Livre (document)

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Livres dans la salle de lecture de la Bibliothèque de l'université de Graz.

Un livre est un document écrit formant une unité et conçu comme tel composé de pages en papier ou en carton reliées les unes aux autres.

Qu'est-ce qu'un livre ?[modifier | modifier le code]

Le Lecteur (Honoré Daumier, XIXe siècle).

Le livre est défini par Littré comme une « réunion de plusieurs feuilles servant de support à un texte manuscrit ou imprimé ». Dans son Nouveau Dictionnaire universel (édition de 1870), Maurice Lachâtre le définit comme un « assemblage de plusieurs feuilles de papier, de vélin, de parchemin, imprimées ou écrites à la main cousues ensemble et formant un volume recouvert d'une feuille de papier, de carton, de parchemin, de basane, de veau, de maroquin, etc. »

Quant à l'Académie française, elle donne les définitions suivantes :

« I. Assemblage de feuilles manuscrites ou imprimées destinées à être lues. Dans l'Antiquité et au Moyen Âge, suite de feuillets manuscrits réunis en une bande enroulée autour d'un cylindre, ou pliés et cousus en cahiers. À l'époque moderne, assemblage de feuilles de papier imprimées, formant un volume relié ou broché.
II. Assemblage de feuilles, registre où l'on porte diverses informations, divers renseignements. »

Une définition plus technique est donnée par l'Unesco : :« Publication non périodique imprimée comptant au moins 49 pages, pages de couverture non comprises[1], éditée dans le pays et offerte au public. »

Une description matérielle du livre permet de retenir les trois fonctions suivantes : support de l'écriture, diffusion et conservation de textes de nature variée, transportabilité. Au plan matériel, un livre est un volume de pages reliées, présentant un ou des textes sous une page de titre commune. Sa forme induit une organisation linéaire (pagination, chapitres, etc.). Il comporte également des outils d'accès « synchroniques » (index, sommaire). Il existe un grand nombre de livres selon le genre, la structuration intellectuelle, les destinataires, selon le mode de fabrication et les formats, selon les usages. Sauf exception, tel le livre d'artiste, un livre est publié en plusieurs exemplaires par un éditeur, comme en témoignent les éléments d'identification qu'il comporte obligatoirement.

Œuvre de l'esprit conçue par un auteur, le livre sert d'interface avec un lecteur et prolonge les capacités de communication au-delà de l'espace et du temps. Objet culturel lié à l'histoire humaine, il permet de transmettre du sens selon une forme matérielle particulière. Pour le lecteur, « un livre est une extension de la mémoire et de l'imagination[2]. »

Les sciences du livre[modifier | modifier le code]

La science du livre est appelée bibliologie ; elle a pour objet l'histoire du livre et ses procédés de fabrication, de diffusion et de conservation. L'étude du livre, dans sa partie comporte de nombreux aspects économiques, sociologiques, politiques et idéologiques : le livre en tant que produit (technique, édition, possibilités ou non de diffusion, etc.), en tant qu'œuvre (esthétique de sa reliure par exemple), etc. En outre, la lecture étant la finalité habituelle du livre, il faut ajouter une sociologie et une histoire de la lecture (bibliothèques publiques et privées, manière de lire…). D'autres sciences s'intéressent aussi au livre :

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire du livre.

L'histoire du livre est celle d'une suite d'innovations techniques qui ont permis d'améliorer la qualité d'accès à l'information, la portabilité, et le coût de production. Mais considéré du point artistique ou de la collection, le livre ressort de la bibliophilie, passion qui remonte sans doute à l'antiquité.

Antiquité[modifier | modifier le code]

L'écriture est le préalable à l'existence du texte et donc du livre. Il s'agit d'un codage permettant de transmettre et de conserver des notions abstraites.

Les premiers livres ont pour support des tablettes d'argile ou de pierre. Ils ont été remplacés par des volumen, rouleaux de papyrus, plus légers et donc plus faciles à transporter. Le volumen est enroulé sur lui-même. Dans les usages liturgiques, comme pour la Torah, il est enroulé autour de deux axes verticaux en bois. Il ne permet qu'un usage séquentiel : on est obligé de lire le texte dans l'ordre où il est écrit et il est impossible de poser un repère pour accéder directement à un endroit précis. Sur cet aspect, il est comparable à nos vidéocassettes. De plus, le lecteur a les deux mains occupées à tenir les axes verticaux et ne peut donc pas écrire en même temps qu'il lit.

