Œcuménisme

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L’œcuménisme, parfois orthographié écuménisme, est un mouvement interconfessionnel qui tend à promouvoir des actions communes entre les divers courants du christianisme, en dépit de leurs différences doctrinales, avec pour objectif l’unité visible de l’Église[1].

Le terme est issu du substantif grec οἰκουμένη (oïkouménê), qui signifie « ensemble de la terre habitée ». Il indique une visée universelle mais reste circonscrit à l'intérieur de la religion chrétienne et ne doit pas être confondu avec le dialogue interreligieux, qui est une instance d'échanges entre plusieurs religions.

Le fondateur de l'œcuménisme moderne est le luthérien Lars Olof Jonathan Söderblom, archevêque d'Uppsala (Suède) ; il reçut le prix Nobel de la paix en 1930 pour cette activité.

L'œcuménisme se concrétise par l'existence de divers accords, de nombreuses instances de dialogue, mais aussi par un certain nombre de réalisations concrètes, comme des entreprises de traduction commune des textes saints ou la semaine de prière commune pour l'unité des chrétiens.

Sommaire

Objectifs du mouvement œcuménique[modifier | modifier le code]

Ce mouvement entend répondre à la prière que l'Évangile selon Jean (Jn 17. 21) attribue à Jésus-Christ :

« Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m'as envoyé[note 1]. »

« L’unité visible de l’Église constitue l’objectif central du mouvement œcuménique » d'après le Conseil œcuménique des Églises, ce qui implique des relations et dialogues entre les diverses Églises[1]. Le mouvement œcuménique préconise le travail en commun des Églises qui le souhaitent, dans le respect mutuel des diverses institutions.

L’œcuménisme, dans son sens actuel, ne préconise pas l'union de tous les chrétiens en une seule institution ecclésiale ; il ne vise donc pas nécessairement la réunion de toutes les Églises chrétiennes. L'unité visible à rechercher fait l'objet de débats, notamment quant aux perspectives de l'Église catholique romaine sur le sujet. La papauté, telle qu'elle s'exerce aujourd'hui, est en particulier souvent cité comme un obstacle[2]. Mais selon certaines autorités catholiques et orthodoxes, l'élargissement contemporain des différences en matière de doctrine et de morale, en termes de relativisme et de sécularisme, notamment au sein du monde protestant, sont vues comme de graves menaces sur le processus de rapprochement (qui est paradoxalement originaire du monde protestant)[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'œcuménisme moderne est relativement récent, datant seulement des années 1910[4]. Il semble avoir été plus difficilement envisageable de créer des liens entre les diverses dénominations chrétiennes qu'entre les diverses religions du monde puisque le dialogue interreligieux a débuté dès 1877[réf. nécessaire] et qu'un Parlement mondial des religions se réunit déjà en 1893 à Chicago.

On peut discerner plusieurs périodes dans le développement et la mise en place de telles structures dans l’œcuménisme :

Willem Visser 't Hooft, théologien hollandais, devient le premier secrétaire général du Conseil œcuménique des Églises (COE)[6] en 1948. La déclaration d’intention du COE précise qu’il n’est pas une super-Église et n’a pas l’intention d’en devenir une.

Le mouvement œcuménique moderne et le Conseil œcuménique des Églises[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conseil œcuménique des Églises.

Les jalons[modifier | modifier le code]

Les sociétés bibliques missionnaires[modifier | modifier le code]

Lors de la conférence d’Édimbourg de 1910, la question de l’unité des chrétiens fut urgée spécialement par les délégués des Églises nouvelles, d’Afrique et d’Asie. L’œcuménisme contemporain est ainsi né du problème missionnaire : comment prêcher l’évangile à partir d’Églises séparées, divisées à propos de la doctrine même de l’Évangile pour peu qu’elle en propose une ? Mais il apparut tout de suite que le problème de la séparation des chrétiens avait deux aspects : rivalités dans la pratique; divergences dans l’interprétation.

Trois organismes devaient naître de la Conférence d’Édimbourg :

  1. Le Conseil international des missions qui réunit son premier congrès à Lake Mohonk, en 1921 ;
  2. Vie et Activité, plus communément appelé Christianisme pratique[7], pour les questions pratiques, qui tint sa première conférence mondiale en 1925, à Stockholm ; ce dernier organisme était animé par l’archevêque luthérien d’Uppsala, Nathan Söderblom (1866-1931) ;
  3. Foi et Constitution, pour les questions doctrinales, sous l’impulsion de l’évêque anglican américain Charles Brent (1862-1929) qui tint sa première conférence mondiale en 1927, à Lausanne.

La création du Conseil œcuménique des Églises proprement dit, le COE, fut retardée par la guerre de 1939-1945 et par l’opposition féroce de l’Église catholique[8]. L’assemblée constitutive du COE se tint en 1948, à Amsterdam. Elle vit la fusion des organismes Vie et Activité et Foi et Constitution. Ce dernier organisme conserve pourtant sa vie propre au sein du COE. Le premier secrétaire général du COE fut le pasteur et théologien Willem Visser 't Hooft, quand il comprit qu’on ne pouvait plus attendre le Vatican[9].

Création officielle du COE[modifier | modifier le code]

Le COE, dans son document de base, se réfère explicitement à la Bible, depuis 1961 (assemblée plénière de New Delhi). À ce congrès, durant lequel adhèrent les Églises orthodoxes, les Églises membres du COE « confessent le Seigneur Jésus-Christ comme Dieu et Sauveur selon les Écritures. ». Cette affirmation d’une confession de foi (non biblique, en fait) provoque le départ des unitariens et la fondation des unitariens universalistes. Au passage, elle relance la querelle christologique mise sous le boisseau en 1948.

Assemblées du COE[modifier | modifier le code]

L'Assemblée est l'organe législatif suprême du Conseil œcuménique. Elle se réunit ordinairement tous les sept ans.

  1. Amsterdam, 1948 : « Le désordre de l’homme et le dessein de Dieu. ». Une Base provisoire y est adoptée : « Le Conseil Œcuménique des Églises est une communauté d’Églises qui confessent le Seigneur Jésus-Christ comme Dieu et Sauveur. »
  2. Evanston, 1954 : « Le Christ, espérance du monde. »
  3. New Delhi, 1961 : « Jésus-Christ, lumière du monde. ». Cette assemblée voit l’entrée du Conseil international des missions dans le COE.
    Une nouvelle Base théologique ou définition y est adoptée non sans réserve : « Le Conseil Œcuménique des Églises est une communauté fraternelle d’Églises qui confessent le Seigneur Jésus-Christ comme Dieu et Sauveur selon les Écritures et s’efforcent de répondre ensemble à leur commune vocation pour la gloire du seul Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit. ». Sur cette déclaration, l’Église réformée de France (ERF) demanda qu’on n’insiste pas trop sur la trinité car elle ne souhaitait pas exclure sa minorité libérale, le plus souvent unitarienne[note 2]. La Fédération des Églises protestantes de Suisse (FEPS) écrivit une lettre indiquant que cette base théologique ne saurait limiter la liberté des pasteurs exerçant dans les cantons relevant de son autorité[10]. De ce fait, les Églises explicitement unitariennes s'en furent fonder les « Unitariens universalistes ».
  4. Uppsala, 1968 : « Voici que je rends tout nouveau. »
  5. Nairobi, 1975 : « Jésus-Christ libère et unit. »
  6. Vancouver, 1983 : « Jésus-Christ, vie du monde. »
  7. Canberra, 1991 : « Viens, Esprit Saint ; renouvelle toute la création. »
  8. Harare, 1998 : « Tournons-nous vers Dieu dans la joie de l’espérance. » Lors de ce synode un esclandre fut tout près car les Églises orthodoxes disputèrent la cérémonie d’ouverture présidée par une femme pasteur[11].
  9. Porto Alegre, 2006 : « Transforme le monde, Dieu, dans ta grâce. ». Lors de cette assemblée mondiale du COE, une procédure nouvelle de vote pour l’adoption des textes, comme des motions, a été utilisée : le vote par consensus, ou à la quasi unanimité, au lieu des votes à la majorité, simple ou qualifiée, des participants[12].
  10. Busan (République de Corée), du 30 octobre au 8 novembre 2013 : « Dieu de la vie, conduis-nous vers la justice et la paix ». Sous le secrétariat général du pasteur Olav Fykse Tveit depuis 2010, le COE élit un Comité central qui, comptant 39% de femmes, 61% d'hommes, 68% des membres sont ordonnés et 32% laïques, est présidé par un membre de l'Église anglicane du Kenya, Agnes Abuom, première femme et personne d’origine africaine à assurer la fonction[13].

Structures[modifier | modifier le code]

L’assemblée plénière élit un comité central de 150 membres auquel elle délègue ses attributions, sous réserve d’appliquer la Constitution du COE, pendant les intersessions. Le COE rassemble aujourd’hui plus de 340 Églises, dénominations et communautés d’Églises, représentant quelque 550 millions de chrétiens répartis à travers le monde. Le siège social du COE est à basé à Genève.

Le mouvement depuis 1962[modifier | modifier le code]

Le COE facilite les contacts bilatéraux qui se sont développés entre les Églises ;

  • soit entre les vieux-catholiques et les anglicans ;
  • soit à l’intérieur du protestantisme, soit entre le protestantisme et l’orthodoxie,
  • l’Église catholique y occupe un siège d’observateur mais n’en est pas membre.

Sont pendantes diverses questions[14] :

  • les sacrements ;
  • les ministères, c’est-à-dire la reconnaissance mutuelle des ministères ;
  • les ministères féminins ;
  • la nature des missions.

Malgré cet investissement, sur la question de l’œcuménisme, le monde protestant n’est pas homogène. Les Églises fondamentalistes considèrent l’œcuménisme comme de la prostitution.

Par ailleurs, on peut relever l'existence de tensions au sein du COE entre les protestants, qui prennent en compte la sécularisation et prônent l'adaptation du témoignage chrétien à la société civile actuelle et les orthodoxes, qui ayant peut-être moins besoin de l'organisme qu'à l'époque du communisme, contestent la tendance moderniste de certaines des orientations du COE. En outre, le COE, dont la structure est alourdie par une importante bureaucratie, est confronté à des problèmes financiers qui réduisent la portée d'une vocation qui se veut « prophétique[15] »

Les Églises orthodoxes et l’œcuménisme[modifier | modifier le code]

Divergences ecclésiologiques[modifier | modifier le code]

Il est difficile de parler d’une position unique de l’Église orthodoxe, étant donné que chaque Eglise orthodoxe a une position différente [note 3], concernant l’œcuménisme. La diversité des positions n’est pas sans rapport avec la structure en soi collégiale et conciliaire de l’orthodoxie, du fait qu’elle est constituée de cinq patriarcats, de quatorze Églises autocéphales.

En ce qui concerne les Églises grecques, et jusqu'à la déclaration commune avec Bartholomée de Constantinople en 2000[note 4], ces Églises considèrent généralement que l’Église catholique apostolique romaine est une hérésie (ou, au moins, une hétérodoxie issue du schisme de 1054, et même depuis le concile de Chalcédoine dont elle refusa la conclusion sur la primauté collégiale du patriarcat de Constantinople.

