Monarchianisme

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Le monarchianisme est une tendance théologique du christianisme ancien qui s'est répandue aux IIe et IIIe siècle à travers l'Empire romain plus particulièrement en Orient. Il représente alors une réaction conservatrice défendant l'essence monarchique de Dieu, habituelle au IIe siècle, contre les nouvelles spéculations théologiques sur le Logos, notamment issues de Justin de Naplouse.

Les personnalités les plus représentatives de cette mouvance sont Paul de Samosate et Sabellius.

Doctrine[modifier | modifier le code]

Le monarchianisme est originaire d'Asie Mineure et, avant qu'apparaisse la théologie du Logos, représente dans un premier temps une réaction contre les courants gnostiques du christianisme vers le milieu du IIe siècle, notamment les valentiniens[1]. Le monarchianisme est la conception divine de la plupart des chrétiens de cette époque : le Logos éternel sortant du Père est Dieu lui-même révélé en Jésus-Christ et non une seconde personne divine préexistante[2].

Par la suite, dans le cadre du développement théologique du christianisme, et dans l'idée maintenir l'unité divine - la monarchie -, le monarchisme fait des trois Personnes divines différents modes ou aspects du Dieu unique plutôt que trois personnes distinctes. Selon ces conceptions de l'unité divine, les monarchianistes seront amenés à s'opposer à la doctrine orthodoxe de la Trinité au fur et à mesure de la formation de son dogme.

Outre le modalisme - ou monarchianisme modaliste -, différents courants du christianisme relèvent de cette tendance comme le patripassianisme de Noët de Smyrne[3] et Praxéas pour lesquels, par exemple, c'est le Père qui a souffert en Jésus; ou encore l'adoptianisme - ou monarchianisme dynamique - de Paul de Samosate qui affirme que Jésus n'était qu'un homme qui avait été adopté par Dieu lors de son baptême.

Postérité[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bernard Sesboüé, Le IIe siècle : Pères apostoliques et apologètes (de 1 à 7), in Recherches de Science Religieuse, t. 90, 2002, p. 249 à 287 : recenssion de Reinhard M. Hübner, cf bibliographie; recension en ligne
  2. cf Reinhard M. Hübner, recension citée
  3. produit lui-même de la polémique antignostique, cf Reinhard M. Hübner, recension citée

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (it) M. Simonetti, Il problema dell'unità di Dio in Oriente dopo Origene, in Rivista di storia e letteratura religiosa, 1989, vol. 25, n°2, pp. 193-233
  • (de) Reinhard M. Hübner, Der paradox Eine. Antignostischer Monarchianismus um zweiten Jahrhundert, in Supplements to Vigiliae Christianae, vol. L, éd. Brill, 1999

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources partielles[modifier | modifier le code]

  • Pierre Thomas Camelot, article Monarchianisme, in Encyclopædia Universalis, éd. 2008