Onction des malades

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Extrême-onction
Peinture de l'école flamande (v. 1600).

L'onction des malades est un sacrement des Églises catholique romaine, orthodoxes de tout genre, et anglicanes par lequel celui qui souffre est confié à la compassion du Christ (parfois dit Christ médecin). L'onction est faite avec une huile bénite et est célébrée par un prêtre.

Plusieurs églises évangéliques pratiquent aussi l'onction d'huile pour les malades, mais ne la considèrent pas comme un sacrement.

L'onction des malades est une ordonnance de la prêtrise dans l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours.

Fondement biblique[modifier | modifier le code]

Le principal fondement scripturaire de cette pratique sacramentelle se trouve dans l'épitre de Jacques (au chapitre 5, versets 14 et 15) : « Quelqu'un parmi vous est-il malade ? Qu'il appelle les anciens de l'Église, et que les anciens prient pour lui, en l'oignant d'huile au nom du Seigneur ; la prière de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le relèvera ; et s'il a commis des péchés, il lui sera pardonné ». Il est bien clair que cette prescription de l'apôtre Jacques se situe dans le prolongement de l'action de Jésus lui-même, Jésus dont les évangélistes nous ont rapporté avec insistance les guérisons. Par exemple, dans l'Évangile selon Marc (Marc 6, 13) : « Ils chassaient beaucoup de démons, et ils oignaient d'huile beaucoup de malades et les guérissaient. »

Dans l'Église catholique[modifier | modifier le code]

À partir du XIIe siècle, cette onction a pris la forme du dernier sacrement des mourants (et non seulement des malades). Elle a alors pris le nom d'extrême-onction. Elle était considérée comme un sacrement à caractère unique. Après le concile Vatican II (n°74-75 de la Constitution Sacrosanctum Concilium sur la liturgie), la Constitution apostolique Sacram unctionem infirmorum, du , a établi le rite de l'onction par l'huile alors que le prêtre prononce une seule fois : « Per istam sanctam unctionem et suam piissimam misericordiam adiuvet te Dominus gratia Spiritus Sancti, ut a peccatis liberatum te salvet atque propitius allevet. (« Par cette onction sainte, que le Seigneur, en sa grande bonté vous réconforte par la grâce de l'Esprit Saint. Ainsi, vous ayant libéré de tous péchés, qu'il vous sauve et vous relève ») ». On parle aussi de sacrement des malades.

L'onction n'est donc plus le sacrement des malades en danger de mort mais une prière pour le rétablissement des malades graves, avec l'aide du prêtre et des proches du malade. L'onction des malades peut naturellement être répétée (alors que l'extrême-onction était considérée comme un sacrement unique — comme le mariage - quoiqu'il pouvait être répété dans le cas où la personne, guérie, se trouvait de nouveau en danger de mort du fait d'une autre maladie ou accident).

Néanmoins, pour accompagner les malades en fin de vie, l'onction peut être accompagnée d'une Eucharistie qui prend alors le nom de Viaticum (ou viatique).

Dans les Églises protestantes[modifier | modifier le code]

Les Églises protestantes n'ont pas toutes la même position concernant la prière pour les malades. En 1545, Martin Luther fournissait un ordre de culte pour l'onction des malades. Au XXIe siècle, l'onction des malades est pratiquée à la demande du malade dans les Églises anglicanes, Évangéliques et charismatiques. Ce sont les responsables de la communauté (appelés parfois les anciens) qui prient et appliquent l'huile sur le front du malade selon ce qui est écrit dans l'épître de Jacques citée plus haut.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Adnès, L’onction des malades. Histoire et théologie. Paris 1994 (Théologie nouvelle).
  • Arnaud Bérard, L’onction des malades. Sacrement de guérison ou de préparation à la mort. Paris 1996.
  • Antoine Chavasse, Étude sur l’Onction des infirmes dans l’Église latine du IIIe au XIe siècle. T. 1 : Du IIIe siècle à la réforme carolingienne. Lyon 1942.
  • Aimé-Georges Martimort, Prière pour les malades et onction sacramentelle, in : Les sacrements. Éd. ID. Paris 1984 (L’Église en prière 4) 132-153
  • Henry Mottu, Le geste prophétique, pour une pratique protestante des sacrements. Genève 1998, 204-212 [“Oindre les malades”].
  • Louis-Michel Renier, L’onction des malades. Angers 1996.
  • Jean-Philippe Revel, Traité des sacrements. VI. L’onction des malades. Paris 2009 et 4+1.