Église éthiopienne orthodoxe

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Église éthiopienne orthodoxe tewahedo
Image illustrative de l'article Église éthiopienne orthodoxe
Siège de l'Église éthiopienne orthodoxe à Addis-Abeba

Nom local የኢትዮጵያ ኦርቶዶክስ ተዋሕዶ ቤተ ክርስቲያን (am)
Fondateur(s) Frumence d'Aksoum
Autocéphalie/Autonomie 1951
Primat actuel Abune Mathias
Siège Addis-Abeba
Territoire primaire Éthiopie
Expansion territoriale Diaspora éthiopienne
Rite Ge'ez
Langue(s) liturgique(s) ge'ez
Calendrier Éthiopien
Population estimée 45 000 000
Site internet ethiopianorthodox.org/
Religieux éthiopien à Lalibela

L'Église éthiopienne orthodoxe tewahedo (amharique: የኢትዮጵያ ኦርቶዶክስ ተዋሕዶ ቤተ ክርስቲያን, Ye Ityop'ya ortodoks tewahedo béte krestiyan, Prononciation du titre dans sa version originale Écouter) est une Église orthodoxe orientale, autocéphale depuis 1959, qui fait partie de l'ensemble des Églises des trois conciles[1]. Il s'agit de l'une des plus grandes et des plus anciennes églises du monde[2].

Elle emploie le rite guèze. Son chef porte le titre de patriarche et catholicos d'Éthiopie, itchégué du siège de Takla Haïmanot et archevêque d'Aksoum, et réside à Addis-Abeba. Le titulaire actuel est l'abune Mathias, élu le 28 février 2013, qui a succédé à l'abuna Paulos.

L'Église éthiopienne orthodoxe a été assez isolée du christianisme entre les VIIe et XIVe siècles, et a développé une spiritualité, une théologie et des usages liturgiques particuliers, marqués par l'Ancien Testament.

Dénomination[modifier | modifier le code]

L'Église éthiopienne orthodoxe est appelée officiellement Église orthodoxe unifiée d'Éthiopie (ge'ez : የኢትዮጵያ ኦርቶዶክስ ተዋሕዶ ቤተ ክርስቲያን ; en amharique : ya-Ityopiya ortodoks tawahedo Beta krestiyan) mais est aussi connue sous d'autres noms :

  • Église éthiopienne orthodoxe Tewahedo
  • Église orthodoxe éthiopienne
  • Église orthodoxe d'Éthiopie
  • Église copte d'Éthiopie

Histoire[modifier | modifier le code]

L'Église d'Éthiopie est l'une des Églises d'orient de théologie miaphysite, qui refusent les dogmes établis lors du concile de Chalcédoine (451). Ces Églises sont l'Église copte orthodoxe, l'Église éthiopienne orthodoxe, l'Église syriaque orthodoxe, l'Église syro-malankare orthodoxe (liée en Inde au patriarcat d'Antioche), l'Église malankare orthodoxe (située également en Inde, Autocéphale), l'Église malabare indépendante et l'Église apostolique arménienne. À ces Églises s'ajoutent des dissidences ou des sous-groupes, comme l'Église érythréenne orthodoxe ou l'Église syriaque orthodoxe antiochienne.

L'Église d'Éthiopie affirme avoir été fondée par Philippe au Ier siècle ; elle devient religion officielle du royaume d'Axoum au IVe siècle. Du IVe siècle jusqu'en 1959, le dirigeant de l'Église d'Éthiopie était un moine égyptien nommé archevêque (abuna) par le patriarche copte d'Alexandrie. Le terme « Église copte d'Éthiopie » était donc couramment utilisé, mais cette dénomination tend à disparaître depuis 1959.

En 1948, un agrément entre les Églises d'Égypte et d'Éthiopie a mis en place un régime d'autocéphalie, les évêques éthiopiens obtenant le droit d'élire leur propre patriarche pour le remplacement futur de l'archevêque en poste. En 1959, le premier patriarche éthiopien, l'abuna Baslios, fut désigné, et obtint une dernière fois la validation du patriarche d'Alexandrie, Cyrille VI.

Patriarches célèbres[modifier | modifier le code]

  • Abouna Mattéwos (mort en 1926)
  • Abouna Pétros : martyr tué par les Italiens en 1936. Une statue a été érigée à sa mémoire à Addis-Abeba.
  • Abouna Basileos : premier patriarche originaire d'Éthiopie (1951).

Canon biblique[modifier | modifier le code]

L'Église éthiopienne orthodoxe a de toutes les Églises chrétiennes le canon biblique le plus large, qui inclut notamment l'Ascension d'Isaïe, le Livre des Jubilés et le Livre d'Hénoch.