Cette revendication ecclésiologique est justement l’objet principal de conflit avec l’Église catholique. Si tous les orthodoxes s’entendent à reconnaître la primauté d’honneur du patriarche d’occident (le pape de Rome) collégialement avec le patriarche de Constantinople (du fait du concile de 451), ils ne comprennent pas cette primauté comme une primauté unique et juridictionnelle sur les autres évêques. En outre, en matière de doctrine, la règle, dans l’Église orthodoxe, est de ne rien décider seul mais de toujours prendre l’avis de ses pairs et de décider avec eux : « le Saint Esprit et nous avons décidé que… ».

Divergences doctrinales[modifier | modifier le code]

Pour les Églises orthodoxes, les divergences théologiques avec l’Église catholique proviennent de la succession des sept premiers conciles. Les 3e, 4e et 8e conciles œcuméniques furent suivis d’un schisme et de la fondation d’une Église dissidente. Les Églises Orthodoxes ne peuvent reconnaître les conciles que le pape a réunis sans recours aux autres patriarches (et donc, selon l’Église orthodoxe, en absence de la conciliarité qui invite l’Esprit Saint à en inspirer les décisions).

En application de ce même principe, une époque, si éclairée qu’elle puisse se croire, ne doit pas agir et décider sans se mettre en harmonie avec les époques précédentes : c’est le principe de tradition qui régit toute la vie des Églises orthodoxes.

Les orthodoxes considèrent à ce sujet comme nul et non avenu le concile Vatican I, où est affirmé le dogme de l’infaillibilité pontificale, dont ils contestent l’argument. Selon la position orthodoxe, c’est l’Église dans son entier, dans sa conciliarité, qui est infaillible et non la seule personne du pape. Au contraire, les orthodoxes considèrent que l’isolement du pape hors du collège des autres patriarches (à la suite du schisme mais aussi à l’effondrement de l’Empire romain), est la cause des développements dogmatiques (comme le purgatoire, l’immaculée conception, l’infaillibilité pontificale) que l’Église orthodoxe juge hérétiques[note 5]

Les Églises orthodoxes, soucieuses de leur collégialité comme de leur autonomie, se retirèrent de l’entreprise de la Traduction œcuménique de la Bible (TOB) de crainte d’exigences doctrinales. La participation des orthodoxes a été effective mais peu importante du fait qu’il y avait un faible nombre d’exégètes de langue française parmi eux, que le texte de base a été le texte hébreu et non le texte grec de la Septante (qui constitue la version de référence pour tous les orthodoxes), et à cause de désaccords liés à certains choix de traduction et certains commentaires concernant le Nouveau Testament. Toutefois, elles entrèrent en 1961 au COE sous la réserve de l’affirmation trinitaire. Cette affirmation contraignit au départ les unitariens qui avaient été fondateurs du COE[16].

Un théologien orthodoxe russe Vladimir Soloviev (1853-1900) s’était penché sur la question de l’unité des chrétiens. Il espérait la réconciliation eschatologique, face à la menace de l’Antéchrist, des Églises de Jean (orthodoxe) de Pierre (catholique) et de Paul (protestante) dans lesquelles il voyait trois expressions complémentaires de l’unique foi et de l’expérience de déification, chère à la théologie de Grégoire Palamas[17]. Cependant, ce théologien est peu reconnu, voire très critiqué au sein de l’Église orthodoxe (du fait d’une part de sa sophiologie, d’autre part de ses propos sur l’Église catholique).

La question des territoires[modifier | modifier le code]

La fin du communisme s’est accompagnée d’un renouveau spirituel de l’Église orthodoxe dans les pays de l’Est, comme en Russie, et l’occasion de nouveaux conflits avec l’Église catholique. Le principal motif contemporain de querelle vient de la compréhension orthodoxe de la répartition des diocèses. En effet, certains orthodoxes russes éprouvent l’évangélisation catholique en Russie comme une forme de prosélytisme ne respectant pas le découpage des diocèses. Ce conflit entre l’Église orthodoxe et l’Église catholique est en rapport avec la critique de la prétention de l’Église catholique romaine à une juridiction universelle, ce qui va à l’encontre de l’ecclésiologie orthodoxe qui voit en elle l’ancien patriarcat de Rome, c’est-à-dire comme n’ayant légitimement comme juridiction que la seule Europe occidentale. En effet, les orthodoxes critiquent cette compréhension qu’a la papauté d’elle-même, non plus comme seulement patriarcat de Rome, mais comme super-diocèse qui engloberait les autres diocèses.

Les Églises orthodoxes ont souvent été le support des revendications nationalistes du temps des empires centraux comme de l’Union soviétique. Dans des pays comme la Roumanie, l’Ukraine, l’Église orthodoxe connut des rivalités avec les Églises uniates - églises de rite oriental mais catholiques romaines -, principalement parce qu’elles avaient été l’instrument idéologique des partages de nationalités entre divers pays. L’attribution des lieux de cultes entre uniates et orthodoxes a fait problème à la suite de l’effondrement du communisme ; ceux-ci, en effet, avait parfois été confisqués par les Églises orthodoxes au hasard des partages de la Pologne, de l’Ukraine ou de l’instauration du communisme. Les Églises uniates souffrirent particulièrement de la persécution du christianisme dans les pays communistes, soupçonnées du fait de leur rapport avec l’Occident et Rome d’en être des espions.

Une grande partie des orthodoxes installés en Occident, et notamment en France, à Paris, à Sainte-Geneviève-des-Bois et sur la Riviera, sont venus avec l’émigration russe « blanche » (partisans du dernier tsar et hostiles à l’instauration du communisme). Il faut aussi prendre en compte la communauté roumaine, laquelle a toujours eu des rapports privilégiés avec la France. Par ailleurs, de nombreux chrétiens orientaux provenant des pays arabes et issus des églises non chalcédonniennes, se sont installés en France[18], par exemple, de nombreux chaldéens sont installés à Sarcelles près de Paris ou à Bruxelles en Belgique, réfugiés depuis la guerre d’Irak en 2003. Cette diaspora orthodoxe en Europe occidentale n’est sans doute pas sans valeur pour l’œcuménisme en ce qu’elle partage un monde commun avec les Églises catholique et protestantes.

Parfois ce sont les querelles de juridiction entre patriarcats orthodoxes qui rejaillissent sur le bon fonctionnement du dialogue œcuménique, ainsi Moscou se retire en 2008 de la Conférence des Églises européennes en raison d'une querelle d'influence avec Constantinople au sujet de l'Estonie[19].

L'évolution de la perception du dialogue œcuménique[modifier | modifier le code]

Les évolutions doctrinales rapides vécues par certaines églises de la sphère protestante, notamment sur la question de l'ordination des femmes au sacerdoce ou à l'épiscopat, ou encore sur la question de l'homosexualité, ont été très mal reçues par les Églises orthodoxes, et notamment la plus importante, le patriarcat de Moscou. C'est ainsi que le 9 septembre 2010, dans un discours très remarqué, et parfois très mal reçu[20], le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du département des relations extérieures du patriarcat de Moscou, tient devant l'archevêque de Cantorbéry Rowan Williams un discours très critique sur l'évolution de la Communion anglicane, parlant de la formation d'un gouffre qui s'élargit entre "libéraux" et "traditionnels", et parle de menaces réelles sur l'ensemble du dialogue entre orthodoxes et anglicans

« Nous avons été frappés par la conviction exprimée [par les leaders anglicans] que même si l'épiscopat féminin devenait effectivement une réalité, les contacts œcuméniques avec les Églises catholique romaine et orthodoxe se poursuivraient. Qu'est ce qui pouvait bien rendre les auteurs de ces documents si sûrs d'eux ? [...]

Des églises anglicanes et protestantes ont abandonné la morale et les valeurs chrétiennes de base en acceptant de bénir les unions homosexuelles et en ordonnant des homosexuels comme prêtres ou évêques. Beaucoup de communautés anglicanes ou protestantes refusent de prêcher ces valeurs dans une société sécularisée et préfèrent s'aligner sur les standards de celle-ci. Notre église doit couper ses relations avec les Églises qui piétinent les principes éthiques du christianisme et la morale traditionnelle[21]. »

De fait l'Église orthodoxe russe rompt ses contacts avec l'Église épiscopale des États-Unis d'Amérique en 2003, avec l'Église de Suède en 2005. Les Églises orthodoxes dénoncent aussi le risque de voir le conseil œcuménique des Églises devenir un simple forum d’échange d’idées sans fondement théologique spécifiquement chrétien et où « une prière commune deviendrait de plus en plus difficile et en fin de compte impossible »[22].

L'avènement de Benoît XVI est souvent cité comme le déclencheur d'un réchauffement des relations entre orthodoxes et catholiques, même si les progrès effectifs se déroulent très lentement. Le métropolite Hilarion de Volokolamsk envisage ainsi des formes d'action combinée, qu'il qualifie d'« alliance stratégique », notamment dans le domaine de la lutte contre la sécularisation et celui de la nouvelle évangélisation[23].

L’Église catholique et l’œcuménisme[modifier | modifier le code]

Jusqu'au milieu du XXe siècle, c'est-à-dire Vatican II[note 6],le projet de l'église romaine se définit par l'unionisme, c'est-à-dire par la conversion de toutes les Églises, puis des religions non chrétiennes au catholicisme. On nomme ce projet l'unionisme catholique.

Avant le Xe siècle[modifier | modifier le code]

Jusqu’au IXe siècle, il y a bien une Église catholique mais elle ne devient Église catholique romaine qu’à partir du schisme de 1053 (calendrier byzantin) 1054 (calendrier occidental). L’historien devrait donc parler d’Église catholique d’Occident jusqu’à cette date. Pourtant, une opposition existe déjà entre Église d’Occident et Église d’Orient, depuis ce que les occidentaux nomment le brigandage d'Éphèse et que les orientaux nommeraient plutôt une tentative de compromis entre homéens et homoousiens.

Articles détaillés : monothélisme, monoénergisme et Eutychès.

La situation est compliquée par l’existence des Églises des deux et trois conciles aux marges de l’empire. À l’occasion des guerres lombarde et bulgare de la deuxième moitié du VIIIe siècle, l’Église occidentale s’emploie à réduire l’influence de Byzance à laquelle le premier concile de Chalcédoine a donné la primauté. L’évêque de Rome, nommé pape comme l’évêque de Constantinople et d’Alexandrie, fait appel au Franc Pépin pour repousser les Lombards. Pépin donne le territoire des Lombards à Léon III sous le nom de Patrimoine de Saint Pierre, lui donnant ainsi les moyens de sa politique.

