Vladimir Ier

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Vladimir.
Vladimir le Grand
Vladimir Ier le Grand (gravure de 1889)
Vladimir Ier le Grand (gravure de 1889)
Titre
Grand-prince de Novgorod puis de Kiev
11 juin 98015 juillet 1015
35 ans, 1 mois et 4 jours
Prédécesseur Iaropolk Ier
Successeur Sviatopolk Ier
Biographie
Dynastie Riourikides
Nom de naissance Vladimir Sviatoslavitch[1]
Date de naissance 958
Date de décès 15 juillet 1015
Lieu de décès Berestova (Rus' de Kiev)
Père Sviatoslav Ier
Mère Maloucha
Conjoint Allogia
Rogneda de Polotsk
Adela
Malfrida
Anna Porphyrogénète
Enfant(s) Vycheslav (?-1010)
Iziaslav (978-1001)
Iaroslav (978-1054)
Mstislav (983-1036)
Vsevolod (?-995)
Sviatoslav (?-1015)
Boris et Gleb (?-1015)
Maria Dobroniega (1012-1087)
Stanislav
Pozvizd
Soudislav
Religion Christianisme

Vladimir Sviatoslavitch , dit "Soleil Rouge" (en vieux russe : Володимѣръ Свѧтославичь, en russe : Владимир Святославич[2], en ukrainien : Володимир Святославич[3], en biélorusse : Уладзімір Святаславіч[4], et en vieux norrois : Valdamarr Sveinaldsson), dit Vladimir Ier, mais plus connu sous le nom de Vladimir le Grand, le Soleil Rouge[5] ou encore saint Vladimir[6], est un Grand-prince de la Rus' de Kiev de la dynastie des Rurikides (né en 958[7] et mort le 15 juillet 1015 à Berestova, aujourd'hui à Kiev), qui régna de 980 à 1015.

Fils cadet de Sviatoslav Ier et de sa concubine Maloucha, il est également prince de Novgorod à la mort de son père en 972, puis, fut forcé de s'enfuir pour la Scandinavie en 976 après l'assassinat de son frère Oleg par son autre frère Iaropolk Ier pour la conquête du Rus' de Kiev. En Suède, avec l'aide du jarl de Norvège Håkon Sigurdsson, il rassemble une armée de Varègues et reprend Novgorod à son frère aîné Iaropolk et le tue (il devient alors ensuite officiellement « grand-prince de Kiev »).

Il est l'une des grandes figures de la Russie médiévale, tant d'un point de vue politique que spirituel.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et installation au pouvoir[modifier | modifier le code]

Vladimir, né en 958 à Kiev, La Russie Kiévienne, est le fils naturel de Sviatoslav le Brave et de Maloucha, décrite par dans certaines sagas nordiques comme une prophétesse qui vécut jusqu'à l'âge de 100 ans, ayant été amenée de sa cave jusqu'au palais princier pour prédir l'avenir. Le frère de Maloucha, Dobrynia (gouverneur de Novgorod), fut le tuteur de Vladimir et l'un de ses meilleurs généraux (qui forme plus tard le fils de Vladimir, Iaroslav).

Transférant sa capitale à Pereiaslavets en 969, son père Sviatoslav le Brave désigne Vladimir en tant que prince de Novgorod la Grande mais garde Kiev pour son autre fils, Iaropolk.

À la mort de Sviatoslav en 972, une lutte fratricide s'installe jusqu'en 976 entre Iaropolk et un autre de leurs frères, Oleg, chef des Drevliens. En 977, après l'assassinat d'Oleg, Vladimir fuit chez un parent, Håkon Sigurdsson, jarl de Norvège. Il lève en Scandinavie une armée de mercenaires vikings qui l'aident l'année suivante à retourner sur les terres de la Rus' et à reprendre Novgorod, marchant contre Iaropolk son frère.

Sur le chemin de Kiev, il envoie des émissaires à Rogvolod (en vieux norrois : Ragnvald), prince de Polotsk, pour lui demander la main de sa fille Rogneda (en vieux norrois : Ragnhild). Devant le refus de la princesse de haut rang de se marier avec le fils d'une servante, Vladimir, fou de rage, attaque Polotsk, tue Rogvolod et emmène Rogneda de force. Polotsk étant un point stratégique sur la route de Kiev, sa prise par Vladimir, ainsi que la prise de Smolensk facilitèrent la marche sur Kiev en 978.

En 980, après sa victoire par ruse sur Iaropolk[8], il le fait assassiner, et viole sa femme Julie (qui met au monde peu de temps après un fils, Sviatopolk, officiellement le fils de Iaropolk, mais certaines sources affirmant qu'il serait en réalité le dernier des fils de Vladimir). Le 11 juin 980, il devient donc le nouveau « Grand-prince de toute La Russie Kiévienne».

Il commence son règne par une série de campagnes victorieuses contre les Viatitches, les Radimitches, la Pologne, les Iatvinges de Lituanie et les Bulgares de la Volga (musulmans) (981-985).

