Sikhisme

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Le Khaṇḍā est le symbole du sikhisme.

Le sikhisme est une religion monothéiste fondée dans le nord de l'Inde au XVe siècle par le Gurû Nanak.

Le mot « sikh » est dérivé du mot sanskrit शिष्यः (śiṣya) signifiant disciple ou étudiant, ou de शिक्ष (śikṣa), signifiant étude ou instruction[1]. L'expression du monothéisme des Sikhs réside dans le symbole - Ek Ong Kar, que l'on peut traduire par « une seule (ek) conscience créatrice (ong) manifestée (kar) ». Transcrit littéralement cela revient à dire « l'âme de dieu ». La doctrine du sikhisme se fonde sur les enseignements spirituels des Dix gurûs, recueillis dans le Sri Guru Granth Sahib.

Histoire[modifier | modifier le code]

Une vue du Temple d'Or et son sarovar à Amritsar.

Gurû Nanak (1469-1539), fondateur du sikhisme, est né dans le village de Talwandi, nommé maintenant Nankana Sahib, près de Lahore, dans l'actuel Pakistan. Ses parents sont hindous et appartiennent à une caste marchande : les Khatri du Punjab[2]. Dès son enfance, Guru Nanak est fasciné par la spiritualité et montre des dispositions peu ordinaires pour l'apprentissage. C'est sans doute durant cette période qu'il découvre l'enseignement du poète saint Kabîr (élevé dans une famille musulmane), père de la littérature hindi, un homme révéré à la fois par les hindous et les musulmans[3],[4]. Après une expérience spirituelle de « fusion » avec l'essence de toute chose, Gurû Nanak compose le Jap Ji Sahib, poème mystique qui résume un enseignement qu'il décide de partager. Il voyage dans toute l'Inde et dans de nombreux pays environnants - Népal, Tibet, Sri Lanka, avant d'entamer un long périple au cœur du monde musulman. En effet, le premier disciple et ami d'enfance de Guru Nanak, Mardana, barde attaché à la famille du Gurû, est de confession musulmane. Mardana décide de suivre Guru Nanak qui effectue son pèlerinage à La Mecque. Ce voyage les conduira notamment dans la péninsule d'Arabie, en Perse et en Afghanistan.

Après plusieurs années de voyage, Guru Nanak réunit une communauté et fonde un village, Kartarpur - la Ville du Créateur. Il enseigne sans relâche et de nombreuses personnes viennent à son enseignement. La religion, pense-t-il, est un lien pour unir des hommes, mais dans la pratique il constate qu'elle monte les hommes les uns contre les autres et est à l'origine de nombreuses discriminations : entre hommes et femmes, entre castes, entre religions, entre origines ethniques, etc. Il regrette en particulier l'antagonisme entre hindous et musulmans, quand lui voit la richesse commune de ces deux religions. Une sentence bien connue de Guru Nanak est : « Il n'y a ni hindou et ni musulman. » À ceux qui demandent alors qui ils sont s'ils ne sont ni hindous, ni musulmans, il répond : « vous êtes des disciples ». C'est ainsi que le mot Sikh (disciple), se répand.

Un des cinq Takhts du sikhisme: un des cinq temples majeurs; ici l'Harmandir Sahib à Patna dans l'état du Bihar, en Inde.

Gurû Nanak est opposé au système des castes. Ses fidèles se réfèrent à lui en tant que gurû (professeur, maître). Avant sa mort, il indique un nouveau gurû pour être son successeur et pour mener la communauté. Le dixième et dernier gurû, Gurû Gobind Singh (1666-1708) introduit la cérémonie de baptême sikh en 1699 donnant par là une identité caractéristique aux Sikhs. Les cinq Sikhs nouvellement baptisés sont appelés Panj Pyare, Les Cinq Bien-Aimés, qui baptisent à leur tour le gurû à sa demande.

