Roquebrune-Cap-Martin

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Roquebrune-Cap-Martin
Roquebrune et le Cap Martin
Roquebrune et le Cap Martin
Blason de Roquebrune-Cap-Martin
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Alpes-Maritimes
Arrondissement Nice
Canton Menton-Ouest
Intercommunalité Communauté d'agglomération de la Riviera française
Maire
Mandat
Patrick Césari
2014-2020
Code postal 06190
Code commune 06104
Démographie
Gentilé Roquebrunois
Population
municipale
12 450 hab. (2011)
Densité 1 334 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 45′ 46″ N 7° 27′ 47″ E / 43.762778, 7.463056 ()43° 45′ 46″ Nord 7° 27′ 47″ Est / 43.762778, 7.463056 ()  
Altitude 300 m (min. : 0 m) (max. : 800 m)
Superficie 9,33 km2
Localisation

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Liens
Site web roquebrune-cap-martin.fr

Roquebrune-Cap-Martin est une commune française située dans le département des Alpes-Maritimes en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Géographie[modifier | modifier le code]

Roquebrune-Cap-Martin et le cap Martin
Vieux village perché de Roquebrune-Cap-Martin vu du mont Gros

La commune est limitrophe de la principauté de Monaco.

On peut distinguer en son sein plusieurs ensembles :

  • le village perché, couronné par son donjon, situé à 225 mètres d'altitude, dans un cirque montagneux que domine le mont Agel, et qui est remarquable. De plus, l'ensemble de Roquebrune constitue le seul spécimen, existant en France, des châteaux dits carolingiens, embryons de ceux élevés deux siècles plus tard et qui marquèrent l'apogée de la féodalité. Il y a l'ancien et le nouveau village, tous deux séparés par la rue principale. On y voit la différence d'architecture des maisons due au décalage de temps entre leur construction ;
  • la ville, au sein de laquelle on peut encore distinguer :
    • le Cap Martin, où se situent la Mairie et le bureau de Poste principal, le Parc des Oliviers, très grand parc qui a été offert par un ancien maire de la ville, et enfin de nombreux hôtels et résidences privées. On peut la considérer comme la partie touristique ;
    • Carnolès (à l'est), où se situent écoles, collège, lycée religieux et une grande partie de la population ; à sa limite avec Menton, avenue Florette, le torrent de Gorbio a aussi son embouchure, avec la nouvelle station d'épuration et la piscine municipale.
    • Saint-Roman (à l'ouest), limitrophe de Monaco, où se trouvent les terrains de tennis du Monte Carlo Country Club, l'Old Beach Hotel et de nombreux commerces.

Entre ces deux pôles s'étendent les nombreuses résidences au long des départementales 6007 et 6098 (ex RN7 et RN98). Roquebrune s'étage sur les trois corniches et l'autoroute A8.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

La fondation de Roquebrune remonte à 970 par le comte de Vintimille, Conrad Ier, notamment pour renforcer la protection de sa frontière occidentale, sur la seule route (d'origine romaine, la via Julia Augusta) alors existante. Son nom d'origine est Roccabruna (et en mentonnais Roucabruna) littéralement en français " Roche Brune", en référence à la couleur brune des roches que l'on peut observer en se promenant dans le vieux village.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le 14 septembre 1346, Raymond Marquesani acheta tout ce que le damoiseau Boniface Chabaudi, seigneur de Roquebrune possédait dans les territoires de Roquebrune, Palayson et Villepey[1].

Geoffroy Larcari, viguier de Marseille (1356,1358), Amiral de Provence (1359), était un chevalier originaire de Gênes ; il fut seigneur du Luc et de Roquebrune puis citoyen de Marseille (1358). Conseiller et familier des souverains, il combattit pour ceux-ci tant sur terre que sur mer. Homme de confiance, il fut envoyé en ambassade par Louis de Tarente, à Avignon, auprès d'Innocent VI à la fin de 1353[2] et fut nommé amiral de Provence après la mort de Pierre de Lamanon, le 17 avril 1359. Ses services furent largement récompensés. Les souverains lui donnèrent les droits de la cour sur les villages du Luc, de Roquebrune et de Guillaumes. Entre 1349 et 1359, Louis et Jeanne lui inféodèrent le château de Séderon.

La forteresse comprend alors tout le village. En 1355, les Vento vendent Roquebrune et Menton qui deviennent possession de la famille des Grimaldi pour cinq siècles, durant lesquels la puissance militaire du donjon est augmentée.

