Calendrier julien

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Le calendrier julien est introduit par Jules César en 46 av. J.-C. pour remplacer le calendrier romain. Il est utilisé dans la Rome antique à partir de 45 av. J.-C.. Il reste employé en Europe jusqu'à son remplacement par le calendrier grégorien à la fin du XVIe siècle. Il est encore utilisé dans la République monastique du mont Athos, ainsi que par cinq Églises orthodoxes : les Églises orthodoxes de Jérusalem, de Russie, de Georgie, de Macédoine, de Serbie ; et marginalement par des Berbères en Afrique du Nord.

Le calendrier julien est parfois signalé par l'appellation ancien style ou a.s. (ou O.S. pour old style en anglais).

Le calendrier copte utilise la même structure que le calendrier julien avec quelques variantes d'application.

Le calendrier romain[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Calendrier romain.

Le calendrier romain républicain en usage à Rome avant la réforme julienne comportait douze mois et 355 jours en année normale et 377 ou 378 jours les années complétées d'un mois intercalaire appelé Mercedonius. L'année débutait aux ides de mars (15 mars, considéré comme le début du printemps) et le nombre de jours de chaque mois était :

Le calendrier romain républicain avant la réforme julienne
I Martius mars 31 jours
II Aprilis avril 29 jours
III Maius mai 31 jours
IV Iunius juin 29 jours
V Quintilis juillet 31 jours
VI Sextilis août 29 jours
VII September septembre 29 jours
VIII October octobre 31 jours
IX November novembre 29 jours
X December décembre 29 jours
XI Ianuarius janvier 29 jours
XII Februarius février 28 jours
TOTAL 355 jours

Ainsi les mois ont tous un nombre impair de jours par superstition sauf février qui était dédié aux dieux de l'enfer[1]. Le mois intercalaire, Mercedonius ou mensis intercalaris, de 27 jours était intercalé tous les deux ans. Cette intercalation avait lieu alternativement après le 23 ou le 24 février, le mois de février était alors tronqué de quelques jours[2]. Ainsi les années comptaient les nombres de jours suivants :

Cycle des intercalations du calendrier romain républicain
Type d'année Intercalation Nombre de jours
Normale Aucune 355 jours
Intercalaire longue février : 24 jours
+ mois intercalaire
de 27 jours
378 jours
Normale Aucune 355 jours
Intercalaire courte février : 23 jours
+ mois intercalaire
de 27 jours
377 jours

Du point de vue des fêtes civiles et religieuses, les cinq derniers jours de février devenaient les cinq derniers jours du mois intercalaire. Celui-ci était appelé Mercedonius, parce que les mercenaires recevaient leurs salaires (en latin : merces, salaires) à ce moment-là.

L'année moyenne de ce calendrier comptait 366,25 jours (cycle des années de (355 + 378 + 355 + 377 jours) divisés par 4), soit environ un jour de plus que l'année tropique. La durée moyenne des mois était de 29,59 jours, assez proche de la durée d'une lunaison (intervalle entre deux pleines lunes), de 29,53 jours. Les semaines dites nundinae (Nundines) duraient alors huit jours[2].

Selon Censorinus[3] et Macrobe[4], ce cycle d'intercalation était le meilleur possible. Macrobe décrit un raffinement, pour une période de huit ans tous les 24 ans, ne comprenant que trois années intercalaires, toutes de 377 jours. Ce principe permettait de ramener la longueur moyenne de l'année calendaire à 365,25 jours sur 24 ans, proche de l'année tropique.

Motifs de la réforme julienne[modifier | modifier le code]

En pratique, le système ne fut pas appliqué rigoureusement ; les intercalations étant effectuées de façon hasardeuse. Celles-ci étaient déterminées par les prêtres responsables du calendrier, puis par les pontifes, et appliquées par les consuls. Négligence, concussion aussi (le calendrier déterminait les dates de résolution des crédits, d'exigibilité des loyers, etc.), les documents montrent qu'elles furent très irrégulières, parfois omises plusieurs années de suite et, à l'occasion, mises en œuvre plusieurs années consécutives[2].