Avant son décès, le gurû complète l'Âdi Granth des œuvres de son prédécesseur, le renommé Siri Guru Granth Sahib, et commande qu'il soit dorénavant l'autorité spirituelle définitive et que l'autorité temporelle passe au Khalsa Panth - la Communauté des Sikhs. Le livre saint des Sikhs est compilé et édité par le cinquième gurû, Gurû Arjun en 1604. Ce sont les premières écritures saintes dans le monde à avoir été compilées par les fondateurs d'une foi au cours de leur vie (les écrits saints de la religion bahá'íe au XIXe siècle étant également tous rédigés par le fondateur lui-même ou en sa présence). Elles sont surtout rédigées en punjabi, mais aussi en hindi, en persan, etc.

Guru Arjan construisit également le mondialement célèbre Gurdwârâ - Darbar Sahib, à Amritsar, qui est le centre du Sikhisme.(Et le Maharaja Ranjit singh met de l'or sur ce Gurdwara).

Durant le XVIIIe siècle, les Sikhs firent l'objet de répressions et de persécutions diverses de la part des autorités, poussées par le fanatisme général. Ils durent faire des sacrifices extrêmes pour protéger et préserver leur foi et leur identité. L'empire moghol était en voie de désintégration, les Afghans, sous la conduite d'Ahmed Shah Abdali, avaient commencé à envahir le pays. Les Sikhs profitèrent de ces circonstances pour établir leur propre royaume qu'ils achevèrent de constituer sous le Maharaja Ranjît Singh (1780-1839). L'empire sikh dura un demi-siècle et fut annexé par les anglais en 1849.

Durant la guerre d'indépendance de l'Inde, de nombreux Sikhs furent pendus, durent faire face à toutes sortes de brutalités, se battre contre l'occupant, subir de longues périodes d'emprisonnement afin de libérer le pays. Bien que les Sikhs ne représentent que 1,8 % de la population de l'Inde, ils se sont néanmoins forgé une solide réputation dans pratiquement tous les domaines, tels que l'armée, l'agriculture, les sports, l'industrie, l'éducation, la médecine, l'ingénierie, etc., à force de persévérance et de travail dans un esprit de dévouement missionnaire. Leur goût de l'aventure et de l'entreprise les a conduits dans presque tous les pays du monde.

Monothéisme[modifier | modifier le code]

Ek onkar une des syllabes sacrées du sikhisme.

La religion sikhe est strictement monothéiste[5]. Ses adeptes croient en un seul Dieu Suprême, Absolu, Infini, l'Éternel, le Créateur, la Cause des causes, sans inimitié, sans haine, à la fois immanent et transcendant. Il est appelé: le Guru Suprême (ou en langage courant, « Quel Dieu! »).

« Ô mon âme, tu es l'incarnation de la lumière,
Connais ton Essence,
Ô mon âme, le Seigneur est toujours avec toi,
À travers la parole du Guru, jouis de Son Amour,
Connaissant ton Essence, tu connais ton Seigneur,
Et tu connais le mystère de la naissance et de la mort » »
(Guru Granth, p. 441)

Le postulat de base du sikhisme est qu'il n'y a pas de péché originel, mais la vie ayant émané d'une Source Pure, le Seigneur de Vérité demeure en elle.

Ainsi Guru Nanak dit:

« O mon âme, tu es l'étincelle de la Suprême Lumière,
Connais ton Essence »

Non seulement toute la philosophie sikhe, mais aussi toute l'histoire et le tempérament des Sikhs découlent de cette manière de voir. Dieux et déesses ne sont pas considérés comme des êtres.

Métaphysique et éthique[modifier | modifier le code]

Page enluminée du Sri Guru Granth Sahib, livre saint et gourou définitif du sikhisme.
Guru Nanak débattant avec des sages hindous.
Guru Nanak méditant à la Mecque.

