Kalmoukie

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République de Kalmoukie
(ru) Республика Калмыкия
(xal) Хальмг Тангч
Armoiries de la Kalmoukie
Armoiries de la Kalmoukie
Drapeau de la Kalmoukie
Drapeau de la Kalmoukie
Kalmoukie
Administration
Pays Drapeau de la Russie Russie
Région économique Volga
District fédéral Sud
Statut politique République
Création 9 janvier 1957
Capitale Elista
Président Alekseï Orlov
Premier ministre Lioudmila Ivanova
Démographie
Population 283 166 hab. (2010)
Densité 3,8 hab./km2
Géographie
Superficie 74 731 km2
Autres informations
Langue(s) officielle(s) Russe, kalmouk
Fuseau horaire UTC+4
Code OKATO 85
Code ISO 3166 RU-KL
Immatriculation 08
Liens
Site web http://kalm.ru

La République de Kalmoukie ou Kalmoukie (en russe : Республика Калмыкия, Respoublika Kalmykiïa ; en kalmouk : Хальмг Тангч, Haljmg Taŋč) est une république, sujet de la Fédération de Russie qui présente la particularité d'être la seule division administrative européenne (à l'ouest de l'Oural) dont la population est majoritairement d'ethnie mongole, les Kalmouks, et de religion bouddhiste.

Histoire et société[modifier | modifier le code]

Portrait de Kalmouk par Ilya Repine (1871).

La population de la Kalmoukie est principalement constituée, sur le plan ethnique, de Kalmouks, c'est-à-dire les descendants de Mongols originaires du Turkestan chinois, en Asie centrale, qui furent refoulés vers l'ouest par l'Empereur chinois au XVIIe siècle. Ils s'établirent alors dans la région du delta de la Volga aux alentours d'Astrakhan.

Au XVIIIe siècle, certains d'entre eux entreprirent un retour vers leurs territoires ancestraux. Le petit nombre qui atteignit la Chine est aujourd'hui appelé Oïrats (terme qui désigne l'alliance des Mongols occidentaux). Ceux qui restèrent dans la région de la mer Caspienne se désignèrent alors sous le nom de Kalmyks (littéralement « ceux qui sont restés »). Les Kalmouks, soumis aux Tsars puis au régime soviétique, se sont lentement sédentarisés tout en gardant leur culture et leur langue. Lénine était d’origine kalmouke par ses grands-parents paternels.

Au début du XXe siècle, de nombreux Kalmouks engagés dans l'armée des Russes blancs ont dû fuir la Russie après la révolution bolchevique. Quelques dizaines de milliers d'entre eux ont aujourd'hui la nationalité française. Jean Djorkaeff, père de Youri Djorkaeff, est d'origine kalmouke. D'autres ont gagné les États-Unis. Enfin, une minorité kalmouke convertie à l'islam vit aujourd'hui au Kirghizistan.

Économie[modifier | modifier le code]

La Kalmoukie est située dans la région de la basse Volga qui borde la mer Caspienne : sa population, encore fortement rurale (la population urbaine ne représente que 55,7 % de la population totale) vit principalement de l'élevage ovin, de la pêche et de la production de caviar. Les ressources naturelles du pays comprennent pétrole et gaz.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte de la Kalmoukie.

Le pays, dont la superficie est de 74 731 km2, est dominé par la steppe. Le climat y est continental, avec une température moyenne qui varie de -7 °C en hiver à 24 °C en été. Les précipitations varient quant à elles en moyenne de 170 mm par an (à l'est) à 400 mm par an (à l'ouest).

Politique[modifier | modifier le code]

De 1993 à 2010, avec plusieurs réélections et prolongations de son mandat, le président de la Kalmoukie est Kirsan Ilioumjinov, également président de la Fédération internationale des échecs (FIDE). Ce dernier affiche un visage libéral et a favorisé le renouveau des religions, en particulier du bouddhisme tibétain dans le pays. Plus d'une trentaine de temples bouddhistes étaient dénombrés en Kalmoukie au milieu des années 1990.

Depuis la mainmise sur le pouvoir par ce jeune milliardaire pro-occidental qui a décidé d'attirer coûte que coûte les investisseurs étrangers, la liberté de la presse en Kalmoukie est remise en question par de nombreux observateurs, notamment à la suite de l'assassinat du rédacteur en chef Larissa Youdina du seul journal d'opposition, le Sovietskaïa Kalmykia Sevodnia, en juin 1998[1].

En octobre 2010, Kirsan Ilioumjinov est remplacé par Alexeï Orlov[2].

Langue[modifier | modifier le code]

Article détaillé : kalmouk.

Arts et culture[modifier | modifier le code]

C'est à Elista, capitale de la république, qu'eut lieu le match pour le championnat du monde d'échecs entre Veselin Topalov et Vladimir Kramnik. Il se déroula en 12 parties, du 21 septembre au 13 octobre 2006.

L'enseignement des échecs est aujourd'hui devenu obligatoire dans les écoles kalmoukes.

Avec le président Kirsan Ilioumjinov, ex-champion d'échecs, Okna Tsahan Zam est certainement le Kalmouk le plus connu à l'étranger. Il est poète et chanteur traditionnel.

Religion[modifier | modifier le code]

Statue de Bouddha dans le centre d’Elista.

Seulement une religion principale est pratiquée en Kalmoukie : le bouddhisme tibétain.

Il y a près d'un million de bouddhistes en Russie, principalement en Bouriatie, dans la république de Touva, et en Kalmoukie.

Les Kalmouks bouddhistes sont les descendants des tribus mongoles, et représentent la moitié de la population kalmouke.

Le bouddhisme est apparu au début du XVIIIe siècle en Kalmoukie. Avant la révolution de 1917, la Kalmoukie comptait 105 monastères bouddhistes. La plupart ont été détruits et pillés sous le régime stalinien et des centaines de lamas furent emprisonnés. Après la Seconde Guerre mondiale, le pouvoir soviétique a arrêté les persécutions des bouddhistes. La pratique du bouddhisme a été tolérée après le retour des Kalmouks qui avaient été déportés en Sibérie, où la moitié d'entre eux ont péri. Mais l'orthodoxie n'était pas interdite et a continué à fonctionner.

Le 14e dalaï-lama, Tenzin Gyatso, a visité la Kalmoukie en 1991, 1992 et 2004, notamment pour bénir le monastère d'Elista construit dans l’intervalle de ses visites.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Articles à ce sujet dans le Nouvel Observateur [1], le Courrier international [2]& [3] et Regard sur l'Est [4]
  2. Article de l'agence de presse russe RIA Novosti

Liens externes[modifier | modifier le code]

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