Baptême et mariage[modifier | modifier le code]

En 987, l'empereur byzantin Basile II lui demande de l'aide pour mettre fin à la révolte de Bardas Phocas le Jeune[9]. Vladimir lui livre 6 000 guerriers varègues et obtient en échange la main de la princesse Anna Porphyrogénète, sœur des empereurs[9]. La princesse sera envoyée à Kiev malgré ses réticences avec une ambassade après que Vladimir eut assiégé et occupé la ville de Chersonèse devant les délais des Byzantins.

Après son mariage, il renonce au paganisme (notamment à la luxure, étant connu sous le terme de « fornicator maximus ») et à ses nombreuses concubines. Il reçoit le baptême en 988 et impose à son peuple le christianisme orthodoxe de rite byzantin.

Son baptême est reporté selon deux traditions : dans la première, Vladimir, régnant à Kiev, fait appeler à lui les représentants des principales religions connues (ou envoie ses émissaires), le christianisme de Rome, le christianisme byzantin, le judaïsme et l'islam, opte pour l'orthodoxie et fait baptiser son peuple[10] ; dans la deuxième, il demande le baptême à Chersonèse en Crimée en échange de la prise de la ville, de la main de la princesse byzantine et de la guérison de ses yeux[11].

Galerie[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir


Après sa mort[modifier | modifier le code]

À sa mort, une guerre de succession fratricide (1015-1019) éclate entre son neveu Sviatopolk et plusieurs de ses nombreux fils, dont Gleb et Iaroslav.

Vladimir est enterré à l'église de la Dîme qu'il avait fait construire, comme sa femme et sa grand-mère. Considéré comme le principal fondateur de la « Sainte Russie », il est également un personnage récurrent des bylines russes qui se déroulent souvent sous son règne. Dans ces poèmes épiques, il est généralement représenté comme un souverain juste et respecté de ses sujets, à l'image du roi Arthur des légendes celtes.

Selon la Chronique de Nestor, Vladimir « se laissa aller à l'amour des femmes... car il était débauché comme Salomon ». L'évêque allemand Thietmar le décrit comme « fornicator immensus et crudelis », tandis que les chroniqueurs font référence à plusieurs centaines de concubines qu'il gardait dans son palais de Vychgorod. De ses différentes épouses, il eut au total onze fils :

Famille[modifier | modifier le code]

Unions et postérité[modifier | modifier le code]

Vladimir et Rogneda (par Anton Losenko, 1770).

On ne connaît pas le nombre exact de ses enfants, ni même si certains d'entre eux sont réellement ses enfants (plusieurs de ses enfants ont également une mère supposée).

  • Il eut d'une Tchèque (Malfrida) :
    • Vycheslav (mort en 1010), l'aîné de tous, prince de Novgorod.
  • d'une Bulgare :
    • Boris (assassiné en 1015), prince de Rostov.
    • Gleb (assassiné en 1015), prince de Mourom.

Il eut également une fille d'un de ses autres mariages (sans précisément qu'on sache lequel), Maria Dobronega

Les Russes ont canonisé ce prince et l'honorent le 15 juillet, jour de sa mort. L'impératrice Catherine II a institué en son honneur l'Ordre de Saint-Vladimir.

Ancêtres[modifier | modifier le code]

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
8. Riourik
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
4. Igor de Kiev
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
2. Sviatoslav Ier
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
5. Olga de Kiev
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
1. Iaropolk Ier de Kiev
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
6. Malk Lioubetchanine
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
3. Maloucha
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Hommages[modifier | modifier le code]

Galeries[modifier | modifier le code]

Galerie de portraits[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir


Galerie de monuments[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir


Galerie numismatique[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir


Galerie philatélique[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sources byzantines : révèlent le soutien de Vladimir contre Phocas
  • Francis Dvornik, « La Russie de Kiev » in Les Slaves histoire, civilisation de l'Antiquité aux débuts de l'Époque contemporaine, Paris, Seuil, 1970, p. 171-228.
  • Vladimir Volkoff, Vladimir, le Soleil rouge (traduit de l'anglais par Gérard Joulié), Julliard et L'Âge d'Homme, Paris et Lausanne, 1981, 410 p. ISBN 2-260-00268-4

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. De son nom de baptême Baptiste.
  2. Se prononce Vladimir.
  3. Se prononce Volodymyr.
  4. Se prononce Uladzimir.
  5. Dans les épopées.
  6. Par l'Église après sa mort.
  7. Les sources divergent, mais indiquent toutes une date de naissance allant de 956 à 960.
  8. (en) Den hellige Vladimir av Kiev (~956–1015), Den Katolske Kirke
  9. a et b Histoire de Yahya-Ibn-Said d'Antioche Continuateur de Sa'id-Ibn-Bitrik (texte arabe et français) éditée et traduite par I. Kratchkovsky et A. Vasilev, Patrologia orientalis ed par Graffin R et Nau F, XXIII, Paris, 1932
  10. Chronique des temps passés de Nestor
  11. Selon l'historien slavophile Chermontov, qui a compilé les différentes sources, cette dernière interprétation, plus politique, serait un pamphlet grec du XIe siècle pour éviter la canonisation de Vladimir. Voir là-dessus: Michale Klimenko, (de) Ausbreitung des Christentums in Russland seit Vladimir dem Heiligen bis zum 17. Jahrhundert: Versuch einer Übersicht nach russischen Quellen, Berlin & Hambourg, Lutherisches Verlagshaus, 1969, p38-39