Mal

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L'idée de Mal est associée à tous les événements accidentels ou non, de comportements ou d'états de fait jugés nuisibles, destructeurs ou immoraux, et qui sont sources de souffrances morales ou physiques. Négligée par l'Antiquité qui en gros tient cette idée pour une opinion ou un sentiment dont il faudrait se délivrer[N 1], le mal est devenu un problème philosophique avec les doctrines dualistes-notamment Plotin-et l'apparition du monothéisme et du manichéisme, écrit Olivier Abel[1].

Parmi les problèmes que suscite de tous temps l'existence du mal, deux ont une importance particulière : savoir ce qu'il est et pourquoi il existe . Poser la question de l'existence du mal revient à se demander si le mal a ou non, un « être »[2]. En effet comme le souligne Étienne Borne [3],« Le propre du mal tient en ceci qu'il ne peut être nommé, pensé, vécu qu'en relation avec une certaine idée du bien »[N 2]. Ces deux notions antagoniques sont à la fois « relatives », dépendant du temps et de la culture et « absolues » en ce que dans leur manière de se présenter aux hommes elles relèvent de l'« universel ». C'est pourquoi la plupart des sociétés valorisent l'amitié et l'amour et méprisent le meurtre et la cruauté.

Questions et thèmes généraux[modifier | modifier le code]

On doit au philosophe Leibniz[1]dans ses Essais de Théodicée, la distinction entre le mal métaphysique (imperfection nécessaire de la créature), le mal moral ( le péché) et le mal physique (souffrance).

L'être du mal[modifier | modifier le code]

Existence[modifier | modifier le code]

Afin de sauvegarder l'harmonie de l'ordre éternel et ne pas offusquer le regard des dieux, l'antiquité classique (c'est le cas d'Aristote), cantonne l'existence du mal dans le monde sublunaire des réalités matérielles et le nie, dans les réalités éternelles [2].

Être ou (non être)?[modifier | modifier le code]

La question de l'existence du mal dans un monde créé, va devenir aiguë pour la cohérence théologique. « Si le monde est en effet l'œuvre d'un Dieu bon et tout puissant quel statut assigner au mal? »[2]. Pour tous les monothéismes le mal ne peut exister « en soi », car cela reviendrait à faire du Dieu créateur, l'auteur du mal. C'est Spinoza qui dans une lettre à un coreligionnaire expose le plus clairement cette « aporie »[N 3]. Dans cette situation la philosophie n'offre plus comme prise ontologique au mal que le côté négatif de l'être « le non-être ». Pour sauvegarder la cohérence théologique les premiers théologiens avancent que « le mal en fait n'est pas; il n'a d'autre rang que celui de la « privation du bien », privatio boni comme disent les latins ; il est l'absence de ce qui devrait être »[2]. Cette thèse sera adoptée et défendue dans l'ontologie médiévale avec la théorie des « transcendantaux »[2]. L'entreprise de « déréalisation » du Mal se poursuivra jusqu'à nos jours avec les héritiers du thomisme notamment chez Jacques Maritain[4].

Le sens du mal[modifier | modifier le code]

Qu'il soit dépourvu d'être dans la tradition classique ou qu'il soit nécessairement présent pour favoriser le plus grand bien dans la pensée moderne, l'expérience concrète du mal est toutefois porteuse de sens[5]. La question du sens du mal et de la souffrance a tout d'abord tourné sur un plan historique autour de « Comment justifier Dieu de la présence du mal dans le monde »[6]. L'échec spéculatif de cette justification n'interrompt pas l'interrogation sur le scandale du mal.

La complexité du phénomène[modifier | modifier le code]

En principe, tout le monde s'accorde à peu près. Toutes les religions, toutes les législations ont les mêmes interdits fondamentaux : tuer, voler, mutiler (hormis à titre rituel) ou faire souffrir, mentir, etc. Le Décalogue, avec ses « Tables de la Loi », est l'exemple type de ces interdits fondamentaux visant à réduire le mal dans l'humanité. Ces interdits, suivant les religions considérées, s'appliquent soit uniquement aux membres de la même religion, soit à toute l'humanité.

Moïse portant les Tables de la Loi (José de Ribera, 1638)

En pratique, certaines situations amènent pourtant à s'interroger : ne faut-il pas parfois admettre et même faire un mal, dans une conception utilitariste, pour éviter un mal plus grand ? Un meurtre pour éviter une guerre ? Une guerre pour éviter un génocide ? Une torture pour éviter un attentat ?

« Un bien présent peut être la source d'un grand mal ; un mal, la source d'un grand bien »

— Denis Diderot, Eloge de Richardson (1762.

À cela s'ajoute la difficulté de définir la moralité, certaines actions et certains comportements n'entraînant pas de souffrance, comme l'homosexualité et l'avarice, ils sont pourtant souvent jugés immoraux, et donc rattachés au mal, par certains. Les réponses divergentes montrent qu'il n'est pas facile de bien définir le mal. Pour reprendre une idée émise par Louis de Bonald : il est parfois moins malaisé de faire son devoir que de le connaître.

