Église de Jérusalem

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Dans la tradition chrétienne, l'Église de Jérusalem est l'appellation d'une des premières, sinon de la première, communautés chrétiennes locales. La tradition veut que cette église (en grec, l' ekklesia, l' assemblée) ait été fondée par Jacques le juste qui dirigeait cette communauté après la mort de Jésus de Nazareth.

La première communauté[modifier | modifier le code]

Les membres de la communauté sont essentiellement des Juifs observants appelés nazôréens sans qu'on en sache grand-chose car ils étaient à l'écart des milieux qui produiront le Nouveau Testament[1]. Après la crucifixion, Jésus est apparu aux apôtres et à « à plus de cinq cents frères à la fois (la plupart d'entre eux vivent encore et quelques-uns sont morts) » (1 Co 15. 5-7). Ce groupe de personnes, appelé les Nazaréens (Judéo-Chrétiens pieux, assidus au Temple), se regroupe sous l'autorité de Jacques le juste tandis que Paul de Tarse crée des communautés Hellénistes menées par Étienne (Ac 6. 5).

La vie quotidienne de cette communauté strictement juive montre des gens simples qui pratiquent une vie commune avec fraction du pain et prières, qui opèrent des guérisons par la parole, guérisons qui leur valent une réputation considérable, d'après Flavius Josèphe[2]. L'ouverture théorique aux païens se fera à travers la conversion du centurion Corneille et le concile de Jérusalem au milieu du Ier siècle. Il n'y a cependant pas de trace de païens convertis à Jérusalem à cette époque tandis que le nom chrétiens lui-même n'est pas encore usité[3].

Ælia Capitolina[modifier | modifier le code]

Vers le début du IVe siècle, Eusèbe de Césarée dit que tous les premiers évêques de Jérusalem étaient des hébreux de vieille souche jusqu'à la révolte de Bar Kokhba, issus de la famille de Jésus à l'instar de Jacques le Juste[4]. Jérusalem est prise et détruite par Titus en 70 et reconstruite par l'empereur Hadrien sous le nouveau nom d'Ælia Capitolina en 135. Son diocèse est alors rattaché à celui de Césarée, d'obédience chrétienne occidentale[4], et pendant cette période, cette communauté se réfugie a Pella[5]. Hadrien refuse par ailleurs d'admettre des évêques issus de la circoncision à Aelia Capitolina, ce qui contribue probablement à consolider la prééminence des chrétiens provenant du paganisme au sein du christianisme[6].

Eusèbe de Césarée rapporte encore que Jérusalem n'a plus à son époque de signification théologique pour les chrétiens, à l'inverse des Juifs[7], et ils ne semblent pas lui avoir accordé un intérêt particulier. C'est l'empereur Constantin qui assiéra l'importance de la ville en la favorisant comme lieu de pèlerinage à partir du IVe siècle et en y construisant à partir de 326 la basilique du Saint-Sépulcre.

Ce n'est qu'en 451 que le patriarcat de Jérusalem est créé par le Concile de Chalcédoine, devenant ainsi une des composantes de la Pentarchie.

Église actuelle[modifier | modifier le code]

Deux Églises actuelles, appartenant à des communions différentes, en sont les héritières :

Jérusalem est également le siège d'un patriarcat autonome de l'Église apostolique arménienne et du Patriarcat latin de Jérusalem (catholique romain).

Évêques de Jérusalem[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Étienne Nodet, Qui sont les premiers chrétiens de Jérusalem ?, in Aux origines du Christianisme, éd; Gallimard/Le monde de la Bible, 2000, pp. 238-245
  2. Étienne Nodet, Qui sont les premiers chrétiens de Jérusalem ?, op. cit., p. 239
  3. Étienne Nodet, Qui sont les premiers chrétiens de Jérusalem ?, op. cit., p. 243
  4. a et b Étienne Nodet, Qui sont les premiers chrétiens de Jérusalem ?, op. cit., p. 238
  5. La question des Saints Lieux À la chute de Jérusalem en l’an 70, sous l’occupation de l’armée romaine, les persécuteurs des premiers chrétiens furent dispersés et la communauté chrétienne, qui avait fui à Pella, revint à Jérusalem sous la conduite de Saint Siméon, pour vivre dans la cité en ruines. Après la révolte de Bar Kochba, Hadrien rebâtit Jérusalem en la nommant Aelia Capitolina, et à partir de ce moment-là, il y eut une communauté chrétienne à Jérusalem, dont les membres étaient d’origine gréco-romaine.
  6. Mireille Hadas-Lebel, la destruction du Temple et ses conséquences, in les premiers temps de l'Église, éd. Gallimard/Le Monde de la Bible, 2004, p. 371
  7. Pierre Maraval, L'empereur Constantin aux origines des pèlerinages, in les premiers temps de l'Église, éd. Gallimard/Le Monde de la Bible, 2004, p. 659