XIe et XIIe siècles : Église maronite du Liban[modifier | modifier le code]

Un évêché est signalé à Tyr en 325 dont le titulaire est Paulin de Tyr. Les chrétiens maronites ne prennent une importance numérique qu’autour des années 400 quand se réunit une communauté autour de Maron (un « saint homme » au sens où Peter Brown emploie ce mot[24]). À la suite du concile de Constantinople III, (680–681) les maronites, d'abord monophysites[25] puis monothélites quand cette doctrine devient brièvement la doctrine officielle[26] repoussent l’empereur Justinien II à la bataille de Amioun (695) qui leur donne une identité nationale et une solide dent contre Constantinople. L’évêque local, Jean Maron (parent et successeur du fondateur), considéré comme un pion sur l’échiquier occidental est reconnu par le pape de Rome qui n’exige « aucune condition doctrinale ». Avec l’avancée de la conquête musulmane[27] et sans recours auprès de Constantinople, les maronites se tourneront vers la première puissance susceptible de leur assurer une protection. Lors des croisades, l’Église catholique romaine montre une puissance telle qu’elle peut projeter ses armées en Orient et remporter des victoires. Les maronites demandent donc leur rattachement en 1181 à l’Église catholique romaine lors de la création du comté de Tripoli (1110-1289). Ils abandonnent leur théologie propre mais, au début au moins, gardent leur liturgie propre et leur paramentique. Ainsi est créé le modèle de l’uniatisme.

Du XIe au XVe siècle[modifier | modifier le code]

Les croisades sont une période d’activité intense de l’Église catholique romaine en Orient. 1099 : Création du patriarcat catholique de Jérusalem. La IVe croisade est détournée au profit des vénitiens et la mise à sac de Constantinople, ville phare de la civilisation, creuse le fossé entre chrétiens d’Orient et d’Occident ; la ruine de l’empire d’Orient en de nombreuses principautés, chacune dirigée par un empereur fait le lit de la conquête ottomane. 1245 : envoi de missions de conversion (missionnaires dominicains et franciscains auxquelles les guerres cathares avaient donné une certaine expérience de conversion de l’hérétique) organisée vers l'Église syriaque de Jacques Baradée et l’Église melkite. Un projet d’union fut présenté au concile de Lyon.

1274 : Deuxième concile de Lyon (Grégoire X)[modifier | modifier le code]

Depuis la création d’un Empire latin de Constantinople (à la suite de la prise de Constantinople par les Croisés en 1204) Michel VIII Paléologue mène une guerre contre les petits empereurs et tente de récupérer Constantinople. Au début, les empereurs latins ont résisté, ces derniers voulant se servir de Constantinople comme d’un poste avancé pour une future croisade contre les Turcs et à plus grande échelle contre les musulmans ainsi que de se rapprocher des fidèles des églises des 7 conciles pour peu à peu, de gré ou de force, leur faire admettre les doctrines et la liturgie latines[28] De leur côté, les Vénitiens veulent acquérir des terres pour enrichir leur commerce. Mais l’Empire latin de Constantinople ne peut jamais remplir sa mission du fait, notamment, de l’absence de renforts, des divisions des principaux chefs francs ainsi que de l’hostilité des habitants. Le premier touché fut l’empire latin, qui, à la veille de la conquête byzantine est ruiné, dénué de troupes, dépossédé des terres de 1204 et abandonné de ses alliés à l’exception de Venise.

Dès la reconquête de Constantinople, Michel VIII Paléologue tente de protéger son royaume contre les entreprises de Charles d’Anjou roi de Sicile. Pour éviter tout risque d’une nouvelle croisade contre l’Empire, il essaie de rétablir de bons rapports avec la papauté et tente de signer une union des deux Églises. Porteurs d’une lettre du basileus, les Grecs lurent au concile de Lyon le symbole de Nicée, avec l’addition occidentale controversée du Filioque, chanté trois fois. Le concile était apparemment un succès, mais n’a pas fourni une solution durable au schisme. Au retour, les théologiens byzantins refusent tant le Filioque que la primauté pontificale.

1439-1443 : concile de Florence[modifier | modifier le code]

Dès le concile de Pise (1409), alors que le Grand Schisme d'Occident n’est pas encore résolu, des théologiens se demandent comment dissoudre la séparation entre christianisme d’Orient et christianisme d’Occident.

Une fois de plus, les Grecs demandent assistance à l’Occident contre la poussée turque ; ceux-ci menacent d’envahir Constantinople. Au concile de Florence, en 1439, ils acceptent la doctrine romaine du Filioque ainsi que la primauté du pape. Leurs motivations ne sont pas uniquement politiques: nombre de théologiens byzantins, c’est-à-dire de l’orthodoxie des 7 conciles, se montrent soucieux de restaurer l’unité avec l’Église latine. Un décret d’union est signé le 5 juillet 1439. Une fois rentrés à Constantinople, ni l’empereur, ni le patriarche non plus que les autres membres de la délégation ne parviennent à faire accepter les concessions issues de l’Union au peuple comme au clergé byzantins. Les Églises orthodoxes non byzantines refusent cet accord. De leur côté, les Occidentaux ne respecteront pas leur partie du contrat. Divisés politiquement, ils tardent à venir libérer Constantinople. Les papes prêchent en vain la croisade. Ainsi Pie II réunit un congrès à Mantoue[29][réf. insuffisante] en 1459-1460, pour combattre les Turcs. Mais en vain.

Le concile de Florence avait adopté différents décrets d'accord, avec plusieurs églises orientales :

  • 6 juillet 1439, bulle Laetentur caeli consacrant l’union avec l’Église grecque de Constantinople
  • 22 novembre 1439, décret Exsultate Deo qui ne s'applique qu'aux Arméniens soumis au Catholicos de Sis en Cilicie. Le décret pro Armenis, fait partie d’une série d’actes similaires promulgués, par Eugène IV
  • 30 septembre 1444 Après la translation du concile au Latran, Multa et admirabilia les Syriens monophysites de Mésopotamie signent leur adhésion
  • 4 février 1442, Cantate Domino ce sont les jacobites monophysites d’Alexandrie et de Jérusalem
  • 7 août 1445, 'Benedictus s'applique aux les Chaldéens et aux Maronites.

Multa et admirabilia et Benedictus sont beaucoup plus courts. Leur partie doctrinale renouvelle les enseignements déjà donnés dans les autres : , trinité chrétienne, filioque, primauté pontificale. double nature Sans aucune base populaire en Orient, ces réunions ne purent durer. Chacune de ces unions donna lieu à un schisme minoritaire dans chacune des églises réunissant ceux qui n'acceptaient pas d'abandonner le monophysisme, le monothélisme ou le miaphysisme. Quelques-uns de ces sous ensembles se trouvèrent dans une situation critique. Les armées d'Occident ne sont d'aucune aide dans le conflit, la Reconquista ayant été déclarée croisade prioritaire par le pontife romain. La chute de Constantinople en 1453 réduit considérablement le devenir de l'union avec les Byzantins.

Traité de Tordesillas (1494)[modifier | modifier le code]

Il partage le monde à conquérir entre l'Espagne reconquise et le Portugal[30]. Le Portugal se lance à la conquête de l'Extrême-Orient et découvre, en Inde, les chrétiens nestoriens qui doivent choisir entre le glaive et la conversion[31] l'évangélisation justifie la colonisation. Les chrétiens de Mar Thoma sont un exemple des malheurs du colonisé puisqu'il connaîtront successivement les missionnaires portugais massacreurs[32], la conquête britannique en 1795, les jésuites, les luthériens suédois[33], la mission anglicane de 1816 qui se préoccupa de restaurer l'ancienne théologie syriaque[34].

1930 union à Rome d'une partie de l'église syro-malankare à l'occasion d'un schisme local. Le petit reste est laissée à l'abandon dans une situation difficile entre les musulmans et les hindouistes[36]

Du XVIe au XVIIIe siècle en Europe occidentale[modifier | modifier le code]

Cette période marque une pause dans la reconquête des églises orientales non chalcédoniennes.

La Réforme et la Contre-Réforme[modifier | modifier le code]

Les XVIe et XVIIe siècles furent une époque peu propice à l'entreprise de reconquête. La Réforme protestante et son cortège de guerres de religion maintinrent l'Occident dans ses frontières. Ces guerres instaurent, toutefois, par exemple à la Paix d'Augsbourg de 1555, un nouveau mode de compréhension du Territoire canonique résumée dans le précepte latin Cujus regio, ejus religio et doit se comprendre par « liberté de religion pour le prince qui peut l'imposer à ses sujets ». Ce principe présidera à l'uniatisme développé tout au long du siècle en Europe orientale, comme aux diverses vagues de la colonisation[37].

Le XVIIe siècle voit naître cependant plusieurs projets de réconciliation dont la correspondance entretenue pendant 11 ans entre l’évêque de Meaux, Bossuet[38], et le philosophe Leibniz[39], de confession luthérienne, est un exemple. Elle a été publiée en 1966. Il s'agit d'une discussion de bon ton dans laquelle ni l'un ni l'autre ne sont mandatés pour la moindre diplomatie[40]

La reconquête de l’Europe orientale[modifier | modifier le code]

Le partage de l'Ukraine et la création du royaume polono lithuanien de 1569 conduisent tout naturellement à l’accord de Brest-Litovsk (1595). Une partie de la hiérarchie de l'église orthodoxe ukrainienne devient l'Église grecque-catholique ruthène, église uniate[41] Cela ne se passe pas simplement : persécutions et autodafé de la part des missionnaires latins[42],résistance de la part des moines orthodoxes et de l'aristocratie ukrainienne, qui seront le ferment du nationalisme.

Lors d'un partage de la Pologne en1839, le tsar prononcera la dissolution de union de Brest-Litovsk. Le redécoupage des frontières et la création de l'Ukraine et de la Biélo-Russie ([43]). L'Église uniate créée en 1595 est dissoute et réunie à l'Église orthodoxe russe non sans fracas et résistance.

L’expansion orientale[modifier | modifier le code]

Au milieu du XVIIe siècle, vers 1656 les missionnaires capucins et les jésuites réussirent à convertir la majorité des Jacobites d’Alep, d'une église des 3 conciles, si bien qu’en 1656 le premier évêque syrien catholique de cette ville, André Akhijan réunit à l'Église catholique romaine l'Église catholique syriaque. L’Église melkite, une église orthodoxe des 7 conciles d’Antioche, entra dans la communion romaine sous son patriarche Cyrille VI Tanas (mort en 1760).