S'il était utilisé correctement, ce système permettait à l'année romaine de rester grossièrement alignée sur l'année tropique. Cependant, lorsque trop d'intercalations furent omises, comme lors de la Deuxième Guerre punique ou des Guerres civiles romaines, le calendrier se décala rapidement. De plus, comme les intercalations étaient déterminées assez tardivement, un citoyen romain ordinaire ne connaissait pas la date officielle, particulièrement s'il se trouvait loin de Rome. Ainsi, le calendrier devint peu à peu incompréhensible ; les années précédant la réforme julienne furent appelées les « années de la confusion ». Pendant les années où Jules César exerça la charge de pontifex maximus, avant la réforme, entre 63 av. J.-C. et 46 av. J.-C., seules cinq intercalations furent pratiquées au lieu de huit, et entre 51 av. J.-C. et 46 av. J.-C. aucune ne se produisit.

La réforme julienne avait donc pour objet de corriger définitivement ces défauts en créant un calendrier qui resterait de façon simple en correspondance avec le soleil, sans intervention humaine.

Description de la réforme julienne[modifier | modifier le code]

En tant que pontifex maximus, César avait la charge de fixer le calendrier. La réforme julienne fut introduite à son initiative en 46 av. J.-C. (708 depuis la fondation de la Ville (Rome), ab Urbe condita, AUC) et entra en application en 45 av. J.-C. (709 AUC). Elle fut établie après consultation de l'astronome Sosigène d'Alexandrie et probablement conçue pour approcher l'année tropique, déterminée depuis au moins Hipparque.

Alignement du calendrier avec le soleil[modifier | modifier le code]

La première étape de la réforme fut le réalignement du début de l'année romaine avec l'année tropique. Du fait des intercalations absentes, le calendrier romain avait pris 90 jours d'avance. L'année 46 av. J.-C. dura donc 445 jours, elle est appelée année de la confusion. Cette année avait déjà été étendue de 355 à 378 jours par l'insertion d'un mois intercalaire régulier en février. Lorsque César décréta la réforme, probablement après son retour de sa campagne africaine à la fin de quintilis (juillet), il ajouta 67 autres jours en intercalant deux mois intercalaires exceptionnels entre novembre et décembre[5]. Cicéron nomme ces mois intercalaris prior et intercalaris posterior dans une lettre écrite à cette époque ; leur longueur respective est inconnue, tout comme la position des nones et des ides lors de chacun de ces mois. L'année 45 av. J.-C. fut la première année d'application régulière du nouveau calendrier julien.

Transition au calendrier julien
Année A.U.C. Année consulaire Mois Nombre de jours
707 C. Iulius Caesar III
et
M. Aemilius Lepidus I
Ianuarius 29 - 445
Februarius 24 -
mensis intercalaris 27 -
708 Martius 31 365
Aprilis 29
Maius 31
Iunius 29
Quintilis 31
Sextilis 29
September 29
October 31
November 29
Intercalaris prior 67
Intercalaris posterior
December 29
709 Q. Fabius Maximus
et
C. Trebonius
Ianuarius 31 365
Februarius 28
Dix mois suivants 306

Réforme de la longueur des mois et de l'année[modifier | modifier le code]

Censorin décrit la réforme comme suit :

« […] nam intercalario mense sublato, annum civilem ad Solis cursum formavit. Itaque diebus CCCLV addidit X, quos per septem menses, qui dies undetricenos habebant, ita distribuit, ut jaunario, et sextili, et decembri bini accederent, cæteris singuli : eosque dies extremis partibus mensium adposuit, ne scilicet religiones sui cujusque mensis a loco submoverentur. Quapropter nune cum in septem mensibus dies singuli et triceni sint, quatuor tamen illi ita primitus instituti eo dinoscuntur, quod nonas liabent septimanas : cæteri, quintanas. Præterca pro quadrante dici, qui annum verum suppleturus videbatur, instituit, ut, peracto quadriennii circuitu, dies unus, ubi mensis quondam solebat, post Terminalia intercalaretur ; quod nunc Bisextum vocatur ».