Progressivement le parchemin remplace le papyrus. Réalisé à partir de peaux animales, il permet une meilleure conservation dans le temps.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le codex est une révolution comparable à l'invention de l'écriture. Le livre n'est plus un rouleau continu, mais un ensemble de feuillets reliés au dos. De ce fait, il devient possible d'accéder directement à un endroit précis du texte, et de comparer différents points d'un même ouvrage, ce qui est très utile pour l'étude des textes saints. Le codex est également plus facile à poser sur une table, ce qui permet au lecteur de prendre des notes en même temps qu'il lit.

La forme codex s'améliore avec la séparation des mots, les majuscules et la ponctuation, qui facilitent la lecture silencieuse, puis avec les tables des matières et les index, qui facilitent l'accès direct à l'information. Cette forme est tellement efficace, qu'elle est encore celle du livre, plus de 500 ans après son apparition.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Vieux livres de la bibliothèque de Merton College, université d'Oxford, Royaume-Uni.

Le papier remplace progressivement le parchemin à partir du XIVe siècle. Moins cher à produire, il permet une diffusion plus large. C'est alors un papier produit à base de vieux tissus bouillis et pressés, d'où le nom de « papier chiffon ».

L'imprimerie marque l'entrée du livre dans l'ère industrielle. Le livre n'est plus un objet unique, écrit ou reproduit à la demande. L'édition d'un livre devient une entreprise, nécessitant des capitaux pour sa réalisation et un marché pour sa diffusion. En contrepartie, le coût de chaque exemplaire baisse très fortement, ce qui augmente considérablement la diffusion du livre, voir Reliure industrielle.

Le livre de forme codex et imprimé sur papier, tel qu'il existe encore aujourd'hui, date donc de la fin du XVe siècle.

Les livres imprimés avant 1500 sont appelés « incunables ».

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Livre publié en 1866.

Aucune innovation majeure n'intervient dans la production du livre entre la fin du XVe et la fin du XXe siècle. En revanche, de nouveaux types de documents apparaissent au XIXe siècle : photographie, enregistrements sonores et cinéma.

Le livre de poche apparaît en France le 9 février 1953, commercialisé par Hachette à l'initiative d'Henri Filipacchi. Par son coût relativement peu élevé, il permet une véritable démocratisation du livre. Mais le format « Poche » existe depuis le XVIIe siècle, notamment pour les ouvrages interdits qui se doivent d'être discrets : ouvrages protestants en France, livres libertins… Le format « Poche » se généralise au XIXe siècle (nombreuses éditions romantiques. Éditions Lemerre, par exemple).

La rupture se produit dans les années 1990. Appliqué à l'édition, le codage numérique, qui transforme en une suite de 0 et de 1 aussi bien des textes que des images, fixes ou animées, ou des sons, est probablement une invention du même ordre que l'écriture. L'hypertexte améliore encore l'accès direct à l'information, comme l'a fait le codex en son temps. Enfin, les systèmes de télécommunications tel Internet font baisser les coûts de production et de diffusion, comme l'imprimerie à la fin du Moyen Âge.

Il est difficile de prédire l'avenir du livre. Une part importante de l'information de référence, destinée à un accès direct et non à une lecture séquentielle, comme les encyclopédies, existe de moins en moins sous forme de livre et de plus en plus en ligne. L'utilisation du livre numérique, ou « e-book », est encore assez marginale aujourd'hui, malgré une très forte hausse de part de marché aux États-Unis, notamment grâce aux différentes tablettes et liseuses, tel le lecteur Kindle d'Amazon.com.

On peut toutefois penser que la forme codex a encore de l'avenir pour tout ce qui nécessite une lecture séquentielle ou pour les livres qui sont autant de (beaux) objets que des supports d'information : romans, essais, bandes dessinées, livres d'art, etc.

La chaîne du livre[modifier | modifier le code]

Création[modifier | modifier le code]

L'auteur écrit le texte. S'il s'agit d'une œuvre de collaboration, il peut y avoir plusieurs auteurs.

L'auteur cède en général les droits d'exploitation de son œuvre à une maison d'édition, qui se charge de la diffuser.

  • En France, l'auteur ne cède pas ses droits intellectuels, qui sont inaliénables.
  • C'est la principale différence avec le régime du copyright anglo-saxon, où l'auteur peut céder par contrat l'œuvre elle-même, qui devient de ce fait la propriété de la maison d'édition.