Indépendamment de la croyance en l’existence de Dieu, on peut parler de l’existence du Mal en justifiant cela par la nécessité de faire un contraste entre le mal et son contraire.

« La question du bien et du mal demeure un chaos indébrouillable pour ceux qui cherchent de bonne foi ; c'est un jeu d'esprit pour ceux qui disputent : ils sont des forçats qui jouent avec leurs chaînes »

— Voltaire, Dictionnaire philosophique (1767)[7].

Parce que notre durée de vie est limitée et que nos possibilités d'action sont finies, nos choix ont un sens. La fin donne la valeur à nos choix qui, sinon, se trouveraient sans cesse remis en question sans jamais avoir de conséquences véritables puisqu'ils seraient amenés à se diluer dans l'éternité.

La justification du mal métaphysique à travers le débat Bayle/Leibniz[modifier | modifier le code]

Lorsque l'on rapporte le mal à la totalité du monde nous enseigne Leibniz, on s'aperçoit que Dieu a choisi « le meilleur des mondes possibles », en choisissant celui qui comporte le maximum de perfection et le minimum de défauts[6]. Si les hommes pouvaient percevoir l'harmonie du Tout ils verraient qu'il y a sur cette terre plus de bien que de mal. Leibniz en réduisant le mal physique au mal moral affirme en outre que l'homme souffre parce qu'il est coupable, et montre que l'un et l'autre tiennent à la finitude et à l'imperfection de la créature[6]. À l'inverse Pierre Bayle[8] ne pense pas que dans son « meilleur des mondes possibles », l'individu puisse être consolé de sa misère en apprenant qu'il y a un point de vue sous lequel tout est heureux. Pour lui rien ne permet de résoudre l'énigme absurde du mal, le mal ne saurait être expliqué, justifié[6].

L'absurdité du mal[modifier | modifier le code]

Déjà Paul disait (dans Rom.7,19), « le bien que je veux je ne le fais pas, et le mal que je ne veux pas je le fais »[9]. Les hommes ont cherché à faire face à cette absurdité en imaginant l'origine du mal à travers de multiples métaphores, combat primordial, péché originel, suivie d'une longue déchéance à partir d'un lieu mythique et idyllique, un « paradis perdu », ou alors à l'inverse par un récit marqué par l' Aufklärung , qui perçoit l'histoire de l'humanité marquée par l'émancipation de la raison qui développerait les dispositions au bien[10].

Le mal qui implique la souffrance ne peut pas être ramené à un expédient permettant d'engendrer un plus grand bien, si bien qu'on devra avec Gabriel Marcel « admettre qu'il n'y a pas exactement un problème du mal, qui impliquerait la possibilité d'une solution, mais un mystère du mal »[5].

La banalité du mal[modifier | modifier le code]

Hannah Arendt a montré à l'occasion du procès d' Eichmann dans son livre Eichmann à Jérusalem, « comment tel système ou telle institution immunise ses membres contre la réalité de ce qui est commis et contre l'inhumanité de ses codes, et les rend complices de leur oppression mutuelle »[11].

La culpabilité, la responsabilité et la punition[modifier | modifier le code]

Le concept de mal moral dégagé par Leibniz concerne le domaine de l'action; il présuppose que le mal n'a pas de statut ontique, n'est pas un étant, contrairement aux vues du manichéisme, et qu'il se situe tout entier dans l'ordre de l'événement et de la responsabilité humaine[12]. Le mal a deux aspects, il peut être actif ou passif, péché ou souffrance.

Sur le sujet de la culpabilité, à la fois individuelle et collective, imaginaire ou réelle, normale ou pathologique, consciente ou inconsciente, l'Encyclopédie en expose en un long chapitre la complexité et l'ambivalence[13].

Au temps de la Bible, la responsabilité et la culpabilité étaient aisées à déterminer. Ce n'est plus le cas aujourd'hui dans une société moderne complexe, massifiée et étroitement structurée . « On ne peut plus considérer que le mal est une petite affaire personnelle et privée, comme si les humiliations et les misères dues à un ordre injuste, échappaient à toute recherche de responsabilité ontique »[14]. La difficulté s'accroît du fait de ce sentiment tragique que les conséquences de nos actions nous échappent et que souvent « l'enfer est pavé de bonnes intention ». Il s'agit de constater que le nouvel ordre du monde accroît le tragique de notre situation en raison des conséquences possibles d'un petit acte irréfléchi, de l'existence de conflits entre des responsabilités contradictoires et de l'aveuglement criminel des nouveaux fanatismes[14].