Censorinus, De Die natali, XXI.
« Il [Jules César] supprima le mois intercalaire et établit l'année civile d'après le cours du soleil. À cet effet, aux trois cent cinquante-cinq jours de l'année, il en ajouta dix, qu'il répartit entre les sept mois de vingt-neuf jours, de manière à ce qu'il y eût deux jours de plus en janvier, en août et en décembre, et un seulement dans les autres mois ; et il plaça ces jours supplémentaires à la fin des mois, pour que les fêtes religieuses de chaque mois ne fussent point dérangées. C'est pour cette raison qu'aujourd'hui, où l'on a sept mois de trente-et-un jours, il y en a pourtant quatre qui ont retenu de l'ancienne institution cette particularité, que les nones y tombent le septième jour, tandis que les autres les ont au cinquième. Enfin, pour tenir compte du quart de jour qui paraissait devoir compléter l'année réelle, César ordonna qu'après chaque révolution de quatre années, on ajoutât, après les Terminalies, au lieu de l'ancien mois [intercalaire], un jour intercalaire, qu'on nomme aujourd'hui bissexte ».

Censorin, Du jour natal, 21.

Macrobe dit de même :

« Julius ergo Caesar decem dies observationi veteri superadjecit ; ut annum trecenti sexaginta quinque dies, quibus sol zodiacum lustrat, efficerent : et, ne quadrans deesset, statuit, ut quarto quoque anno sacerdotes, qui curabant mensibus ac diebus, umim interralarent diem ; eo scilicet mense ac loco, quo etiam apud veteres intercalabatur, id est, ante quinque ultimos Februarii mensis dies ; idque bisextum censuit nominandum. Dies autem decem, quos ab eo additos diximus, hac ordinatione distribuit : in Januariuin, et Sextilem, et Decembrem, binos dies inseruit ; in Aprilem autem, Junium, Septembrem, Novembrem, singulos. Sed neque mensi Februario addidit diem, ne deo infero religio immutaretur : et Martio, Majo, Quintili, Octobri servnvit pristinum statum ; quod satis pleno erant numero, id est, dierum singulorum tricenorumque. Ideo et septimanas habent Nonas, sicut Numa constituit, quia nihil in his Julius mutavit. Sed Januarius, Sextilis, December, quibuis Caesar binos dics addidit, licet tricenos singulos habere post Caesarem coeperint, quintanas tamen habent Nonas ; et ab Idibus illis sequentes Kalendae in undevicesimum revertuntur : quia Caesar, quos addidit dios, neque ante Nonas, neque ante Idus inserere voluit, ne Nonarum aut Iduum religionem, quae stato erant die, novella comperendinatione corrumprret. Sed nec post Idus mox voluit inferre, ne feriarum quarumque violaretur indictio. Sed peraclis cujusque monsis feriis, locum diebus advenis ferit ».

