Christianisme

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La Résurrection de Jésus - Vitrail

Le christianisme est une religion fondée sur l'enseignement, la personne, et la vie de Jésus de Nazareth qu'il considère comme le Messie - ou Christ - annoncé par la Bible.

Le christianisme est une religion du salut, le Christ vient sauver l'humanité du Mal et la faire participer à la vie de Dieu. Le Christianisme présente Dieu comme Amour; c'est par amour que Dieu veut faire participer l'humanité à son bonheur qui est d'aimer. Le Christianisme se veut le porteur du message du Christ qui annonce l'amour de Dieu pour l'humanité et l'appel à retourner vers Dieu qui a compassion de l'humanité. Cela est rendu possible par la victoire du Christ sur la mort et le Mal par sa résurrection. La Résurrection - fêtée tous les dimanches - est au cœur du christianisme car elle signifie le début d'une humanité nouvelle libérée du Mal.

Les premières communautés chrétiennes naissent au Ier siècle au sein de la diaspora juive après la crucifixion de Jésus (et, pour les chrétiens, de sa résurrection). Elles sont fondées par les apôtres et des premiers disciples de Jésus en particulier dans les grandes villes de Rome, Éphèse, Antioche, Alexandrie. Le Christianisme se développe dès le IIe siècle dans l'Empire romain, mais aussi en Perse, ainsi qu'en Inde et en Éthiopie.

Le Christianisme est devenue la religion officielle de l'Empire romain au IVe siècle. Il ne sera majoritaire avant l'époque moderne qu'en Europe. Depuis le XVIe siècle il est devenu la religion la plus importante de la planète par son expansion en Amérique et plus tard en Afrique. Il est actuellement présent dans tous les pays du monde.

Les principales branches du Christianisme sont l'Église catholique, les Églises orthodoxes et les protestantismes. Les pays où ces trois branches du christianisme sont les plus présentes en nombre de fidèles sont respectivement les États-Unis (protestantisme avec environ 160 millions de fidèles estimés), le Brésil (catholicisme avec environ 130 millions de fidèles estimés) et la Russie (orthodoxie avec environ 100 millions de fidèles estimés).

À la mi-2014, le nombre de chrétiens est évalué à 2,376 milliards (dont la moitié de catholiques, 37 % de protestants et 12 % d'orthodoxes).

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le terme de « Christ » vient du grec Χριστός, l'équivalent du terme sémitique Messie (de l'hébreu מָשִׁיחַ - mashia'h), littéralement « celui qui est oint », et de lui découle l'appellation « Jésus-Christ ». Le nom de Jésus-Christ a été donné par les chrétiens à Jésus, qu'ils considèrent comme étant le Messie prophétisé dans l'Ancien Testament. Chez les chrétiens arabophones et les musulmans, المسيح (al-massih, le Messie) est aussi le titre donné à Jésus.

Le mot « chrétien » est utilisé par le Nouveau Testament pour désigner les disciples de Jésus[B 1]; ceux-ci étaient aussi parfois appelés « Nazaréens »[B 2]. Le nom « christianisme » vient du mot grec Christos, qui traduit l'hébreu Messie (« celui qui a reçu l'onction »). Ce mot, originellement appliqué à différents personnages de la Bible (prophètes et rois), désigne dans le judaïsme tardif un personnage qui viendra à la fin des temps restaurer la royauté de Dieu en Israël.

Dans le Nouveau Testament, texte propre au christianisme, les Actes des Apôtres indiquent que le nom de « chrétien », dérivé de « Christ », signifiant « partisan du Christ », fut attribué aux disciples de Jésus de Nazareth à Antioche[B 3], probablement par leurs adversaires. Antioche, dans l'actuelle Turquie, était à l'époque une ville de langue grecque. Sans doute ce nom n'a-t-il servi à l'origine que pour désigner ceux des disciples de Jésus qui étaient de langue grecque (« chrétien » signifie « disciple du christos », terme grec équivalent à messie). La référence la plus ancienne connue pour le terme christianisme se trouve dans la lettre d'Ignace d'Antioche aux Magnésiens à la fin du Ier siècle[1].

Histoire du christianisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire du christianisme.

Les origines juives du christianisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Christianisme ancien.

Le christianisme s'est développé à partir du Ier siècle dans le contexte des communautés juives du Moyen-Orient et en particulier les communautés juives hellénisées.

Jésus est la figure fondatrice du christianisme, certains s'interrogent sur son rôle historique de fondateur. D'après les Évangiles, Jésus « n'est pas venu abolir la Loi, mais accomplir ». Sa perspective est donc celle d'un accomplissement de la foi juive, dans une interprétation particulière à Jésus lui-même, et non la création d'une nouvelle religion. Si le salut est apporté à tous, c'est d'abord aux siens -« aux brebis perdues d'Israël »[B 4] qu'il réserve le privilège de son enseignement[2]. Jésus et tout le groupe primitif des apôtres et des femmes qui le suivaient était juifs ainsi que la plupart de ses interlocuteurs à quelques exceptions près désignés comme tels, comme le centurion romain de Capharnaüm ou la femme samaritaine[3]. Cependant Jésus institue un nouvel Israël en choisissant douze apôtres comme les douze fils d'Israël. Il annonce l'ouverture aux païens (les non-Juifs). Il apporte aussi une nouveauté radicale au judaïsme : lui-même[4].

Carte du voyage missionnaire que Paul de Tarse effectue vers 54-58

À l'exemple de la diversité régnant dans le judaïsme (saducéens, pharisiens, esséniens, baptistes...), le paléochristianisme recouvre différentes communautés, dont la communauté judéo-chretienne de Jérusalem autour de Jacques, frère de Jésus, appartenant au judaïsme mais reconnaissant le messianisme de Jésus et vivant dans l'attente du Royaume de Dieu [5]et les communautés fondées par Paul ou Pierre dans le sillage des hellénistes, en Asie, en Grèce et à Rome[5], qui permirent l'ouverture aux gentils (notamment après la rupture entre Paul et l'église de Jérusalem en 48/49), et un début de divergence théologique (centralité et prééminence de la Croix sur la Loi, et de la Foi sur les Œuvres).

Dans le même temps, le judaïsme évolue vers un judaïsme rabbinique qui prolonge le pharisianisme après la chute du Temple (70)[5].

La divergence d'avec le judaïsme s’accéléra au tournant du premier siècle; il n'y a pas d'évènement marquant nettement cette séparation. Pour d'aucuns, le christianisme naît avec la reformulation de la Birkat haMinim (la 12e bénédiction de la Amida) ; pour d'autres, il commence avec le tournant du IIe ‑ IIIe siècle avec le début d'établissement d'un canon du Nouveau Testament, pères apologètes, début d'une théologie chrétienne (rencontre entre le mythe chrétien et la philosophie grecque)[6].

