Option préférentielle pour les pauvres

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L'option préférentielle pour les pauvres est un principe élaboré dans la doctrine sociale de l'Église catholique. La tradition chrétienne le rapproche constamment des principes de charité et de justice :

« Quand nous donnons aux pauvres les choses indispensables, nous ne faisons pas pour eux des dons personnels, mais nous leur rendons ce qui est à eux.
Plus qu'accomplir un acte de charité, nous accomplissons un devoir de justice »

— saint Grégoire le Grand, Regula pastoralis, fin du VIe siècle)

Cela dit, l'Église n'a pas l'exclusivité de ce principe moral : Il se trouve être revendiqué et pratiqué par d'autres personnes. Ainsi les Tribunaux de la République française - agissant au nom du peuple français - peuvent décider de ne pas poursuivre des auteurs de vols dont le motif serait celui d'une « impérieuse nécessité » : ainsi qu'il a été jugé, une mère de famille par exemple a été acquittée, bien qu'ayant objectivement volé dans un supermarché de quoi nourrir ses enfants.[réf. nécessaire]


Définition et Contenu[modifier | modifier le code]

Selon le Compendium de la doctrine sociale de l'Église (DSE article 182), « Le principe de la destination universelle des biens requiert d'accorder une Sollicitude particulière aux pauvres, à ceux qui se trouvent dans des situations de marginalité et, en tous cas, aux personnes dont les conditions de vie entravent une croissance appropriée » L'option préférentielle pour les pauvres est une « priorité spéciale » dans la pratique de la charité dont témoigne toute la tradition de l'Église.

« Elle concerne la vie de chaque chrétien(...) et s'applique également à nos responsabilités sociales , donc à notre façon de vivre, aux decisions que nous avons à prendre de façon cohérente au sujet de la propriété et de l'usage des biens. (...) Étant donnée la dimension mondiale qu'a prise la question sociale cet amour préférentiel de même que les décisions qu'il nous inspire ne peut pas ne pas embrasser les multitudes immenses des affamés, des mendiants, des sans-abri, des personnes sans assistance médicale et par dessus tout sans espérance d'un avenir meilleur. »

L'aiguillon de la théologie de la libération[modifier | modifier le code]

Des groupes de chrétiens, en Amérique latine et dans le tiers Monde militent pour une interprétation et une application plus vigoureuses de l'« option préférentielle pour les pauvres ».

En Amérique Latine, certains comme Gustavo Gutiérrez Merino, Rubem Alves, José Miguez Bonino, Leonardo Boff vont même jusqu'à formuler une doctrine d'action, la théologie de la libération, qui est soutenue par les archevêques locaux comme Helder Camara et Oscar Romero.

Dans son encyclique Sollicitudo Rei Socialis de 1987, Jean-Paul II fait largement appel au concept de « libération » (N°46) tout en rappelant quelques mises en garde faites par la Congrégation pour la doctrine de la foi en 1984 ( voir : Sur certains aspects de la Théologie de la Libération) [1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Sur certains aspects de la Théologie de la Libération, 1984, in AAS

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'encyclique Centesimus Annus (1991) développe ce principe au no 57.
  • Le Compendium de la doctrine sociale de l'Église résume ce principe aux no 182 à 184 (« Destination universelle des biens et option préférentielle pour les pauvres ») [lire en ligne]