Perspectives philosophiques[modifier | modifier le code]

Zoroastre, le fondateur du Zoroastrisme, ancienne religion Perse, ayant pris conscience de l'unité de la personne divine, s'est trouvé contraint d'expliquer comment la création d'un être parfait pouvait être imparfaite, que l'on peut considérer comme la première occurrence de la question du Mal. En se basant sur l'ancienne mythologie iranienne d'un dieu bon lié à l'ordre du monde, Ahura Mazdâ ou Ohrmazd, et d'un dieu mauvais lié au désordre du monde, Angra Manyu ou Ahriman, il suppose en philosophe l'existence de deux causes primordiales inhérentes à l'homme et à Dieu lui-même. Plus tard, les docteurs mazdéens constituent une vraie religion dualiste en confondant la théologie et la philosophie de leur prophète[15].

Antiquité grecque[modifier | modifier le code]

Présocratiques[modifier | modifier le code]

Le problème du mal s'est posé dès la naissance de la philosophie :

  1. Héraclite évoque le châtiment qui serait celui du soleil s'il violait les lois de la nécessité. On peut entendre par là que le fait de dépasser les bornes de sa nature (et donc de la raison, du logos, selon Héraclite) est une injustice et une faute morale ;
  2. Un des textes des Présocratiques les plus célèbres sur le mal est ce fragment d'Anaximandre :

« ἐξ ὧν δὲ ἡ γένεσίς ἐστι τοῖς οὖσι͵ καὶ τὴν φθορὰν εἰς ταῦτα γίνεσθαι κατὰ τὸ χρεών
διδόναι γὰρ αὐτὰ δίκην καὶ τίσιν ἀλλήλοις τῆς ἀδικίας κατὰ τὴν τοῦ χρόνου τάξιν[16].
 »

— -Anaximandre, Simplicius, Commentaire sur la physique d’Aristote

.

« D'où les choses ont leur naissance, vers là aussi elles doivent sombrer en perdition, selon la nécessité; car elles doivent expier et être jugées pour leur injustice, selon l'ordre du temps» ou «..selon la nécessité ; car ils se paient les uns aux autres châtiment et pénitence pour leur injustice[17]. »

— Nietzsche, La philosophie à l'époque tragique des grecs

. Cette interprétation de la Diké comme justice au sens moderne a été fortement contestée par Martin Heidegger ( voir La Parole d'Anaximandre ).

Platon et Aristote[modifier | modifier le code]

Platon dans le Mythe d'Er expose que le choix de l'homme est assujetti à un relatif déterminisme. Une âme sachant ce qu'est le Bon et le Bien aura tendance à être attirée vers une vie vertueuse, tandis qu'une âme ayant mené une vie antérieure vicieuse sera davantage attirée vers le vice. Ce principe correspond à la thèse platonicienne selon laquelle « nul n'est méchant volontairement » . Si l'on commet le mal, c'est par ignorance de sa nature mauvaise ; si l'on connaissait cette nature, on n'y participerait pas et on préférerait s'adonner à la vertu[18].

Autres[modifier | modifier le code]

Stoïcisme[modifier | modifier le code]

Pour les Stoïciens la fin de toute vie, le telos , consiste vivre conformément à la nature, c'est-à-dire, d'une vie vertueuse en se soumettant à ses lois. D'où l'importance de la distinction entre, ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous, distinction qui a entraîné, à la fois, la formation du mythe du Sage stoïcien et aussi l'accusation d'indifférence à la souffrance[19].

« Supportez courageusement ; c'est par là que vous surpassez Dieu. Dieu est placé hors de l'atteinte des maux, vous, au-dessus d'eux[20]. »

. « La soumission à la loi naturelle portait en elle un principe d'égalité entre les hommes en tant qu'agents moraux autonomes […] et le véhicule d'un ordre de la moralité plus fondamental que telle ou telle organisation sociale et qui pouvait servir à la critiquer »[21].

Épicurisme[modifier | modifier le code]

Dans l'Épicurisme le plaisir est considéré comme le principe, άρχή , et la fin telos de la vie heureuse. Ni Dieu, ni la mort, ni la souffrance ne sont à craindre. « Le bien est facile à obtenir par une gestion avisée des désirs s'appliquant à satisfaire les désirs naturels et nécessaires , et se gardant de poursuivre des désirs illimités, sources de souffrance […] Si nous sommes délivrés d'une trop grande souffrance par la mort, le souvenir des bons moments entre amis nous aide à supporter nos maux » nous dit Épicure dans sa Lettre à Ménécée[22] .

Gnosticisme[modifier | modifier le code]

Au-delà des multiples formes qu'a pris le gnosticisme à travers les siècles et notamment en milieu chrétien on peut relever les caractères communs suivants :

  • Un facteur dualiste qui conduit à distinguer deux principes, un monde sensible dominé par des puissances mauvaises et par conséquent déprécié et un monde spirituel.
  • L'idée d'une connaissance privilégiée réservée aux élus transmis par une tradition secrète
  • Une spéculation de haute volée qui explore la plénitude du divin ou Plérôme.
  • Un antijudaisme qui assimile le Dieu de la Bible au Démiurge.

