientifique et par les "sceptiques" (ou en France les tenants de la Zététique) :

  • Elle est premièrement contestée en raison de son incapacité à prouver de manière indubitable l'existence de son objet d'étude (le Psi).
  • On lui reproche ensuite aussi le plus souvent la faiblesse de ses protocoles expérimentaux et le manque de rigueur des parapsychologues, qui tirent des conclusions hasardeuses par rapport aux résultats des expériences.
  • Une autre critique majeure de la parapsychologie est qu'elle n'a jamais réussi à produire une expérience qui soit réplicable par tous (que le chercheur soit un croyant ou un sceptique) avec des résultats constants.
  • Un autre reproche classique est qu'il s'agit d'un domaine de recherche largement envahi par la fraude, les chercheurs falsifiant leurs résultats.
  • On parle aussi souvent dans la littérature sceptique de l'« effet tiroir », qui est un biais de publication. Un chercheur ayant tendance à publier des expériences ayant obtenu des résultats positifs mais à laisser celles ayant obtenu des résultats négatifs « dans le tiroir de son bureau », ce qui donne une mauvaise perception de l'état actuel de la recherche lorsqu'on lit l'ensemble de la littérature publiée.
  • Enfin, la parapsychologie se caractérise par un très petit nombre de chercheurs. Lorsqu'on ouvre une revue de parapsychologie, les mêmes noms reviennent, de numéro en numéro. Cet état de fait n'est pas une bonne chose pour une relecture critique des articles : en effet, le petit nombre de chercheurs publiant dans les revues de parapsychologie sont aussi les mêmes qui font partie des comités de lecture de ces revues.

La parapsychologie est souvent qualifiée de pseudo-science pour ces différentes raisons. Ses défenseurs la considèrent en revanche comme étant tout à fait scientifique. En effet, on allègue quelquefois que la parapsychologie étudie des phénomènes qui ne sont qu'en apparence inexplicables et que, si cette discipline examinait davantage les phénomènes qui l'intéressent, elle serait en mesure de les réduire à des lois connues et admises ; mais c'est là méconnaître un des objectifs de la parapsychologie, qui ne cherche pas tant à soutenir que des phénomènes sont inexplicables, qu'à établir si les lois reconnues jusqu'ici sont suffisantes ou non pour expliquer le réel. Advenant que des études mèneraient à la conclusion selon laquelle les lois admises ne suffisent pas à expliquer un phénomène, alors la parapsychologie pourrait contribuer, dans les limites de la science expérimentale, à révéler l'existence d'une loi inconnue.

Une autre des critiques qui sont adressées à la parapsychologie est qu'elle n'est pas falsifiable. La parapsychologie pourrait se défendre de cette objection : s'il est vrai que certaines études sont mal menées, il n'est pas impossible que certaines expériences bien conduites puissent démontrer un lien statistiquement significatif, observable sur la base de tests répétés, entre un geste particulier et un résultat précis (par exemple le fait de deviner la couleur d'une carte qu'on a retirée de la vue d'un sujet). Par là, la parapsychologie pourra sembler falsifiable.

Les applications potentielles de la parapsychologie[modifier | modifier le code]

Dans le domaine du renseignement[modifier | modifier le code]

Les travaux les plus connus sur le sujet sont ceux effectués sous l'égide de la CIA, dont le dernier nom de code fut « Stargate ». Durant près de 20 ans, un programme top secret fut dirigé par la CIA et impliquait un groupe de sujets psi sélectionnés et entrainés en vue d'applications dans le domaine du renseignement. Le sujet censé être le plus doué dans cette équipe, Joe McMoneagle, a reçu la croix du mérite pour son travail[51]. La CIA a demandé à deux observateurs, Ray Hyman et Jessica Utts, de juger les résultats de ces travaux. Leurs avis divergent. Leurs rapports sont consultables en ligne[52].

Dans le domaine de la recherche de personnes disparues[modifier | modifier le code]

Il n'existe pas à l'heure actuelle d'étude fiable de grande ampleur sur le sujet. Il existe cependant un certain nombre de publications portant sur des personnes retrouvées à l'aide, voire parfois uniquement, d'informations données par des sujets psi[53]. Cependant, comme d'habitude dans ce champ de recherche, les avis divergent. Pour certains, le fait que les sujets n'obtiennent pas toujours des résultats est suffisant pour fortement critiquer ce type d'application. Ce fut notamment le cas dans une affaire belge[54].

La situation en France[modifier | modifier le code]

En France, la parapsychologie n'est pas reconnue comme une discipline scientifique et n'est enseignée dans aucune université publique. Elle est l'objet d'un enseignement limité à l'Institut Catholique de Lyon.

Le principal organisme de recherche sur le sujet est l'Institut métapsychique international[55]. Sous son égide s'est déroulé le Projet Agape[56] concernant la télépathie entre les participants à deux groupes séparés phoniquement et visuellement. Ce projet a été mené avec la participation de plusieurs statisticiens toulousains appartenant à l'Université des Sciences Sociales, à l'Université Paul-Sabatier et à l'INRA. Cette étude a donné des résultats qui ne s'écartent pas de l'hypothèse Ho selon laquelle un tirage au sort aurait pu produire un résultat analogue.

L'IMI créé en 1919, a notamment compté parmi ses membres fondateurs, Charles Richet, (prix Nobel de physiologie).

Le Groupe d'Études Expérimentales des Phénomènes Parapsychologiques (GEEP) et la "Revue de Psychotronique" s'intéressent également au sujet.

Le laboratoire de zététique d'Henri Broch[57], propose pour sa part une approche "sceptique" de ces phénomènes, c'est-à-dire qu'il chercherait, avec la méthode scientifique, à étudier les phénomènes « paranormaux » et notamment les phénomènes psi.

