Catharisme

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La population expulsée de Carcassonne en 1209 après la croisade et le siège de Simon de Montfort.

Le catharisme (du grec καθαρός / katharós, « pur ») est un mouvement médiéval d'origine antique, un manichéisme avec des aspects chrétiens[réf. nécessaire]. Il ne s'est jamais autodésigné ainsi, car ce terme, inventé par l'abbé Eckbert von Schönau (de) († 1184) pour désigner les « hérétiques », fut popularisé en français par l'occitanisme des années 1960 dressé contre le centralisme jacobin[1]. Les guides religieux « cathares », en effet, se désignaient eux-mêmes comme « Bons Hommes », « Bonnes Dames » ou « Bons Chrétiens » et leurs ennemis contemporains les appelaient les « hérétiques albigeois ».

Sommaire

Origines[modifier | modifier le code]

Le château de Montségur, pris en 1244 après un siège de plusieurs mois, et reconstruit vers la fin du XIIIe siècle.

La doctrine cathare, probablement influencée par des prêcheurs pauliciens[2], considérait l’univers comme la création d’un dieu ambivalent, le monde matériel procédant d’un mauvais principe offrant tentations et corruption, tandis que le paradis procède d’un bon principe offrant rédemption et élévation spirituelle. Le corps humain est considéré comme la prison matérielle des âmes d’anges précipitées sur terre lors d’une bataille entre les deux démiurges, bon et mauvais. Les âmes errent de corps en corps et de mort en naissance, selon le principe de la métempsycose ou réincarnation (l'âme est ainsi comparée, par les penseurs cathares, à un lézard qui entre et sort de maison en maison). Seul le baptême spirituel – le Consolament du prêtre – a la capacité de briser la chaîne qui retient l’âme au corps, et de permettre ainsi après une ultime mort terrestre à l’ange de regagner le ciel. Les cathares attribuent l’Ancien Testament au dieu mauvais, et le Nouveau Testament au dieu bon, ce qui constitue une forme de marcionisme. Les cathares ont été embarrassés par la figure du Christ, dont l’incarnation n’est pas envisageable dans le cadre du dogme, car cette incarnation le jette dans le monde de la matière, et donc, sous le pouvoir du dieu mauvais. Cette dualité entre Dieu bon et Dieu mauvais a connu de nombreuses interprétations divergentes au sein même du clergé cathare (dualisme absolu et mitigé), et cela caractérise les différentes églises cathares.

Le nom de « cathares » a été donné par les ennemis de ce mouvement, jugé hérétique par l'Église catholique romaine et adopté tardivement par les historiens. Il provient d'un traité de saint Augustin (mort en 430) contre des hérétiques de l'Antiquité tardive, qui étaient dits « cathares », c'est-à-dire « les purs » en grec. En 1163, le moine bénédictin Eckbert de Schönau est le premier à reprendre ce terme, qu'il tire directement du traité d'Augustin, pour nommer des hérétiques médiévaux (en l'occurrence, ceux qu'Eckbert a contribué à juger et condamner dans la région de Cologne). De nombreuses autres étymologies fantaisistes ont été proposées jusqu'à une date récente, car on n'avait pas encore établi que l'expression latine cathari, id est mundi (« cathares, c'est-à-dire purs ») avait été trouvée par Eckbert de Schönau chez Augustin[note 1].

La structure du catharisme est une « communauté à deux niveaux »[3]. Les adeptes de ce mouvement se nommaient eux-mêmes « Bons Hommes », « Bonnes Dames » ou « Bons Chrétiens », mais étaient appelés « Parfaits » par l’Inquisition, qui désignait ainsi les « parfaits hérétiques », c’est-à-dire ceux qui avaient reçu le consolament, c’est-à-dire un rite de baptême par l'apposition des mains, et faisaient la prédication, par opposition aux simples fidèles, dont l’engagement était bien moindre.

Principalement concentré en Occitanie, dans les comtés de Toulouse et de Béziers-Albi-Carcassonne, le catharisme subit une violente répression armée à partir de 1208 lors de la croisade contre les Albigeois puis, condamné au IVe concile de Latran en 1215, durant un siècle, la répression judiciaire de l’Inquisition.

Étymologie[modifier | modifier le code]

L’origine du terme semble remonter au grec « καθαροί » (catharoi, qui signifie 'pur'), terme qui, chez saint Augustin, désigne une secte manichéenne africaine dont les adeptes se seraient prétendus purs. L'abbé de Schönau Eckbert (en), moine rhénan, utilise le qualificatif dans un de ses treize sermons en 1163 pour désigner les hérétiques de Germanie puis dans son manuscrit en 1164 Liber contra hereses katarorum qui est un tissu de citations empruntées au De haeresibus de saint Augustin. Invité par l’archevêque de Cologne Rainald von Dassel à venir débattre publiquement de cette secte dont plusieurs membres venaient d’être brûlés, l’abbé avait conceptualisé le catharisme dès 1155 à partir de différentes traditions manichéennes (cathari, catharistae et catafrigae)[4]. Vers 1200, on retrouve le mot dans un ouvrage De haeresi catharorum in Lombardia puis dans Adversus catharos, de Monéta de Crémone vers 1241 et enfin Summa de catharis de Rainier Sacconi, quelques années plus tard.

Trois autres étymologies ont été proposées par Alain de Lille, dans De fide catholica, vers 1200. La première rattache le mot à casti, chaste, juste. Michel Roquebert juge cette hypothèse irrecevable. La deuxième est grecque, cathar, qui signifierait que des cathares suinte le vice. En fait Alain de Lille confond cathar, pur, et katarroos, écoulement. Mais au-delà de la confusion des deux termes grecs, le sens reste plausible. Enfin la troisième origine serait latine, de catus, le chat « car, à ce qu’on dit, ils baisent le derrière d’un chat »[note 2]. Lorsque l’Église catholique n’utilise pas le terme hérétique elle emploie parfois le mot cathare, infamant[5]. Quoi qu’il en soit, le terme n’est jamais utilisé par les hérétiques eux-mêmes. C’est apparemment Charles Schmidt qui relance l’expression en 1848 avec son Histoire ou doctrine de la secte des cathares ou albigeois. Le terme cathare manque donc de neutralité, mais c’est celui qui s’est imposé[6].

Apparition et expansion en Europe[modifier | modifier le code]

Possible paternité bogomile ou provenance d’Europe de l’Est[modifier | modifier le code]

On a longtemps hésité sur les liens entre le catharisme et le bogomilisme. Ces deux doctrines furent considérées alors comme proches du manichéisme, car le clergé romain disposait d'ouvrages de réfutation, notamment ceux d'Augustin, ancien manichéen lui-même. Le bogomilisme né en Bulgarie, subsista en Bosnie, où il aurait été la religion officielle jusqu'à la conquête turque, à la fin du XVe siècle.

