Vertus théologales

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Les vertus théologales sont selon la théologie chrétienne les trois vertus (Foi, Espérance, Charité) qui doivent guider les hommes dans leur rapport au monde et à Dieu.

Leur source dans le Nouveau Testament se trouve dans la première épitre de saint Paul aux Corinthiens (I Co 13,13).

Présentation des trois vertus[modifier | modifier le code]

Par théologale, il faut entendre : « ayant Dieu pour objet ». Ces vertus disposent l'homme à vivre en relation avec Dieu. Au Ciel, seule la charité subsistera, sous la forme de la vision directe de Dieu. Elles adaptent les facultés de l’homme à la participation de la nature divine, et elles sont dites surnaturelles en ce qu'elles sont fondées sur la grâce.

Les vertus théologales sont au nombre de trois :

  • la Foi, la disposition à croire aux vérités révélées ;
  • l'Espérance, la disposition à espérer la Béatitude ;
  • la Charité, c'est-à-dire l'amour de Dieu et de son prochain pour l’amour de Dieu.

Ce groupe tire son origine d'un passage fameux de la Première Épître de saint Paul aux Corinthiens (I Co 13, 13) : « Maintenant donc, ces trois-là demeurent, la foi (pistis), l’espérance (helpis) et l’amour (ou : charité, agapè) mais l’amour est le plus grand. »

Ces vertus sont infusées par Dieu dans l’âme des fidèles pour les rendre capables d’agir comme ses enfants et de mériter la vie éternelle. Elles sont le gage de la présence et de l’action du Saint Esprit dans les facultés de l’être humain.

L’Église catholique définit ainsi la foi "La foi est la vertu théologale par laquelle nous croyons en Dieu et à tout ce qu’Il nous a dit et révélé, et que la Sainte Église nous propose à croire, parce qu’Il est la vérité même. Par la foi " l’homme s’en remet tout entier librement à Dieu " (DV 5). C’est pourquoi le croyant cherche à connaître et à faire la volonté de Dieu. " Le juste vivra de la foi " (Rm 1,17). La foi vivante " agit par la charité " (Ga 5,6)."[1]

Le catéchisme décrit ainsi l’espérance : "L’espérance est la vertu théologale par laquelle nous désirons comme notre bonheur le Royaume des cieux et la Vie éternelle, en mettant notre confiance dans les promesses du Christ et en prenant appui, non sur nos forces, mais sur le secours de la grâce du Saint-Esprit. " Gardons indéfectible la confession de l’espérance, car celui qui a promis est fidèle " (He 10, 23). " Cet Esprit, il l’a répandu sur nous à profusion, par Jésus Christ notre Sauveur, afin que, justifiés par la grâce du Christ, nous obtenions en espérance l’héritage de la vie éternelle " (Tt 3, 6-7)."[1]

"La charité est la vertu théologale par laquelle nous aimons Dieu par-dessus toute chose pour Lui-même, et notre prochain comme nous-mêmes pour l’amour de Dieu."La charité est la vertu théologale par laquelle nous aimons Dieu par-dessus toute chose pour Lui-même, et notre prochain comme nous-mêmes pour l’amour de Dieu[1].

La charité comme finalité des autres vertus[modifier | modifier le code]

Les trois vertus théologales - Sanctuaire du Bon Jésus du Mont

Selon Saint Paul, ou encore saint Thomas d'Aquin :

Saint Paul indique ainsi que les vertus théologales ne sont pas toutes trois destinées à durer éternellement. À la fin des temps selon le christianisme, le retour de Dieu sera une évidence – et la foi n'aura donc plus de raison d'être, aucun doute ne pouvant subsister sur ce dont on est en permanence témoin. L'espérance, ne sera pas davantage de mise puisque, tout étant accompli, il n'y aura plus lieu d'espérer quoi que ce soit de supplémentaire. Seule subsistera donc, dit-il, la charité – ou amour[2].

Vertus théologales et vertus cardinales[modifier | modifier le code]

Les vertus humaines s'enracinent dans les vertus théologales, qui les rendent plus parfaites.

Les trois vertus théologales complètent le groupe de quatre vertus cardinales, humaines (prudence, tempérance, force et justice). Leur ensemble est parfois appelé celui des sept vertus catholiques.

Le groupe des quatre vertus cardinales, qui reçoit ce nom au Moyen Âge, existe déjà chez les philosophes grecs, dans le judaïsme hellénisé et chez les Pères de l'Église.

Les vertus humaines s’enracinent dans les vertus théologales car celles-ci se réfèrent directement à Dieu. Elles ont Dieu Un et Trine pour origine, pour motif et pour objet.

Réception dans les arts[modifier | modifier le code]

Attributs des vertus théologales dans l'art[modifier | modifier le code]

Dans les œuvres d'art du Moyen Âge, de la Renaissance et jusqu'au XIXe siècle, les vertus sont généralement représentées sous les traits de femmes reconnaissables à leurs attributs.

Leurs attributs respectifs sont par exemple :

  • pour la foi : livre (contenant la doctrine chrétienne), ostensoir (contenant l'hostie consacrée), croix tréflée ou colombe ;
  • pour l'espérance : ancre (fermeté dans la tempête, même invisible) ou barque ;
  • pour la charité : bras ouverts, enfants accueillis ou nourris, cœur enflammé.

Le cinéaste québécois Bernard Émond a réalisé une trilogie de films sur les vertus théologales.

Galerie[modifier | modifier le code]

Foi, espérance et charité. Sculptures de Manuel Tolsá sur la Cathédrale Métropolitaine de Mexico.
Les vertus théologales sur le tombeau de l'antipape Jean XXIII par Donatello et Michelozzo

Divers[modifier | modifier le code]

En Russie, ces trois vertus théologales sont associées à trois prénoms féminins : Véra, Nadejda, Lioubov (littéralement : Foi, Espoir, Amour), et la fête de Véra, Nadejda, Lioubov et leur mère Sophia est célébrée le 17 septembre.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Benoît XVI et son successeur François ont consacré une trilogie d'encyclique aux vertus théologales: Lumen fidei (sur la foi), Deus caritas est (sur la charité), Spe salvi (sur l'espérance).
  • Delhaye Philippe 1956, Rencontre de Dieu et de l’homme, Tournai, Belgique, Desclée.
  • Jeanguenin Gilles 2011, Foi, espérance, charité: les vertus théologales selon saint François de Sales, Paris, France, Éd. de l’Emmanuel, 123 p.
  • Lassus Alain de 2009, Les vertus théologales: foi, espérance, charité, Paris, France, 167 p.
  • Josef Pieper: Lieben, hoffen, glauben. Kösel, München 1986, ISBN 3-466-40168-2.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P60.HTM
  2. Saint Paul, Première épître aux Corinthiens, chapitre 13, verset 13

Lien externe[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]