La position doctrinale de Guru Nanak est assez simple, en dépit de son origine. La cohérence du sikhisme est à mettre au bénéfice de son concept central simple - la souveraineté d'un Dieu unique, le Créateur. Guru Nanak l'appelle « Le Nom Vrai » (Satnam) pour éviter d'utiliser un terme qui soit plus restrictif. Il enseigne que « Le Nom Vrai », qui se manifeste de manières diverses, dans des endroits divers et par des noms divers, est éternellement « Un », Dieu souverain et omnipotent, à la fois transcendant et immanent, créateur et destructeur, intemporel et partout présent.

Selon Guru Nanak, discuter quels composants de sa croyance proviennent de l'hindouisme, quels sont musulmans, c'est discuter comme un idiot qui cherche quelle religion possède le droit de professer des concepts universels tels que la bonté, la charité, l'honnêteté, la vénération du nom de dieu, le respect des autres.

Car Dieu n'est ni musulman, ni hindou, ni de telle ou telle confession : Dieu est UN – Ek Omkar. En effet, dans le Guru Granth Sahib il est écrit :

« Ne dites pas que les Védas, la Bible et le Coran sont faux. Ce sont ceux qui ne les contemplent point qui sont faux[6]. »

Le sikhisme considère que toutes les religions peuvent mener vers Dieu[7]. Si la religion sert à se croire supérieur aux autres, il ne s'agit pas de religiosité – mais de vanité humaine, orgueil ou démon que le sikhisme demande de détruire (les symboles physiques sikhs sont là pour rappeller cet ordre à la conscience : combattre, vaincre et tuer l'ego, qui empêche la communion avec Dieu-Un)[7].

Un sikh ne doit pas se perdre en verbiage inutile, idéalisme aveugle, attitude amenant à oublier la présence du Dieu-Un ; l'enseignement du sikhisme rappelle qu'un musulman qui méprise le Brahman des Sages hindous, est en fait ignorant du Dieu coranique – « Allah » ; et un hindou qui méprise l'unique Allah des sages musulmans, est en réalité ignorant de l'Être suprême védique – « Brahman ». Cela est vrai aussi pour les autres religions.

Car Guru Nanak, le gourou/maître fondateur du sikhisme, n'a jamais voulu opposer l'islam et l'hindouisme, ni dissoudre ou remplacer l'islam et l'hindouisme par sa propre philosophie religieuse[8].

Guru Nanak a juste exposé sa foi, ses expériences mystiques, par une poésie sensible et remplie de dévotion envers le Dieu-Un tel qu'il se révéla à sa personne[8] : les neuf autres gourous du sikhisme et ses authentiques disciples (« sikhs ») n'ont fait que le suivre dans ce cheminement spirituel, voulu universel et protecteur.

Gurû Nanak souscrit également à la croyance en la mâyâ, l'illusion du monde physique. Bien qu'il considère les objets matériels comme des réalités et comme des expressions de la vérité éternelle du créateur, ils tendent à ériger « un mur d'erreurs » autour de ceux qui ne vivent que dans un monde des désirs matériels. Ceci les empêche de voir le Dieu vrai qui a créé la matière comme un voile autour de lui, de sorte que seules les consciences spirituelles, libérées du désir, puissent le pénétrer.

Le monde est immédiatement vrai dans le sens qu'il est rendu manifeste aux sens par la maya, mais il est finalement irréel puisque seul Dieu est finalement vrai. En accord avec la doctrine hindoue de la transmigration des âmes, c'est-à-dire du samsara (cycle où l'âme, sans naissance ni mort, peut transmigrer sous une forme humaine, animale, végétale), ainsi que son corollaire, la loi du karma, Nanak conseille aux fidèles de ne pas prolonger leur cycle de réincarnations par une vie hors de Dieu où l'on opte pour l'égoïsme, les plaisirs transitoires et une vie matérialiste basée sur l'avidité ou la jalousie, amenant à la frustration ou au chagrin, à faire souffrir les autres vies.

Pour faire suivre le voie divine, il faut vivre en faisant des actes charitables, des prières, méditer pour parfaire son propre karma. On doit ne penser qu'à Dieu, répéter sans fin le nom de Dieu (Naam Japna) et ainsi unir son âme avec Dieu. Le salut, dit-il, ne signifie pas entrer au Paradis après le Jugement dernier, mais s'unir à la Divinité-Une et se fondre en Elle, communier avec le Maître infini à jamais.