Flavius Macrobius Ambrosius, Convivia primi diei Saturnaliorum, XIV.
« Jules César ajouta donc dix jours à l'ancienne année, pour que l'année embrassât les trois cent soixante-cinq jours que le soleil emploie à par courir le zodiaque ; et, afin de ne pas négliger le quart de journée restant, il établit que, chaque quatre ans, les prêtres qui présidaient aux mois et aux jours intercaleraient un jour dans le même mois et au même lieu où les anciens intercalaient, c'est-à-dire avant les cinq derniers jours de février ; et il appela cette opération le bisextum. Quant aux dix jours que nous avons dit avoir été ajoutés par lui, voici dans quel ordre il les distribua. Il ajouta deux jours aux mois de janvier, sextilis et décembre, et un jour aux mois d'avril, juin, septembre et novembre ; mais il n'ajouta point de jour au mois de février, pour ne pas porter atteinte au culte des dieux infernaux. Mars, mai, quintile et octobre restèrent dans leur ancien état, comme ayant un nombre suffisant de jours, c'est-à-dire trente-et-un. César n'ayant rien changé à ces mois, leurs nones restèrent au septième jour, comme Numa l'avait établi ; janvier, sextilis et décembre, auxquels il ajouta deux jours, quoique depuis cette époque ils en eussent trente-et-un, continuèrent à compter cinq jours de nones. Les calendes qui les suivent sont fixées dix-neuf jours après leurs ides, parce que César ne voulut insérer les jours qu'il ajouta, ni avant les nones, ni avant les ides, pour ne pas troubler, par une nouvelle énumération, le rite religieux fixé à ces époques. Il ne voulut pas non plus placer ces jours immédiatement après les ides, pour n'avoir à troubler aucune férie dans le rang qui lui était assigné ; mais il plaça ces jours nouveaux après toutes les féries de chaque mois écoulées ».

Marcrobe, Les Saturnales, 14.

Ainsi pour résumer, cela donne :

  • Le calendrier conserve les douze mois du calendrier romain républicain ;
  • Le début de l'année consulaire est fixé au 1er janvier (date d'élection des Consuls de Rome) à la place de Mars, comme établi depuis 153 av. J.-C.[1] ;
  • L'année normale comporte 365 jours, et une année bissextile tous les 4 ans comporte un jour de plus ;
  • Martius, Maius, Quintilis et October restent des mois pleins de trente-et-un jours ;
  • Trois mois caves (Ianuarius, Sextilis et December) deviennent des mois pleins de trente-et-un jours ;
  • Chaque autre mois cave gagne un jour, sauf février.
Les mois du calendrier julien et leur longueur
Ianuarius 31 jours
Februarius 28 jours (29 si bissextile)
Martius 31 jours
Aprilis 30 jours
Maius 31 jours
Iunius 30 jours
Quintilis 31 jours
Sextilis 31 jours
September 30 jours
October 31 jours
November 30 jours
December 31 jours
TOTAL 365 jours (366 si bissextile)

Macrobe prétend que ces jours additionnels furent ajoutés immédiatement après le dernier jour de chacun de ces mois pour éviter de déplacer des fêtes établies[4]. Cependant, comme les dates romaines après les ides d'un mois étaient comptées à rebours relativement au début du mois suivant, ces jours supplémentaires eurent pour effet d'augmenter le compte initial du jour situé juste après les Ides. Les Romains de l'époque nés après les Ides d'un tel mois réagirent différemment à ce changement sur leur date d'anniversaire. Marc Antoine le conserva au 14e jour de januarius, ce qui le fit passer de a.d. XVII Kal. Feb. à a.d. XIX Kal. Feb., une date qui n'existait pas auparavant. Livie la conserva à a.d. III Kal. Feb., ce qui la décala du 28e au 30e jour de januarius, un jour qui là encore n'existait pas auparavant. Auguste conserva la sienne au 23e jour de september, mais les deux dates, l'ancienne a.d. VIII Kal. Oct. et la nouvelle a.d. IX Kal. Oct., étaient célébrées à certains endroits.

Intercalation[modifier | modifier le code]

Un jour intercalaire est inséré tous les quatre ans afin de mieux approcher l'année tropique (environ 365,2422 jours). L'année où un jour supplémentaire est intercalé compte 366 jours. En moyenne, une année du calendrier julien dure donc 365,25 jours.