Production[modifier | modifier le code]

La production européenne de livres augmenta entre 500 et 1800 d'un facteur supérieur à 70 000[3].

L'éditeur a trois fonctions : intellectuelle, économique et technique.

Il sélectionne, parmi les nombreux manuscrits qu'il reçoit, ceux qu'il juge dignes d'être publiés, éventuellement après modification ou adaptation. Ce jugement se fonde sur les qualités qu'il trouve au texte, mais aussi sur le succès qu'il suppose que connaîtra le livre et donc sur la rentabilité de l'opération éditoriale. Lorsque l'éditeur pense qu'il y a un marché pour un certain type de livre, c'est lui qui peut rechercher un auteur auquel il passera une commande d'écriture.

L'éditeur, au nom de sa maison d'édition, prend l'essentiel du risque financier de l'édition (mise en page et maquette, traduction si nécessaire, impression et diffusion) et en partage les bénéfices entre l'auteur, le distributeur, et le libraire.

Avec le chef de fabrication, il coordonne tous les acteurs de la réalisation du livre : l'auteur, le correcteur, l'imprimeur et le façonnier ou relieur industriel.

Maintenant, les livres peuvent être envoyés directement à des maisons d'édition sur internet comme livre numérique. Certaines sont gratuites et d'autres payantes.

Commercialisation[modifier | modifier le code]

Livre ouvert.

Une fois le livre réalisé (imprimé, relié…), il est mis dans le commerce par le diffuseur, le distributeur et la librairie. Parallèlement, sa promotion est assurée auprès des divers médias concernés. La commercialisation du livre est régie par la loi dans de nombreux États.

En France[modifier | modifier le code]

En France, le marché du livre est réglementé par une loi de 1981 dite loi Lang, qui instaure le prix unique du livre. En effet, l'éditeur doit fixer le prix de son livre (avec marquage du prix au dos, obligation peu souvent respectée[réf. nécessaire]), le point de vente (librairie ou surface spécialisée) et personne ne peut vendre le livre à un prix différent (supérieur ou inférieur), excepté une remise maximum de 5 % (effectuée directement à la caisse ou sous forme de carte de fidélité), et de 9 % pour les collectivités (exemple : les bibliothèques).

La loi Lang est présentée par certains[Qui ?] comme une première loi de développement durable[4], car en près de vingt-cinq ans elle aurait permis de maintenir un tissu de librairies indépendantes, une production éditoriale de qualité (environ 25 000 nouveautés par an), et un prix abordable du livre (avec même une baisse de valeur en 1981)[réf. souhaitée].

Le diffuseur est chargé de la promotion du livre. Il organise des campagnes promotionnelles, s'assure de la mise en place du livre dans les différents points de vente et du réassort.

Le distributeur a un rôle logistique. Il gère le stock de livres pour le compte de l'éditeur. Il dispose généralement d'entrepôts situés dans des zones industrielles, où le terrain est moins cher. C'est lui qui reçoit et expédie les commandes et se charge de la facturation. Depuis les années 2000, il se charge également de reprendre les invendus des livres « événementiels » et de les détruire, car leur stockage coûterait plus cher que leurs bénéfices[réf. souhaitée].

La librairie vend directement au public, mais aussi aux bibliothèques, qui offrent un accès non marchand au livre.

La diffusion est actuellement en plein changement de par l'émergence de nouvelles pratiques : la voie électronique et plus particulièrement internet. Celui-ci est en train de devenir progressivement un mode privilégié dans l'achat et la vente de livres. Les livres sont alors directement proposés aux clients et certaines compagnies, comme Amazon ou Google, proposent aujourd'hui des ouvrages physiques en livraison à domicile mais également numériques rapidement consultables et immédiatement téléchargeables, contournant ainsi le système classique de diffusion.

Le club de livres est une autre forme de diffusion où les adhérents reçoivent périodiquement à domicile des propositions d'achat de titres ayant fait l'objet d'éditions particulières par des entreprises spécialisées comme le Grand Livre du Mois, Jean de Bonnot ou le Club français du livre aujourd'hui inactif.

Autres modes de diffusion secondaires[modifier | modifier le code]

Depuis quelques années, le livre connaît une seconde vie sous la forme de lecture à voix haute. Il s'agit alors de lectures publiques d'ouvrages déjà publiés et ce, avec le concours de lecteurs professionnels (souvent des acteurs connus) et en étroite collaboration avec les écrivains, les éditeurs, les libraires, les bibliothécaires, les animateurs du monde littéraire et les artistes.