Chez certains gnostiques, l'humanité se partage en trois catégories : les hommes charnels ( hylique ), psychiques, et spirituels et à cette seule catégorie le salut est promis[2]

Moyen Âge et Scolastique[modifier | modifier le code]

Augustin[modifier | modifier le code]

La tradition augustinienne et thomiste a longtemps régné sans partage[23]. Débarrassé du manichéisme l'école « augustinienne » ne percevra plus le phénomène du mal qu'en termes de subversion et de privation[N 4]. La théodicée de Saint Augustin s'exprime par le constat que l'homme s'est détourné de Dieu en commettant le péché.

Ontologiquement, tirée du néant « la créature souffre toujours de cette marque indélébile ». Cette marque du néant transparaît dans l'inégalité des créatures, mais alors même que ces inégalités concourent à la beauté du tout, la créature la moins douée peut être dite souffrir d'une privation. Le mal n'est pas un principe en soi, comme le soutiennent les priscilliens et les manichéens, mais plutôt une absence de grâce et de bonnes œuvres. Citation|Le mal local et apparent est condition du bien universel[24]

Thomas d'Aquin[modifier | modifier le code]

Pour résoudre la question de l'éventuelle responsabilité divine Thomas dira que « Dieu a jugé meilleur de tirer partie du mal que de permettre l'existence d'aucun mal » et pour dégager sa responsabilité dans le « mal de coulpe », « on attribuera à l'homme le privilège d'être cause première » écrit Jean-Yves Lacoste[2].

Philosophie moderne et contemporaine[modifier | modifier le code]

Descartes[modifier | modifier le code]

Descartes part du constat que les actions touchant à la morale ne se prêtent pas toujours à une délibération approfondie « l'urgence et la nécessité de l'action conduisent à relativiser les valeurs : Descartes propose ainsi une « morale par provision » »[25]. Il est moins important de connaître absolument le Bien que se donner les moyens d'agir quitte à s'appuyer sur la tradition . La légitimité peut alors s'appuyer sur les coutumes et les mœurs qui ont pour elles la légitimité de l'expérience[25].

Descartes reprend la thèse platonicienne selon laquelle « nul ne fait le mal volontairement » : en effet, si cela peut être un bien pour la volonté d'aller à l'encontre de ce que lui présente l'entendement, cela ne l'est qu'en tant que la volonté considère que c'est un bien, par là, d'affirmer sa liberté (lettre à Mesland du 2 mai 1644). Le mal est donc à la fois la preuve de la liberté de la volonté humaine mais c'est aussi une simple négation, c'est-à-dire une preuve d'imperfection, à l'égard de Dieu; mais du point de vue humain cette négation est aussi une privation, c'est-à-dire une imperfection, non pas tant de sa nature (Descartes s'opposant ici à St Augustin), mais uniquement de ses actes (Les Principes de la philosophie, I, 29 à 42).

Spinoza[modifier | modifier le code]

Pour Spinoza le mal n'existe que comme privation, il n'a en lui-même aucune teneur réelle. Encore précise-t-il le sentiment de privation est « le résultat d'une comparaison plus ou moins arbitraire d'un étant singulier avec la fiction de ce qu'il serait s'il était resté identique à lui-même ou bien s'il possédait toutes les perfections du genre dont il relève » écrit Pascal Dupont[26]. Spinoza dans son style mathématique, à partir de ses principes de base, aborde la question du mal en la transformant immédiatement en une question concernant la détermination d'une chose comme bonne ou mauvaise, ceci dans la quatrième partie de son ouvrage l' Éthique intitulée De la servitude de l'homme[27].

Dans la proposition 68, Spinoza dit : « Si les hommes naissaient libres, ils ne formeraient aucun concept de chose bonne ou mauvaise aussi longtemps qu'ils seraient libres ». Un être libre est un être conduit par la raison qui ne s'intéressant qu'à l'essence des choses les perçoit selon leur nécessité ; il sait qu'une chose ne peut être ni bonne ni mauvaise en soi[27].

Les trois autres propositions suivantes, tirées du livre IV de l' Éthique pour compléter ce résumé de la position spinozienne :

  • Proposition 8 « La connaissance du bon et du mauvais n'est rien d'autre que l'affection de la Joie ou de la Tristesse, en tant que nous en avons conscience ».
  • Proposition 30 « Nulle chose ne peut être mauvaise par ce qu'elle a de commun avec notre nature, mais dans la mesure où elle est mauvaise pour nous, elle nous est contraire ».
  • Proposition 64 « La connaissance d'un mal est une connaissance inadéquate ». Corollaire « Il suit de là que si l'âme humaine n'avait que des idées adéquates, elle ne formerait aucune notion de chose mauvaise ».

Enfin Spinoza est conduit, dans la suite de ses principes de départ, à nier purement et simplement la possibilité du « libre arbitre »[28].