Un Sikh ne peut avoir foi en aucun autre prophète vivant ou non vivant. En accord avec le Sikhisme, Dieu n’apparaît jamais sous forme humaine. Le paradis et l’enfer n’existent que dans ce monde.

Le Sikhisme est basé sur la théorie du karma[9] et de la réincarnation. Le Gurbani, la parole du gourou, dit:

« Par le karma des actes passés, la robe de ce corps physique est obtenu. Par Sa grâce, on trouve la porte à la libération. Mais ce n'est que par la grâce du Guru qu'on peut surmonter le karma et obtenir le bonheur absolu. Je n'ai pas de bon karma. Je n'ai pas de foi religieuse ou de pureté. Mais Dieu m'a pris par le bras et a fait de moi son disciple[10]. »

On évite les réincarnations en renonçant aux vices (chair animale, alcool, tabac, jeux de hasard), en surmontant son propre égoïsme (haumai), en menant une vie intègre et honnête, car le but suprême de l'existence est la libération (mukti)[11]. Dans le Sikhisme, le concept de la Libération n’est pas dans un « autre monde », c’est d’être un Sachiar, « réalisé par Soi-Même »[12], obtenu par la grâce divine[13].

Le pèlerinage vers des lieux « saints » ne trouve pas sa place dans le Sikhisme. Pour un Sikh, Shabad (la Parole) est le seul lieu saint et l’eau sacrée des rivières, la compassion envers les créatures[14], la méditation, et une vie de vérité sont le seul pèlerinage.

Le Sikhisme n’est pas une religion fataliste. Un Sikh se soumet à la volonté de Dieu mais est toujours disposé à se battre pour de meilleurs lendemains.

Vue sociale[modifier | modifier le code]

Les sikhs ne reconnaissent pas le système de castes, ils y sont même farouchement opposés ; le sikhisme s'est créé sur un concept d'égalité de droits pour tous. De même, les sikhs ne croient pas en l'adoration des idoles, dans les rituels ou les superstitions.

Rois et dévots rendant hommage à Guru Nanak.

Cette religion correspond à une manière d'être, de rendre service à l'humanité et d'engendrer tolérance et fraternité vis-à-vis de tous. Les Gurus du sikhisme ne demandent pas le retrait du monde pour atteindre le Salut. Il peut être atteint par chaque personne qui gagne honnêtement des richesses matérielles et mène une existence enracinée dans la volonté de paix.

« Celui-là seul connaît la Voie, ô Nanak,
qui gagne sa vie à la sueur de son front
et ensuite partage avec les autres »
(Guru Granth, p. 1245)

Richesse et possessions personnelles ne sont pas des obstacles à la réalisation d'idéaux spirituels :

« Ceux qui sont dans l'intimité du Seigneur, par la grâce du Guru,
Parviennent au Seigneur au sein de Maya (c'est-à-dire abondance) »
(Guru Granth, p. 921)

Le Sikhisme préconise la lucidité et le courage authentiques (au-delà du clivage pessimisme/optimisme) :

« Lorsque tous les autres recours ont été épuisés,
alors il est parfaitement juste de tirer l'épée. »
(Guru Gobind Singh)

Il n'y a pas de personnes de basse extraction à mépriser, à exclure (du fait de leur naissance ou de leur condition), mais des attitudes basses – à éviter absolument :

« L'esprit fourbe est la balayeuse ; la cruauté est la femme-boucher ; calomnier les autres en son cœur est la femme de ménage ; et la colère trompeuse est la femme-chassseur (candâli). »

— Guru Granth Sahib, page 91 ligne 3[15].

Mariage[modifier | modifier le code]

Mariage sikh.

Les sikhs doivent se marier avec la personne de leur choix.

L'union physique, sexuelle, n'est que le couronnement de l'union spirituelle préalable.