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

En 1793, Roquebrune devient française, puis redevient monégasque en 1814 avant de s’ériger en ville libre en 1848 avec Menton sous la protection du roi de Sardaigne. Pour le remercier de son aide à l'unification italienne, le roi Victor-Emmanuel II cède à la France le comté de Nice. C'est donc en 1860, que les habitants consultés par plébiscite sont rattachés à la France. En 1861 Roquebrune et Menton deviennent véritablement françaises, le gouvernement de Napoléon III payant à la principauté de Monaco quatre millions de francs-or en échange de la cession à la France des villes de Menton et Roquebrune sur lesquelles elle détenait des droits.

La construction d'une route plus proche du littoral traversant son territoire est un projet de Napoléon Bonaparte, réalisé en 1804 qui a contribué à son rattachement économique au reste de la Côte d'Azur (l'actuelle Moyenne Corniche). Le Cap-Martin où se trouve une église, faiblement habité mais cité dès le XIe siècle (loco dicitur u Capo de Sanct Martin vers 1303), fait partie de la seigneurie.

Le changement de nom de Roquebrune en Roquebrune-Cap-Martin est dû à la nécessité de distinguer la Roquebrune azuréenne de sa presque voisine varoise (Roquebrune-sur-Argens).

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Parti Qualité
Louis Lottier
1969-1977 Jean Gioan Chef d'entreprise (électricité)
1977-1989 Me Charles Imbert Avocat
1989-1995 Jean Peregrini RPR Hôtelier
Depuis 1995[3] Patrick Césari UMP Président de la Communauté d'Agglomération de la Riviera Française

Une élection municipale partielle eut lieu en 1969, à la suite du décès de Louis Lottier, amenant à l'élection de Jean Gioan.

Lors du vote du 9 mars 2008, Patrick Cesari, maire sortant de la commune, remporta les élections municipales avec un peu moins de 64 % des bulletins de votes et cela dès le premier tour.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Ses habitants sont appelés les Roquebrunois.

En 2011, la commune comptait 12 450 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements des communes de plus de 10 000 habitants ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1858 1861 1866 1872 1876 1881
637 884 644 836 844 887 828 847 1 068
1886 1891 1896 1901 1906 1911 1921 1926 1931
1 135 2 157 2 588 2 744 3 304 5 337 5 318 6 462 6 888
1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982 1990 1999
6 133 4 610 5 279 6 529 8 345 10 996 12 450 12 376 11 692
2006 2011 - - - - - - -
13 067 12 450 - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2004[5].)
Histogramme de l'évolution démographique


Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

  • Depuis près de 500 ans a lieu, dans l'après-midi du 5 août, une procession représentant en six tableaux les principales scènes de la Passion (à la suite d'un vœu prononcé en 1467 durant une épidémie de peste), elle se déroule entre l'église et la chapelle de la Pausa (Paix). Cette journée est d'ailleurs le plus souvent fériée, dans les services de la commune (administrations et mairie) notamment.
    Dans la nuit du Vendredi saint a lieu la Procession du Christ Mort, représentant la mise au tombeau, instituée autrefois par la Confrérie des Pénitents Blancs, aujourd'hui disparue. Un cortège composé d'une soixantaine de personnages - centurions et légionnaires romains, disciples transportant la statue du Christ, saintes femmes - parcours les rues de l'agglomération ornées de motifs lumineux rappelant les symboles de la Passion et éclairées par une multitude de lumignons formés de coquillages et de coquilles d'escargot.
  • Le Masters de Monte-Carlo, qui se joue chaque année au mois d'avril au Monte-Carlo Country Club depuis 1897, dépasse légèrement sur la ville, le territoire de Monaco étant trop exigu pour recevoir en entier un tel complexe sportif.[Quoi ?]

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le mausolée de Lumone
La place des Deux-Frères et le donjon.
Rue du village.
Intérieur de l'église Sainte-Marguerite.
Le cabanon Le Corbusier.
Promenade Le Corbusier au cap Martin longeant les grandes propriétés privées.