Kant[modifier | modifier le code]

On peut qualifier les études de philosophie pratique menées par Kant d' éthique déontologique, en ce que la loi morale, telle qu'elle est découverte par la raison pure pratique, ne dérive aucunement de l'expérience empirique et s'impose à la conscience morale commune en tant qu’impératif catégorique. Le devoir ou obligation morale par lequel la loi morale se présente à nous, êtres raisonnables finis, ne considère donc pas l'action dans son enchaînement empirique de causes et de conséquences (principal souci d'une éthique conséquentialiste), mais l'acte moral en lui-même. « Cette obligation tire sa légitimité de la légitime contrainte que l'homme exerce sur ses penchants et exprime par là la possibilité de sa liberté »[29].

Nietzsche[modifier | modifier le code]

Nietzsche se moque de toute morale qui prétend « juger l'action hors de la singularité réelle de ses conditions psychologiques, affectives, sociales etc..à partir d'une distinction abstraite et largement imaginaire entre le Bien et le Mal »[25]. La vertu chrétienne est une morale négatrice de la vie et des passions, fille du ressentiment[30].

Martin Heidegger[modifier | modifier le code]

Heidegger en 1960.

Martin Heidegger intéresse l'historien du concept du mal à un double titre, en tant que promoteur de l'existentialisme et en tant que penseur de la modernité à travers « Technique » et du « danger en l'Être ».

Le promoteur de l'existentialisme[modifier | modifier le code]

Dans Être et Temps, son œuvre majeure on trouve la « culpabilité » et l'expérience de la faute[31]. L'herméneutique de la facticité parle de la misère de l'homme. Le Dasein fait l'expérience de la déchéance, de l'angoisse, de la solitude et de la déshérence dans un monde qui ne lui offre aucun abri ( c'est la « Unheimlichkeit »). « L'homme ne peut tomber dans le mal que dans la méconnaissance de son être foncièrement débiteur, c'est à travers la claire vision de ce malaise et de son être foncièrement débiteur qui représente le prix à payer pour gagner l'« Authenticité de l'existence » die Eigentlichkeit  » écrit Henri Birault [32].

Le penseur de la la technique et du danger en l'Être[modifier | modifier le code]

Cette œuvre qui aborde successivement , la « question de la technique », l'histoire de la métaphysique, l'avènement ou Ereignis, le nihilisme contemporain, l'empire de la Machenschaft, cette œuvre nous alerte, sur l'immense péril qu'encours notre époque avec le triomphe de l'universelle calculabilité dont l'effet est de priver l'être humain de ce qui fait son humanité nous dit Gérard Guest[33].

Heidegger penseur de la technique et du nihilisme serait le premier penseur, à avoir envisagé la possibilité d'un danger au sein même de l'Être, voire une certaine « malignité » (dissimulation du danger qui appartient à l'essence de la technique), source du mal, que toute la tradition aurait caché, dans le droit fil de la tradition chrétienne, à l'inverse de la vision plus réaliste et tragique des grecs ( voir les tragédies de Sophocle).Il suffit de penser au thème si prégnant de l'« outre-passement », de l'Hybris, du dépassement des bornes de la simple prudence, qui enclenche systématiquement la fureur des Érinyes vengeresses. Le thème du « danger en l'Être » contre lequel l'homme oppose pour s'en protéger, sa contre-violence organisationnelle et sa science domine, nous dit Gérard Guest, la pensée des derniers traités[34],[35].

Nous pouvons détourner les yeux mais, nous dit Heidegger, l'épreuve de l'extrême péril à même l'expérience de l'être, ne nous sera pas épargnée pensons au développement de la triple forme de la criminalité moderne telle que la criminalité bureaucratique avec Hannah Arendt et Pierre Legendre, la criminalité destinale avec Dominique Fourcade et son livre « En laisse » consacré à l'humiliation des prisonniers irakiens nous dit Hadrien France-Lanord[36], et on pourrait ajouter à la criminalité insouciante des fonctionnaires pilotes de drones.

Pensée libérale[modifier | modifier le code]

De la loi morale à la Justice[modifier | modifier le code]

La notion de justice désigne à la fois la conformité de la rétribution avec le mérite et le respect de ce qui est conforme au droit d'autrui : elle est donc indissociablement morale et juridique. La justice comme vertu personnelle qui détermine l'action juste est un bien pour celui qui la possède en même temps qu'un bien qui appartient à autrui[37].

Leibniz se posait déjà le problème qui taraude la question de la Justice. « Comment le bien d'autrui peut-il être en même temps le nôtre ? Comment peut-il être une fin et non un moyen ? il ne peut l'être qu'en étant en lui-même agréable […] , mais désirer le bien d'autrui pour lui-même, n'est rien d'autre que l'aimer, en quoi est-ce Juste ? » s'interroge l'auteur de l'article Justice dans le Dictionnaire[38].