La thèse de filiation directe est aujourd'hui contestée[7], même si les historiens admettent l'existence d'échanges et de convergences des doctrines : ainsi le colloque de Mazamet (2009) confirme les liens entre cathares et bogomiles, ainsi que leurs origines doctrinales, qui remontent aux premiers siècles du christianisme (écrits canoniques de Paul, doctrine de Marcion, doctrine de Valentin). Les recherches menées sur les sources grecques et orientales (Pierre de Sicile) montrent que la doctrine bogomile aurait été transmise par les Pauliciens expatriés volontaires ou chassés de l'Arménie (Turquie actuelle) vers la Thrace bulgare au VIIe et au IXe siècle. La doctrine paulicienne avait été fondée au VIIe siècle en Arménie par Constantin-Silas, aussi connu sous le nom de Constantin de Mananalis[8], à la suite de la transmission d'évangiles et de lettres pauliniennes par un diacre possiblement marcionite vu la région et l'époque considérées. Le lien est encore plus patent lorsque l'on examine le fondement doctrinal faisant référence au dieu étranger et inconnu notamment[note 3].

Apparition en Europe occidentale[modifier | modifier le code]

Des communautés hérétiques sont apparues en Europe occidentale vers l'an Mil, sous différents noms selon les régions : manichéens, néo-manichéen (terme de Bernard Gui), origénistes, piphles, publicains, tisserands (nord de la France), bougres, patarins (terme surtout en Italie), albigeois, en Allemagne, en Autriche[note 4], en Flandre, en Champagne, en Bourgogne. Le fait que les relevés doctrinaux soient conformes à la base de la doctrine cathare (au sens large du terme) permet de relier ces différentes émergences, même si la répression les a fait disparaître de ces régions. La présence de l'évêque de France à Saint Félix Caraman, cité dans la Charte de Ninquinta (aujourd'hui largement authentifiée), prouve les liens entre ces communautés du nord et celles d'Occitanie.

Persistance dans le midi de la France[modifier | modifier le code]

la croix occitane, fut un « symbole de ralliement cathare »[9], puisqu'elle fut la croix des armoiries des comtes de Saint-Gilles, devenues celle des comtes de Toulouse, puis du Languedoc, avant la croisade catholique et l'Inquisition visant à éradiquer le catharisme[9].

Les réactions des autorités civiles ou ecclésiastiques et des populations expliquent cette géographie du catharisme et sa persistance dans le Midi. Selon Michel Roquebert, cette tolérance religieuse est peut être due à une longue cohabitation avec d'autres confessions : arianisme de la période wisigothe, proximité de l’Espagne islamique, présence de nombreux juifs. Pour ce qui est de l'Italie du Nord, l'implantation du catharisme, très différent de celui qui se développa en France, profite du conflit entre le pape et l'empereur. C'est dans ces régions que les Bons Hommes se sont organisés en communautés d'hommes ou de femmes dirigées par des anciens, des diacres et des évêques. Ces communautés étaient constituées de plusieurs « maisons ». On y aurait souvent pratiqué des métiers liés à l’artisanat local, et fréquemment le tissage, en référence aux premières communautés chrétiennes. Plusieurs communautés constituaient une Église, ou diocèse cathare, à la tête duquel se trouvaient des évêques.

Cependant des recherches récentes[10] ont démontré que cette hérésie a été largement instrumentalisée notamment par Raymond V comte de Toulouse. C'est ce qu'on peut voir dans sa lettre écrite en 1177 au chapitre général de Cîteaux. En effet, c'est avant tout pour se protéger des Anglais qu'il fait condamner en 1165 des bons hommes à Lombers.

L'importance de l'hérésie cathare a souvent été exagérée par les premiers écrivains et historiens du catharisme, puis par les mouvements régionalistes les évoquant. Les études actuelles rappellent que le phénomène cathare reste un phénomène minoritaire qui ne concerne alors qu'entre 2 et 5 % de la population du midi languedocien[11].

Les cathares en Corse[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Giovannali.

Il y a un débat historique pour déterminer si les Giovannali ont une parenté avec les cathares ou non. Certains chercheurs estiment que les Giovannali sont une branche de la dissidence franciscaine sans lien avec le catharisme. Quoi qu'il en soit, ils semblent avoir représenté une menace politique pour le pouvoir local.

Les Églises cathares[modifier | modifier le code]

Principaux centres cathares en Languedoc.

Au milieu du XIIe siècle (1167), les Églises cathares étaient au nombre de huit cents en France[réf. nécessaire]. Au XIIIe siècle, en 1226, un nouvel évêché fut créé, celui du Razès, dans la région de Limoux[12]. Ces Églises étaient indépendantes. Elles ne reconnaissent pas d'autorité supérieure à celle des citoyens, contrairement à l'Église catholique romaine qui avait une hiérarchie avec des prêtres, des évêques et le pape. Les maisons de « parfaits » étaient réunies sous l'autorité d'un diacre, et chacune était dirigée par un ancien ou une prieure. L'évêque était lui-même assisté par un « fils majeur » et un « fils mineur », qui étaient choisis parmi les diacres. Ils prenaient sa succession, le fils mineur remplaçant le fils majeur, qui devenait évêque à la mort de celui-ci ; cela se produisit fréquemment lorsque la persécution commença. Les femmes pouvaient obtenir le consolament, et accéder ainsi à la vie de « parfaite ». Même si elles n'étaient pas habituellement chargées de la prédication, comme les hommes, quelques exemples montrent qu'elles pouvaient assurer toutes les missions dévolues aux bons hommes : prédication en association avec un homme, participation aux disputes (comme le cas célèbre d'Esclarmonde de Foix) et consolament, notamment pendant la répression inquisitoriale. En revanche, il n'y a pas trace de femme diacre ou évêque.

Le principe de cette structure hiérarchique était vraisemblablement de reproduire fidèlement celle de l'Église primitive, telle qu'elle serait décrite dans le Nouveau Testament (épîtres de Saint-Paul, et dans les Actes des apôtres, principalement). En cela, ils s'opposaient, comme leurs prédécesseurs, à l'Église accusée d'avoir perverti le christianisme authentique par son inféodation à l'empereur Constantin, validée par le concile de Nicée en 325.

La doctrine cathare[modifier | modifier le code]

Fondements[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Textes cathares.

Le catharisme ne s'appuie pas sur une théologie puisqu'il considère que Dieu, inconnaissable et non accessible, est absent de ce monde. Cette doctrine est le fruit d'un travail de recherche scripturaire, prenant en compte le Nouveau Testament, notamment l'Évangile selon Jean et l'Évangile selon Luc[note 5]. Le Nouveau Testament est traduit[Quand ?] par les cathares[réf. nécessaire] en occitan. Cette initiative est très mal perçue par la papauté qui, sous le pontificat d'Innocent III, a interdit les traductions de la Bible en langue vulgaire[13].

Cette interprétation des évangiles est très différente de celle qu'en fait l'Église catholique. Les cathares s'appuient aussi sur de nombreux écrits (Paul de Tarse, Marcion, Livre des deux principes, rituels, etc.). Ils s'inspirent aussi de courants de pensée plus anciens (paulinisme, gnosticisme), tout en gardant, sur bien des points, de notables distances avec ces philosophies ou religions, auxquelles le catharisme ne peut être assimilé d'un bloc. Les cathares interprètent d’une façon particulière les écrits de Paul de Tarse et de Marcion. Ils recherchent le sens originel du message du Christ. La foi cathare se base sur les principes suivants :

Sur la question de Dieu, du bien, du mal[modifier | modifier le code]

Dieu, appelé le principe Bon, existe de toute éternité et n'aura pas de fin. Il est parfait et son œuvre est parfaite, inaltérable et éternelle. Il est omniscient et tout puissant dans le Bien. Dieu est le créateur de ce qui est, et ce qu'il n'a pas créé n'est rien (nihil traduit par « néant »). Les esprits, appelés anges par simplification, sont de nature divine.

