Échec et mat
L'échec et mat ou plus souvent mat est, au jeu d'échecs, une situation dans laquelle un roi est menacé de capture au prochain coup et pour laquelle aucune parade n'est possible. La partie prend alors fin immédiatement (le roi n'est jamais capturé effectivement) et le joueur qui inflige le mat en est déclaré vainqueur.
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Histoire [modifier]
Vers le VIe siècle, au Chaturanga, l’ancêtre du jeu d'échecs moderne, la capture du roi mettait fin à la partie. Vers le VIIIe siècle, les Perses introduisent le concept de l'annonce de la menace sur le roi adverse, pour éviter les fins de parties prématurées. Les règles sont ensuite modifiées pour interdire que le roi soit offert à la capture ou laissé sous la menace. Par conséquent, le roi ne pouvait plus être capturé (Davidson 1949, p. 22) et la partie était finie dès qu'un joueur dont le roi est menacé n'avait plus de coup possible, c'est-à-dire qu'il est en échec et mat (Davidson 1949, p. 63–64).
Ce jeu, d'origine indienne, est transmis à l'occident par les Arabes à la fin du Xe siècle [1].
Jusqu'au XVIIe siècle, la partie pouvait également être remportée en capturant toutes les pièces adverses à l'exception du roi. On considéra ensuite que la victoire par échec et mat était plus élégante et la victoire par annihilation des défenses adverses tomba en désuétude (Davidson 1949, p. 63–64).
Étymologie [modifier]
Le terme échec et mat vient du persan as-sāh māt(a) qui se traduit par « le roi est mort », expression issue du persan sāh māta, c'est-à-dire « le roi est mort »[2]. Cependant, selon The Barnhart Dictionary of Etymology, il y aurait eu une confusion entre le persan mata « mort » et le persan mat « étonné ». Shah mat signifierait alors plutôt « le roi est sans défense ». Cette dernière étymologie correspondrait mieux au jeu, puisque le roi est la seule pièce à ne pas être « tuée » sur l'échiquier, mais à se rendre (le joueur couche la pièce) lorsque la partie est perdue[3].
Technique de mat [modifier]
Si un roi est attaqué et qu'il peut parer la menace soit en capturant la pièce menaçante, soit en déplaçant le roi sur une case où il n'est plus attaqué, soit en interposant une pièce entre le roi et la pièce qui attaque (sauf si c'est un cavalier ou en cas d'échec double), alors le roi est dit être en échec. Les règles du jeu imposent que l'échec soit paré immédiatement.
Si un joueur n'est pas en échec mais qu'il n'a aucun coup légal possible, on parle de pat et la partie est nulle.
Le mat intervient surtout en finale, quand peu de pièces subsistent sur l'échiquier et qu'un joueur qui dispose d'une supériorité matérielle peut arriver à mater son adversaire en suivant une technique de finale élémentaire. La finale roi et dame contre roi seul aboutit par exemple à un mat en dix coups au maximum avec le meilleur jeu.
Il arrive également que le mat arrive en milieu de partie, à la suite d'une combinaison qui peut comporter des sacrifices.
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| Mat de Legal : 8. Cd5# | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Certaines dispositions de pièces, appelées tableau de mat, jouent un rôle dans des combinaisons.
En tournoi [modifier]
Faire échec et mat est le but du jeu d'échecs, cependant la plupart des parties se terminent avant le mat par l'abandon de l'un des deux joueurs, qui reconnaît ainsi qu'il sera mis mat de façon inévitable, rares sont donc les parties qui se poursuivent jusqu'à l'exécution du mat.
En compétition, la poursuite d'une partie dont l'issue ne fait plus de doute en raison d'un grand déséquilibre matériel est parfois considéré comme manquant de courtoisie. Les débutants poursuivent parfois la partie en espérant qu'une maladresse de l'adversaire aboutira au pat. C'est pourquoi l'abandon est une marque de politesse, puisque de ce fait le gagnant n'aura pas besoin de prendre la peine de finir une partie dont le sort est déjà scellé.
Une partie se termine par la nulle lorsque le mat ne peut absolument pas être infligé par aucun des deux camps.
Problème d'échecs [modifier]
Le mat est un thème fréquent des problèmes d'échecs. Il s'agit de compositions dont le but est de trouver le coup qui donne mat en 2 ou 3 coups généralement (en admettant que l'adversaire joue le mieux possible). La disposition des pièces et le tableau de mat sont généralement éloignés de ce que l'on rencontre dans les parties de tournoi, ainsi il n'est pas rare que la solution résulte d'un sacrifice peu évident à trouver.
Notes et références [modifier]
Bibliographie [modifier]
- (en) Henry Davidson, A Short History of Chess, McKay, 1949 (ISBN 0-679-14550-8)