L'ancien mensis intercalaris, fut aboli. Le nouveau jour intercalaire fut inséré en février. La position exacte du jour bissextile dans le calendrier julien original n'est pas connue avec certitude. En 238, Censorinus déclarait qu'il était inséré après les Terminalies (23 février)[3]. Il était donc suivi des cinq derniers jours de février, c'est-à-dire a. d. VI, V, IV, III et prid. Kal. Mart. (ces jours correspondent aux 24 à 28 février dans une année commune et aux 25 à 29 février dans une année bissextile). Il est vraisemblable que ce jour intercalaire ne remplaçait pas le 24 février mais redoublait le 23 février (sixième jour des calendes de mars), afin de ne pas modifier les commémorations des cinq derniers jours de février. Il fut ainsi appelé ante diem bis sextum Kalendas Martias, généralement abrégé en a.d. bis VI Kal. Mart. (c'est-à-dire « sixième jour bis avant les calendes de mars » ; l'année qui le contenait, fut appelée annus bissextus.

Tous les auteurs ultérieurs, comme Macrobe vers 430[4], Bède en 725[6] et les computistes médiévaux suivirent cette règle.

Le calendrier liturgique de l'église catholique romaine suivit cette règle jusqu'en 1970.

Les jours des mois ne furent numérotés de façon consécutive qu'à la fin du Moyen Âge. Le jour bissextile fut alors considéré comme le dernier jour de février, c'est-à-dire le 29 février.

Nota : l'année julienne moyenne de 365,25 jours est un peu plus longue que l'année tropique de 365,2422 jours. Cette différence conduira à la réforme du calendrier grégorien en 1582.

Application du calendrier julien[modifier | modifier le code]

Corrections d'Auguste[modifier | modifier le code]

Bien que l'intercalation julienne soit plus simple que celle du calendrier romain, elle fut, semble-t-il, mal appliquée au début. Apparemment, les pontifes comprirent mal la méthode et ajoutèrent un jour intercalaire tous les trois ans, et non tous les quatre[7]. Auguste, Pontifex Maximus, après 36 ans, corrigea cette erreur en omettant plusieurs années bissextiles pour réaligner l'année civile sur le soleil.

La suite des années bissextiles de cette période n'est donnée explicitement par aucune source ancienne, même si l'existence d'un cycle triannuel est confirmée par une inscription datant de 9 av. J.-C. ou 8 av. J.-C.. Le chronologiste Joseph Scaliger établit en 1583 que la réforme d'Auguste fut instituée en 8 av. J.-C. et en déduisit que les années bissextiles furent 42 av. J.-C., 39 av. J.-C., 36 av. J.-C., 33 av. J.-C., 30 av. J.-C., 27 av. J.-C., 24 av. J.-C., 21 av. J.-C., 18 av. J.-C., 15 av. J.-C., 12 av. J.-C., 9 av. J.-C., 8 ap. J.-C., 12 ap. J.-C., etc. Cette proposition est toujours la plus acceptée. Il a parfois été suggéré que la première année de la réforme julienne, 45 av. J.-C., était également bissextile.

D'autres solutions ont été proposées. En 1614, Kepler émis l'hypothèse que la suite correcte était 43 av. J.-C., 40 av. J.-C., 37 av. J.-C., 34 av. J.-C., 31 av. J.-C., 28 av. J.-C., 25 av. J.-C., 22 av. J.-C., 19 av. J.-C., 16 av. J.-C., 13 av. J.-C., 10 av. J.-C., 8 ap. J.-C., 12 ap. J.-C., etc. En 1883, le chronologiste allemand Matzat proposa 44 av. J.-C., 41 av. J.-C., 38 av. J.-C., 35 av. J.-C., 32 av. J.-C., 29 av. J.-C., 26 av. J.-C., 23 av. J.-C., 20 av. J.-C., 17 av. J.-C., 14 av. J.-C., 11 av. J.-C., 4 ap. J.-C., 8 ap. J.-C., 12 ap. J.-C., etc., sur la base d'un passage de Dion Cassius mentionnant un jour intercalaire en 41 av. J.-C. prétendument « contraire à la règle [de César] ». Dans les années 1960, Radke argumenta que la réforme fut instituée lorsqu'Auguste devint pontifex maximus en 12 av. J.-C., suggérant la suite 45 av. J.-C., 42 av. J.-C., 39 av. J.-C., 36 av. J.-C., 33 av. J.-C., 30 av. J.-C., 27 av. J.-C., 24 av. J.-C., 21 av. J.-C., 18 av. J.-C., 15 av. J.-C., 12 av. J.-C., 4 ap. J.-C., 8 ap. J.-C., 12 ap. J.-C., etc. Dans tous les cas, selon Radke, le calendrier romain fut à nouveau aligné avec le calendrier julien à partir du 26 février 4 ap. J.-C..