Dans l'Empire romain, les autorités ne font pas au début une différence très nette entre juifs et chrétiens, ces derniers n'étant qu'une secte juive parmi d'autres[7], jusqu'à ce qu'ils commencent à être accusés de troubles à l'ordre public[8].

La religion de l'Empire romain[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pentarchie.
  •      Expansion du christianisme en 325.
  •      Expansion du christianisme en 600
  • .

Le christianisme est né dans la partie orientale de l'Empire romain , c'est là que l'on trouve le plus grand nombre de chrétiens dans les premiers siècles. La partie occidentale de l'Empire romain fut évangélisée plus lentement mais Rome eu dès le IIème siècle une place à part comme Eglise qui préside à la charité. On le voit nettement dans les écrits des Pères de l'Eglise comme Irénée[9] et Ignace d'Antioche[10]. Cette place lui vient d'être l'Eglise où Saint Paul et Saint Pierre sont morts martyrs et dont l'évêque est le successeur de Saint Pierre. Rome n'est pas alors le centre mais le lien entre les Eglises. Les villes de Rome, Antioche et d'Alexandrie jouent le rôle de capitales ecclésiastiques. Cependant le christianisme se développe hors de l'Empire romain dans l'Empire parthe (Mésopotamie, Perse) mais aussi en Ethiopie et en Inde où la diaspora juive est présente. En dehors de l'Empire romain, les chrétiens s'organisèrent en Églises indépendantes. Ce fut notamment le cas du Catholicossat-Patriarcat de toute la Géorgie et de l'Église arménienne[n 1]. Aucune centralité susceptible de régulation n'existait alors[11], et le débat christologique était la règle, y compris entre les quatre évangiles et Paul de Tarse[12].

Avec la conversion de l'empereur romain Constantin et l'édit de Milan en 313, les persécutions contre les chrétiens s'arrêtèrent. Vers la fin du IVe siècle, le christianisme devint la religion officielle de l'Empire romain, remplaçant ainsi le culte romain antique et retournant la persécution. Cette date marque symboliquement le début de la chrétienté : période de l'histoire de l'Europe où le christianisme imprègne toute la société, y compris les lois et les comportements sociaux.

En 330, l'empereur Constantin Ier transfèra la capitale de l'empire de Rome à Constantinople (rebaptisée Nea Roma, « Nouvelle Rome »), qui devient un grand foyer intellectuel. On aboutit alors à ce qui est connu sous le nom de Pentarchie : les cinq centres historiques de Rome, Constantinople, Alexandrie, Antioche et Jérusalem.

L'empereur Constantin, entouré des évêques conciliaires présente le texte du symbole de Nicée, adopté lors du premier concile œcuménique

Avec la Paix de l'Église commence l'âge d'or des Pères de l'Église[13] qui s'accompagna d'une réinterprétation de la philosophie, notamment celle de Platon, dans le sens de la nouvelle religion, et de l'utilisation de nombreux motifs mythiques du monde ancien pour l'inculturation du christianisme dans le respect de la tradition apostolique. L'époque est propice aux débats théologiques qui suscitent des controverses passionnées sur la nature du Christ[14]. Au fil des siècles et des conciles, le monde chrétien va ensuite connaître plusieurs controverses christologiques, ainsi que des crises et bouleversements idéologiques et politiques.

Avec l'accès du culte chrétien parmi les cultes reconnus de l'Empire, le pouvoir politique prit l'initiative de réunir des assemblées d'évêques (conciles) pour régler les différends. Le premier fut le Concile de Nicée qui condamna l'arianisme en 325. Le concile d'Éphèse proclame en 431 que le Christ n'a qu'une seule nature et qu'elle est divine, cette dernière ayant absorbé sa nature humaine ; les thèses nestoriennes qui affirment que deux personnes différentes coexistent en Jésus-Christ : l'une divine et parfaite, l'autre humaine et faillible (Eli, Eli, lama sabachtani : « mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ») sont considérées comme hérétiques. En 451, le concile de Chalcédoine proclame l'unique personne du Christ, de nature à la fois divine et humaine et définit sa doctrine sur la Trinité chrétienne formalisée dans le credo.

Ces dogmes furent acceptés par une partie des Églises tant en Occident qu'en Orient (de la Grèce au Caucase), que l'on appelle « chalcédoniennes » ou « melkites » (c'est-à-dire « partisanes de l'empereur »)[15].

Les premiers conciles établissent également un ordre de préséance et de primauté entre ces Églises patriarcales. À Rome, première capitale impériale, l'évêque de la capitale impériale (qui fait remonter la fondation de son Église à l'apôtre Pierre) a rang de patriarche, avec les titres (initialement purement honorifiques) de « pontife » et de « premier parmi ses pairs » (en latin Primum inter pares). Le premier concile de Constantinople en 381 place le siège de Constantinople au second rang, juste après celui de Rome.

Mais les christologies déclarées hérétiques dans l'Empire ne disparurent pas pour autant. Certains empereurs après Constantin revinrent à l'arianisme, auquel se convertirent Goths et Vandales lors de leur rattachement à l'Empire romain.

Certaines églises d'Orient s'en tinrent au concile d'Éphèse, considérant que le Christ n'a qu'une seule nature, divine. Appelées à l'époque « monophysites », ce sont celles dites aujourd'hui « trois conciles » et comptent, entre-autres, des coptes en Égypte, des Éthiopiens et de la majorité des Arméniens.

Dans l'Empire perse sassanide, où la religion officielle est le mazdéisme, les chrétiens étaient soupçonnés de soutenir l'Empire romain. En 410, le catholicosat de Séleucie-Ctésiphon se détache du patriarcat d'Antioche[16] et en 484 adopte le nestorianisme comme doctrine officielle.

Christianisme oriental et occidental au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Les églises de l'Orient au Moyen Âge

Au début du VIIe siècle, le christianisme au Proche-Orient reste donc profondément divisé entre chalcédoniens, monophysites et nestoriens[15] quand la région est conquise par l'empire Perse à partir de 611 (l'Égypte en 618)[17]. Les Églises monophysites sont alors privilégiées par rapport aux chalcédoniens, vus comme alliés de l'Empire Byzantin. Après la reconquête byzantine (de 622 à 630), les divergences s'étant exacerbées, le monoénergisme est proposé comme tentative de conciliation des doctrines ; et bientôt imposé aux monophysites par de nouvelles persécutions[18].