Justice et morale ne se recouvrent pas tout le temps. Ainsi dans l'Antiquité l'idée de Justice était parfaitement compatible avec un ordre parfaitement inégalitaire mais accepté car relevant de la loi naturelle. D'ailleurs l'idée stoïcienne de loi naturelle c'est-à-dire, l'idée d'un ordre moral fixé par la nature et discerné par la raison a servi de référence, au débat sur la Justice pendant des siècles. Alors qu'au Moyen Âge la Justice était essentiellement une vertu personnelle, aujourd'hui la Justice apparaît comme une vertu des institutions et de l'organisation sociale[21].

De la Justice aux Droits de l'homme[modifier | modifier le code]

Avec les Temps modernes la conception « christiano-stoïcienne » de la loi naturelle se transforma en une théorie des droits naturels qui autorisa les revendications morales à outrepasser les barrières sociales et qui constitua dés lors un ferment révolutionnaire[39]. Une étape importante dans ce mouvement est représentée par la doctrine de « l'Utilitarisme » des pays anglophones, qui proclame qu'il n'y a qu'un seul principe moral , « la recherche du plus grand bonheur pour le plus grand nombre »[40]. L'article premier de la déclaration des Droits de l'homme de 1789 est tout à fait dans cet esprit lorsqu'il édicte que « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune ». La déclaration et celles qui suivirent, notamment la déclaration universelle des Droits de l'Homme de 1948 restent muettes sur la façon de mettre en œuvre ces droits en pratique.

Perspectives religieuses et morales[modifier | modifier le code]

Question lancinante : comment justifier la présence du mal dans le monde ?

Manichéisme[modifier | modifier le code]

Outre la doctrine des deux principes que l'on trouve dans la Gnose, le Manichéisme[N 5], développe une doctrine dite des trois temps (antérieur, médian et final) et c'est dans le moment médian que nous vivons que règne la lutte entre le bien et le mal. Comme, selon les adeptes, il est impossible de triompher du mal, car le mal est indestructible. Le seul moyen d'être totalement dans le royaume de la lumière, c'est de fuir les ténèbres[41].

Christianisme[modifier | modifier le code]

Catholicisme[modifier | modifier le code]

En théologie fondamentale, le catholicisme adopte d'instinct la position de l'Antiquité classique « en atténuant le statut ontologique de ce qui contrevient à l'ordre harmonieux des choses »[2]. Aristote niait la réalité du mal et Plotin le cantonnait dans les réalités matérielles c'est-à-dire impactées de « non-être ». Si le mal « n'est » pas, Dieu ne peut en être la cause. La cohérence théologique l'imposant, cette question donna l'occasion à l'orthodoxie chrétienne de se séparer des influences gnostiques et du manichéisme. Désormais la « déréalisation » du mal devint une attitude constante chez les théologiens. Reprenant une thèse du théologien médiéval Thomas d'Aquin, Jacques Maritain interprétera « la faute comme initiative néantante de la volonté crée »[2].

Constatant qu'en dépit de tout, le mal existe, « la pensée moderne se dispense de se demander si cette existence est ou non dotée d'un être »[2]. Il ne va plus s'agir que de donner autant que faire se peut un sens humain à la souffrance, « la souffrance n'est pas l'expédient qui permet d'engendrer un plus grand bien ; elle apparaît comme la plus humaine des expériences en étant une expérience que Dieu connaît en son être »[5].

Pascal[modifier | modifier le code]

Pascal est particulièrement sensible à la grandeur et à la misère de l'homme positionné entre « deux infinis »[42]. « Jamais on ne fait le mal si pleinement et si gaîment que quand on le fait par conscience »[43].

Luther et la Réforme[modifier | modifier le code]

La Réforme a particulièrement accentué la radicalité du mal. Sa lecture des Écritures lui interdit d'éluder le problème du mal. La primauté accordée à la question du Salut présuppose l'expérience de la perdition[44].

Malgré l'idée de la « non-substantialité » du mal, qu'elle reçoit d'Augustin, la Réforme s'est donc évertuée à ce que l' horreur du mal n'en soit pas atténuée[9],[N 6]. La Réforme reproche à la tradition médiévale de minimiser le mal et le péché et de ne pas distinguer suffisamment celui-ci du mal physique et du mal métaphysique de la finitude imparfaite[44]. Elle trouve dans la Genèse de quoi étayer la preuve de la responsabilité humaine[23]. Le protestantisme a mené un combat pour le libre examen mais cette priorité accordée à la conscience personnelle a eu pour conséquence une certaine relativisation des normes morales.