En 1999 fut découvert un papyrus égyptien donnant une éphéméride de l'année -24 pour les dates romaines et égyptiennes, suggérant la séquence 44 av. J.-C., 41 av. J.-C., 38 av. J.-C., 35 av. J.-C., 32 av. J.-C., 29 av. J.-C., 26 av. J.-C., 23 av. J.-C., 20 av. J.-C., 17 av. J.-C., 14 av. J.-C., 11 av. J.-C., 8 av. J.-C., 4 ap. J.-C., 8 ap. J.-C., 12 ap. J.-C., etc, proche de celle proposée par Matzat.

Modifications par Auguste[modifier | modifier le code]

César est assassiné en 44 av. J.-C. Pour perpétuer son souvenir, Marc Antoine, alors consul, ordonne de renommer quintilis en julius[8], car il s'agissait du mois de sa naissance et que les mois précédents portent ceux de divinités (Ianuarius, Februarius, Martius, Aprilis, Maius et Iunius). Après la réforme augustine, le sénat décida en 8 av. J.-C. d'honorer Auguste en renommant sextilis en augustus. Selon un sénatus-consulte cité par Macrobe, ce mois fut choisi car Auguste était le successeur de César et que de nombreux événements liés à son accession au pouvoir s'étaient produits ce mois-là.

D'après une théorie de Joannes de Sacrobosco, sextilis ne comportait que 30 jours, Auguste n'aurait su être honoré par un mois plus court que celui dédié à César (julius comportant 31 jours). On modifia donc la durée de sextilis pour la porter à 31 jours et la durée des mois suivants fut modifiée pour respecter l'alternance des mois. Enfin, pour conserver la durée de l'année normale à 365 jours, un jour fut enlevé à februarius. Cette théorie est contredite par les écrits de Censorin et Macrobe, ainsi que d'autres sources comme celle d'un papyrus égyptien de 24 av. J.-C. donnant un mois de sextilis de 31 jours[9].

Autres tentatives de modifications[modifier | modifier le code]

D'autres mois furent renommés par d'autres empereurs, mais aucun changement n'a survécu à leur mort.

  • Caligula renomma september en germanicus.
  • Néron renomma aprilis en neroneus, maius en claudius et junius en germanicus.
  • Domitien renomma september en germanicus et october en domitianus. September fut également rebaptisé antoninus (en l'honneur d'Antonin le Pieux) et tacitus (pour Marcus Claudius Tacite), november en faustina (Faustine l'Ancienne) et romanus.
  • Commode rebaptisa la totalité des douze mois par ses noms et désignations : amazonius, invictus, felix, pius, lucius, aelius, aurelius, commodus, augustus, herculeus, romanus et exsuperatorius.

Charlemagne renomma également les mois en vieux haut-allemand, mais cette opération fut plus pérenne que celle des empereurs romains. Ces noms furent utilisés jusqu'au XVe siècle en Allemagne et aux Pays-Bas, et jusqu'au XVIIIe siècle avec quelques modifications. De janvier à décembre : Wintarmanoth, Hornung, Lentzinmanoth, Ostarmanoth, Wonnemanoth, Brachmanoth, Heuvimanoth, Aranmanoth, Witumanoth, Windumemanoth, Herbistmanoth et Heilagmanoth.