C'est alors qu’apparaît une nouvelle religion monothéiste, l'islam, dans les tribus arabes du Hidjaz[19], qui bientôt entament une guerre de conquête en direction de la Syrie, la Palestine et l'Égypte[20]. Entre 631 et 643, trois des centres du christianisme oriental (Alexandrie, Antioche et Jérusalem) tombent aux mains des musulmans[20]. Les Byzantins pratiquent une politique de terre brûlée et laissent derrière eux une très mauvaise image[21]. La vie chrétienne continue dans les régions conquises, avec le statut de dhimmis (« protégés »), mais seules Constantinople et Rome gardent leur liberté politique.

Islam et christianisme au XIe siècle.

En Occident, le déclin de l'Empire romain a amené la prépondérance des Wisigoths, Lombards, Burgondes convertis pour partie au christianisme arien, qui s'installèrent dans la Gaule romaine et dans la péninsule ibérique[22]. La donne changea avec l'avènement du roi franc Clovis, qui opta pour le christianisme nicéen. La dynastie carolingienne renforça sa légimité en se faisant sacrer par le pape dès 754 ; la création des états pontificaux, conquis sur les Lombards, scella cette alliance avec la papauté[23].

Au IXe siècle, en sacrant Charlemagne comme empereur romain, les évêques de Rome rompent politiquement avec les empereurs de Constantinople et recherchent la protection des empereurs ou des rois Francs. Charlemagne poursuivit la conquête et la christianisation de l'Europe ; les saxons furent convertis de force et l'empereur, par de nombreux cartulaires, règlait la discipline religieuse.

Au IXe siècle l'évangélisation des peuples slaves se fit par la conversion de leurs souverains : le khan Boris de Bulgarie pour les slaves occidentaux opta pour un rattachement à Rome, Vladimir de Kiev pour les slaves orientaux (serbes, bulgares et Rus' de Kiev) à Constantinople[24]. En 1054, après la querelle du Filioque, Rome et Constantinople se traitent réciproquement de « schismatiques et anathèmes ». La première croisade aboutit à l'installation de patriarcats latins à Jérusalem et Antioche. Sur le plan politique, la rupture a été définitivement consommée en 1204 lorsque les Croisés latins ravagèrent Constantinople et déposèrent le patriarche. L'affaiblissement de l'Empire romain d'orient par les Croisés a permis, deux siècles plus tard, la prise de Constantinople par les Turcs ottomans.

Expansion coloniale et Réforme[modifier | modifier le code]

En 1455, le pape Nicolas V concède au Portugal l'exclusivité du commerce avec l'Afrique et encourage Henri le Navigateur à soumettre en esclavage les « sarrasins et autres infidèles », comptant sur les progrès des conquêtes pour obtenir des conversions[25]. Après la découverte de l'Amérique par les Européens en 1492, le pape Alexandre VI est amené à arbitrer le partage du nouveau monde entre les puissances espagnoles et portugaises[n 2], et leur attribue l'activité de mission qui a souvent été considérée par les puissances coloniales comme un instrument permettant d'introduire les intérêts occidentaux, voire de légitimer des interventions politiques ou militaires. Le catholicisme s'implante en Amérique du Sud, au Mexique avec la conquête de Cortés et au Pérou suite à celle de Pizarre[24]. Les missions vers l'Asie remportent peu de succès sauf aux Philippines et à Goa[26].

Les bulles pontificales Sublimus Dei (29 mai 1537) et Veritas ipsa du pape Paul III (2 juin 1537) condamnent l'esclavage des Amérindiens[27] ainsi que « toute mise en doute de la pleine humanité de ceux-ci », mais n'évoque pas les Noirs. Après la Controverse de Valladolid en 1550 la traite négrière se généralise.

À la même époque, le protestantisme tire son origine dans la Réforme instaurée par Luther et Calvin au début du XVIe siècle et proposant une réinterprétation de la foi chrétienne fondée sur un retour à la Bible. Les protestants refusent l'idée d'une hiérarchie ecclésiale instituée par Dieu : pour eux le clergé est une émanation du peuple chrétien. Ils refusent donc toute autorité au pape. Dans un premier temps, l'anglicanisme ne refuse que la juridiction pontificale. Puis très vite, sous l'influence de la Réforme, il refuse aussi la primauté en matière de foi et de mœurs.

La Contre-Réforme catholique précise ses dogmes lors du concile de Trente et impose en 1582 le passage du calendrier julien au calendrier grégorien. Elle s'engage dans la lutte contre les hérésies, d'une part par l'éducation - l'ordre des Jésuites est créé à cet effet - , d'autre part par la répression de l'Inquisition.

Déclin en Europe et expansion dans le reste du monde[modifier | modifier le code]

Bora-Bora, Polynésie française

Ces deux derniers siècles voient à la fois la perte d'influence du christianisme en Europe (où le christianisme a eu la plus grande influence historique) tout en connaissant un essor historiquement sans précédant à l'échelle mondiale.

En Amérique[modifier | modifier le code]

En Europe, à partir du XIXe siècle, l'Église catholique romaine perdit son statut privilégié dans plusieurs États. La Révolution française de 1789 avait supprimé la dîme et confisqué les biens du clergé, qui subit des persécutions jusqu'à la signature du Concordat en 1801[28]. Après les guerres napoléoniennes, l'Europe était profondément changée, et, malgré ses efforts, l’Église catholique ne retrouva jamais la position qu’elle occupait pendant l’Ancien Régime. Confrontée au rationnalisme, elle réagit par la publication du syllabus de Pie IX pour dénoncer les erreurs « modernes » [29]; le concile Vatican I proclama l'infaillibilité papale avant d'être interrompu par la guerre de 1870[30]. Les États pontificaux, dernier vestige du pouvoir temporel de la papauté, furent absorbés par l'unification des États italiens en 1870[30].

Mais, dans le même temps, le christianisme devient universel et connaît un essor considérable dans le monde. Le continent américain, que ce soit au nord ou au sud, s'imprègne profondément de la religion chrétienne et devient par la suite l'une des principales terres du christianisme. Ainsi, sur les cinq pays comptant la plus grande proportion de chrétiens au monde, trois sont situés dans les Amériques : les États-Unis, le Brésil et le Mexique (les deux autres étant la Russie et la Chine[31].)

Le 13 mars 2013, a lieu a Rome le couronnement du pape François : il s'agit du premier pape issu du continent américain et du premier pape non-européen depuis le VIIIe siècle. Le dernier pape non européen remontait a l'an 741 ; il s'agissait du Syrien Grégoire III[32].

En 1917, l'Église orthodoxe de Russie put se réorganiser lors de la révolution russe[33], mais connut des persécutions dès la Révolution d'Octobre[34], qui l'amenèrent à plusieurs schismes.