Henri Blocher[9], note dans l'article dont il est l'auteur, que « La tradition protestante, comparativement à d'autres a davantage fondé son éthique sur une réduction du mal plutôt que la promotion du bien »

L'Islam[modifier | modifier le code]

L'Islam se caractérise par une fidélité stricte à la Loi, sharî a, qui à l'inverse du christianisme réformé conduit à figer pour un temps indéfini d'anciennes normes morales et sociétales[45]. Dans le christianisme, et particulièrement la Réforme, l'accent porte sur le péché de l'homme qui ne peut rien sans le pardon divin. Il s'ensuit pour le christianisme une vision globalement plus pessimiste de la nature humaine qu'elle ne l'est en Islam où l'avertissement, l'orientation de Dieu et la pression communautaire y suffisent à assurer un juste comportement[45].

À noter qu'une école de pensée, aujourd'hui disparue, le Mutazilisme soutenait, que le Bien et le Mal ne peuvent être appréhendés qu’à travers l’exercice de la raison humaine. Face au problème du mal dans un monde où Dieu est omnipotent, ils mirent en avant le « libre arbitre » des êtres humains et présentèrent le mal comme étant généré par les erreurs des actes de ceux-ci. Dieu ne fait pas le mal et demande aux hommes de ne pas le faire non plus. Si les actes maléfiques d'un homme provenait de la volonté de Dieu, alors la notion de punition perdrait son sens car l'homme suivrait la volonté divine quels que soient ses actes. Le mutazilisme s'opposait donc à la prédestination.

Religions orientales[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b article Mal Dictionnaire des concepts philosophiques, p. 488
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j article Mal Dictionnaire critique de la théologie, p. 695
  3. Étienne BORNE, « MAL  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 décembre 2014. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/mal/
  4. Jordens Robert. Jacques Maritain, Dieu et la permission du mal , Revue Philosophique de Louvain, 1965, vol. 63, no 77, p. 165-167
  5. a, b et c article Mal Dictionnaire critique de théologie, p. 696
  6. a, b, c et d article Mal Encyclopédie du protestantisme, p. 853
  7. Ces deux citations ont été fournies par le site Persée lire en ligne-http://www.site-magister.com/prepas/page23d.htm
  8. article Mal Encyclopédie du protestantisme, p. 854
  9. a, b et c article Mal Encyclopédie du protestantisme, p. 852
  10. article Mal Encyclopédie du protestantisme, p. 855
  11. article Mal Dictionnaire des concepts philosophiques, p. 489
  12. article Mal Dictionnaire critique de la théologie, p. 697
  13. article Culpabilité Encyclopédie du protestantisme, p. 282-285
  14. a et b article Mal Encyclopédie du protestantisme, p. 856
  15. Jean Kellens, professeur au Collège de France, décrit dans l'article L'Avesta, Zoroastre et les sources des religions indo-iraniennes les controverses qui sont à l'origine du dualisme entre le Bien et le Mal. Il explique ainsi l'influence de Zoroastre sur l'imaginaire des intellectuels européens du XVIIe siècle à la fin du XIXe siècle et l'apport de Anquetil-Duperron pour faire passer Zoroastre et la religion iranienne du domaine des querelles philosophiques aux domaines de la science et de la philologie.
  16. Simplicius, Commentaire sur la physique d’Aristote (24, 13) :
  17. Nietzsche, La philosophie à l'époque tragique des grecs
  18. Voir République, 577d-e, et p. 729, note 82, de l'édition GF.
  19. article Stoïcisme Dictionnaire des concepts philosophiques, p. 758
  20. Sénèque, De la providence, VI : « Souffrez avec courage ; par là vous l’emporterez sur moi-même : je suis en dehors de la souffrance ; vous êtes, vous, au-dessus d’elle. »
  21. a et b article Justice Dictionnaire critique de la théologie, p. 621
  22. article Épicurisme, Dictionnaire des concepts philosophiques, p. 259
  23. a et b article Mal Encyclopédie du protestantisme, p. 859
  24. article Mal Encyclopédie du protestantisme, p. 860
  25. a, b et c article Morale Dictionnaire des concepts philosophiques, p. 534
  26. Pascal Dupont La morale-la différence éthique dans la pensée de Spinoza, Revue numérique Philopsis lire en ligne http://www.philopsis.fr/IMG/pdf_morale_pinoza_dupond.pdf
  27. a et b Pascal Dupont La morale-la différence éthique dans la pensée de Spinoza, Revue numérique Philopsis lire en ligne page 2 http://www.philopsis.fr/IMG/pdf_morale_pinoza_dupond.pdf
  28. Baruch Spinoza Imago Mundi lire en ligne http://www.cosmovisions.com/Spinoza05.htm
  29. article Moralisme Dictionnaire des concepts philosophiques, p. 535
  30. article Nietzsche Encyclopédie du protestantisme, p. 896
  31. article Heidegger Dictionnaire critique de la théologie, p. 522
  32. Birault 1986, p. 521
  33. Guest 2006, p. 12
  34. Gérard Guest, « 30e séance du séminaire «  Investigations à la limite : Une phénoménologie de l’extrême », vidéo 11 », sur Paroles des Jours,‎ mars 2013 (consulté le 10 octobre 2013).
  35. Gérard Guest, « 31e séance du séminaire «  Investigations à la limite : Une phénoménologie de l’extrême », vidéo 5 : L'être humain comme deinotaton , violence et contre-violence », sur Paroles des Jours,‎ mars 2013 (consulté le 10 octobre 2013).
  36. France-Lanord 2006, p. 19
  37. article Justice Dictionnaire des concepts philosophiques, p. 461
  38. article Justice Dictionnaire des concepts philosophiques, p. 462
  39. article Justice Dictionnaire critique de la théologie, p. 622
  40. article Utilitarisme Dictionnaire critique de la théologie, p. 1211
  41. article Manichéisme Dictionnaire critique de la théologie, p. 699
  42. article Pascal Dictionnaire critique de la théologie, p. 863
  43. Blaise Pascal Les pensées éditions Sellier: 658
  44. a et b article Mal Encyclopédie du protestantisme, p. 858
  45. a et b article Islam Encyclopédie du protestantisme, p. 641