Introduction de la semaine de sept jours[modifier | modifier le code]

Le décompte des ides et des calendes, comportait une « semaine » commerçante de huit jours ou nundines. Le christianisme transmit la coutume juive de la semaine de sept jours, usuelle au Moyen-Orient – Perse, Babylone, Chaldée, Syrie. La semaine de sept jours fut adoptée à Rome au IIIe siècle et Constantin introduisit en 312 le dimanche comme jour férié.

Origines des années ou « ères »[modifier | modifier le code]

Les datations consulaires[modifier | modifier le code]

Divers systèmes d'identification des années ont été employés avec le calendrier julien. Pour les Romains, la méthode dominante consistait à nommer chaque année d'après les deux consuls (dits consuls éponymes) qui depuis l'an 153 av. J.-C. prenaient leur office le 1er janvier de chaque année. Les Romains utilisèrent aussi parfois l'année de règne de l'empereur ; vers la fin du IVe siècle, les documents étaient de plus datés selon le cycle de 15 ans de l'indiction.

En 537, Justinien imposa la mention du nom de l'empereur et de son année de règne, combinée avec la mention de l'indiction et du consul éponyme, tout en autorisant l'usage d'ères locales.

En 309 et 310, ainsi qu'à certaines dates ultérieures, aucun consul ne fut appointé. Dans ce cas, la date consulaire était donnée en indiquant le nombre d'années depuis le dernier consul (datation post-consulaire). Après 541, seul l'empereur dirigea le consulat, typiquement pendant une seule année, et la datation postconsulaire devint la norme. Le système, obsolète, fut formellement aboli par Léon VI en 888.

La datation ab Urbe condita[modifier | modifier le code]

La datation ab Urbe condita (AUC, « à partir de la fondation de la Ville ») ne fut que rarement utilisée pour désigner les années. Cette méthode servait aux historiens romains pour déterminer le nombre d'années entre deux événements et différents historiens pouvaient utiliser différentes dates.

Diverses ères locales[modifier | modifier le code]

L'adoption du calendrier julien conduisit à plusieurs ères locales, comme l'ère d'Actium ou l'ère hispanique, et certaines furent utilisées pendant un temps certain. L'ère des Martyrs, également nommée anno Diocletiani, fut utilisée par les chrétiens d'Alexandrie pour dater leurs Pâques pendant le IVe siècle et le Ve siècle, et continue de l'être par les Églises copte et éthiopienne.

Dans l'est de la Méditerranée, les efforts des chronographes chrétiens tel qu’Anien d'Alexandrie pour dater la création du monde d’après la Bible conduisirent à l’introduction de diverses ères Anno Mundi fondée sur cet événement. La plus importante est l’Etos Kosmou, utilisé dans le monde byzantin à partir du Xe siècle et en Russie jusqu'en 1700.

L'ère moderne ou « ère de l'Incarnation »[modifier | modifier le code]

À l'ouest, aux alentours de 527, Denys le Petit proposa le système de l’anno Domini, c'est-à-dire « année du Seigneur », qui s'est graduellement répandu dans le monde chrétien : les années étaient numérotées à partir soit de la date supposée de l'annonce du Christ, le 25 mars de l'an 753 AUC ou soit à partir de la date supposée de sa naissance (ou Incarnation) le 25 décembre de l'an 753 AUC. Pour des raisons pratiques, le début de l’Ère de l'Incarnation fut reporté à l'année julienne commençant le 1er janvier de l'an 754 AUC, comptée comme An 1 de l'Ère de l'Incarnation.

La suprématie mondiale des nations chrétiennes a imposé universellement l'« ère de l'Incarnation » pour les usages civils et constitue la norme actuelle de datation (à l'exception de la date julienne utilisée dans certains domaines scientifiques).