Les Églises catholiques d’Orient[modifier | modifier le code]

Les Églises catholiques orientales sont aussi désignées d’Églises « uniates » ; ce terme est celui utilisé par les historiens pour décrire une réalité précise[note 7] tandis que les membres de ces églises affirment qu'il contient une connotation péjorative à l’égard des catholiques concernés.[[44] Ce qui est souvent qualifié d’« uniatisme » reste une plaie dans les relations entre le christianisme orthodoxe et le Vatican. L’existence de l’Église gréco-catholique de Biélo-Russie fut notamment l’un des principaux obstacles à la venue de Jean-Paul II, le pape voyageur, en Russie[note 8]

« Le phénomène gréco-catholique est depuis toujours perçu par les orthodoxes comme une agression et le déni de leur ecclésialité, comme s’ils n’étaient pas reconnus par l’Église latine en tant que pleinement chrétiens » (Olivier Clément) [45]

L’uniatisme est donc l’une de ces manifestations que les orthodoxes comprennent comme une prédation commise par l’Église latine. En particulier, le rôle de la Fondation Pro Oriente fondée à Vienne, (Autriche) en 1964 l’évêque Franz König est fréquemment discuté. Sa création doit favoriser le dialogue entre les Églises non-chalcédoniennes et l’Église catholique. Dans quelques cas, les Églises orientales parlent de phénomènes d’entrisme[46]

Le dialogue entre l’Église orthodoxe et l’Église catholique romaine est actuellement dans une impasse en ce qui concerne « l’uniatisme ». La session de Balamand en 1993 s’est conclue sur un désaccord[47] et[48]. La Commission ne s’est réunie que quelques années plus tard, à Baltimore en 2000[49] et[50] mais les difficultés perdurent [note 9] et[51] En 2004, c’est la déclaration commune du pape Jean-Paul II et du patriarche œcuménique Bartholomée Ier de Constantinople, où ils indiquent que, malgré certains problèmes et malentendus récents, " la longue pratique du "dialogue de la charité nous aide précisément en ces circonstances, afin que les difficultés puissent être affrontées avec sérénité et ne ralentissent ni obscurcissent le chemin entrepris vers la pleine communion dans le Christ. [52]

La question de la procession du Saint Esprit mieux connue par l'expression Filioque continue d’être centrale entre Églises catholique et orthodoxes, vu l’utilisation qui en fut faite au cours de l’histoire. Est en cause l’introduction du Filioque dans le credo occidental (L’Esprit qui procède du Père et du Fils), qui fut proposée sous le règne de Charlemagne, et faite de manière unilatérale dans le Credo romain au XIe siècle. Très mal perçue par les Églises d’Orient, la double procession est un lieu de discorde depuis lors. On peut penser que ce débat serait facilement résolu aujourd’hui si le climat entre les deux Églises n’était pas si tendu.

Du XIXe siècle à Vatican II[modifier | modifier le code]

L’« unionisme » catholique au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Les papes n’avaient jamais perdu l’espoir de refaire l’unité de la chrétienté, dont ils estimaient avoir la charge. Le XIXe siècle, en particulier, fut la grande époque de l’intransigeantisme qui enjoignait aux autres confessions chrétiennes le retour à l’unité romaine.

D’un autre côté, Pie IX invita les évêques grecs et autres orientaux, à participer au Ier concile du Vatican (1869-1870), celui où sera proclamée l’infaillibilité pontificale[53], et il récolte, de façon assez cohérente avec la collégialité orthodoxe, une fin de non-recevoir.

Le pape Léon XIII, surtout, fut le chantre de l’unionisme. Il encouragea la prière pour l’unité des chrétiens, sous forme de neuvaine préparatoire à la Pentecôte. Dans l’encyclique Satis cognitum (1896), sorte de charte de l’unionisme, et dans 35 autres documents consacrés à la cause de l’unité chrétienne, il invitait les catholiques à la plus grande charité envers tous les chrétiens, et plus largement envers tous les hommes de bonne volonté.

L’Église catholique restera longtemps réticente au mouvement œcuméniste, sanctionnant même souvent les artisans qu’elle pouvait compter en ses rangs.

Ce n’est qu’à partir du pontificat de Jean XXIII (en 1958) et avec le concile Vatican II (1962-1965) que l’Église catholique a radicalement changé d’attitude et s’est officiellement et sérieusement engagée dans l’œcuménisme, dans l’optique de recherche de l’unité des chrétiens[note 10].

Le texte le plus important à cet égard est le décret Unitatis Redintegratio (Restaurer l’unité) du concile Vatican II (24 novembre 1964)[54].

Cet engagement œcuménique de l’Église catholique a été réaffirmé par l’encyclique Ut Unum Sint du pape Jean-Paul II, en 1995.

Le Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens est au service de cet engagement. Il fut créé à Rome par le pape Jean XXIII en 1960, sous le nom de Secrétariat du Conseil de l'Unité chrétienne[55].

L’encyclique Mortalium animos de Pie XI[modifier | modifier le code]

Le magistère romain a souvent manifesté une grande réticence à l’égard des premières assemblées œcuméniques, soupçonnées de « panchristianisme ». Dans l'encyclique Mortalium Animos (1928), Pie XI interdisait absolument aux catholiques d’y participer. « On comprend donc, Vénérables Frères [disait-il en s’adressant aux évêques], pourquoi ce Siège Apostolique n’a jamais autorisé ses fidèles à prendre part aux congrès des non-catholiques : il n’est pas permis, en effet, de procurer la réunion des chrétiens autrement qu’en poussant au retour des dissidents à la seule véritable Église du Christ puisqu’ils ont eu jadis le malheur de s’en séparer[56] » Cette encyclique, qui répondait ainsi à l'invitation faite pour les travaux de la commission œcuménique Foi et Constitution[57]. revenait à dire qu’il ne pouvait y avoir de véritable œcuménisme que par la réintégration des Églises issues de la Réforme dans le sein de l'unique véritable Église. Cette encyclique [note 11] provoqua le départ du père Lev Gillet de l'Église catholique non œcuménique pour devenir desservir une église orthodoxe, tout en restant prêtre catholique.

Ainsi l'Église catholique n'a envisagé l'œcuménisme qu'à partir de 1928, et sans s'intégrer dans le mouvement en cours dans les milieux protestants, préférant développer sa spécificité. Yves Congar o.p. témoigne qu'elle fait tous les efforts possibles pour empêcher la création du COE en 1948[58]. Selon elle, le terme œcuménique est repris de l’adjectif usuel dont on qualifiait les conciles universels de toutes les Églises chrétiennes particulières, depuis le premier d’entre eux : le concile de Nicée en 325. Il signifie « de toute la terre habitée ». C'était un temps où les Églises étaient régionales et indépendantes sans autre centralité que celle que leur donna Constantin Ier, que Paul Veyne[59] a pu qualifier de « président de l'Église » pour souligner son rôle en matière de doctrine comme en matière d'organisation de l’Église.

Travail d'individualités[modifier | modifier le code]

Cependant, même du côté catholique, les efforts de certaines personnalités en vue de l’unité chrétienne ne cessèrent jamais complètement. Le lazariste Fernand Portal, avec son ami le vicomte anglo-catholique Lord Halifax, tente dès les années 1890 un rapprochement entre les Églises anglicanes et catholiques mais ces efforts sont brutalement interrompus en 1896 par la bulle Apostolicae Curae de Léon XIII. Portal et Halifax poursuivent sur la voie qu'ils se sont tracée et le lazariste, soupçonné de modernisme est condamné au silence en 1908 par le secrétaire d'État du Vatican, Rafael Merry del Val.

En décembre 1921, les deux hommes, bénéficiant du soutien du cardinal Mercier, primat de Belgique lanceront néanmoins ce qui sera connu comme les Conversations de Malines. Ce seront 5 rencontres entre des théologiens et membres des clergés anglicans et catholiques romains. Présidées par le cardinal Mercier dont la dernière se tiendra en avril 1925. L'expérience s'achèvera à la suite des décès consécutifs du cardinal Mercier et de monsieur Portal en 1926 mais aussi par l'arrêt de l'élan œcuménique que constitue la publication de Mortalium Animos en 1928.

En 1935, c'est le début à Lyon de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, à l’initiative de l'abbé Paul Couturier. Ce sont en 1937 les premiers jours du Groupe des Dombes (voir plus bas).

Ce sont encore les travaux pionniers de certains théologiens catholiques : le Belge [[Dom Lambert Beauduin]] (fondateur en 1925 du Monastère de l'Union, maintenant à Chevetogne), les Français Henri de Lubac et Yves Congar[60], l’Allemand Karl Adam entre autres, dont les deux premiers furent longtemps inquiétés justement pour ces travaux d'ouverture.

Cependant, en 1950, Pie XII, faisant usage du privilège de l’infaillibilité, proclame le dogme de l’Assomption, proclamation qui scandalise les protestants - dans la mesure où ce dogme n’a aucune référence biblique[61] -, et gèlera durablement les relations œcuméniques naissantes déjà oblitérées par la publication, en septembre 1949, de l’Instruction Ecclesia catholica[62], qui restreignait la participation des catholiques aux activités du mouvement œcuménique[63]. L’instruction du Saint-Office Ecclesia catholica jugeait entre autres que le désir de l’unité relevait d’une « inspiration de la grâce du Saint-Esprit ».

Le Concile Vatican II et ses suites[modifier | modifier le code]

Un élan nouveau[modifier | modifier le code]

Il fallut attendre l’avènement du pape Jean XXIII (en 1958) et l’annonce du concile Vatican II (1962-1965) pour voir l’Église catholique s’engager pleinement dans l’aventure du mouvement œcuménique. Des observateurs non catholiques furent invités au concile. Un Secrétariat pour l’unité des chrétiens était créé, qui deviendra Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens sous Jean-Paul II.

Le concile promulgua des documents majeurs pour l’œcuménisme : Unitatis Redintegratio (décret sur l’œcuménisme)[64] ; Nostra Ætate (sur les religions non chrétiennes) ; Dignitatis humanae (sur la liberté religieuse). Mais l’ensemble de ses travaux revêtait une finalité nettement œcuménique : réforme liturgique, définition de l’Église comme peuple de Dieu et comme koinonia, communion.

Les successeurs de Jean XXIII, soit à Rome, soit au cours de leurs nombreux voyages à travers le monde, ont multiplié les contacts avec les dirigeants des autres Églises. Les conférences épiscopales sont membres des Conseils d’Églises, qui se sont formés dans la plupart des pays. Les fidèles catholiques eux-mêmes participent pleinement aux travaux, ainsi qu’aux prières, des congrès interconfessionnels et des rencontres œcuméniques.

Les catholiques traditionalistes[modifier | modifier le code]

Certains catholiques contesteront le concile Vatican II, soit pour des raisons doctrinales (reconnaissance de la liberté religieuse par le Concile, œcuménisme, où l'on retrouve aussi, selon le témoignage de Yves Congar o.p[65]. quelques implications politiques professées depuis longtemps par quelques-uns de ceux qui firent scission, quelques-unes ultramontaines, maurassiennes), soit en raison de leur attachement à la célébration en latin et selon le missel romain de saint Pie V. Une de leur tête de file, Mgr Marcel Lefebvre, fondateur de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X rompra avec Rome en 1988 en ordonnant des évêques malgré l’interdiction qui lui était faite (il sera par là-même excommunié latae sententiae).