Dans le Néant est le principe Mauvais, ou principe du Mal. Dieu, qui n'a pas de mal en Lui, ne peut connaître ce principe Mauvais, mais celui-ci, ambitionnant d'imiter Dieu, est parvenu à détourner une partie des esprits de la création divine. Le principe Mauvais a attiré les esprits par force (catharisme absolu ou dyarchien), ou par tentation (catharisme mitigé ou monarchien), car il n'a d'existence que pour autant qu'il puisse se mêler à la création divine (le Bien).

Cette vision de la constitution de l'univers visible est à la base du mythe de la chute du tiers des anges ou, selon les interprétations, de la troisième partie de leur composition : être, âme, et corps subtil. Introduits dans des corps charnels fabriqués par Lucifer, ces êtres sont différents de l'âme qui est de création maléfique, et qui assure la survie du corps charnel. Cette création, issue d'un démiurge imparfait et non éternel, est imparfaite et corruptible. Elle a eu un commencement et elle aura une fin. Cette fin surviendra quand le Mal s'étendra sur la création et que les esprits auront réussi à s'extraire de leur prison charnelle pour retourner à Dieu. Alors, le Mal, ayant perdu les avantages du mélange, redeviendra Néant. Le Mal est donc vainqueur dans le temps, mais son accomplissement constitue sa perte. Il est donc vaincu dans l'éternité.

Les deux principes ne sont pas de même nature et de même puissance. Il ne s'agit donc pas d'un dualisme manichéen, ni d'un dithéisme. En opposition avec la doctrine judéo-chrétienne[note 6], la doctrine cathare soutient un dualisme originel, centré sur la bonne création, divine, qui seule subsistera à la fin des temps. Le Dieu de l'Ancien Testament est en fait l'envoyé du Mal, comme le disait déjà le marcionisme (sources en Asie Mineure), et les livres de l'Ancien Testament ne sont donc pas reconnus comme canoniques, mais sont l'émanation de l'Esprit Mauvais.

Les cathares reconnaissaient un ou deux principes, selon qu'ils étaient « monarchiens », ou « dyarchiens », « mitigés » ou « absolus ». Les cathares absolus pensaient que le principe du Mal ne pouvait trouver son origine dans le principe du Bien. Autrement dit, représentant le Bien absolu, Dieu ne pouvait avoir créé un ange corruptible (Lucifer). Pour les dualistes mitigés, les deux principes, le Bien et le Mal, coexistent depuis la création divine, puisque c'est hors de cette création qu'ils se trouvent.

Sur la vie[modifier | modifier le code]

Les Bons Chrétiens, comme ils se nommaient, avaient et prêchaient un respect inconditionnel de la vie. Tout ce qui avait place dans le monde matériel méritait considération. Le mépris du corps et la volonté de purification expliquent qu'ils observaient un régime alimentaire très strict, qui peut aller jusqu'à l'endura[note 7]. Les relations sexuelles, que ce soit dans le mariage ou en dehors, relevaient de la même impureté, et devaient être évitées pour les Parfaits. Les Parfaits avaient à cœur de mener leurs contemporains sur la voie du salut afin d'écourter, un tant soit peu, le cycle des passages en ce bas monde.

Sur Jésus-Christ[modifier | modifier le code]

Dans le catharisme, Jésus-Christ est comparé, par sa kénose, à un oiseau, « un pélican qui est lumineux comme le soleil et qui accompagne le soleil (...) afin que le mal ne pût à l'avenir mutiler ses petits [les créatures de Dieu] et leur enlever le bec. »[14]

Selon les cathares, le Christ, fils de Dieu, et envoyé par Lui, est venu pour leur révéler leur origine céleste et pour leur montrer le moyen de retourner aux cieux. Ainsi, le Christ est uniquement l'envoyé du Père (un angelos : ange, messager) venu apporter le message du salut aux hommes : Jésus-Christ est le messager mais aussi le message en tant que tel d'Amour divin, par son exemplarité[15]. Il ne s'est pas soumis au Mal par l'incarnation, et est demeuré un pur esprit[note 8]. Marie n'a, pour les cathares, jamais nourri Jésus quand il était dans son ventre, elle n'assurait que sa protection (Thème de l'adombration).

Sur l'Esprit-Saint et l'esprit en général[modifier | modifier le code]

L'esprit est transmis, soit par les générations depuis le premier homme, soit par transmigration dans un nouveau-né après la mort (réincarnation)[16].

C’est uniquement par le Saint-Esprit que l'esprit peut être libéré du monde physique, et c’est par le baptême, par imposition des mains[réf. souhaitée], reçu par les apôtres et transmis par eux, que l’esprit pourra accéder au Salut. Toutefois, le baptême ne peut être administré à un jeune enfant de moins de 13 ou 14 ans, car il est jugé inapte à discerner l'importance de cet acte[note 9]. Le baptême cathare, nommé consolamentum, devait être administré à une personne en connaissance de cause et sur la base de sa conviction.

Pratiques, sacrements et rites[modifier | modifier le code]

Refus des rites du clergé catholique[modifier | modifier le code]

Les cathares, se considérant alors comme les seuls vrais disciples des apôtres, souhaitaient adopter le modèle de vie, les rites et les sacrements, des premières communautés chrétiennes. Ils s'appuyaient principalement sur les enseignements du Nouveau Testament, et leur unique prière était le Notre Père. Ils considéraient que toutes les pratiques et sacrements instaurés progressivement par l'Église dès les premiers siècles n’avaient aucune valeur :

  • le sacrement du baptême, que les prêtres confèrent notamment aux nouveau-nés[note 10]
  • le sacrement de l'Eucharistie : ils refusent de croire en la transsubstantiation, c'est-à-dire la transformation du pain et du vin en corps et sang du Christ lors de leur consécration par le prêtre lors de la messe. En revanche, en mémoire de la dernière Cène du Christ avec ses apôtres, les cathares bénissaient le pain lors du repas quotidien pris avec leurs fidèles. C’était le rituel du « pain de l’Oraison »
  • le sacrement du mariage, celui-ci légitimant à leurs yeux l'union charnelle de l'homme et de la femme, union à l'origine du péché originel d'Adam et Ève selon leur interprétation de la Genèse
  • la médiation des saints et le culte des reliques

De même que dans certains courants de l'Église chrétienne primitive, l'idéal cathare était basé sur une vie ascétique, alors que le sacrement du mariage aurait été créé plus tardivement. Ils n'attachaient pas d'importance aux églises bâties qui n'étaient pas pour eux les seuls lieux du culte car la parole du Christ peut être enseignée partout où se réunissent les fidèles. Enfin, leur seul sacrement est le baptême par imposition des mains, ou consolament.

Le consolament[modifier | modifier le code]

Le sacrement du consolament (« consolation » en occitan, du latin consolamentum) ou « baptême d'esprit et de feu » par imposition des mains et de l'évangile de Jean sur la tête du postulant, est le seul à apporter le salut en assurant le retour au ciel de la seule partie divine de l'homme : l'esprit. Il est le point de départ d'un choix de vie en accord avec la doctrine cathare (justice et vérité), permettant à la nature divine de l'impétrant de se détacher partiellement de la nature mondaine ou charnelle, et d'accéder au salut. Le consolament officialise donc le choix du novice ou du mourant à mener une vie chrétienne. Il n'est que la reconnaissance d'un état et non un apport d'une qualité extérieure[note 11]. Ce sacrement jouait un rôle fondamental dans les communautés cathares car il était à la fois sacrement d'ordination et de viatique (extrême-onction), alors appelé « consolament des mourants ».