Édifices civils[modifier | modifier le code]

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

  • Église Sainte-Marguerite est construite au XIIe siècle restaurée à plusieurs reprises, notamment au XIXe siècle. Depuis l'église, chaque année, se déroule la traditionnelle fête de la Passion.
  • Église Saint-Joseph, à Carnolès.
  • Église Saint-Martin-du-Cap, au Cap Martin.
  • Chapelle de la Pausa, construite au XVe siècle à la suite d'un vœu des habitants au moment de l'épidémie de peste en 1467. Fresques intérieures. Le nom vient probablement de pause, car elle est située au pied du raidillon qui conduit au village et au château de Roquebrune. À l'origine, elle était dédiée à Notre-Dame-des-Neiges [8].
  • Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Voyage, XIXe siècle
  • Chapelle Notre-Dame-de-la-Roquette
  • Chapelle Saint-Roch
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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Gilles Panizzi (1965), pilote de rallye français.
  • Le Corbusier (1887-1965), architecte suisse puis français, est mort et enterré à Roquebrune-Cap-Martin.
  • Simon Bussy (1870-1954), peintre et pastelliste français, acquiert la villa La Souco en 1903 et y réside jusqu'en 1937. Il y reçoit régulièrement des personnalités aussi diverses qu'André Gide, Roger Martin du Gard, Lytton Strachey, Gabriel Hanotaux ou Paul Valéry. L'alpiniste George Leigh Mallory y séjourne aussi au cours de l'hiver 1909-1910.
  • William Butler Yeats (1865-1939), poète irlandais, y est mort.
  • André Malraux et Josette Clotis, s'installent à la Villa La Souco de janvier 1941 à l'automne 1942, avec un passage à la Villa Les Camélias au Cap d'Ail à la mi 1941.
  • Alexandre Mikhaïlovitch de Russie, mort le 26 février 1933 et enterré à Roquebrune. Son épouse Xenia Alexandrovna de Russie (sœur du dernier tsar de Russie Nicolas II, décédée à Londres en 1960) repose auprès de lui.
  • Élisabeth de Wittelsbach (1837-1898), impératrice d'Autriche, universellement connue sous le surnom de Sissi, séjourna à Cap Martin en 1896-1897.
  • Jacques Brel (1929-1978) y possédait un cabanon sur la plage du Golfe bleu à Cabé (de 1960 à 1970). Il y a composé durant ses multiples séjours, entre autres La Fanette, Le Plat Pays et Amsterdam. La ville, afin de rendre hommage à cette présence, a fait installer un buste en bronze commandé au sculpteur Cyril de La Patellière.
  • Ferdinand Kulmer (1935-1998), artiste peintre né au Cap Martin.

Langue[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Roquebrunasque.

Le roquebrunasque est le parler du canton.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Roquebrune-Cap-Martin Blason De gueules à la tour posée sur un mont issant d’une mer mouvant de la pointe, le tout d’or au chef du même, au franc quartier fuselé d’argent et de gueules.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sylvain Gagnière, Roquebrune-Cap-Martin (Alpes-Maritimes), Gallia Préhistoire, IV, 1961, p. 384.
  • Sylvain Gagnière, Roquebrune-Cap-Martin (Alpes-Maritimes), Gallia Préhistoire, VI, 1963, p. 364-366.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.
  3. Il ne se présente pas comme un individu, mais comme un ensemble de rejets de grande taille dont les racines absorbent peu à peu les cailloux du mur sur lequel il pousse. Il atteint une circonférence de 16 m et une hauteur de 13 m. Selon le professeur Robert Bourdu, spécialiste français des arbres remarquables, il a plus de 2000 ans.
    Selon d'autres sources, il aurait de 2500 à 2800 ans. Par contre, il est exclu qu'il ait 4000 ans car à cette époque, l'olivier n'avait pas encore atteint la Méditerranée occidentale.

Références[modifier | modifier le code]

  1. B1149, couverture intérieure
  2. Léonard, Histoire, t.III, p. 45
  3. Site de la préfecture des Alpes-Maritimes, consulté le 20 juin 2008
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  6. Mausolée de la villa Lumone sur le site de la via Julia Augusta
  7. Inventaire des arbres remarquables en région Provence Alpes Côte d’Azur
  8. a et b Roquebrune Cap-Martin, mémoire d'une cité méditerranéenne, éditions du Cherche-midi
  9. edwardquinn.com
  10. Hugues de la Touche, Impératrices sur la Riviera, naissance d'un art de vivre, Paris, Thalia Éditions,‎ octobre 2008, 228 p. (ISBN 978-2-35278-032-81[à vérifier : isbn invalide])