Les papes Jean-Paul II et Benoît XVI ont cherché, en donnant diverses autorisations, notamment en matière de liturgie, à rétablir l’unité avec certains fidèles et prêtres traditionalistes. Une partie de la Fraternité Saint-Pie-X a fait scission pour se rallier moyennant quelques privilèges, sous le nom de Fraternité Saint-Pierre

Visites œcuméniques et rencontres du pape Paul VI après Vatican II[modifier | modifier le code]

Voir ci dessous : accords catholico-anglicans

Les difficultés persistantes[modifier | modifier le code]

  • La sotériologie des protestantismes peut se résumer (tenant compte de l'existence de variantes) par Seul Dieu sauve. Celle du catholicisme considère l'Église comme instrument de salut
  • Le rôle et le sens de la papauté, qui constitue un obstacle[68]
  • La reconnaissance mutuelle (mais symbolique, car les Églises protestantes n'attendent aucun adoubement) des ministères est une pomme de discorde avec les Églises protestantes, de même que les mots vifs du Cardinal Joseph Ratzinger à l'endroit de leurs institutions, laissant supposer qu'une seule Ecclésiologie, épiscopalienne et hiérarchique serait la bonne[69].
  • La question de l'hospitalité eucharistique fait également débat. Les Églises protestantes historiques (celles de la Concorde de Leuenberg, voir ci-dessous) admettent généralement facilement les autres chrétiens à la communion, tandis que les Églises catholique et orthodoxes sont très restrictives, une même communion dans les sacrements supposant selon leur doctrine une même communion dans la foi[70]. La période actuelle, où les principes sont réaffirmés avec fermeté, déçoit les milieux œcuméniques protestants, qui attendaient plus d'ouverture dans la suite du concile Vatican II[71].
  • En 2000, la déclaration Dominus Jesus[note 13] et[72], de la congrégation pour la doctrine de la foi, insiste fortement sur l'unicité et l'universalité salvifique de Jésus-Christ et de son Église. Elle fut écrite à l’initiative du cardinal Joseph Ratzinger et du secrétaire de la congrégation pour la doctrine de la foi Tarcisio Bertone. Elle fut très mal reçue dans les milieux œcuméniques, notamment du fait que les communautés ecclésiales issues de la Réforme n’étaient pas considérées comme des Églises au sens propre du terme, et à cause d’une interprétation assez restrictive des textes du concile concernant l’œcuménisme[73].

Bilan[modifier | modifier le code]

Dans son encyclique Ut unum sint, le pape Jean-Paul II affirme l'engagement œcuménique irréversible de l'Église catholique : « Au Concile Vatican II, l'Église catholique s'est engagée de manière irréversible à prendre la voie de la recherche œcuménique, se mettant ainsi à l'écoute de l'Esprit du Seigneur qui apprend à lire attentivement les « signes des temps ». Les expériences qu'elle a vécues au cours de ces années et qu'elle continue à vivre l'éclairent plus profondément encore sur son identité et sur sa mission dans l'histoire. L'Église catholique reconnaît et confesse les faiblesses de ses fils, consciente que leurs péchés constituent autant de trahisons et d'obstacles à la réalisation du dessein du Sauveur[74]

Si les signes de bonne volonté se sont multipliés, le pontificat de Jean-Paul II reste contrasté sur le sujet notamment par la pratique d'une forme de mise en exergue de la fonction papale - un des principaux obstacle à l'œcuménisme - et de la reprise en main disciplinaire, morale et doctrinale par les autorités vaticanes[75].

Ainsi, selon certains observateurs[76], la période actuelle marque des formes d'essoufflement de l'élan œcuménique, et certains sont déçus de la lenteur des progrès dans la voie de l'unité des chrétiens qui est en quête d'un troisième souffle[15]. Il est bien sûr trop tôt pour tenter de faire une histoire complète de l'œcuménisme et seul l'avenir permettra de connaître et d'analyser les succès et les limites de la période présente.

Des réalisations[modifier | modifier le code]

Accords inter-ecclésiaux[modifier | modifier le code]

Accords de Bonn entre vieux-catholiques et anglicans[modifier | modifier le code]

Le mouvement vieux-catholique est une fédération de plusieurs églises qui s'est organisée par la déclaration d'Utrecht de 1889. Le rejet des dogmes proclamés aux XIXe et XXe siècles, et notamment de l'infaillibilité pontificale, est la cause principale du désaccord avec l'Église catholique romaine.

Les accords de Bonn, signés en 1931, ont établi entre les Églises de la communion anglicane et celles de la Déclaration d'Utrecht une pleine communion en matière sacramentelle, et la reconnaissance par chaque église de la catholicité et de la fidélité de l'autre aux éléments essentiels de la foi chrétienne.

Accords catholico-anglicans[modifier | modifier le code]

La commission internationale anglicane-catholique romaine (souvent connue sous l'acronyme anglais ARCIC) est établie en 1967, à la suite de la rencontre historique entre l’archevêque de Cantorbéry Michael Ramsey et du pape Paul VI. Elle a pour but de faciliter la réunion ecclésiologique de l'ensemble de la communion anglicane et de l'Église catholique et d'adopter des positions communes dans les débats sociaux et éthiques.

Elle se déroule en plusieurs phases conclues par des déclarations communes : ainsi ARCIC-I publiera ses conclusions sur « La doctrine eucharistique », « Ministère et ordination », « L’autorité dans l’Église », de 1971 à 1981. L'ensemble est ratifié par la communion anglicane lors de la conférence de Lambeth de 1988, mais l'Église catholique souligne le caractère incomplet des points d'accord obtenus et demande la levée de certaines ambiguïtés[77]. Certains commentateurs de tendance conservatrice considèrent qu'il s'agit d'un désaveu des travaux de l'ARCIC.

Néanmoins, une deuxième phase de discussions se déroule, évoquant « Le Salut et l’Église », « L’Église comme communion », « La vie en Christ : morale, communion, Église », « Le don de l’autorité. L’autorité dans l’Église III » et « Marie : Grâce et espérance dans le Christ »[78]. Les progrès sont menacés et les travaux ralentis par une série d'innovations au sein de certaines églises anglicanes qui divisent durablement cette communion et sont vécus comme des modifications unilatérales par la partie catholique : ordination des femmes, d'évêques ouvertement homosexuels, bénédiction de couples homosexuels[79].

En 2009, est publiée la constitution apostolique Anglicanorum Coetibus permettant l'intégration de groupes d'anglicans qui en ont fait la demande au sein de l'Église catholique ; elle est ressentie par plusieurs évêques anglicans comme un acte inamical. Le pape Benoît XVI manifeste sa volonté d'entreprendre de front cette initiative de réunion concrète et le lancement d'une nouvelle phase de discussions bilatérales (ARCIC-III)[80],[81].

Accords entre l'Église catholique et les Églises non chalcédoniennes[modifier | modifier le code]

Il existe différentes déclarations communes entre l’Église catholique et certaines Églises orthodoxes orientales notamment l'Église apostolique arménienne depuis 1970, l'Église syro-orthodoxe d’Antioche depuis 1971 ou encore Église copte orthodoxe d’Égypte depuis 1973[82].

Par ailleurs, le dialogue initié depuis 1994 entre l’Église catholique et l'Église apostolique assyrienne de l'Orient a donné lieu :

à la signature, le 11 novembre 1994, d'une " déclaration christologique commune " qui clos, entre les deux Églises, les différentes controverses liées à la querelle nestorienne,
à la signature le 15 août 1997, d'un " décret synodal conjoint " de l'Église assyrienne de l'Orient et de l'Église catholique chaldéenne,
à la signature le 20 juillet 2001, d'un accord sur de l'intercommunion entre les assyriens et l'Église catholique chaldéenne[83].

Concorde de Leuenberg[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Concorde de Leuenberg.

Accord restaurant la « communion de chaire et d'autel » en 1973 entre de nombreuses Églises protestantes d'Europe, notamment luthériennes et réformées et, depuis, méthodistes. La Communauté ecclésiale de Leuenberg, devenue Communion d'Églises protestantes en Europe (CEPE), qui regroupe quelque 105 Églises membres, vise à renforcer la voix du protestantisme en Europe[84],[85].

Affirmation commune de Porvoo[modifier | modifier le code]

L'affirmation commune de Porvoo entre luthériens scandinaves et anglicans de Grande Bretagne (9-13 octobre 1992)[86].

Accord luthéro-épiscopaliens[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis et Canada, en 1999; hospitalité liturgique, hospitalité eucharistique, reconnaissance des ministères : les épiscopaliens considèrent que les luthériens ont la succession apostolique. Echange de chaire inter-ecclésiastique.

Accords luthéro-catholique[modifier | modifier le code]

En 1999, l’Église catholique et la Fédération luthérienne mondiale ont signé à Augsbourg la « Déclaration commune sur la Doctrine de la justification[87] », fruit de plus de trente années de dialogue et qui semblait mettre fin à une controverse qui durait depuis la Réforme.

L'application en a laissé les luthériens sur leur faim[88], quand, quelques mois après la signature, Jean-Paul II accordait des indulgences lors du Jubilé de l'An 2000[89].

En 2013 est publié par la Commission luthérienne-catholique pour l'unité, le document « Du conflit à la communion: commémoration commune luthérienne-catholique en 2017 », dans le cadre de la commémoration du 500e anniversaire de la Réforme, et du 50e anniversaire du dialogue entre luthériens et Catholiques (2017).

Autres dialogues bilatéraux entre Église catholique et Églises protestantes[modifier | modifier le code]

Il existe de même des dialogues bilatéraux entre l'Église catholique et d'autres Églises protestantes, notamment avec le Conseil méthodiste mondial[90], l'Alliance Reformée Mondiale et l'Alliance Baptiste Mondiale[91].

Accord luthéro-réformé[modifier | modifier le code]

En Scandinavie et Grande-Bretagne, en 2000 ; hospitalité liturgique, hospitalité eucharistique, reconnaissance des ministères : les épiscopaliens considèrent que les luthériens ont la succession apostolique. Échange de chaire inter-ecclésiastique.

Affirmation commune de Reuilly[modifier | modifier le code]

En 2001, un accord de reconnaissance mutuelle des ministères entre anglicans de Grande-Bretagne et luthériens et réformés de France[92],[93].

Dialogues multilatéraux[modifier | modifier le code]

Accords de Lima[modifier | modifier le code]

Accord sur le baptême en 1962.

En 1982, c'est à l'initiative de la commission Foi et constitution du Conseil œcuménique des Églises, l'important document « Baptême, Eucharistie, Ministère » (dit de Lima), auquel des théologiens catholiques ont participé et qui a eu de larges échos au sein des diverses Églises. « Ce célèbre texte, adopté par la Commission plénière Foi et constitution lors de sa réunion de Lima (Pérou) en 1982, fait le point sur l'accord toujours plus grand – et les différences qui subsistent – dans des domaines fondamentaux de la foi et de la vie des Églises. Document le plus largement diffusé et étudié de Foi et constitution, le BEM a servi de base à de nombreux accords de « reconnaissance mutuelle » entre Églises, et il demeure une référence aujourd'hui encore[94]

La charte œcuménique européenne[modifier | modifier le code]

La charte a été signée par la Conférence des Églises Européennes (KEK), qui regroupe une grande partie des Églises protestantes, vielles catholiques et orthodoxes d'Europe, et le Conseil des Conférences Épiscopales catholiques d'Europe (CCEE). « Les Eglises ravivent leur engagement pour une mission commune en Europe » (avril 2001)[95].