Notes[modifier | modifier le code]

  1. C'est l'opinion de Marc Aurèle qui pense que rien n'est mal qui est conforme à la nature-article Mal Dictionnaire des concepts philosophiques, p. 488
  2. L'idée du mal, qui doit avoir quelque réalité, puisque abondent et surabondent de tout temps et en tout lieu les discours sur le mal, est donc dialectique et interrogative : dialectique, puisqu'elle n'est pensable que par un entrecroisement de négations, c'est-à-dire par référence à la norme ou à la valeur que le mal nie existentiellement, lesquelles à leur tour le nient rationnellement ou idéalement ; interrogative, car le mal, ne pouvant être appréhendé que comme contestation scandaleusement heureuse du bien, pose par l'équivoque même de sa nature le problème de son origine et de sa signification-Étienne BORNE, « MAL  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 décembre 2014. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/mal/
  3. « Le correspondant de Spinoza formule l'aporie classique : ou bien et le mal et le péché n'existent pas, Dieu par qui tout existe ne pouvant en être l'auteur ; ou bien le mal et le péché existent et Dieu en est l'auteur. Il est nécessaire que l'une de ces propositions soit vraie, et pourtant elles également impossibles, l'une abolissant toute différence éthique, l'autre rendant Dieu responsable du mal. Spinoza écarte l'aporie en montrant qu'elle est née d'une compréhension erronée du mal, celle qui consiste à considérer le mal comme quelque chose de positif »-écrit Pascal Dupont La morale-la différence éthique dans la pensée de Spinoza, Revue numérique Philopsis lire en ligne http://www.philopsis.fr/IMG/pdf_morale_pinoza_dupond.pdf
  4. « Le mal pour une nature, est la privation d'une perfection par exemple la vue pour un aveugle; la rectitude morale pour le vouloir du pécheur »-article Mal Encyclopédie du protestantisme, p. 859
  5. Pour saint Augustin, le manichéisme est directement issu du gnosticisme. Il n'y a donc rien de vraiment nouveau dans la secte des manichéens. Saint Augustin a été manichéen à une période de sa vie, il connaît donc assez bien la doctrine de Mani, par différents témoignages et écrits qui ne sont peut-être pas tous parvenus jusqu'à nous
  6. « Par-delà l'abîme incrustable de l'origine du mal qui corrompt jusqu'à notre bonne volonté ; le mal radical consiste entre autres à faire de la loi morale un instrument de bonheur, autrement dit à vouloir une récompense pour sa moralité, c'est-à-dire à produire son salut »-article Mal Encyclopédie du protestantisme, p. 855

Bibliographie dédiée[modifier | modifier le code]

  • Jean Yves Lacoste+collectif (dir.), Dictionnaire critique de théologie, PUF, coll. « Quadrige »,‎ 2002, 1314 p. (ISBN 2-13-052904-6).
  • Michel Blay, Dictionnaire des concepts philosophiques, Larousse,‎ 2013, 880 p. (ISBN 978-2-03-585007-2).
  • Philippe Arjakovsky, François Fédier et Hadrien France-Lanord (dir.), Le Dictionnaire Martin Heidegger : Vocabulaire polyphonique de sa pensée, Paris, Éditions du Cerf,‎ 2013, 1450 p. (ISBN 978-2-204-10077-9).
  • Pierre Gisel+collectif (dir.), Encyclopédie du protestantisme, PUF, coll. « Quadrige »,‎ 2006, 1572 p. (ISBN 2-13-055415-6).
  • Philippe Sollers+ collectif, Heidegger : le danger en l'Être dans l'Infini n°95, coll. « L'Infini »,‎ 2006, 255 p..
  • Henri Birault, « Philosophie et Théologie Heidegger et Pascal », dans Michel Haar, Martin Heidegger, Éditions de l'Herne, coll. « Biblio essais.Livre de poche »,‎ 1986 (ISBN 2-253-03990-X), p. 115-129.