En Asie[modifier | modifier le code]

Messe pour les Philippines

En Asie, le christianisme était jusque la peu présent, excepté au Moyen-Orient et en Inde. Aujourd'hui, les Philippines représentent le seul pays d'Asie a majorité chrétienne, avec environ 81,4 % de fidèles. Toutefois, bien que minoritaires sur le continent, les chrétiens sont de plus en plus nombreux en Asie[35], ou, comme le souligne Régis Anouil, « le christianisme est associé aux valeurs de modernité, de démocratie et de liberté, alors que le bouddhisme, l'hindouisme et le confucianisme apparaissent moins en prise avec la réalité[36]. »

Le nombre de chrétiens en Asie est passé de 4,5% en 1910 a 13,1% en 2010[37]. La Corée du Sud abrite près de 20% de fidèles du christianisme, tandis que la Chine et l'Inde sont tous deux parmi les 10 pays comptant le plus de chrétiens. Le cas de la Chine est particulièrement représentatif de la croissance du christianisme en Asie : non seulement il s'agit déjà du troisième pays avec le plus grand nombre de chrétiens (67 millions) mais en plus, la Chine pourrait devenir le pays le plus chrétien de la planète[38], comme en témoigne une étude de Fenggang Yang, un chercheur américain. En effet, en 2050 la population chrétienne en Chine devrait dépasser les 247 millions, soit plus que n'importe quel autre pays du monde[39].

En outre, un nombre croissant d'écrivains dissidents, d'intellectuels critiques, de journalistes et d'avocats chinois revendiquent le Christianisme, dans lequel ils voient un symbole dans leur lutte pour la démocratie[40].

En Afrique[modifier | modifier le code]

Au cours du dernier siècle, l'Afrique a été le continent, avec l'Asie, à avoir connu la plus forte expansion de chrétiens, principalement de catholiques[41]. Le nombre de chrétiens dans cette région a été multiplié par plus de 60, passant de 8 millions en 1910 à 516 millions en 2010. De même, alors que la population chrétienne en Afrique subsaharienne ne s'élevait qu'a 9% en 1910, elle est aujourd'hui majoritaire(63%)[42].

En Afrique, les chrétiens font désormais jeu égal avec les musulmans[43]. Le nombre de musulmans et de chrétiens est presque parfaitement égal ; environ 400 à 500 millions de fidèles pour les deux confessions (sur une population d'environ 1 milliard d'habitants[44]. ) D'après les chiffres livrés lors d’une conférence organisée à l’université d’El Jadida au Maroc, les chrétiens seraient même récemment devenus plus nombreux que les musulmans : 46,53 % des Africains se rattachent au christianisme contre 40,64% à l’islam[45].

En 1900, les Africains ne formaient que 2% (10 millions) de la population chrétienne mondiale. Ils sont aujourd'hui 20% (500 millions).

Le christianisme de nos jours[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Branches du christianisme.
Répartition du christianisme dans le monde, toutes tendances confondues

Le christianisme reste la première religion du monde. Selon une estimation faite en juin 2014, le christianisme compterait 2,376 milliards de fidèles[46].

Les chrétiens se répartissent dans de multiples confessions, dans des Églises autocéphales dès l'origine, ou issues des nombreux schismes qui ont agité l'histoire du christianisme.

On classifie les Églises chrétiennes en trois grands groupes : la catholique, les orthodoxes et les protestantes :

  • Catholiques: 1,228 milliard[47]
  • Protestants: 875 millions
  • Orthodoxes : 280 millions

Ce que les média ont appelé l'indifférence religieuse, étudiée par différentes personnalités de l'Église catholique[48] concerne surtout les confessions historiques majoritaires, tandis que les religions nouvelles et minoritaires semblent progresser.

Les Églises autocéphales orthodoxes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Orthodoxie.
Église apostolique arménienne

Les Églises orthodoxes sont organisées en Églises autocéphales réparties de façon territoriale, indépendantes sur le plan juridique et administratif. Elles n’entrent pas dans une structure hiérarchique ; son patriarche, son pape (Église copte orthodoxe) ou son Catholicos (Église apostolique arménienne), est la seule autorité qui s’exerce. Parmi elles Eglises des sept conciles sont unies les unes aux autres par la confession d'une foi commune et une reconnaissance réciproque ; elles adoptent un classement selon un rang honorifique traditionnel.

Au début du XXIe siècle on dénombre 260 millions d'orthodoxes, ils représentent environ 12% des chrétiens[49]. Numériquement les pays qui comptent le plus d'orthodoxes sont la Russie et l'Éthiopie[n 3], mais dans des pays plus petits comme la Roumanie, la Grèce ou la Géorgie, ils représentent plus de 87% de la population[50].

L’Église catholique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Catholicisme.

L'Église catholique romaine revendique depuis le premier concile de Constantinople une primauté pontificale qui ne soit pas seulement d'honneur mais aussi de juridiction. Après la querelle du Filioque[n 4] et le schisme de 1054, l'église de Rome, appelée « Église catholique », eut encore 14 conciles qui fixèrent dans l'Église catholique des dogmes comme le purgatoire, l'infaillibilité papale ou la discipline du célibat des prêtres. Ces conciles l'éloignèrent de la « communion des sept conciles » jusque-là en vigueur dans la plupart des Églises et provoquèrent de nouveaux schismes. Ainsi, l'Église vieille-catholique est née du rejet du dogme de l'infaillibilité papale[51], tandis que le catholicisme traditionaliste refuse les réformes du concile Vatican II.

Plus de la moitié des chrétiens sont catholiques, soit 1,1 milliard[52]. Parmi eux, 48% sont américains (Brésil, Mexique et États-Unis) et 24% européens[53].

Les Églises issues de la Réforme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Protestantisme.
Église luthérienne d'Islande

La Réforme protestante instaurée par Luther et Calvin au début du XVIe siècle a donné naissance à de nombreuses Églises protestantes luthériennes ou réformées ainsi qu'à de nombreuses églises évangéliques (baptistes, méthodistes, pentecôtistes...).

L'ensemble de ces Églises regroupent près de 37% des chrétiens, soit 800 millions de protestants[49].

Les restaurationnistes et autres mouvements chrétiens[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Restaurationnisme (christianisme).

Les chrétiens n'appartenant pas à ces trois grandes branches du christianisme sont essentiellement regroupés dans des mouvements nés aux États-Unis au XIXe siècle, tels que l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, les Témoins de Jéhovah et la Science chrétienne. Ils sont environ 28,5 millions, soit plus de 1 % des chrétiens[54].

Bases doctrinales[modifier | modifier le code]

La foi en la Résurrection et le Credo[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Foi chrétienne.