La nature et le but de l'Église : Vers une déclaration commune[modifier | modifier le code]

La Cinquième Conférence mondiale de Foi et constitution (Conseil œcuménique des Églises), qui s'est tenue à Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne (1993), a préconisé une étude sur la nature et le but de l'Église. L'étude proposée par Foi et constitution (document no 181 - novembre 1998), et qui est soumise aux avis et réactions des Églises, est une étape vers une possible déclaration commune.

Pour la commission Foi et constitution, les documents importants produits par cette instance « contribuent d'une manière ou d'une autre à mieux faire comprendre la nature et le but de l'Église ». « De plus, les documents « Baptême, eucharistie, ministère », « Confesser la foi commune » et « Église et monde », envoyés aux Églises pour commentaire et réception, sont autant de façons de leur rappeler le caractère impérieux de l'appel du Christ à l'unité visible et les caractéristiques essentielles de cette unité. Au cours de la dernière décennie, les travaux sur l'ecclésiologie et l'éthique, qui étaient le prolongement des études sur le racisme et la communauté des femmes et des hommes dans l'Église, par exemple, ont contribué à faire comprendre la vocation commune des chrétiens au service de l'humanité et de la création. De son côté, Foi et constitution reçoit sans cesse des éclairages nouveaux sur l'unité à laquelle Dieu nous appelle, qui proviennent des réactions des Églises à ses études, des résultats des dialogues bilatéraux, des travaux accomplis ailleurs au sein du Conseil œcuménique des Églises et de sa réflexion sur l'expérience des Églises unies et en voie d'union[96]

Des actions[modifier | modifier le code]

Le Monastère de l'Union[modifier | modifier le code]

Fondé à Amay-sur-Meuse (Belgique) en 1925 par [[Dom Lambert Beauduin]], transféré à Chevetogne en 1939, il est intégralement consacré à l'action œcuménique (étude, prière - liturgie en rite latin et en rite byzanntin - relations avec les chrétiens des diverses confessions.

Semaine de prière pour l'unité des chrétiens[modifier | modifier le code]

Cette semaine a lieu tous les ans, au cours de la seconde quinzaine de janvier, depuis 1908[97]. Ces dates ont été proposées en 1908 par Paul Wattson de manière à couvrir la période entre la fête de la Chaire de saint Pierre à Rome, le 18 janvier, et la fête de la conversion de Paul, le 25 janvier[98]. Ce choix a donc une signification symbolique. Dans l'hémisphère Sud, où le mois de janvier est une période de vacances d'été, on préfère adopter une autre date, par exemple aux environs de la Pentecôte (ce qui fut suggéré par le mouvement Foi et Constitution en 1926) qui représente aussi une autre date symbolique pour l’unité de l’Église.

Les différentes Églises priaient déjà pour l'unité, mais séparément. Par exemple, déjà vers 1740, un mouvement pentecôtiste en Écosse appelle à prier pour toutes les Églises et avec elles. En 1867, la première assemblée des évêques anglicans à Lambeth insiste sur la prière pour l'unité. En 1894, le pape Léon XIII encourage l'Octave de la Prière pour l'unité, dans le cadre de la Pentecôte.

C'est aujourd'hui une prière commune pour la même unité. Instituée sous le nom d' Octave pour l'unité de l'Église, à l'initiative du Père Paul James Francis Wattson, un ministre épiscopalien américain[99], elle se tint pour la première fois du 18 au 25 janvier 1908. Elle existe sous sa forme actuelle depuis janvier 1939, à l'initiative de l’abbé Paul Couturier. Elle convie les chrétiens des différentes confessions à prier d'un même cœur pour demander la grâce de « l’unité que Dieu voudra, par les moyens qu’Il voudra ».

La semaine de prière pour l'unité des chrétiens est depuis janvier 1968 préparée conjointement par le Conseil œcuménique des Églises et le Conseil pontifical pour l'unité des chrétiens, qui publient en commun le livret de préparation. Pendant cette semaine, les chrétiens sont invités à la prière pour l'unité, notamment lors de la messe ou du culte du dimanche, mais aussi lors de veillées communes de prière organisées localement de concert entre Églises de différentes confessions.

Groupe des Dombes[modifier | modifier le code]

Depuis 1937, il existe un dialogue non officiel entre des théologiens catholiques et protestants francophones, fondé par Paul Couturier (1881-1953) et quelques pasteurs réformés suisses. En 1942, ce groupe prit le nom de groupe des Dombes. Il a publié, depuis, un certain nombre de rapports de haute valeur comme « Un seul maître » - L'autorité doctrinale dans l'Église en 2006[100]. La méthode est le « consensus différencié » où chacun expose sa foi dans un souci de spécificité pour « entrer dans le point de vue de son frère, pour le mieux comprendre dans sa cohérence et pour s'en enrichir ».

Groupe mixte de travail entre Conseil œcuménique des Églises et Église catholique[modifier | modifier le code]

Dès 1964, se met en place un processus de constitution d'un « Groupe mixte de travail » entre l'Église catholique romaine et Conseil œcuménique des Églises (dont l'Église catholique ne fait pas partie). Ce groupe a, entre autres, publié en 2005 une étude sur la nature et objet du dialogue œcuménique[101].

Par ailleurs, depuis 1968, l'Église catholique est membre à part entière de la Commission Foi et constitution du Conseil œcuménique des Églises.

Chrétiens unis pour la Terre[modifier | modifier le code]

« Chrétiens unis pour la Terre » est un mouvement né à la suite des premières Assises chrétiennes de l'écologie (Saint-Étienne, novembre 2011), de la Journée de la nature de Saint Lambert (mai 2011), du colloque Ecologie et Spiritualité à Sainte-Croix (juillet 2011), et de l’Appel aux évêques pour l’écologie (septembre 2011)[102].

Ce mouvement se compose de personnes qui veulent témoigner de leur engagement chrétien et écologique.

Des documents[modifier | modifier le code]

Version œcuménique du Notre Père[modifier | modifier le code]

En 1966 a été publié le texte francophone commun de la prière du Notre Père, adopté par l’Église catholique romaine et le Conseil œcuménique des Églises (Texte de la prière).

Traduction œcuménique de la Bible[modifier | modifier le code]

La Traduction œcuménique de la Bible (TOB) résulte de plusieurs décennies de réflexion et de travail commun, et a été publiée pour la première fois en 1975. Elle n'est pas adoptée liturgiquement par l'ensemble des Églises, mais elle constitue une étape concrète importante vers l'unité, autant qu'un ouvrage de référence. Ce n'est pas une « bible de travail » comme le sont la Jérusalem ou la Segond 2000. Des éditions différentes intègrent ou non les livres deutérocanoniques (non reconnus « divinement inspirés » par les protestants : Sagesse, Tobie…). Elle fut récusée par les Églises orthodoxes dès le début des travaux[note 14].

Le seul texte du Nouveau Testament reconnu par toutes les Églises chrétiennes est l'édition critique Novum Testamentum Graece : Bibelausgaben, de Eberhard Nestle, Erwin Nestle, et Kurt Aland. Pour l'Ancien Testament, c'est la Bibelausgaben, Biblia Hebraica Stuttgartensia, édition critique de Karl Elliger, Rudolf Kittel, et Wilhelm Rudolph

Lectionnaire œcuménique[modifier | modifier le code]

Lectionnaire œcuménique

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Institutions
Autres

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sites des Églises
Autres sites

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages généraux
  • Jean Anderfuhren, Pour relancer l'œcuménisme, Labor et Fides, 1999
  • André Birmelé, La Communion ecclésiale : progrès œcuméniques et enjeux méthodologiques, Cerf/Labor et Fides, 2000
  • Yves Congar, Chrétiens en dialogue : contributions catholiques à l’œcuménisme, Paris, Cerf, 1964
  • Yves Congar, Diversités et communion : dossier historique et conclusion théologique, Paris, Cerf, 1982
  • Oscar Cullmann, L'Unité par la diversité, Cerf, 1986
  • Étienne Fouilloux, Les catholiques et l'unité chrétienne du XIXe au XXe siècle : Itinéraires européens d'expression française, Centurion, 1993
  • Adrian Geense, Œcuménisme et universalisme : propos d'un théologien européen, Labor et Fides, 1996
  • Michael Hurley, L'Œcuménisme, Sherbrooke, Qué., Éditions Paulines, 1971 ISBN 0-88840-157-4
  • Walter Kasper, Scarement de l'unité. Eucharistie et Eglise, Cerf, 2005
  • Walter Kasper, Manuel d'œcuménisme spirituel, Paris, Nouvelle Cité, 2007
  • Jean Laporte, L'Œcuménisme et les Traditions des Églises, Cerf, 2002
  • Marc Lienhard, Identité confessionnelle et quête de l'unité : catholiques et protestants face à l'exigence œcuménique, Lyon, éditions Olivétan, 2008
  • Gabriel Mützenberg, L'Éthique sociale dans le mouvement œcuménique, Labor et Fides, 1992
  • Peter Neuner, Théologie œcuménique : la quête de l'unité des Églises chrétiennes, Cerf, 2005
  • Georges-Henri Ruyssen, Eucharistie et Œcuménisme, Cerf, 2008
  • Bernard Sesboüé, Pour une théologie œcuménique, Cerf, 1990
  • Bernard Sesboüé, La Patience et l'Utopie : jalons œcuméniques, Paris, DDB, 2005
  • Georges Tavard, L'Œcuménisme, Que sais-je ? no 2903, PUF
  • (en) Willem Visser 't Hooft, Has the Ecumenical Movement a Future ?, John Knox Press, Atlanta, 1974 ISBN 0-8042-0917-0
Ouvrages collectifs
  • Conseil œcuménique des Églises. Commission Foi et constitution, Baptême, eucharistie, ministère, 1982-1990, 1993
  • Groupe des Dombes, Pour la communion des Églises. L’apport du groupe des Dombes 1937-1987, Paris, Centurion, 1988
  • Groupe des Dombes, Pour la conversion des Églises. Identité et changement dans la dynamique de communion, Paris, Centurion, 1991
Monographies
  • Jean-Claude Escaffit et Moïz Rasiwala, Histoire de Taizé, Paris, Editions du Seuil,‎ 2008, 215 p. (ISBN 978-2-02-095341-2)
  • Lorenz Jaeger, Le Décret de Vatican II sur l'œcuménisme, Coll Église vivante, Tournai, Casterman, 1965
  • Jacques Maury, W.A. Visser 't Hooft, pionnier de l'œcuménisme, Paris, Cerf, 2001 ISBN 2204067997
  • (en) Philip Potter, Willem Visser 't Hooft, J. G. M. Willebrands, The Gospel for All Realms of Life: Reflections on the Universal Christian Conference on Life and Work, Stockholm 1925, World Council of Churches, ISBN 2-8254-0522-1
  • Richard Stauffer, Moïse Amyraut : un précurseur français de l'œcuménisme, Les bergers et les mages, 1962
  • Willem Visser 't Hooft, Le Temps du rassemblement (Mémoires), Paris, Seuil, 1975
Articles