Sans cette union spirituelle préalable, il ne peut y avoir mariage et, par conséquent, aucune union physique n'est possible ou souhaitable.

A ce propos, le Sri Guru Granth Sahib déclare :

« Ceux qui sont seulement assis côté à côté, ne sont pas homme et femme. Plutôt, homme et femme sont ceux qui sont unis en esprit[7]. »

Le Khalsa[modifier | modifier le code]

Guru Gobind Singh à cheval.
Article détaillé : Khālsā.

Le Khālsā (mot d'origine persane qui signifie « pur »), est le nom, initialement donné par Gurû Gobind Singh, à l'ordre chevaleresque des Sikhs qu'il créa en 1699. Par extension, le mot désigne chaque membre de cet ordre, chaque Sikh (homme ou femme) qui a été baptisé ou initié en recevant l'Amrit.

Les sikhs initiés (sikhs amritdaris, doivent suivre la règle des « 5 K »  : ils doivent porter les cheveux longs et la barbe (Kesh); porter en permanence un peigne dans les cheveux (Kangha) ils portent aussi un poignard recourbé, un turban, un bracelet en fer, le Kawra, symbolisant l'unité (boucle sans fin) et un caleçon spécifique, le Kacchera.

Les sikhs non initiés ne portent pas tous ces attributs.

Le végétarisme est une norme culturelle dans le sikhisme : le Guru Granth Sahib, qui enseigne la pitié envers toutes les créatures et le refus d'encourager ou de participer à leur mise à mort, comparent les meurtres d'animaux à l'oubli du Dieu Un omniprésent[16]

Lieu de culte[modifier | modifier le code]

Entrée du Temple d'or, à Amritsar.

Le temple sikh s'appelle Gurdwârâ (littéralement : « la porte du Guru »). Pour y entrer, il faut se déchausser et se couvrir la tête. Le temple est un lieu ouvert à tous, croyant ou non, ils se doivent de vous accueillir dans le respect tant que vous faites de même. Pour être reconnu comme un temple officiel, il faut remplir ces trois critères: arborer le drapeau orange, contenir le livre sacré et être en mesure d'offrir gîte et nourriture. La salle principale du temple contient le trône, le Guru Granth Sahib sous un dais. Les sikhs se prosternent devant le livre sacré et déposent un don d'argent, avant de s'asseoir par terre pour prier. En sortant, on vous proposera d'aller manger quelque chose au Langar (cantine communautaire gratuite créée à l'origine entre autres pour lutter contre la séparation des castes). C'est un devoir pour un sikh de participer au service communautaire.

Les Sikhs dans le monde[modifier | modifier le code]

Les Sikhs sont installés principalement au Pendjab, pour 80 % d'entre eux[17], mais aussi dans la région de Delhi. En Inde, on estime la communauté Sikh à quelque 20 millions de personnes, soit environ 2 % de la population indienne.

Ailleurs dans le monde, on trouve aussi d'importantes communautés Sikh au Pakistan, Royaume-Uni et dans les anciennes colonies britanniques - Canada, Australie, Singapour, Kenya, etc. - et aux États-Unis, ainsi qu'en Indonésie.

Notons également qu'il existe une communauté de plus en plus importante de Sikhs occidentaux - ou d'origine non indienne - pour la plupart pratiquants du Kundalinî yoga. Cela s'explique par l'appartenance à la spiritualité Sikh de Yogi Bhajan, maître de Kundalini Yoga, et par les nombreuses passerelles qui existent entre l'enseignement spirituel des Sikhs et celui du Kundalinî Yoga tel qu'il a été popularisé par Yogi Bhajan. Notons par exemple que la plupart des mantras du Kundalini Yoga sont extraits du Siri Guru Granth Sahib.