Jésus-Christ est la figure centrale du christianisme. Le christianisme ne consiste pas d'abord en une doctrine ou un livre, mais en la personne de Jésus. La foi chrétienne ne se veut pas d'abord l'adhésion à une idée mais à une personne aimée, Jésus, atteinte par la foi. Le christianisme se veut donc une relation vivante avec Jésus, qui, pour les chrétiens, est toujours vivant[réf. nécessaire]. Selon l'historien des religions Mircea Eliade, le fondement historique de la religion chrétienne est la foi en sa résurrection[55]. La résurrection est pour les premiers chrétiens le "signe indubitable" de la divinité du Christ[56] parce que ressuscité Jésus "vient leur rendre le goût du passé et la lumière de l'avenir. [Ses disciples] sont toujours ses amis, ils vont annoncer sa victoire. Eux aussi ont passé par une mort, Jésus les ramène à la vie."[57] La crucifixion et la résurrection montrent "la triomphante victoire sur les pouvoirs du mal."[58] La résurrection du Christ symbolise l'idée que l'homme peut faire confiance au Bien, s'engager pour le Bien : "Le Seigneur est venu dans le monde (...) afin de détruire la tyrannie du [mal] et de libérer les hommes. (...) Par la mort, Il a détruit la mort, et réduit à rien celui qui avait le pouvoir de tuer."[59]La Résurrection signifie aussi que Jésus continue de vivre avec ses disciples qui, par la foi, atteignent sa présence.

Le plus ancien témoignage écrit du kérygme, le noyau de la foi chrétienne, se trouve exprimé dans la lettre aux Corinthiens : "Christ est mort pour nos péchés selon les Écritures, il a été enseveli, il est ressuscité le troisième jour selon les Écritures, il est apparu à Céphas puis au douze."[60]

Deux professions de foi sont venues préciser la foi chrétienne, le Symbole des Apôtres et le Symbole de Nicée-Constantinople (ou credo). Cependant, tous les chrétiens n'accordent pas une valeur à ces deux derniers. Ces professions de foi sont divisées en quatre parties. La première confirme la doctrine monothéiste du christianisme en stipulant qu'il n'y a qu'un seul Dieu qui est aussi le Créateur. La seconde partie énonce que Jésus-Christ est le fils unique de Dieu et qu'il a souffert, est mort, a été enseveli et est ressuscité avant de monter au ciel afin de juger les vivants et les morts. L'expression de fils relève de la continuité de la tradition biblique, mais les chrétiens proclament que c'est Dieu qui se révèle de façon unique en son fils Jésus-Christ. Les catholiques insistent davantage sur la filiation biologique dans la doctrine de la virginité perpétuelle. La troisième partie des professions de foi dit que l'Esprit Saint intercède pour les hommes et, finalement, la quatrième partie énonce que Jésus-Christ a institué une Église sur Terre.

Une nouvelle lecture de l'ancien Testament, une nouvelle loi[modifier | modifier le code]

La doctrine du péché originel fut théorisée par Saint Augustin

Aux Écritures issues du judaïsme, qui correspondent à ce que les chrétiens nomment l'Ancien Testament, la tradition des premiers siècles du christianisme a adjoint le Nouveau Testament ; réunis, ils constituent la Bible chrétienne. Les chrétiens précisent que le Nouveau Testament ne vient pas remplacer l'« Ancien » mais l'accomplir. Dès le Ier siècle, le « concile de Jérusalem » dut se prononcer sur la continuité de la nouvelle foi avec la Torah[8].

Le canon du Nouveau Testament est composé de 27 écrits : les quatre évangiles, les Actes des apôtres, des épîtres des apôtres aux premières communautés chrétiennes et l'Apocalypse[61].; il exclut de nombreux textes chrétiens apocryphes, parmi lesquels une douzaine d’Évangiles et, en particulier, celui de Thomas, qualifié de gnostique dans le christianisme. Marcion de Sinope, vers 150, fut le premier théologien à poser explicitement la question de la permanence de l'Ancien Testament dans le canon chrétien[61]. Le marcionisme distingue le Dieu créateur de l'Ancien Testament du Dieu d'amour des écrits pauliniens ; ces idées furent clairement rejetées par le christianisme[62].

Irénée de Lyon affirme à la même époque que la Loi a été abrégée et non abrogée. Il bâtit une théologie de l'Histoire qui donne un sens à celle-ci, déterminé par le plan de Dieu, de la Création à l'Incarnation et dans l'attente du retour du Christ[63].

L'inculturation du christianisme dans la culture gréco-romaine est l'oeuvre des Pères de l'Église vers la fin du IVe siècle[64]. Nés pour la plupart dans des familles chrétiennes de l'élite locale, ils effectuent un travail de réappropriation de la Bible hébraïque, dont les citations abondent dans leurs ouvrages, au biais de la philosophie grecque[64].

Révélation de Dieu comme amour[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Charité.

""Dieu est l'Amour" et rien d'autre". Pour Balthasar, cet énoncé constitue le cœur du discours chrétien sur Dieu : "Dieu interprété comme amour : en cela consiste l'idée chrétienne."[65] "En envoyant (...) son Fils unique et l'Esprit d'amour, Dieu révèle son secret le plus intime : il est Lui-même éternellement échange d'amour."[C 1] ""Dieu est amour : celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu et Dieu en lui"(1Jn4,16). Ces Paroles de la Première lettre de saint Jean expriment avec une particulière clarté ce qui fait le centre de la foi chrétienne : l'image chrétienne de Dieu, ainsi que l'image de l'homme et de son chemin, qui en découle."[C 2]

Pour certains théologiens, le christianisme reste centré sur l'amour. L'exclamation de T. Radcliffe est représentative : "Tout ce que j'ai écrit est, en un sens, un commentaire de ce que signifie aimer."[66]

Le christianisme produisit ainsi de grands mystiques, tels Jean de la Croix ou Catherine de Sienne.

Controverses théologiques[modifier | modifier le code]

Dieu unique et Trinité[modifier | modifier le code]

Le plus grand nombre des chrétiens définissent leur foi par le Credo, socle de foi commun affirmant l'unicité de Dieu, la vie, la mort et la résurrection de Jésus, « la résurrection de la chair et la vie du monde à venir » (par opposition à l'au-delà des Égyptiens ou des Grecs). L'interprétation du Credo par Rome a inauguré la controverse du filioque : si le saint-esprit découle aussi du Christ, et pas seulement de Dieu, une âme ne peut être sauvée que si la personne est chrétienne, ce qui change le rapport aux autres croyances et aux incroyants[67]. Cette controverse a contribué au schisme de 1054 entre catholiques et orthodoxes. Quelques siècles plus tard, d'autres controverses ont conduit, dans le monde orthodoxe, au bogomilisme, et dans le monde catholique au catharisme et au protestantisme.