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cf. Jean 17,20-23 : « Ce n'est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m'as envoyé. Je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, afin qu'ils soient un comme nous sommes un, - moi en eux, et toi en moi, -afin qu'ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m'as envoyé et que tu les as aimés comme tu m'as aimé. ».
    On ne peut cependant pas prêter l'intention à Jésus de vouloir fonder une Église sur la base de ce verset. Pendant les deux premiers siècles de son histoire, le christianisme ne sera d'ailleurs constitué que de petites Églises mal organisées,(...) purement congrégationaliste, chaque église jouit d’une complète liberté cf Étienne Trocmé Les débuts du christianisme.
    Ce verset a été repris dans divers documents du Conseil œcuménique des Églises (Constitution du COE, texte de Nairobi en 1975), et sur sa page de présentation Qu'est-ce que le Conseil œcuménique des Églises ? ainsi qu'au sein des diverses Églises, comme par exemple dans l'encyclique Ut Unum Sint du pape Jean-Paul II (en 1995).
    Selon le site du COE : « Le Conseil œcuménique des Églises est une communauté fraternelle d'Églises qui confessent le Seigneur Jésus Christ comme Dieu et Sauveur selon les Écritures et s'efforcent de répondre ensemble à leur commune vocation pour la gloire du seul Dieu, Père, Fils et Saint Esprit.
    Cette communauté d'Églises est sur la voie de l'unité visible en une seule foi et une seule communauté eucharistique, exprimée dans le culte et la vie commune en Christ. Elle s'efforce de progresser vers cette unité, tout comme Jésus a prié pour ses disciples, « afin que le monde croie » (Jean 17,21).
    La charte œcuménique européenne reprend également cette référence : « De nombreuses formes de collaboration œcuménique ont déjà fait leurs preuves. En fidélité à la prière du Christ : “Que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi et que je suis en toi, qu’ils soient aussi un en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé” (Jean, 17,21), nous ne devons cependant pas en rester à la situation actuelle… » cf. Charta Oecumenica, Lignes directrices en vue d’une collaboration croissante entre les Églises en Europe par la Conférence des Églises Européennes (KEK) et de Conseil des Conférences Épiscopales catholiques d’Europe (CCEE) (La Conférence des Églises européennes (KEK) est une communion fraternelle de 126 Églises de tradition orthodoxe, protestante et vieille-catholique).
  2. L’ERF a l’habitude d’introduire la réserve suivante dans les accords œcuméniques inter-ecclésiaux pour matérialiser la liberté de conscience qu’elle reconnaît à ses fidèles devant toutes les déclarations dogmatiques : « Au moment où le dialogue interconfessionnel tente de recoudre les déchirures provoquées au sein de l’Église d’Occident au XVIe siècle, il serait souhaitable que ces tentatives ne contribuent pas à élargir le fossé creusé dès le début de l’ère chrétienne entre chrétiens trinitaires et chrétiens non trinitaires ou monophysites. Dans sa Déclaration de Foi, l’Église réformée de France reconnaît aux Symboles œcuméniques issus de cette période de l’histoire de l’Église leur valeur d’expressions historiques de la foi. Elle se réclame de la tradition spécifique qu’ils instaurent. Mais elle laisse aussi ouverte la possibilité de ne pas considérer les affirmations qu’ils formulent quant à la nature ou à l’essence même du Dieu unique comme des dogmes universels ou éternels. Le Synode régional souhaite que l’emploi des formules trinitaires dans les textes d’accord interconfessionnel n’interdise pas au dialogue œcuménique de s’élargir aux Églises unitariennes. »
  3. On désigne sous ce nom parapluie l’ensemble des christianismes orientaux qui ne sont pas en communion avec Rome, qu’il s’agisse des Églises des sept conciles (Moscou, Kiev, Constantinople et les Églises des deux conciles, monophysites ou des trois conciles (syriaques, chaldéens, l'Église apostolique arménienne)
  4. Cf. Infra, déclaration de Baltimore
  5. Cette évaluation ne tient pas à un texte précis qui serait analogue à ceux que promulguèrent les 5 premiers conciles ces conciles étaient des tribunaux devant lesquels l'auteur d'une hypothèse théologique aussi bien que la doctrine étaient jugés. Le document issu du concile portait condamnation. Cette évaluation tient au fait que, depuis 1054, aucune Église des sept conciles n'a donné son consentement à ces doctrines alors que le schisme porte expressément une excommunication mutuelle
  6. Voir plus bas Mortalium animos
  7. qui comprend un activité de prosélytisme de l'église romaine dans un cadre théologico-politique, suivie d'une conversion obligatoire soit du fait d'un traité entre les princes ou d'un ralliement de l'autorité ecclésiastique qui impose, dès lors, la conversion à ses ouailles, et d'un schisme d'une minorité dissidente conservant sa foi d'origine. Cf Olivier Chaline, op cit.
  8. « Cette dernière question, celle du primat de l’évêque de Rome, qui est quasiment le seul point de divergence entre les Églises orthodoxes et l’Église catholique romaine. Les fortes tensions catholico-orthodoxes au sujet des Églises uniates comme les résistances orthodoxes face à la création de diocèses catholiques en Russie manifestent paradoxalement la proximité d’« Églises sœurs ». […] L’Église orthodoxe se conçoit comme Église « universelle » (« catholique ») dans un territoire donné, elle a du mal à digérer la pluralisation du christianisme en terre traditionnellement orthodoxe et défend son territoire canonique. C’est pourquoi la question des Églises uniates comme Églises orientales en communion avec Rome constitue un fait difficile à assumer dans la logique orthodoxe » in Les Transformations de l’autorité religieuse, ouvr. collectif, Association française de sciences sociales des religions, éd. L’Harmattan, Paris, 2004, p. 60.
  9. malgré la concession sur le filioque marquée dans la déclaration Dominus Jesus de 2000. La confesion de foi qui la débute ne contient pas le filioque cette expression fut rétablie au bout de 3 jours dans la version française mais fut maintenue absente pendant plusieurs années dans les versiosn des autres langes européennes
  10. Selon le Concile Vatican II, décret Unitatis Redintegratio : « À ce mouvement vers l’unité, qu’on appelle le Mouvement œcuménique, prennent part ceux qui invoquent le Dieu Trinité et confessent Jésus pour Seigneur et Sauveur. Et il ne s’agit pas seulement de chrétiens pris un à un, il s’agit encore de chrétiens réunis en communautés dans lesquelles ils ont entendu l’Évangile et qu’ils appellent leur Église et l’Église de Dieu. Presque tous cependant bien que de façon diverse, aspirent à une Église de Dieu, une visible, vraiment universelle, envoyée au monde entier pour qu’il se convertisse à l’Évangile et qu’il soit ainsi sauvé pour la gloire de Dieu. » On peut donc dire que la perspective unioniste n'a pas disparu.
  11. Ce courant est encore vivace dans l'intégrisme catholique.
  12. Par la Déclaration commune du pape Paul VI et du patriarche Athénagoras exprimant leur décision d'enlever de la mémoire et du milieu de l'Église les sentences d'excommunication de 1054, qui fut lue en session solennelle du IIe concile du Vatican par Mgr J. Willebrands. En même temps, elle était lue par le secrétaire du Saint Synode, dans l'église du Phanar. Cf. le texte de la déclaration commune.
  13. qui est comprise par nombre de commentateurs comme une main tendue aux églises des 7 conciles, d'abord parce qu'elle est publiée quelques mois avant une visite de Jean Paul II en Grèce, parce que la confession de foi qui la débute omet le filioque (rétabli exclusivement dans la version francophone au bout de 4 jours), parce que, dans les prières publiques des JMJ de Rome, le Saint-Père omit ledit filioque, parce que le texte reconnaît aux églises byzantines la qualité d'Eglise à part entière tandis qu'il la dénie aux protestantismes.
  14. Le volume de la TOB qui publie le Nouveau testament dans l'édition de 1975 contient un insert à la demande d'un groupe de patriarcats (liste à venir) orthodoxe qui détaille ce retrait.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Le COE et le mouvement œcuménique au XXIe siècle, sur le site oikoumene du COE
  2. Le pape Paul VI : « Le pape, comme nous le savons fort bien, constitue sans aucun doute l’obstacle le plus grave sur la route de l’œcuménisme. » discours au Secrétariat pour l’Unité, le 28 avril 1967, in AAS 59 (1967), p. 498 ;
    Willem Visser 't Hooft : « Le vrai problème, c’est la papauté telle qu’elle existe aujourd’hui. », réflexion sur « Magistri et magisterium dans le dialogue œcuménique », publié dans W.A. Visser’t Hooft, pionnier de l’œcuménisme Genève-Rome, Cerf, 2002, p. 178. Citations reprises par Bruno Chenu, Le ministère de Pierre a-t-il un avenir œcuménique ? (2003)
  3. Comme il ressort aussi bien de l'analyse du cardinal Koch, et celle du métropolite de Volokolamsk, respectivement responsables du dialogue œcuménique de l'Église catholique et de l'Église orthodoxe russe
  4. a et b Jubilé du premier congrès mondial œcuménique de missionnaires
  5. Congrégation pour la doctrine de la foi : déclaration Dominus Iesus sur l'« Unicité et l'universalité salvifique de Jésus-Christ et de l'Église », sur le site du Vatican
  6. cf. Jacques Maury, op.cit.
  7. Dont la revue était animée par Wilfred Monod.
  8. Yves Congar, Journal d’un théologien, 1946-1956, éd du Cerf, 2000; ce témoignage est confirmé dans les mémoires de Visser 't Hooft
  9. Préface des Mémoires de Visser 't Hooft
  10. Bernard Reymond, sur la trace des théologies libérales, Van Dieren, 2002.
  11. Le rapport de la Commission spéciale suscite un débat animé
  12. « Constitution et Règlement », chapitre XX : Conduite des réunions, articles 8 et 9. « Consensus (décision par) », Communauté des Églises chrétiennes dans le canton de Vaud, avec un lien sur : « La nouveauté de Porto Alegre : la prise de décisions par consensus », article de Martin Hoegger, 2006.
  13. L'Assemblée renouvelle l'engagement des Églises en faveur de la justice et de la paix, 8 novembre 2013, sur le site wcc2013.info, article en ligne