En Amérique du Nord[modifier | modifier le code]

Après les attentats du 11 septembre 2001, nombreux sont les Américains[Qui ?] ayant confondu les symboles de croyance religieuse sikh, tels que les turbans et les barbes, avec ceux des terroristes qui ont effectué les attaques. Ces derniers se retrouvent souvent maltraités et confondus avec les musulmans. Dans les mois qui ont suivi l'attaque, pas loin de 300 incidents ont été rapportés sur le sol américain, incluant menaces, actes de violence, et même meurtre (voir en (en) meurtre de Balbir Singh Sodhi).

Le 2 mars 2006, un jugement de la Cour suprême du Canada a légalisé le port du kirpān dans les écoles publiques, en se fondant sur le principe de liberté religieuse garanti par la Constitution. La Cour a jugé qu'une autorité scolaire ne pouvait interdire totalement le port du kirpan par un élève, dans la mesure où le kirpan est porté dans des conditions sécuritaires (lame cousue dans son étui).

Le 5 août 2012, un homme ouvre le feu dans un temple Sikh dans la banlieue de Milwaukee, au nord de Chicago. Le bilan fait état de 7 morts et 3 blessés graves.

En Europe[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs communautés sikhs en France, il est estimé à hauteur de 30 000 habitants de confession Sikh. Il y a deux Gurdwara à Bobigny (Singh Sabha France et Nawan Nanaksar Thath), un à Bondy Guru Tegh Bahadur Ji, un à La Courneuve Sri Bhagat Ravi Das Ji et un au Bourget Baba Makhan shah lubana.

Cependant la population française ignore la véritable identité des Sikhs. Il arrive également que les Sikhs soient considérés comme musulmans à cause de leur apparence physique.

Aussi dans une décision du 12 juillet 1978, la Cour européenne des droits de l'homme a estimé que l'obligation, pour les Sikhs motocyclistes, de porter un casque (en abandonnant leur turban) n'est pas contraire à l'article 9§2 de la Convention européenne des droits de l'homme[18]. Au Royaume-Uni cependant, les Sikhs sont exemptés de l'obligation de porter un casque sur un deux-roues motorisés, s'ils portent un turban.

En France, la loi du 15 mars 2004 visant à interdire le port « ostensible » de symboles religieux dans les écoles publiques conduit désormais régulièrement à l'exclusion de l'enseignement public de lycéens et de collégiens Sikhs refusant d'ôter leurs turbans. Dans un arrêt du 15 décembre 2006, le Conseil d'État a considéré que l'obligation, pour les Sikhs, de poser tête nue pour la photographie du permis de conduire n'était pas contraire aux articles 9 et 14 de la Convention européenne des droits de l'homme[19]. Les Sikhs portent en effet un turban par tradition mais aussi par commodité. En effet, les Sikhs ne se coupant pas les cheveux ni la barbe, le turban leur permet d'enrouler leurs cheveux. En 2011, le comité des droits de l'homme des Nations Unies a sanctionné la France pour avoir demandé à un Sikh de retirer son turban sur sa pièce d'identité, la France n'ayant pas justifié les motifs de la nécessité d'une photo tête nue pour un Sikh, lorsque le port du turban Sikh (Dastaar) n'entrave pas son identification. 2009 France en.pdf

Le Conseil Représentatif des Sikhs de France est l'instance representative des organismes religieux et sociaux Sikhs.

En Italie[modifier | modifier le code]

125 000 sikhs vivent en Italie, principalement en Lombardie et en Émilie-Romagne, et travaillent dans l'industrie laitière, notamment dans la fabrication du parmesan[20].

En Angleterre[modifier | modifier le code]

Procession sikhe en Grande-Bretagne.

Dans le cadre de son Programme de l'« École libre », le Ministère de l'éducation nationale anglais, (Department of Education)[21] a autorisé, en septembre 2011, l'ouverture d'une école Sikh, comme 24 autres écoles, sur 323 candidatures. Cette école primaire, située à Handsworth, une région économiquement défavorisée de Birmingham, est ainsi financée à 100 % par l’État et accueille 180 élèves provenant de familles de confession Sikh mais aussi d'autres confessions ou de familles athées. Ranjit Singh Dhanda, le directeur de l'école, déclare :

« Le projet d'École libre du gouvernement nous a donné la possibilité de faire appel à la passion de la communauté pour le bénévolat désintéressé… Ce don de main-d'œuvre gratuite illustre l'essence de la « Nishkam » — qui signifie le « service désintéressé à l'humanité » — qui aidera à rendre cette école unique. »

En Londres, le quartier de Southall, dans le district d'Ealing, a la communauté Sikh la plus grande dans le pays, et la gurdwârâ la plus grande en Europe.