La Trinité découle directement de ces professions de foi. La Trinité est le fait que le Dieu unique se révèle en trois « personnes », le Père, le Fils et l'Esprit Saint. Le terme de personne a donné lieu à de nombreuses interprétations et saint Augustin précise que ce terme, humain, ne définit qu'imparfaitement la Trinité. La triple invocation du baptême, « au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit »[B 5] fut conceptualisée sous forme du dogme de la Trinité lors des grands Conciles du IVe siècle. Les interprétations de la Trinité sont différentes selon les chrétiens qui se réclament des Églises des deux conciles, des Églises des trois conciles ou des Églises des sept conciles. De plus, certains chrétiens tels que les unitaristes, certains groupes adventistes, les Témoins de Jéhovah et l'Église de Dieu (Septième Jour) n'admettent pas le dogme de la Trinité. Ces derniers sont appelés antitrinitaires.

Libre arbitre et exclusivité du salut[modifier | modifier le code]

La doctrine chrétienne du péché originel est en grande partie issue de la pensée de Saint Augustin. S’il affirme, dans le traité De libero arbitrio, l’existence du libre arbitre contre les manichéens qui attribuaient au divin la responsabilité du mal, il tend, contre les pélagiens, à en minimiser le rôle dans l'œuvre du salut, arguant que l’homme a, par le péché originel, perdu l’usage de cette faculté[68]. Seule la grâce, gratuitement octroyée par Dieu, peut alors accomplir l'œuvre du salut.

Augustin aborde également la doctrine de la prédestination, selon laquelle Dieu aurait déterminé de toute éternité qui serait sauvé.

Pour l'Église catholique romaine, avant la déclaration Dignitatis Humanae issue du concile Vatican II, la théologie du salut était centrée sur le principe « Hors de l'Église point de salut », c'est-à-dire que ce sont ses sacrements qui permettent aux fidèles de participer à la vie de Dieu et par là d'accéder au salut. Après cette déclaration, la position de l'Église déclare que tout homme de bonne volonté peut accéder au salut, même en ne participant pas à l'économie des sacrements.

Le débat autour de cette question, au centre des préoccupations de Luther fut relancé lors les débats théologiques de la Réforme[68]. Luther estime que « seule la foi » apporte le salut, et donc que les bonnes œuvres ne peuvent pas y contribuer.

Les cinq points du calvinisme posent le principe de l'élection inconditionnelle selon laquelle avant que Dieu ait créé le monde, il a choisi de sauver certains pour ses propres raisons et en dehors de toute condition liée à ces personnes.

Un rapprochement entre l'Église catholique et la Fédération luthérienne mondiale sur ces questions a amené en 1999 à une déclaration commune sur la justification par la foi qui professe « Nous confessons ensemble que la personne humaine est, pour son salut, entièrement dépendante de la grâce salvatrice de Dieu. ».

Dialogue œcuménique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : œcuménisme.

La version unioniste de l'œcuménisme est la volonté de bâtir une Église unique. Ce fut un temps la pensée de l'archevêque luthérien d'Uppsala Nathan Söderblom[69], prix Nobel de la Paix en 1929. Mais ce fut d'abord la nécessité d'une meilleure coopération entre les sociétés bibliques protestantes qui amena, à la fin du XIXe siècle, les premières tentatives de dialogue inter-confessionnel. En 1948, ces dialogues ont donné naissance au Conseil œcuménique des Églises (COE).

La réconciliation et la levée des anathèmes entre catholiques et orthodoxes n'intervinrent qu'en 1965 avec les déclarations du pape Paul VI et du patriarche Athenagoras Ier.

Toutefois, après une quinzaine d'années de « détente », les relations entre les deux Églises se sont à nouveau progressivement tendues, surtout après l'an 2000, avec le recadrage de l'Église catholique par les papes Jean-Paul II et Benoît XVI, et avec l'interdiction de tout prosélytisme catholique dans leur juridictions par des patriarcats comme ceux d'Athènes, Belgrade ou Moscou.

Dès 1927[70], plusieurs Églises orthodoxes ont participé au travail œcuménique de la conférence mondiale Foi et Constitution. Elles ont rejoint en 1961 le COE.

Avec le concile de Vatican II, en 1962, l'Église catholique s'est engagée dans le dialogue œcuménique. Elle n'est pas membre du COE pour des raisons doctrinales (par exemple, depuis la déclaration Dominus Jesus l'Église catholique ne parle plus d'« Églises » pour les protestants mais parle de « communautés ecclésiales ») et de volonté de primauté[n 5]. Cela ne l'empêche pas de participer à divers travaux de dialogue œcuménique mais sanctionne ou inquiète systématiquement ses théologiens dès qu'ils élaborent dans une théologie pluraliste[71].

Culte[modifier | modifier le code]

Sacrements[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sacrement.

Baptême[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Baptême.

Eucharistie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Eucharistie.

Autres sacrements[modifier | modifier le code]

Calendrier liturgique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Calendrier liturgique.

Le christianisme face au monde moderne[modifier | modifier le code]

Préceptes et règles de vie[modifier | modifier le code]

Question sociale[modifier | modifier le code]

La révolte des Canuts en 1831 fut l'un des premiers événements où se manifesta la misère ouvrière. Frédéric Ozanam en fut particulièrement bouleversé[72]. À la suite de l'apostrophe d'un saint-simonien lors de l'une de ses conférences d'histoire, il décida de fonder la société de Saint-Vincent-de-Paul pour l'aide aux pauvres[73]. Ce fut le début de l'action du catholicisme social, qui aboutit en 1891 à l'encyclique Rerum Novarum de Léon XIII, qui reconnaît les droits des ouvriers et cautionne solennellement le développement d'un mouvement social. Certains des premiers syndicats furent des syndicats chrétiens : par exemple le SECI, qui deviendra la CFTC, fut créé en 1887, trois ans seulement après la levée de l'interdiction de se syndiquer. Elle est créée après la Fédération nationale des syndicats, d'inspiration socialiste, en 1886, qui deviendra la CGT en 1895[74].