Le consolament était conféré par un membre de la hiérarchie et engageait celui qui le recevait dans une vie religieuse qui, comme toute ordination, suppose de prononcer des vœux et de respecter une Règle. Ici il s'agissait de pratiquer l'ascèse, de s'engager à ne pas manger de nourritures provenant des animaux (viandes, œufs, lait, graisses animales…), de pratiquer la morale évangélique, comprise comme l'interdiction de jurer, de mentir, et de tuer. Il faisait d'un croyant cathare un Bon Homme ou une Bonne Dame, membre du clergé, prédicateur, et capable d'apporter lui-même le consolament aux mourants.

Le consolament était donc aussi administré aux mourants qui en faisaient la demande, c'est-à-dire aux simples croyants qui n'avaient pas franchi le pas de l'ordination durant leur vie, mais souhaitaient rencontrer le Saint-Esprit, leur donnant une chance d'accéder au salut avant de mourir. Les prières des « parfaits », Bons Hommes ou Bonnes Dames, après la mort du consolé, pouvaient durer encore quatre jours.

La vie des « parfaits » et « parfaites »[modifier | modifier le code]

Travail manuel et vie communautaire[modifier | modifier le code]

Étant ordonnés, les parfaits entraient dans un ordre religieux, mais sans sortir du siècle. Ils étaient en effet astreints au travail manuel pour vivre, ce qui leur donnait un avantage considérable pour leur prédication, en les maintenant au contact de la population qu'ils instruisaient directement, via des traductions des Écritures saintes en langue vernaculaire, contrairement au clergé catholique qui refusait à l'époque l'accès direct du peuple aux textes sacrés. Cela leur rapportait également l'argent du produit de leur travail. Cet argent leur permettait, par exemple, de se déplacer et, avec les dons et les legs, de créer les conditions de l'existence d'une hiérarchie. En revanche la pauvreté personnelle était prescrite.

Les cathares vivaient dans des « maisons de parfaits », intégrées aux villes et aux villages, qui leur permettaient de rencontrer la population et de prêcher, et leur servaient d'atelier. Des jeunes y étaient envoyés par leurs parents simples fidèles ou déjà ordonnés, pour leur formation en vue de leur propre ordination. Tout « parfait » rejoignait une maison de « parfaits », et y travaillait de ses mains, y compris les nombreuses épouses nobles et leur progéniture qui faisaient partie des rangs des cathares. Le sacrement de mariage n'étant pas reconnu, elles se séparaient de leur mari, généralement lui-même simple croyant.

Le consolament des mourants pouvait être conféré dans les maisons des « parfaits », dans laquelle le consolé était transporté et mourait. Lorsque vint le temps des persécutions, les « parfaits » durent se cacher chez des fidèles, mais ils y payèrent toujours leur nourriture par le travail manuel.

Vie apostolique[modifier | modifier le code]

Se rapprochant des premiers chrétiens, les « parfaits » cathares envisageaient un salut passant par un grand zèle religieux, parfois jusqu'à l'ascétisme, afin de ne pas procréer[note 12], ils étaient astreints à la chasteté[note 13], et devaient constamment aller par deux personnes du même sexe. Chacun avait son sòci, ou compagnon, ou sa sòcia pour les femmes. Cette prédication au coin du feu de deux personnes de même sexe conduira à l'accusation de bougrerie (c'est-à-dire d’homosexualité) fréquemment enregistrée dans les registres de l'Inquisition. Cette façon de vivre toujours au moins à deux tenait à la conviction que l'esprit seul ne peut éviter de se fourvoyer alors qu'avec au moins un compagnon ou une compagne, les tentations de la chair sont plus faciles à combattre.

Les « parfaits » ne devaient pas mentir[note 14], s'abstenir de tout vice, de toute méchanceté, en un mot être simplement de bons chrétiens selon les Évangiles. Cela devait inévitablement conduire à l'édification de toute la population chrétienne. Néanmoins, le catharisme toucha essentiellement une population bourgeoise ou noble, sauf dans la dernière période. Outre l'interdit du meurtre, les « parfaits » ne devaient pas tuer les animaux. Ils devaient s'abstenir de toute consommation de produits animaux car issus de la reproduction animale. En cela ils s'interdisaient toutes viandes ainsi que le lait et les produits dérivés. Le jeûne était de pratique courante, mais le jeûne le plus strict prévoyait du pain et de l'eau. Trois carêmes annuels étaient pratiqués. L'« endura » est un jeûne à mort, suivant le consolament et qui a pu conduire certains « parfaits » à la mort pendant l'inquisition en raison de situation particulières.

Dernière obligation faite surtout aux hommes : la prédication. Les « parfaits » devaient prêcher le salut par l'ordination du consolament et la morale évangélique. Cette prédication se faisait dans les maisons ateliers, mais également parfois chez des fidèles ou sur la place publique.

Refus de l'alimentation carnée[modifier | modifier le code]

« Dès la fin du XIIe siècle dans le Midi de la France, « manger de la viande » et se convertir au catholicisme sont synonymes. »

— René Nelli, La Vie quotidienne des Cathares du Languedoc au XIIIe siècle, 1969.

Pour les cathares, l'abstinence de nourriture animale n'est pas une privation[17]. Guilhem Bélibaste, dernier « parfait » cathare connu, a dit à propos des pratiques de privations catholiques : « le jeûne que vous faites vaut autant que le jeûne du loup »[9]. Il s'agit plutôt d’un prolongement de l’interdit du meurtre à toute vie animale. Le catharisme, là encore, se distingue par une certaine radicalité. En effet, tous les animaux, dans la perspective cathare, sont susceptibles d'avoir reçu une âme céleste[9].

Le végétarisme cathare était un refus de commettre la violence à l'égard d'une créature « ayant du sang », principe pour eux des « vrais chrétiens » :

« Si un criminel dangereux les attaquait, ils pouvaient se défendre ; tuer la vipère ou le loup. Encore qu'à l'époque du catharisme triomphant, un « parfait » ne l'eût sans doute point fait, car il était aussi grave de tuer une bête « ayant du sang » que de tuer un homme. »

— René Nelli, la vie quotidienne des Cathares du Languedoc au XIIIe siècle[9].

On retrouve, à l'autre extrémité de la période cathare, des indications explicites de l'idée d'âme reçue également par toute vie animale : Deux femmes de Montaillou (Ariège), vers 1300, discutent religion : « ma commère, ce serait un grand péché de tuer cette poule ! – Est-ce un si grand péché de tuer une poule qu'on le dit ? – Oui, car dans notre religion, les âmes humaines, quand elles sont sorties des corps des hommes et des femmes, se mettent ou s'introduisent dans des poules[9] ».