Références Bibliographiques[modifier | modifier le code]

Références parapsychologiques[modifier | modifier le code]

  • Dean Radin. La conscience invisible, Ed Presses du Châtelet, 2000. Recense toutes les avancées de la recherche en parapsychologie.
  • Broughton R.S., Parapsychologie, une science controversée. Ed du Rocher, 1995
  • Collectif, Paranormal entre mythes et réalités (sous la direction d'E.J. Duits et E. Raulet), Dervy 2002. Préface de Rémy Chauvin, contributions de Bertrand Méheust, Jacques Vallée, Mario Varvoglis, Djohar Si Ahmed, Paul-Louis Rabeyron...
  • Lucadou (von), Walter. The Model of Pragmatic Information. Proceedings of the 30th Parapsychological Association Convention, 1987.
  • Lucadou (von), Walter. The Endo-Exo-Perspective Heaven and Hell of Parapsychology. Proceedings of the 37th Parapsychological Association Convention, 1994.
  • Palmer, Extrasensory Perception, Advances in Parapsychological research, vol.2 (New York : Plenum, 1978, p. 59-243
  • Yves Lignon, Quand la science rencontre l'étrange, étude sur les grands cas de phénomènes parapsychologiques par un mathématicien-statisticien, Éditions Les 3 Orangers, 2004
  • Morisson J., La Voyante et les scientifiques, état de la science en matière de recherches sur la parapsychologie (Éditions Les 3 Orangers, 2005)
  • Morisson J. et Lignon Y., Parapsychologie, le dossier. Les acteurs, la science, la recherche, Éd. Les 3 Orangers 2007, ISBN 978-2-912883-60-5, présentation synthétique, par ordre alphabétique des thèmes de travaux et des résultats.
  • Bertrand Méheust, 100 mots pour comprendre la voyance, 2005, les empêcheurs de penser en rond, 450 pages
  • Le paranormal de mes yeux vu ..., RANKY, Éditions Trajectoire, avril 2006
  • La Parapsychologie : réalité ou fantasme ?, Jean MOISSET, Ed. JMG Éditions, 1998
  • Sous la direction de Bernadette BENSAUDE-VINCENT et Christine BLONDEL, des savants face à l'occulte, Éditions La Découverte, ISBN 2-7071-3616-6, janvier 2002
  • Magie, sorcellerie, parapsychologie Direction scientifique Hervé HASQUIN, Ed. de l'université de Bruxelles - 1984, 237 pp.
  • Pascal Forget, Y croyez-vous ?, Stanké, Montréal, 1999.
  • Ernesto de Martino, Le monde magique, traduit de l'italien par Marc Baudoux, coll. Les empêcheurs de penser en rond, Institut d'édition Sanofi-Synthélabo, Paris, 1999.

Références sceptiques[modifier | modifier le code]

  • Henri Broch, Au Cœur de l'Extra-Ordinaire, 2002.
  • Henri Broch, Le Paranormal, Seuil, Paris, 1989
  • James Alcock, Parapsychologie : science ou magie ?, Flammarion, Paris, 1989.
  • Marc Hallet, Les sciences parallèles, Espaces de Libertés, Bruxelles, 1992.
  • Michel de Pracontal, L'imposture scientifique en 10 leçons, Éditions du troisième millénaire Science et société, Éditions de la Découverte, 2001. ISBN 2-7071-3293-4.
  • Alcock, J. E. Give the Null Hypothesis a Chance. Journal of Consciousness Studies, 10, 6-7, 2003, p. 29-50.
  • Susan Blackmore, In search of the light: The Adventures of a Parapsychologist. New York, Prometheus Books, 1986.
  • Hansel, C. E. M. The search for psychic power: ESP and Parapsychology revisited. New York: Prometheus Books, 1989.
  • Kurtz, P. A Skeptic's Handbook of Parapsychology. New York: Prometheus Books, 1985.
  • Sargent, Carl L. Extraversion and Performance in 'Extrasensory' Perception Tasks, Personnality and Individual Differences, 1981, no 2, p. 137-143.
  • Wiseman, R., & Morris, R. L. Guidelines for testing psychic claimants. New York: Pormetheus Books, 1995.
  • James Randi. The Magic of Uri Geller, 1982, ISBN 0-345-24796-5 (Réédition : The Truth About Uri Geller ISBN 0-87975-199-1)
  • La pensée scientifique et les parasciences, Colloque de la Villette, 24-25 février 1993, Ed. Albin Michel, 1993, ISBN 2-226-06464-8.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Christian Moreau, Freud et l’occultisme, Éditions Privat, 1976 (ISBN 2-7089-2812-0).

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Skeptic's Dictionnary
  2. (en) [PDF] Give the null hypothesis a chance
  3. « JREF Challenge FAQ », James Randi Educational Foundation (consulté le 26 mai 2014)
  4. « Parapsychological Association (PA) » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2014-05-27
  5. « Become a Member of the Parapsychological Association » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2014-05-27
  6. Member | APA Membership Types
  7. Ray Hyman, The Elusive Quarry, Prometheus Book, p. 16
  8. « PA Member Index » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2014-05-27
  9. « Koestler Parapsychology Unit (KPU) » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2014-05-27
  10. The University of Northampton - Transpersonal Psychology and Consciousness Studies MSc
  11. University of Amsterdam (UvA)
  12. CERCAP
  13. Goldsmiths > Anomalistic Psychology Research Unit (APRU)
  14. Princeton Engineering Anomalies Research (PEAR)
  15. [PDF] psy.gu.se
  16. metapsychique.org
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Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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