Depuis cette époque, en ce qui concerne le catholicisme, les papes ont régulièrement mis à jour la doctrine sociale de l'Église. Celle-ci comprend un ensemble de principes et de valeurs qui doivent dicter l'action des catholiques en matière sociale. L'action sociale des chrétiens peut aujourd'hui intervenir en France dans le cadre du bénévolat dans des associations.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Lettre d'Ignace d'Antioche aux Magnésiens, note 14, dans Les Pères Apostoliques, Coll. Foi Vivante, Cerf, 1998 p. 174.
  2. Lenoir, Frédéric, Comment Jésus est devenu Dieu, éd. Le Livre de poche, 2012
  3. Lenoir, Frédéric, Socrate, Jésus, Bouddha. Trois maîtres de vie, éd. Le Livre de poche, 2011
  4. (en) J.Neusner, A Rabbi Talks with Jésus, Doubleday,‎ 1993, p. 113s
  5. a, b et c Michel Rouche, Les origines du christianisme: 30-451, p. 19
  6. Voir Le Judéo-christianisme dans tous ses états Actes du colloque de Jérusalem, 6-10 juillet 1998, ouvrage collectif publié au CERF; voir « the ways that never parted » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-03-26 colloque Oxford Princeton 2002. De même Dan Jaffé dans Le judaïsme et l'avènement du christianisme, orthodoxie et hétérodoxie dans la littérature talmudique Ier et IIe siècles , CERF, montre que l'introduction de la Birkhat Ha Minim n'est pas déterminant
  7. Michel Rouche, Les origines du christianisme: 30-451, p. 8
  8. a et b Michel Rouche, Les origines du christianisme: 30-451, p. 16
  9. (grk) Irénée, Contre les Hérésies
  10. Ignace d'Antioche, Lettre aux Romains
  11. Paul Veyne, Quand notre monde est devenu chrétien (312-394), Paris, Albin Michel, 2007,
  12. Marie-Émile Boismard, À l'aube du christianisme, avant la naissance des dogmes, éd. Cerf, 1998
  13. Michel Rouche, Les origines du christianisme: 30-451, Hachette,‎ 2007, p. 158
  14. Michel Rouche, Les origines du christianisme: 30-451, Hachette,‎ 2007, p. 125
  15. a et b Gérard Troupeau, Chrétiens face à l'Islam: premiers temps, premières controverses, Bayard,‎ 2009, « La situation religieuse au Proche-Orient à l'aube de l'islam », p. 21
  16. Gérard Troupeau, Chrétiens face à l'Islam: premiers temps, premières controverses, Bayard,‎ 2009, « La situation religieuse au Proche-Orient à l'aube de l'islam », p. 20
  17. Gérard Troupeau, Chrétiens face à l'Islam: premiers temps, premières controverses, Bayard,‎ 2009, « La situation religieuse au Proche-Orient à l'aube de l'islam », p. 22
  18. Gérard Troupeau, Chrétiens face à l'Islam: premiers temps, premières controverses, Bayard,‎ 2009, « La situation religieuse au Proche-Orient à l'aube de l'islam », p. 23-24
  19. Gérard Troupeau, Chrétiens face à l'Islam: premiers temps, premières controverses, Bayard,‎ 2009, « La situation religieuse au Proche-Orient à l'aube de l'islam », p. 25
  20. a et b Walter Kaegi, Chrétiens face à l'Islam: premiers temps, premières controverses, Bayard,‎ 2009, « Les défaites de Byzance en Orient », p. 26-27
  21. Walter Kaegi, Chrétiens face à l'Islam: premiers temps, premières controverses, Bayard,‎ 2009, « Les défaites de Byzance en Orient », p. 31-32
  22. Michel Rouche, Les origines du christianisme: 30-451, p. 141
  23. Emmanuel Melmoux et David Mitzinmacker, 100 personnages qui ont fait l'histoire de France, Éditions Bréal,‎ 2004, p. 32-33
  24. a et b Mircea Eliade, Dictionnaire des religions, Pocket, coll. « Agora »,‎ 1994 (ISBN 2-266-05012-5), p. 122
  25. Alphonse Quenum, Les Églises chrétiennes et la traite atlantique du XVe au XIXe siècle, Karthala éditions,‎ 2008 (résumé), p. 72-73
  26. Mircea Eliade, Dictionnaire des religions, Pocket, coll. « Agora »,‎ 1994 (ISBN 2-266-05012-5), p. 123
  27. Christian Delacampagne, Histoire de l'esclavage. De l'Antiquité à nos jours, Paris, Le livre de poche,‎ 2002 (ISBN 2253905933), p. 144.
  28. Xavier de Montclos, Brève histoire de l'Église de France, Cerf,‎ 2009, p. 109
  29. Yves Chiron, Histoire des conciles, Perrin,‎ 2011, p. 207
  30. a et b Yves Chiron, Histoire des conciles, Perrin,‎ 2011, p. 229
  31. (en) « The 10 Most Christian Countries », sur therichest.com,‎ 2014 (consulté le 3 novembre 2014).
  32. « Jorge Mario Bergoglio », sur notredamedesaussens.fr (consulté le 3 novembre 2014).
  33. Jean Meyendorff, L'Église orthodoxe hier et aujourd'hui, Seuil,‎ 1995, p. 99-100
  34. Jean Meyendorff, L'Église orthodoxe hier et aujourd'hui, Seuil,‎ 1995, p. 102-104
  35. « L’Asie, terre d’avenir du christianisme ? », sur la-croix.com,‎ 2014 (consulté le 3 novembre 2014).
  36. « L'Asie, terre catholique fertile », sur lefigaro.fr,‎ 2013 (consulté le 3 novembre 2014).
  37. « Plus de deux milliards de chrétiens dans le monde », sur la-croix.com,‎ 2014 (consulté le 3 novembre 2014).
  38. « Le nombre de chrétiens explose en Chine », sur radio-canada.ca,‎ 2014 (consulté le 3 novembre 2014).
  39. « La Chine, bientôt le plus grand pays chrétien du monde ? », sur lavie.fr,‎ 2014 (consulté le 3 novembre 2014).
  40. « Les chrétiens s'éveillent », sur lexpress.fr,‎ 2006 (consulté le 3 novembre 2014).
  41. « De plus en plus de catholiques en Afrique », sur lefigaro.fr,‎ 2013 (consulté le 3 novembre 2014).
  42. « Un tiers de l'humanité est chrétienne », sur lefigaro.fr,‎ 2011 (consulté le 3 novembre 2014).
  43. « Musulmans et chrétiens, la carte d’Afrique de la division religieuse », sur rue89.nouvelobs.com,‎ 2014 (consulté le 3 novembre 2014).
  44. « Afrique : chrétiens et musulmans à égalité », sur ouest-france.fr,‎ 2010 (consulté le 3 novembre 2014).
  45. « Afrique: Les chrétiens désormais plus nombreux que les musulmans », sur cath.ch,‎ 2012 (consulté le 3 novembre 2014).
  46. Status of Global Mission, 2014, in the Context of AD 1800–2025, janvier 2014, consulté le 19 juin 2014.
  47. Le nombre de catholiques en augmentation, 6 mai 2014, consulté le 7 juin 2014.
  48. Mgr Claude Dagens, Entre épreuves et renouveaux : La Passion de L’Évangile - Indifférence religieuse, Visibilité de l'Église et évangélisation, Paris, Bayard / Cerf / Fleurus-Mame, 2010
  49. a et b (en) Pew Research Center, « Global Christianity : A Report on the Size and Distribution of the World’s Christian Population », sur pewforum.org,‎ décembre 2011 (consulté en septembre 2014), p. 28
  50. (en) Pew Research Center, « Global Christianity : A Report on the Size and Distribution of the World’s Christian Population », sur pewforum.org,‎ décembre 2011 (consulté en septembre 2014), p. 31
  51. Yves Chiron, Histoire des conciles, Perrin,‎ 2011, p. 230
  52. (en) Pew Research Center, « Global Christianity : A Report on the Size and Distribution of the World’s Christian Population », sur pewforum.org,‎ décembre 2011 (consulté en septembre 2014), p. 23
  53. (en) Pew Research Center, « Global Christianity : A Report on the Size and Distribution of the World’s Christian Population », sur pewforum.org,‎ décembre 2011 (consulté en septembre 2014), p. 25
  54. (en) Pew Research Center, « Global Christianity : A Report on the Size and Distribution of the World’s Christian Population », sur pewforum.org,‎ décembre 2011 (consulté en septembre 2014), p. 21
  55. Mircea Eliade, Histoire des croyances et des idées religieuses, t. 2, p. 316
  56. Pierre Liégé et Encyclopédie Universalis, Christianisme, dans : Encyclopédie Universalis, Paris, 1988.
  57. Jacques Guillet, Jésus dans la foi des premiers disciples, Desclée de Brouwer, Paris, 1995, p. 217.
  58. Timothy Ware, L'orthodoxie, L'Église des sept conciles, Desclée de Brouwer, Bruges, 1968, p. 309.
  59. Timothy Ware, L'orthodoxie, L'Église des sept conciles, Desclée de Brouwer, Bruges, 1968, p. 307.
  60. Jacques Guillet, Jésus dans la foi des premiers disciples, Desclée de Brouwer, Paris, 1995, p. 216-217.
  61. a et b Mircea Eliade, Dictionnaire des religions, Pocket, coll. « Agora »,‎ 1994 (ISBN 2-266-05012-5), p. 105
  62. Michel Rouche, Les origines du christianisme: 30-451, p. 47
  63. Michel Rouche, Les origines du christianisme: 30-451, p. 64-66
  64. a et b Michel Rouche, Les origines du christianisme: 30-451, p. 159-160
  65. Pascal Ide, Une théologie de l'amour. L'amour centre de la Trilogie de Hans Urs von Balthasar, Lessius, Bruxelles, 2012, p. 45.
  66. Timothy Radcliffe, Pourquoi donc être chrétien? (Traduit de l'anglais par D. Barrios Delgado), Les éditions du Cerf, Paris, 2006, p. 14.
  67. Joseph Ratzinger : Les principes de la théologie catholique, esquisse et matériaux, éd. Paris Téqui, 2005, ISBN 2-7403-1197-4 ; Étienne Fouilloux : article « Catholicisme » dans le Dictionnaire des faits religieux de Régine Azria et Danièle Hervieu-Léger (dir.), Paris, PUF, Quadrige Dicos poche, 2010, ISBN 978-2-13-054576-7.
  68. a et b Mircea Eliade, Dictionnaire des religions, Pocket, coll. « Agora »,‎ 1994 (ISBN 2-266-05012-5), p. 131
  69. Nathan Söderblom - Biography
  70. Concrètement des discussions sont engagées depuis le congrès des Sociétés bibliques, le colloque de Chicago en 1893 qui crée le Parlement International des religions, à Chicago, organisé par un chrétien unitarien, Jenkin Lloyd Jones, et Swami Vivekananda
  71. Hans Küng, Yves Congar o.p., Jacques Dupuis s.j., Claude Geffré o.p.
  72. Gérard Cholvy, Frédéric Ozanam, l'engagement d'un intellectuel catholique au XIXe siècle, p. 162-168
  73. Madeleine des Rivières, Ozanam, un savant chez les pauvres, Les Éditions Bellarmin, Montréal et Les Éditions du Cerf, Paris, 1984, p. 38 - Pour plus de détails, voir Biographie de Frédéric Ozanam
  74. (fr) Bruno Duriez, Les catholiques dans la République, 1905-2005, Éditions de l'Atelier, 2005, (ISBN 978-2708238206), 365 pages. Paragraphe « Rassembler les travailleurs chrétiens : le syndicat chrétien », pages 67-68.