Le refus de tuer la volaille est un topique de la littérature médiévale[9] : un inquisiteur dénonce à l'empereur les cathares amenés à Goslar par le duc de Lorraine vers 1053, un autre inquisiteur fait brûler un Toulousain qui lui avait répondu qu'il ne voyait pas quelle faute avait commise ce coq, pour qu'il dût le tuer (vers le milieu du XIIIe siècle)[9] ; le même fait brûler deux dames de Foix, en fuite, et que leur déguisement de mauresque n'avait pas mise hors de la suspicion de leur aubergiste toulousaine, qui renseignait l'Inquisition : en effet, prétextant qu'elle s'en allait faire le marché, l'aubergiste leur demanda de tuer et de déplumer les poules pendant son absence, afin de l'avancer dans son travail ; comme lorsqu'elle fut revenue les poules étaient toujours vivantes, l'aubergiste ne dit pas un mot, appâtée par la prime promise aux délateurs ; elle sortit et revint avec deux sergents de l'Inquisition, qu'elle avait déjà alertés[9] ; il n'y a pas lieu de chercher des motifs mystérieux à cette épreuve, qui remplaçait avantageusement les ordalies en usage si longtemps contre les hérétiques dans le nord de la France[9].

Les poulets ne sont pas seuls en cause[9]. Les cathares fréquentaient les paysans, et essayaient de modifier leur mentalité[9]. Ils leur recommandaient, par exemple, de traiter les animaux avec douceur[9]. Les femmes se montraient sans doute plus sensibles que leurs maris :

« Guillemette, voyant un Croyant cathare faisant fonction de Parfait battre méchamment son ânesse, ne contient pas son indignation : « ça se dit receveur d'âmes, et ça martyrise les animaux ! » »

— René Nelli, La Vie quotidienne des Cathares du Languedoc au XIIIe siècle[9].

La sensibilité cathare à ce sujet pouvant prendre les formes les plus désespérées :

« Un hérétique que l'on mène en prison, à travers les rues de Limoux, se met à pleurer en voyant les bouchers tuer des veaux, près de l'abattoir de la ville. Il pleurait sur le sort de tous ces gens qui péchaient mortellement – et se perdaient – en mettant à mort une bête. »

— René Nelli, La Vie quotidienne des Cathares du Languedoc au XIIIe siècle[9].

Si les Parfaits tombaient par hasard sur un animal pris au piège, ils avaient le devoir de le délivrer, mais, de ce fait, ils causaient un dommage au chasseur. Alors, bien que leur rituel ne leur en fît pas obligation, ils faisaient partir le lièvre et laissaient à sa place une pièce de monnaie[9].

La fin du mouvement cathare[modifier | modifier le code]

Les Inquisiteurs exigeaient des sympathisants hérétiques - seulement en tant que premiers repentants (en cas de récidive, il y avait condamnation au bûcher) - qu'une croix latine jaune soit cousue sur leurs vêtements, l'une sur le dos l'autre sur la poitrine, signe d'infamie[18]. Ils restaient sous la surveillance active des recteurs qui chaque dimanche les frappaient avec des verges[9].

Un sujet d'inquiétude pour l'Église[modifier | modifier le code]

Si les purs menaient une vie exemplaire, la conviction que le monde vient de Satan laisse les autres cathares libres de faire n'importe quoi de leur corps[réf. nécessaire]. L'Anomie menaçant sérieusement la société[non neutre], l'Église décide de réagir.[réf. nécessaire] En 1119, le pape Calixte II réunit un concile à Toulouse. Celui-ci dénonce notamment les déviants qui condamnent les sacrements du baptême, de l'Eucharistie, du mariage et le sacerdoce et enjoint au comte de Toulouse de sévir contre eux. Ce canon est repris en 1139 par le concile du Latran. La présence des hérétiques dans le midi de la France inquiète l'Église catholique qui envoie Bernard de Clairvaux et le cardinal évèque d'Ostie en inspection dans la région de Toulouse et d'Albi. Motif supplémentaire de crainte, les hérétiques ont recruté à Toulouse de « riches personnages » et des chevaliers de la région se sont également laissés entraîner. Pire encore, la doctrine séduit « des clercs, des prêtres, des moines et des religieuses »[19]. Le concile de Tours (1163) fustige « l'hérésie condamnable qui a surgi il y a longtemps dans le pays de Toulouse ». Enfin, le concile de Saint-Félix de Lauragais (1167) permet de mesurer l'ampleur de l'hérésie et redéfinit les territoires des différents évêchés en sus de celui d'Albi, Toulouse, Agen et Carcassonne.

Causes de la persécution[modifier | modifier le code]

Au début du XIIIe siècle, le roi d'Aragon Pierre II et son beau-frère, le comte de Toulouse, soutiennent la cause des Cathares tandis que les rois chrétiens de Navarre épousent à chaque génération l'une des filles des émirs qui règnent sur la moitié sud de l'Espagne. Une alliance devient envisageable entre les Cathares et les Maures d'Espagne contre le catholicisme malgré leur conflit de 1212. Les princes d'Europe du Nord veulent à tout prix éviter cette nouvelle menace après l'expulsion des Sarrasins de Sicile un siècle plus tôt par les Normands. Ce sont du reste des seigneurs anglo-normands qui vont diriger les croisades d'extermination des Albigeois.

Leur obstination, leur anticléricalisme intransigeant, leur opposition à la hiérarchie catholique, à laquelle ils reprochent sa richesse ostentatoire et ses abus de pouvoir, et surtout l'assassinat du légat du Pape Pierre de Castelnau, en contradiction avec leurs propres principes, constituent les prétextes pour attirer sur les cathares les foudres de l'Église romaine[réf. nécessaire]. Néanmoins, c'est surtout l'idée de s'approprier les terres du Midi et de piller les riches villes où le catharisme prospère (comme Béziers) qui motive les seigneurs catholiques du Nord de la France dans l'appel de l'Église romaine condamnant les cathares comme hérétiques[9]. Ainsi que beaucoup d'autres mouvements dissidents ou contestataires[Lesquels ?], les cathares deviennent l'objet d'une lutte permanente. L'Église romaine tente d'en « purifier » la chrétienté occidentale en excluant systématiquement tout individu ou groupe mettant en péril le projet de société féodale qu'elle construit depuis le début du Xe siècle ; les cathares croient en effet à la réincarnation et les lois du sang, le machisme, le spécisme, etc., deviennent ce faisant caduques et injustifiables en théorie : le seigneur peut à sa mort se réincarner en serf, ou le serf en seigneur, l'homme en femme et vice versa, etc.[9]

Un critère qui sera souvent utilisé est leur refus du mariage, qui permettra de les nommer orgiaques et impies. Une prière des confréries corses porte toujours une mention de cette réputation de « satanales », lorsqu'elle dit, « chandeliers triangulaires aux cierges éteints », écho des vices qui se pratiquaient prétendument dans les églises, une fois les cierges soufflés, et qui renvoie à toutes les peurs de la sorcellerie, des messes noires, etc.

Les tentatives d'éradication de l'hérésie par la prédication[modifier | modifier le code]

Dispute entre saint Dominique et des Albigeois, où les livres des deux parties furent jetés au feu pour une ordalie. L’histoire raconte que ceux de saint Dominique furent miraculeusement préservés des flammes. Peinture par Pedro Berruguete.