  14. Konrad Raiser, Quelle Église pour demain ? Défis et espoirs pour un nouveau millénaire, CERF, 1998
  15. a et b Jean Baubérot,article Œcuménisme. L'évolution du Conseil œcuménique des Églises., in Encyclopædia Universalis, éd. 2006.
  16. Les unitariens considèrent que cette affirmation, qui n’avait jamais été exigée auparavant, les pousse hors du monde chrétien. À l’occasion de la sortie des unitariens, les unitariens américains et les universalistes américains fondent les unitariens universalistes
  17. Grégoire de Palamas, De la déification de l’être humain, suivi de "La Doctrine de saint Grégoire Palamas sur La Déification de l’être humain", L’Âge d’Homme
  18. Cf La CroixLes chrétiens quittent le monde arabe, 25 août 2006, édition numérique mais surtout, aux éditions Autrement, Chrétiens du monde arabe. Un archipel en terre d’islam sous la direction de Bernard Heyberger, recension sous le lien
  19. Œcuménisme. Le Patriarcat de Moscou suspend sa participation à la KEK
  20. Évangile et liberté, Le métropolite de Volokolamsk dérape
  21. (en) Texte intégral du discours
  22. Nicolas Lossky, L’église orthodoxe et le mouvement œcuménique : les difficultés
  23. (en) John Burger, Archbishop Hilarion on Christian Unity, National Catholic Register
  24. Peter Brown, la Société et le Sacré dans l’Antiquité tardive, Point histoire
  25. Cf. Églises des deux conciles
  26. sous le règne de Héraclius quand il séjourne en Syrie entre 629 et 634
  27. conquête de la Syrie en 634
  28. ne gardant que le cérémonial liturgique et la paramentique dans la version rite byzantin
  29. Mémoires d'un pape de la Renaissance. Pie II, Tallandier, 2001, Livre troisième.
  30. le Dessous des cartes
  31. Pascale CHAPUT,La double identité des chrétiens keralais : Confessions et castes chrétiennes au KERALA (Inde du Sud) , Archives de Sciences sociales des religions 106, avril-juin 1999
  32. Pascale CHAPUT , op.cit.
  33. Marine CARRIN, Harald TAMBS-LYCHE Une Église nationale pour les Santals : du romantisme scandinave à l'orthodoxie luthérienne, Archives des sciences sociales des religions, année 1998, volume 103, numéro 103, p. 99-127
  34. Mar Thomas Church
  35. Sanjay SUBRAHMANYAM Dom Frei Aleixo de Meneses (1559-1617) et l'échec des tentatives d'indigénisation du christianisme en Inde, Archives des sciences sociales des religions, Année 1998, Volume 103, numéro 103, p. 21-42
  36. Félix WILFRED, Le Christianisme à l'épreuve du polythéisme structurel de l'Hindouisme : la réponse des convertis dans le Tamil Nadu du Sud à une religion étrangère à l'époque de Vasco de Gama', Archives des sciences sociales des religions, année 1998, volume 103, numéro 103, p. 67-86.
  37. Henri CHAMUSSY, les stratégies spatiales de l'église catholique Institut de géographie alpine, université Joseph-Fourier, Grenoble, Groupe Dupont, TEO (U.M.R. 5038)
  38. Jacques-Bénigne Bossuet(1627-1704)
  39. Gottfried Wilhelm Leibniz (1646-1716)
  40. François Gaquere, Bossuet-Leibniz, le dialogue irénique, la réunion de églises en échec 1692-1701, Beauchesne,
  41. Les Gréco-catholiques d’Ukraine : une étude historique, sur le site de l'université catholique d'Ukraine .
  42. La vision un peu différente de l'historien Olivier Chaline recensée sur le site de l'IESR dans La Reconquête catholique de l’Europe centrale, XVIe ‑ XVIIIe siècle, Paris, Éd. du Cerf, 1998
  43. aujourd'hui Biélorussie, c'est-à-dire Russie Blanche
  44. Le pape Jean-Paul II en Ukraine, Dieu pourra-t-il écrire droit avec des lignes courbes ? juin 2001
  45. Olivier Clément, théologien orthodoxe français, cité par Le pape Jean-Paul II en Ukraine, Dieu pourra-t-il écrire droit avec des lignes courbes ?, juin 2001.
  46. Olivier Chaline, op.cit.
  47. Dialogue entre l’Église catholique romaine et l’Église orthodoxe, BALAMAND (1993), après le Service orthodoxe de Presse.
  48. F Bouwen, Balamand 1993. VIIe session de la Commission internationale pour le dialogue théologique entre l'Eglise catholique et l'Eglise orthodoxe = Balamand 1993.
  49. Dialogue entre l’Église catholique romaine et l’Église orthodoxe, BALTIMORE (2000), après le Service orthodoxe de Presse.
  50. Frans Bouwen, Commission mixte de Baltimore
  51. Les Églises-Sœurs en dialogue sur la documentation catholique
  52. déclaration commune du pape Jean-Paul II et du patriarche œcuménique Bartholomaios I
  53. Cf. Pastor Æternus, constitution qui affirme aussi, en son chapitre III, la primauté pontificale et l’autorité directe du pape sur les ministres et les fidèles de toute l’Église.
  54. Cf. Unitatis Redintegratio
  55. L'engagement œcuménique de l'Église catholique, Conférence du cardinal Kasper prononcée à l'occasion de l'Assemblée générale de la Fédération protestante de France des 23-24 mars 2002 à Paris.
  56. Cf. Mortalium animos, Lettre encyclique sur l'unité véritable de l'Église sur le site du Vatican.
  57. Mémoires de Visser 't Hooft.
  58. Yves Congar o.p., Journal d'un théologien, CERF
  59. Paul Veyne, Quand notre monde est devenu chrétien, éd. Albin Michel, 2007
  60. Son livre Chrétiens désunisla version corrigée par Congar qui ne put jamais paraître lui valut bien des problèmes, racontés en détail dans son Journal d'un théologien 1946-1954, publié au Cerf en 2000.
  61. Depuis, des tentatives de dialogue sur une mariologie oecuménique ont vu le jour, cf Y a-t-il une mariologie œcuménique ?, sur le site protestant sion.org
  62. Instruction Ecclesia Catholica, dans AAS 42 (1950) 142-147 et Doc. Cath. 1064 (47, 1950) 329-337
  63. Hervé Legrand, o.p., Yves Congar (1904-1995) : une passion pour l’unité, in Nouvelle Revue théologique, t. 126, 2004, p. 529-55 Article sur catho-theo.net
  64. Cf. le texte en français de Unitatis Redintegratio
  65. Yves Congar o.p., Journal d'un théologien édité par Étienne Fouilloux au CERF
  66. Cf. La rencontre sacrée à Jérusalem par Aristide Panotis
  67. Il faut relativiser la portée de ces accords doctrinaux dans la conscience des fidèles de la Communion anglicane. Le terme doctrinal n'a pas le même impact chez les anglicans et chez les catholiques romains. Les anglicans se sont vu octroyer la liberté de conscience par un synode de Lambeth des années 1980
  68. Le pape Paul VI : « Le pape, comme nous le savons fort bien, constitue sans aucun doute l’obstacle le plus grave sur la route de l’œcuménisme. » discours au Secrétariat pour l’Unité, le 28 avril 1967, in AAS 59 (1967), p. 498 ;
    Willem Visser 't Hooft : « Le vrai problème, c’est la papauté telle qu’elle existe aujourd’hui. », réflexion sur « Magistri et magisterium dans le dialogue œcuménique », publié dans W.A. Visser’t Hooft, pionnier de l’œcuménisme Genève-Rome, Cerf, 2002, p. 178. Citations reprises par Bruno Chenu, cf. infra
  69. selon la conception d'une Église unique fondée par Jésus et la revendication d'une Succession apostolique
  70. Cf. par exemple, Première réaction à l’Encyclique de Jean-Paul II, par le pasteur Gill Daudé, Service œcuménique, FEDERATION PROTESTANTE DE FRANCE.
  71. Par exemple, le pape Jean-Paul II dans De Eucharistia Ecclesia envisage l'hospitalité eucharistique pour les orthodoxes, mais entourée d'un luxe de précautions qui revient, selon certains, étant donné les conditions, à demander une conversion pure et simple au catholicisme.
  72. Déclaration "Dominus Iesus" sur l'unicité et l'universalité salvifique de Jésus-Christ et de l'Église.
  73. Cf. par exemple Intervention du pasteur Jean-Arnold de Clermont devant les évêques catholiques, à Lourdes, en novembre 2000.
  74. Cf. Ut unum sint, encyclique du pape Jean-Paul II sur l'engagement œcuménique, 25 mai 1995.
  75. Étienne Fouilloux, article Œcuménisme. L'œcuménisme des catholiques., in Encyclopædia Universalis, éd. 2006
  76. Église et société, 40 ans après Vatican II, compte-rendu d'écoute d'une émission Agapé sur France 2 du dimanche 6 octobre 2002
  77. Voir la réponse de l'Église catholique
  78. (en) Site du Centro pro Unione
  79. La Communion anglicane et l'Église romaine, site de la conférence des évêques de France.
  80. (en) Draft Programme for ARCIC III, The Anglican Centre in Rome.
  81. Le monde aspire à une unité symphonique, Intervention du cardinal Levada sur « Anglicanorum coetibus », agence ZENIT.
  82. Cf. Dialogue avec les Églises orthodoxes orientales .
  83. Cf. Dialogue avec l'Église assyrienne de l’Orient.
  84. Cf. Agence de presse protestante, 15/01/2007.
  85. Cf. Concorde de Leuenberg. Concorde entre Eglises issues de la Réforme en Europe.
  86. Cf. L’affirmation commune de Porvoo.
  87. Cf. La Doctrine de la justification, Déclaration commune de la Fédération luthérienne mondiale et de l'Église catholique romaine
  88. Cf. pasteur André Birmelé Notre différence est désormais reconnue légitime. Cf. aussi pasteur Pierre Buhler, Les Protestants contre les indulgences, pour un jubilé de la justification par la foi, Labor et Fides, 2000.
  89. Cf. Bulle d'indiction du grand jubilé de l'an 2000.
  90. Cf. Dire la vérité dans l'amour : l'autorité d'enseignement chez les catholiques et les méthodistes (1997-2001).
  91. Cf. la liste des dialogues bilatéraux entre l'Église catholique et d'autres Églises.
  92. Affirmation commune de Reuilly.
  93. Texte de l'accord.
  94. Cf. Baptême, Eucharistie, Ministère (document de Foi et constitution n° 111, « texte de Lima »).
  95. Cf. Charte œcuménique européenne.
  96. Cf. La nature et le but de l'Église : Vers une déclaration commune (Document n° 181 - 1998).
  97. Cf. Quelques dates importantes dans l'histoire de la « prière pour l'unité » et de la « Semaine de prière »
  98. Yves Congar, Essais œcuméniques : le mouvement, les hommes, les problèmes, Le Centurion,‎ 1984, p. 41
  99. Qui fut ensuite fondateur de la Society of the Franciscan Friars of the Atonement (Société des Frères et Sœurs franciscains de la Réconciliation), après sa conversion au catholicisme.
  100. « Un seul maître » - L'autorité doctrinale dans l'Église, Paris, Bayard, 2006.
  101. Nature et objet du dialogue œcuménique, Une étude du Groupe mixte de travail entre l’Église catholique et le COE (2005).
  102. Site de Chrétiens unis pour la Terre