Références bibliques[modifier | modifier le code]

  1. 2Co 13,5; Ac 11,26; Ep 14,17; Rm 11,13
  2. Actes 24,5
  3. Ac XI,26
  4. Mt 10,6
  5. fin de l'Évangile de Matthieu

Catéchisme et encycliques[modifier | modifier le code]

  1. Catéchisme de l'Église catholique, Centurion/Cerf/Fleurus-Mame/Libtrairie éditrice vaticane, Paris, 1998, p. 58.
  2. Benoit XVI, Dieu est Amour. Lettre encyclique Deus caritas est, Pierre Tequi, Paris, 2006, p. 3.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dès 301 (ou 314) l'Arménie s'était convertie au christianisme. Ainsi, ce pays devint le premier état officiellement chrétien, avant même l'Empire romain
  2. Le traité de Tordesillas, signé le 7 juin 1494 institue une ligne de partage qui passe à cent lieues à l'ouest des Açores
  3. 101 milliions en Russie et 36 en Éthiopie
  4. Le filioque est particulièrement lourd de conséquences historiques, car il postule que l'Esprit-saint ne découle pas seulement du Père (Dieu) mais aussi du Fils (Jésus-Christ) ce qui implique que Dieu ne sauve que les baptisés, les âmes chrétiennes : cette doctrine catholique justifiera l'inquisition et la politique de conversion forcée menée contre les cathares, les camisards, ou les populations colonisées.
  5. quoiqu'elle prétende que c'est aussi une question de taille : elle représenterait à elle seule plus de fidèles que tous les autres membres du COE, alors qu'elle n'aurait comme les autres églises, qu'une seule voix.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Mircea Eliade, Histoire des croyances et des idées religieuses, t. 2 : De Gautama Bouddha au triomphe du christianisme, Payot, coll. « Bibliothèque historique »,‎ 17 mars 1989, 525 p. (ISBN 978-2228881593), « La naissance du christianisme » Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • C. S. Lewis, Les Fondements du christianisme, (ISBN 2-85031-311-4)
  • Hervé Pasqua, Qu'est-ce que le christianisme?, Éditions du Cerf, Paris, 2004
  • Jaroslav Pelikan À qui appartient la Bible ? Le livre des livres à travers les âges, La Table Ronde, coll. Religions, octobre 2005
  • Collectif (dir.), Chrétiens face à l'Islam: premiers temps, premières controverses, Bayard,‎ 2009 (ISBN 978-2-227-47832-9) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Michel Rouche, Les origines du christianisme: 30-451, Hachette,‎ 2007 (ISBN 978-2-01-145755-4) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Textes classiques[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]