L'Église catholique confie aux cisterciens, au XIIe siècle, puis, avec plus de succès, au XIIIe siècle, aux ordres mendiants (aux franciscains et au nouvel ordre des dominicains, ayant reçu leur constitution en 1216) le soin de combattre ce danger de l'hérésie. Les cathares sont difficiles à convaincre. La prédication ou le débat doctrinal instaurés à cette fin dans le Midi de la France par l'Église tourne court pour le moment, malgré la prédication de Saint Dominique, qui fut par la suite mise en valeur par l'Église.

La croisade contre les Albigeois[modifier | modifier le code]

Article détaillé : croisade des Albigeois.

Face à cet échec de faire disparaître cette hérésie ainsi que celle des Vaudois, le pape Innocent III lance en 1208 contre les « Albigeois », ou cathares, la première croisade qui se déroulera sur le territoire de la chrétienté occidentale. Avec la croisade contre les Albigeois, il s'agit pour l'Église de mater une hérésie, mais aussi en partie, pour le pouvoir central de la royauté française, de soumettre les seigneurs du Sud, ses vassaux trop indépendants. Philippe Auguste, roi de France, ne voudra jamais participer personnellement à cette croisade, mais laissera cependant ses vassaux libres de toutes actions. La guerre durera vingt ans (1209–1229). Les domaines que tenait le comte de Toulouse étaient d'une richesse enviable. Eudes III Duc de Bourgogne, le comte de Nevers et le comte de Saint Pol prirent la tête des troupes levées par le pape. Simon IV de Montfort deviendra le chef de la croisade après la prise de Carcassonne. En effet, Eudes III décide de rentrer sur ses terres ainsi que le comte de Nevers et celui de Saint Pol après avoir fait leur quarantaine. Ils n'acceptent pas la proposition d'Arnaud Amaury qui est de prendre les terres de Trencavel, ne voulant pas faire d'ombrage au roi de France. Cependant Eudes III restera encore quelques jours mais finira par rentrer chez lui. C'est à ce moment qu'Arnaud Amaury donnera la tête de la croisade à Simon IV de Montfort, ainsi que les terres de Trencavel et le titre de vicomte de Carcassonne.

La lutte armée se poursuivit dans le Midi tout au long du XIIIe siècle. Elle est relayée sur un plan spirituel par l'institution de l'Inquisition, créée en 1231 - après donc la mort du fondateur de l'ordre des Dominicains - pour s'enquérir des convictions de chacun et convaincre les cathares de revenir vers la foi catholique, apostolique et romaine.

La tâche de l'Inquisition fut facilitée par le refus du serment que pratiquaient les cathares. Ainsi, lorsqu'un inquisiteur interrogeait un parfait, les plus convaincus étaient faciles à détecter. Les inquisiteurs (surtout les Dominicains) notaient soigneusement tous les interrogatoires et ainsi tous les Bons Hommes furent l'un après l'autre arrêtés, à la suite, souvent, des révélations de leurs pairs. De plus, un cathare ne pouvait être sacré que par un parfait et les mourants ne pouvaient recevoir l'absolution (consolamentum des mourants) que des mains d'un parfait. Que ce soit une tactique déterminée ou pas, l'Inquisition, en faisant disparaître le clergé cathare, fit disparaître le culte avec lui, ce qui était le but recherché.

Le massacre de Béziers[modifier | modifier le code]

Enluminure représentant la mise à mort de Cathares par le bûcher.
Article détaillé : sac de Béziers.

La ville de Béziers abritait des cathares. Elle était tenue par les Trencavel, vassaux des comtes de Toulouse ― excommuniés par le pape en raison de leur trop grande tolérance envers les cathares. La mémoire bitterroise conserve une place particulière à une date pendant cette période : le 22 juillet 1209. Ce jour-là, la croisade des Albigeois contre les cathares se traduisit par le sac et l’incendie de Béziers, et par le massacre d'une partie de sa population.

Le moine allemand Césaire de Heisterbach (dont Régine Pernoud précise qu'il est un auteur « peu soucieux d'authenticité ») relate dans son Livre des Miracles, qu'il écrit dix ans après les faits, qu'Arnaud Amaury, le légat pontifical, à qui on demandait comment différencier les cathares des bons catholiques de Béziers pour les épargner, déclara : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens. » Cette déclaration ne se trouve dans aucun document historique, et elle n'a vraisemblablement jamais été prononcée, mais est employée fréquemment depuis le film de télévision sur les cathares La caméra explore le temps. Il faut cependant admettre qu'Arnaud Amaury témoignera à plusieurs reprises de fanatisme dans son "zèle anti hérétique". Si l'expression telle qu'elle a été popularisée est apocryphe, elle correspond très bien à la fois avec le contexte de l'époque et avec le personnage auquel elle est attribuée.

Le dernier voyage (De Montaillou à Villerouge-Termenès)[modifier | modifier le code]

Le supplice de Dame Guiraude de Lavaur.

Les travaux inquisitoriaux de l'Evêque de Pamiers, Jacques Fournier, auront bientôt eu raison du « Dernier Parfait », Guilhem Bélibaste. Ce dernier, après avoir commis un meurtre (1305), fut contraint à l'exil, puis, après une pénible initiation, fut ordonné parfait. Pour fuir l'Inquisition, qui se faisait de plus en plus présente, il alla se réfugier en Catalogne, puis à Morella, en haut pays valencien (1309), d'où il allait régulièrement prêcher et visiter la « diaspora » des hérétiques en exil installés dans toute cette région. En 1321, Arnaut Sicre le convainc de l'accompagner chez sa tante, dans le comté pyrénéen du Pallars, à la lisière du comté de Foix. Cela s'avéra être un piège imaginé par Fournier, dont Sicre exécuta la manœuvre par cupidité et pour venger la mort de sa mère victime elle-même du bûcher. Emprisonné et jugé à Carcassonne, il fut condamné au bûcher par l'inquisiteur Jean de Beaune. C'est à Villerouge-Termenès que le « dernier Bon Homme » acheva son ultime voyage par le feu (1322). Les quelques derniers hérétiques furent emprisonnés, jusqu'à ce que, à partir de 1329, on n'entendît plus parler de « Bons Hommes » ni de « Bonnes Femmes » en pays occitan.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Géographie du catharisme[modifier | modifier le code]

Personnages importants impliqués dans le catharisme au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Manuscrit du 13° siècle représentant un Cathare mourant dans un bûcher.

Religions et courants de pensée associés au catharisme[modifier | modifier le code]

Doctrine et rites cathares[modifier | modifier le code]

  • abstinence,
  • consolament,
  • continence,
  • jeûne,
  • métempsycose,
  • végétarisme.
  • « soci », ou « socia », vient de l'occitan qui veut dire 'compagnon ou compagne' : les parfaits devaient toujours se déplacer à deux comme les dominicains et dans les écrits de l’inquisition, il est toujours dit « untel et son soci ou sa socia ».