Sikhs marginaux[modifier | modifier le code]

Les sikhs marginaux et nomades Nihan Singh mangent de la viande alors que les autres sikhs sont végétariens. Au cours de cérémonies rituelles, des chèvres sont décapitées d'un coup de sabre et leur chair est consommée par les assistants. C'est une manière de montrer qu'ils sont différents des autres sikhs. Et pour ceux-ci, une raison de les tenir à l'écart.

Explication du nom Singh[modifier | modifier le code]

Beaucoup de Sikhs ont pour nom « Singh ». Singh, qui signifie « lion », est rarement un nom de famille à proprement parler mais plutôt un titre ou surnom (« middle name ») porté par les hommes Sikhs ; le nom ajouté pour les femmes est « Kaur Page d'aide sur l'homonymie », qui signifie « princesse ».

Cependant, tous les « Singh » ne sont pas Sikhs, ce nom étant aussi porté largement par les hindous. Vijay Singh, écrivain et cinéaste indien et le golfeur fidjien du même nom ne sont pas Sikhs.

Quelques Sikhs célèbres à l'époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Quelques Sikhs dans les médias[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Dans l'enquête de Sherlock Holmes Le Signe des quatre, les « quatre » du titre sont un Anglais (Jonathan Small) et trois Sikhs (Dost Akbar, Abdullah Khan et Mahomet Singh), qui sont les suspects de l'histoire.

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

  • Dans Le Lotus bleu, on envoie des soldats sikhs passer Tintin à tabac dans sa geôle. Finalement, c'est lui qui les roue de coups et parvient à s'enfuir.
  • Dans Tintin au Tibet, on voit un Sikh chauffeur de taxi, ou encore officier à l'aéroport de Delhi.
  • Dans la série des Blake et Mortimer, Nasir, leur fidèle ami rencontré dans Le Secret de l'Espadon et successivement soldat d'élite, majordome puis agent des services secrets, est un sikh malgré quelques maladresses de l'auteur qui ne connaît guère son sujet.

Cinéma[modifier | modifier le code]