De nombreuses pratiques individuelles ou collectives existent permettant d'augmenter le nombre de lecteurs d'un livre. Parmi celles-ci :

  • l'abandon de livres en des lieux publics, couplés ou non avec l'utilisation d'internet, connu sous le nom de bookcrossing ;
  • la mise à disposition gratuite de livres dans des tiers-lieux de type bars ou cafés ;
  • les bibliothèques ambulantes ou temporaires ;
  • les bibliothèques libres dans l'espace public (exemple du projet franco-allemand BücherboXX-BliblioboXX dans les anciennes cabines téléphoniques).

Évolution de la chaîne du livre[modifier | modifier le code]

Cette forme de la chaîne du livre n'a guère varié depuis le XVIIIe siècle, et n'a pas toujours existé de cette manière. Ainsi, l'auteur s'est affirmé progressivement avec le temps, et le droit d'auteur ne date que du XIXe siècle. Pendant de nombreux siècles, et notamment avant l'invention de l'imprimerie, chacun recopiait librement les livres qui passaient entre ses mains, en y ajoutant le cas échéant ses propres commentaires. De même, les métiers de libraire et d'éditeur ne sont apparus qu'avec l'invention de l'imprimerie, qui a fait du livre un produit industriel, nécessitant des structures de production et de commercialisation.

L'invention de l'Internet, des liseuses électroniques, des tablettes et des projets comme Wikipédia sont susceptibles de faire évoluer fortement la chaîne du livre dans les années à venir.

Typologie[modifier | modifier le code]

On peut classer les livres selon leur contenu en deux grandes catégories : les livres destinés à une lecture séquentielle et ceux destinés à un usage de référence, soit la littérature et ses multiples genres et les ouvrages de référence.

Types de classement[modifier | modifier le code]

Mode de reliure[modifier | modifier le code]

Un livre non coupé
Article détaillé : Reliure.

Un livre est formé de plusieurs cahiers d'un nombre pair de pages qui doivent être assemblés (six, huit, douze, seize, dix-huit, vingt-quatre ou trente-deux pages).

Il existe deux modes d'assemblage de ces cahiers : la reliure et le brochage.

Dans le cas d'un livre relié, les dos des différents cahiers sont cousus ensemble. Est ensuite ajoutée à cet ensemble une couverture rigide : la reliure. Le livre relié est plus solide, et aussi plus cher.

Quant au livre broché, il est aussi formé de plusieurs cahiers qui, une fois assemblés, ont le dos coupé, rainuré et collé. La couverture du livre broché est habituellement plus souple que celle du livre relié.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.cnrtl.fr/definition/livre
  2. Jorge Luis Borges, cité par Baez, p. 25
  3. Buringh, Eltjo, van Zanden, Jan Luiten : Charting the “Rise of the West”: Manuscripts and Printed Books in Europe, A Long-Term Perspective from the Sixth through Eighteenth Centuries, The Journal of Economic History, vol. 69, no 2 (2009), p. 409–445 (416–417, tables 1 et 2)
  4. [PDF] Édition et développement durable en France : une étude prospective.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) Fernando Báez, Los primeros libros de la humanidad, Msdrid, Forcola,‎ 2013, 621 p. (ISBN 9788415174752)
  • Frédéric Barbier, L'Europe de Gutenberg : le livre et l'invention de la modernité occidentale (XIIIe ‑ XVIe siècle), Paris, Belin, 2006.
  • Gérard Martin, L'Imprimerie, 8e éd., Presses universitaires de France, coll. Que sais-je ?, Paris, 1993. (ISBN 2-13-045792-4).
  • Henri-Jean Martin, Les Métamorphoses du livre, entretiens avec Christian Jacob et Jean-Marc Châtelain, Albin Michel, Paris, 2004. (ISBN 2-226-14237-1).
  • Denis Pallier, Les Bibliothèques, 10e éd., Presses universitaires de France, coll. Que sais-je ?, Paris, 2002. (ISBN 2-13-052932-1).
  • Dictionnaire encyclopédique du livre, Éditions du Cercle de la librairie, Paris, 2002-…, 2 vol.  parus (A-D, E-M), un troisième prévu. (ISBN 2-7654-0841-6) (vol. 1) et (ISBN 2-7654-0910-2) (vol. 2).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]