Historiens contemporains ayant étudié le catharisme[modifier | modifier le code]

Deux cathares condamnés par les dominicains.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Écrits cathares et contemporains[modifier | modifier le code]

  • Chronique 1145 - 1275, de Guillaume de Puylaurens, Le Pérégrinateur, 1997,
  • Rituel cathare, trad. de Christine Thouzellier, Éditions du Cerf, 1977,
  • Le Livre secret des cathares - Interrogatio Iohannis, commenté par Edina Bozoky, Éditions Beauchesne, 2009,
  • Écritures cathares, de René Nelli, Éditions du Rocher, 1995.
  • édition, introduction, traduction, notes et index : Guillaume Monachi, Contre Henri, schismatique et hérétique suivi de Contre les hérétiques et les schismatiques (anonyme), Paris, éditions du Cerf (Sources chrétiennes, 541), 2011,

Recherche historique[modifier | modifier le code]

Sur le catharisme[modifier | modifier le code]

Les livres de recherche historique sur le catharisme sont regroupés par auteurs, eux-mêmes classés par ordre alphabétique :

  • Jean-Louis Biget, Hérésie et inquisition dans le midi de la France, Paris : Picard (Les médiévistes français), 2007 (ISBN 9782708408036) [compte rendu (page consultée le 12 janvier 2010)].
  • Anne Brenon et Jean-Philippe de Tonnac, Cathares, la contre-enquête, Éditions Albin Michel, 2008,
  • Martin Aurell, Anne Brenon, Christine Dieulafait, Les Cathares devant l'histoire - mélanges offerts à Jean Duvernoy, coll., l’Hydre, 2005,
  • Anne Brenon et Pierre-Jean Ruff, Le christianisme des bons hommes : message des cathares pour aujourd’hui, Éditions Le Foyer de l’Âme, 1995,
  • Anne Brenon :
    • Les Cathares. Pauvres du Christ ou apôtres de Satan ?, Éditions Gallimard, 1997,
    • Les cathares : une église chrétienne au bûcher, Éditions Milan, 2003,
    • Les Archipels Cathares - Tome 1, dissidence chrétienne dans l'Europe médiévale, L'Hydre, 2003,
    • Les Cathares, Éditions Albin Michel, 2007,
    • Le Vrai visage du catharisme, La Louve, 2008, éd. revue et corrigée,
    • 1209 - 2009, cathares : une histoire à pacifier?, Loubatières, 2010,
  • avec Julien Roche, Une église cathare - L'évéché du Carcassès, L'Hydre, 2005,
  • Daniel Brun, Les Mystères cathares - La croisade contre les Albigeois, L'épopée des comtes de Toulouse, Les derniers feux de l'hérésie, Les procès inquisitoriaux du Languedoc à l'Espagne, In Edit, 2010,
  • Uwe Brunn, Des contestataires aux « cathares » : Discours de réforme et propagande antihérétique dans les pays du Rhin et de la Meuse avant l'Inquisition, Paris, Institut d'études augustiniennes, 2006 ;
  • Jean Duvernoy, les Cathares, Toulouse, 1997,
  • Jean Duvernoy, le Catharisme (tome 1 - La Religion des Cathares, tome 2 - L'Histoire des Cathares), Éditions Privat, Toulouse,
  • avec René Nelli, Déodat Roché et Ferdinand Niel, Les Cathares, Paris, Édition de Delphes,
  • Jean-Louis Gasc, Les cathares, préface Annie Cazenave, Éditions Trajectoires, 2006 ;
  • Pilar Jiménez-Sanchez, Les catharismes. Modèles dissidents du christianisme médiéval (XIIe siècle-XIIIe siècle siècles), préface de Dominique Iogna-Prat, Presses Universitaires de Rennes, 2008 ;
  • de René Nelli :
    • Les Cathares, Éditions Marabout Histoire, 1972, (ISBN 978-2-5010-0059-8) :
    • le Phénomène cathare, perspectives philosophiques et morales, Toulouse, Éditions Privat, 1964 ;
  • Napoléon Peyrat, Histoire des Albigeois, 5 tomes, Paris, Librairie Internationale, 1870-1872 ;
  • Roland Poupin, La Papauté, les cathares et Thomas d’Aquin, Toulouse, Loubatières, 2000, (ISBN 978-2-8626-6307-4) ;
  • Roland Poupin, Les Cathares, l’âme et la réincarnation, Toulouse, Loubatières, 2000.
  • de Michel Roquebert :
    • Histoire des cathares, Perrin, 1999, et Collection Tempus, no 16, 2002
    • L’Épopée cathare, 5 vol. Privat / Perrin, 1970-1998, et Collection Tempus, no 121, 126, 171, 172, 190, 2006-2007.
    • La Religion cathare, Perrin 2001 et Collection Tempus no 259, 2009.
  • Julien Théry, « Les Hérésies, du XIIe siècle au début du XIVe siècle », dans Structures et dynamiques de la vie religieuse en Occident (1179-1449), dir. Marie-Madeleine de Cevins, Jean-Michel Matz, Rennes : PUR, 2010, p. 373-386. Lire et télécharger librement sur le site Halshs,
  • « Les 'Cathares', une histoire qui blesse », dans Midi-Pyrénées Patrimoine, 3, 2005, p. 84-85. Lire et télécharger librement sur le site Academia.edu, et droit de réponse.
  • René Weiss, Les Derniers Cathares : 1290-1329, Paris, Éditions Fayard, 2002 (ISBN 978-2-2136-1272-0) ;
  • direction, L'Histoire du catharisme en discussion : le « concile » de Saint-Félix (1167), Nice : Centre d'études médiévales, 2001,Mise au point de l'auteur sur des attaques contre son livre, à lire et télécharger librement sur le site persee.fr, et élément de réponse.
  • Monique Zerner-Chardavoine, la Croisade albigeoise, Éditions Gallimard, 1979.
  • Raimonde Reznikov, Cathares et Templiers, Éditions Loubatieres, 2009
Monographies[modifier | modifier le code]
  • Jacques Berlioz, Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens. La croisade contre les Albigeois vu par Césaire de Heisterbach, Éditions Loubatières, 1994,
  • Richard Bordes, Jean-Louis Gasc, collectif, Troubadours et cathares en Occitanie médiévale : organisé par Novelum section périgorde de l'Institut d'Estudis Occitans, l'Hydre Édition, 2004,
  • Anne Brenon :
  • Jean Duvernoy, le Dossier de Montségur. Interrogatoires d'inquisition, 1242-1247, Le Pérégrinateur, 1998,
  • Gauthier Langlois, « Note sur quelques documents inédits concernant le parfait Guilhem Bélibaste et sa famille », Heresis, no 25, année 1995, p. 130-134. En ligne sur Paratge.
  • Gauthier Langlois, « Des hérétiques dans les Pyrénées catalanes à la fin du XIe siècle ? », Heresis, no 46-47, année 2007, p. 67-80. En ligne sur Paratge.
  • Emmanuel Le Roy Ladurie, Montaillou, village occitan de 1294 à 1324, Gallimard, 1975.
  • de René Nelli :
    • La Philosophie du catharisme, Paris, Payot, 1975
    • la Vie quotidienne des Cathares du Languedoc au XIIIe siècle, Éditions Hachette, , 1969
    • le Livre des deux principes, 1959 et Éditions du Rocher 1995 (ISBN 978-2-7028-1340-9),
  • Zoé Oldenbourg, Le bûcher de Montségur - 16 mars 1244, Éditions Gallimard, collection Les journées qui ont fait la France, 1959,
  • de Michel Roquebert :
    • Citadelles du vertige, photographies de Christian Soula . Privat 1972.
    • Montségur, les Cendres de la liberté, Privat, 1992.
    • Les cathares et le Graal, Privat 1994.
  • de Julien Théry :
    • « Cléricalisme et Hérésie des bons hommes : l'exemple d'Albi et de l'Albigeois (1276-1329) », dans L'anticléricalisme en France méridionale (milieu XIIe siècle-début XIVe siècle). Cahiers de Fanjeaux 38 (2003), p. 471-508,
    • « L'Hérésie des bons hommes. Comment nommer la dissidence religieuse non vaudoise ni béguine en Languedoc ? (XIIe siècle-début du XIVe siècle s. », dans Heresis 36-37 (2002), p. 75-117. Lire et télécharger librement sur le site Halshs
Abordant le catharisme[modifier | modifier le code]