Organisation[modifier | modifier le code]

Hors d'Éthiopie

Dissidences[modifier | modifier le code]

Synode alternatif en exil[modifier | modifier le code]

Après la chute du régime du Derg en 1991 et l'installation de nouvelles autorités, l’abouna Merkorios abdiqua. L'Église élit alors un nouveau patriarche, l’abouna Paulos. L'ancien patriarche, Merkorios, s'installa ensuite à l'étranger (d'abord au Kenya puis aux États-Unis) et annonca de que son abdication avait été réalisée sous la contrainte et qu'il était toujours le patriarche légitime de l'Église d'Éthiopie. Plusieurs évêques qui l'avaient suivi dans l'exil ont formé un synode alternatif.

En janvier 2007, treize nouveaux évêques sont ordonnés par l'abouna Merkorios et par quatre autres évêques.

Cette Église éthiopienne orthodoxe en exil est présente en Amérique du Nord et en Europe occidentale.

Église éthiopienne orthodoxe de l'hémisphère occidental[modifier | modifier le code]

Abba Yesehaq, archevêque de l'hémisphère occidental depuis 1979, ne reconnut pas non plus le nouveau patriarche et rompit la communion avec lui en 1992. Il fut suivi par un certain nombre de fidèles. En réponse, le Synode officiel le suspendit et créa trois nouvelles juridictions pour les communautés hors d'Éthiopie (archidiocèse des États-Unis et du Canada, archidiocèse des Caraïbes et d'Amérique latine et archidiocèse d'Europe occidentale).

Abba Yesehaq déclara alors l'indépendance de l'archidiocèse orthodoxe éthiopien de l'hémisphère occidental.

La nouvelle juridiction compte plusieurs paroisses et missions en Amérique du Nord, dans les Caraïbes, ainsi qu'en Afrique du Sud.

Abba Yesehaq est décédé le 30 décembre 2005.

Eglise érythréenne[modifier | modifier le code]

Après l'accession de l'Érythrée à l'indépendance en 1993, la branche érythréenne de l'Église éthiopienne est devenue autonome sous le nom de Église érythréenne orthodoxe.

Relations avec les autres Églises[modifier | modifier le code]

L'Église éthiopienne est en intercommunion avec les autres Églises orthodoxes orientales, non chalcédoniennes. Elle est membre du Conseil œcuménique des Églises depuis sa fondation en 1948.

Dialogue avec l’Église catholique[modifier | modifier le code]

Rencontre à Rome, le 11 juin 1993, du Patriarche de l'Église d'Éthiopie, Abouna Paulos, et du pape Jean-Paul II qui ont souligné la communion profonde qui existe entre les deux Églises :

« Nous partageons la même foi venue des Apôtres, les mêmes sacrements et le même ministère enraciné dans la succession apostolique. En effet, nous pouvons affirmer aujourd'hui que nous avons la même foi au Christ, alors que, pendant longtemps, elle a été entre nous une cause de division[3]. »

Le dialogue régulier a lieu dans la cadre de la « Commission mixte internationale entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe orientale ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Église éthiopienne orthodoxe
  2. (en) Religious Bodies of the World with at Least 1 Million Adherents, Adherents.com, page consultée le 26 août 2014
  3. Encyclique Ut unum sint.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Stéphane Ancel et Eloi Ficquet, « L'Eglise orthodoxe tewahedo d'Ethiopie et les enjeux contemporains », dans L'Ethiopie contemporaine, KARTHALA,‎ 2007 (lire en ligne)
  • The Ethiopian Orthodox Church, Addis Abeba, Ethiopian Orthodox Mission, 1970, 181 p.
  • The Church of Ethiopia. A panorama of History and spiritual life, Addis Abeba, Ethiopian Orthodox Church, 1970, 97 p.
  • Christine Chaillot, Vie et spiritualité des Églises orthodoxes orientales des traditions syriaque, arménienne, copte et éthiopienne, Paris, Le Cerf, 2011. (ISBN 9782204089791)
  • Hervé Pennec, Des Jésuites au royaume du prêtre Jean (Éthiopie) : stratégie, rencontres et tentatives d'implantation 1495-1633, Paris, Centre culturel Calouste Gulbenkian, 2003, 273 p. (ISBN 9728462328)
  • Kirsten Stoffregen-Pedersen, Les Éthiopiens, Turnhout, Brepols (col. Fils d'Abraham), 1996 (ISBN 2503500048)
  • Jean-Pierre Valognes, Vie et mort des chrétiens d'Orient, Paris, Fayard, 1994 (ISBN 2213030642)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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