  • dans le film One Dollar Curry de Vijay Singh, tourné à Paris en 2003, le héros joué par l'acteur Vikram Chatwal est Sikh[22].
  • dans le film le Patient anglais d'Anthony Minghella, Kip (interprété par Naveen Andrews), le beau soldat indien, amant de Hana (jouée par Juliette Binoche), est un Sikh.
  • le film Joue-la comme Beckham de Gurinder Chadha illustre avec humour et réalisme la vie de la classe moyenne sikh à Southall (en), banlieue pendjabie du West London. On y voit notamment le père de Jessminder, officier à l'aéroport d'Heathrow avec son turban, ou encore les parents prier devant un portrait de Gurû Nanak pour qu'il ramène leur fille à la raison…
  • dans Inside Man : L'Homme de l'intérieur de Spike Lee, un Sikh (joué par Waris Ahluwalia) s'insurge contre le policier qui lui enlève de force son turban en le traitant de « putain d'Arabe » – allusion à l'amalgame entre Sikhs et terroristes depuis les attentats du 11 septembre 2001. Amalgame qui a conduit à l'assassinat de Balbir Singh Sodhi le 15 septembre 2001, à Mesa, en Arizona : son meurtrier croyait avoir affaire à un terroriste islamique.
  • de nombreux films bollywoodiens mettent en scène des Sikhs et le folklore panjabi.
  • dans le film À bord du Darjeeling Limited de Wes Anderson, le contrôleur du train portant un turban sikh, on peut donc penser qu'il est sikh. Le personnage est joué par l'acteur Waris Ahluwalia.
  • dans le film de James Bond Octopussy, le garde du corps de Kamal Khan porte lui-même un turban sikh et serait donc vraisemblablement lui-même sikh.
  • dans le film Wolfman de 2010 réalisé par Joe Johnston, le serveur de Sir John Talbot est un sikh.
  • dans le film Le Cactus tourné en France et en Inde en 2005, Sami, le personnage principal, rencontre un soldat Sikh dans un train en Inde et se ridiculise en lui demandant dans un Anglais approximatif: « Are you Sikh? … I mean « Sikh » like this, not « sick » like this… » (désignant le turban du soldat, puis mimant un mal de ventre, car il existe une confusion courante oralement en anglais entre les mots « Sikh » et « sick », qui se prononcent exactement de la même façon, « sick » signifiant un mal de ventre ou une nausée).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Michel Delahoutre, Les Sikhs, Brepols, 1996, 239 pages (ISBN 978-2503500317)
  • (fr) Denis Matringe, Les Sikhs : histoire et tradition des « Lions du Panjab », Éditions Albin Michel, 2008, 376 pages (ISBN 978-2226182821)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Khushwant Singh, The Illustrated History of the Sikhs, Oxford University Press, 2006, p. 15, ISBN 0-19-567747-1
  2. Denis Matringe. Les Sikhs dans la société indienne. In: Actes de la recherche en sciences sociales. Vol. 61, mars 1986. Science et actualité. p. 65-78.lire en ligne
  3. Les maîtres spirituels de l'hindouisme, Alexandre Astier, éditions Eyrolles.
  4. http://www.jagatgururampalji.org/index.html
  5. Yves Lambert La Naissance des religions, éditions Armand Colin, 2009, p. 429.
  6. http://www.srigranth.org/servlet/gurbani.gurbani?Action=Page&Param=1350&english=t&id=l
  7. a, b et c http://sikhs.nl/Main_french/FAQ.htm
  8. a et b Encyclopédie de la philosophie, éditions le Livre de poche ; ISBN 9782253130123
  9. [1]
  10. Encyclopédie des Religions, Gerhard J. Bellinger, LE LIVRE DE POCHE, ISBN 2-253-13111-3, p. 710-711
  11. Encyclopédie des Religions, Gerhard J. Bellinger, LE LIVRE DE POCHE, ISBN 2-253-13111-3, p. 710-711
  12. Gurû Granth Sahib p. 522[réf. nécessaire]
  13. A Popular dictionnary of Sikhism de W. Owen Cole et Piara Singh Sambhi, édition Curzon, pages 70 et 139, ISBN 0700710485
  14. http://www.tapoban.org/meat.html
  15. http://www.srigranth.org/servlet/gurbani.gurbani?Action=Page&Param=91&english=t&id=3648#l3648
  16. http://www.srigranth.org/servlet/gurbani.gurbani?Action=Page&Param=1350&english=t&id=l : ਜਉ ਸਭ ਮਹਿ ਏਕੁ ਖੁਦਾਇ ਕਹਤ ਹਉ ਤਉ ਕਿਉ ਮੁਰਗੀ ਮਾਰੈ ॥੧॥ You say that the One Lord is in all, so why do you kill chickens? ||1||
  17. Au nom de Dieu. Joseph Yacoub. éditions JC Lattès, 2002 p. 118-120 lire en ligne
  18. Cour européenne des droits de l'homme, décision sur la recevabilité du 12 juillet 1978, X. c. Royaume-Uni, no 7992/77
  19. CE 15 décembre 2006, no 289946; conclusions Terry Olson AJDA 2007, p. 313
  20. Ouest-France, Sans les sikhs, le parmesan serait en voie de disparition, 23 octobre 2011]
  21. Site officiel du ministère de l'éducation incluant une vidéo de présentation de l'école primaire Nishkam
  22. [2]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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