Romans historiques[modifier | modifier le code]

Les romans sont classés par ordre alphabétique :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cette expression a aussi été trouvée chez le juriste Yves de Chartres, qui lui-même avait déjà repris d'Augustin le même passage, à la fin du XIe siècle, dans un ouvrage juridique important et largement diffusé.
  2. À l’époque, dans le Nord de la France le chat noir est la personnification du diable.
  3. La notion de dieu inconnu se trouve dans les Actes des Apôtres, chapitre 17, verset 23. Paul de Tarse fait un discours à l’aréopage d'Athènes, où il utilise l’inscription de dieu inconnu qu’il a trouvée sur un autel pour annoncer aux athéniens le Dieu chrétien, révélé en Jésus-Christ.
  4. Dans une Histoire du diocèse de Sankt Pölten (Basse-Autriche) de Friedrich Schragl, on peut lire le passage suivant qui éclaire les relations entre le pouvoir autrichien et les cathares autrichiens: « En Autriche, on parle pour la première fois d’hérétiques vers 1207 lorsque le duc Léopold VI fit remarquer qu’il était nécessaire de créer un diocèse viennois. En 1210, les annales de Klosterneuburg rapportent que le duc avait fait exécuter de nombreux patarins (c'est-à-dire des cathares) qu’il avait d’abord soumis à la torture et qui avaient trouvé beaucoup de partisans. Il faut donc en conclure qu’ils étaient assez répandus. Les faits ultérieurs indiquent que les tentatives d’extermination de la secte n’eurent pas de succès. »
  5. Certains exégètes considèrent aujourd'hui qu’au moins la moitié de l'Évangile selon saint Luc est un reliquat de l'Évangélion de Marcion de Sinope, lui-même écrit selon la prédication de Paul de Tarse. Paul de Tarse est surtout connu pour ses épîtres.
  6. La foi judéo-chrétienne soutient l'unité du corps et de l'âme dans la personne humaine, et conçoit le mal comme la conséquence du péché originel, où le diable a entraîné l'homme au péché. Le Bien souverain est le Dieu trinitaire révélé en Jésus-Christ.
  7. L'endura est parfois confondu avec un suicide par grève de la faim par les opposants à la doctrine cathare.
  8. Il s'agit d'une doctrine semblable au docétisme, une hérésie chrétienne des premiers siècles.
  9. Cette conception du baptême se retrouve chez certains protestants appelés anabaptistes.
  10. Il n'y a pas nécessité pour la personne baptisée d'être consciente de la valeur du sacrement dans l'Église catholique ou orthodoxe, mais souvent les protestants ne donnent le baptême qu'aux adolescents ou aux adultes. C'est notamment le cas des anabaptistes.
  11. Cette compréhension de la notion de sacrement est différente de la plupart des confessions chrétiennes.
  12. . La procréation donnant lieu à une vie nouvelle avec un nouveau corps, elle est condamnée par la doctrine cathare, pour qui tout ce qui est corporel est mauvais.
  13. Dans le catholicisme, la chasteté est différente de la continence : la chasteté consiste à ne pas avoir de relations sexuelles immorales et s'applique à tous les croyants, alors que la continence ne s'applique qu'aux prêtres, aux religieux et religieuses, qui s'abstiennent de toute relation sexuelle.
  14. Cette interdiction du mensonge, ainsi que l'interdiction de jurer, furent utilisées par les inquisiteurs pour identifier et condamner les « parfaits ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. Julien Théry, Le Drame cathare, émission Au cœur de l'histoire sur Europe 1, 19 avril 2011.
  2. Gilbert Dagron, Pierre Riché et André Vauchez (dir.), Histoire du christianisme des origines à nos jours, tome IV, Évêques, moines et empereurs (610-1054), Paris, Desclée, 1993 (ISBN 2-7189-0614-6), p. 226-232 ; Gérard Chaliand, Sophie Mousset, 2000 ans de chrétientés : guide historique, 2000 ; Paul Lemerle, L'histoire des Pauliciens d'Asie Mineure d'après les sources grecques, Travaux et Mémoires 5, 1973, p. 1-113.
  3. Jean Chélini, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, Pluriel, 1991, p. 420.
  4. Uwe Brunn, Des contestataires aux « cathares ». Discours de réforme et propagande antihérétique dans les pays du Rhin et de la Meuse avant l’Inquisition, Collection des Études Augustiniennes, Études Augustiniennes, 2006.
  5. Michel Roquebert, La religion cathare. Le Bien, le Mal et le Salut dans l’hérésie
  6. Anne Benon, Les cathares, Pauvres du Christ ou apôtres de Satan ?
  7. Histoire des cathares, par Michel Roquebert, Éditions Perrin, 1999.
  8. Encyclopedia Britannica - Constantine Silvanus
  9. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r et s René Nelli, La vie quotidienne des Cathares du Languedoc au XIIIe siècle, (ISBN 978-2-253-03163-5).
  10. Jean-Louis Biget, « Le Midi hérétique : construction d’une image (vers 1140-1209) », Religions et histoire : hérésies et inquisition, no 46, 2012, p. 41-45.
  11. Jean-Louis Biget, Hérésie et inquisition dans le midi de la France, Paris, Picard (Les médiévistes français), 2007
  12. Gauthier Langlois, "Benoît de Termes, évêque cathare du Razès", Communauté de Communes du massif de Mouthoumet, Narbonne : Association Ciném’Aude – Vilatges al país, 2010, p. 44-45.
  13. Bible et Histoire, Les premières traductions en langue vulgaire - Opposition aux traductions de la Bible en langues vulgaires
  14. Interrogatoire de Bernard Franque de Goulier (paroisse de Vicdessos). Le registre d'Inquisition de Jacques Fournier, op. cit. vol. I.
  15. Eric Delmas, Catharisme d'aujourd'hui, étude des origines, de la doctrine et de la pratique ecclésiale du christianisme cathare du premier siècle à nos jours. Éditions Plume d'Ange, ISBN 9791094020005.
  16. J. Duvernoy, La religion des cathares, Toulouse, 1989, p. 93-97, 114-115. R. Poupin, « De métempsycose en réincarnation, ou la transmigration des âmes des temps cathares à nos jours », in Catharisme, l'édifice imaginaire, Carcassonne, coll. Heresis, 1998? p. 145-164. R. Poupin, Les cathares, l’âme et la réincarnation, Toulouse, Loubatières, 2000.
  17. À la différence de lÉglise catholique, qui encourage ou ordonne la privation de certains aliments pendant le carême.
  18. Weis, René. The Yellow Cross: The Story of the Last Cathars. (Alfred A. Knopf, New York, 2000), 11–12.
  19. Geoffroy d'Auxerre, Notes Sur La Vie Et Miracles De Saint Bernard

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