Jour de l'an[modifier | modifier le code]

L'année consulaire du calendrier romain débutait le 1er janvier depuis 153 av. J.-C. et ne fut pas modifiée par la réforme julienne (d'autres calendriers pouvaient débuter un autre jour, comme l'année religieuse ou l'année traditionnelle).

Des calendriers locaux alignés sur le calendrier julien conservèrent une date de début d'année différente. En Égypte, le calendrier alexandrin débutait le 29 août (le 30 août après une année bissextile), suivant en cela la tradition du calendrier pharaonique (début de l'année fixée au lever Sothis marquant le début de la crue du Nil).

Plusieurs calendriers provinciaux locaux alignèrent le début d'année sur l'anniversaire d'Auguste, le 23 septembre.

L'indiction provoqua l'adoption du 1er septembre comme début d'année dans l'Empire byzantin ; cette date est toujours utilisée dans l'Église orthodoxe pour le début de l'année liturgique. Lorsque Vladimir Ier de Kiev adopta le calendrier julien en 988, l'année fut numérotée Anno Mundi 6496 et débuta le 1er mars, six mois après le début de l'Anno Mundi byzantine de même millésime.

En 1492 (Anno Mundi 7000), Ivan III réaligna le début d'année au 1er septembre ; l'Anno Mundi 7000 ne dura donc que six mois en Russie, du 1er mars au 31 août 1492.

Pendant le Moyen Âge, dans les régions d'Europe de l'Ouest affiliées à l'Église catholique romaine, les calendriers, pour des nécessités civiles, continuèrent à afficher les mois en 12 colonnes de janvier à décembre, en débutant au 1er mars (style vénitien[10]) ou 1er janvier (style de la Circoncision de Jésus), l’Église y ajoutant une année lunaire pour déterminer les fêtes religieuses. Cependant, la plupart de ces pays débutèrent la numérotation de l'année à une fête religieuse importante, comme le 25 décembre (style de la Nativité de Jésus), le 25 mars (style florentin ou style de l'Annonciation, d'où la tradition du poisson d'avril commémorant l'usage de s'échanger des cadeaux en début d'année de ce style), voire à Pâques (style de Pâques) comme dans certaines régions françaises[11].

Au IXe siècle, le 25 mars fut utilisé comme début d'une nouvelle année dans le Sud de l'Europe. Cette pratique s'étendit à la plus grande partie du continent à partir du XIe siècle et en Angleterre à la fin du XIIe siècle. Par exemple, les archives parlementaires anglaises enregistrèrent l'exécution de Charles Ier le 30 janvier 1648, même si la date correspond à ce qui serait actuellement considéré comme le 30 janvier 1649.

La plupart des pays d'Europe de l'Ouest déplacèrent le jour de l'an au 1er janvier avant leur adoption du calendrier grégorien (voire avant sa création en 1582), principalement pendant le XVIe siècle. La liste suivante en donne quelques exemples :

Réforme grégorienne et désuétude du calendrier julien[modifier | modifier le code]

Réforme grégorienne[modifier | modifier le code]

Le calendrier julien fut d'utilisation commune en Europe et en Afrique du Nord depuis l'époque de l'Empire romain jusqu'en 1582, lorsque le pape Grégoire XIII promulgua le calendrier grégorien. Cette réforme était rendue nécessaire par l'excès de jours intercalaires du système julien par rapport aux saisons astronomiques. En moyenne, les solstices et les équinoxes avancent de 11 minutes par an par rapport à l'année julienne. Hipparque et peut-être Sosigène avaient déjà pris conscience de ce décalage, mais il ne fut probablement pas jugé important à l'époque de la réforme julienne. Cependant, le calendrier julien se décale d'un jour en 134 ans. En 1582, il était décalé de dix jours par rapport au soleil. Il en résultait un déplacement de plus en plus important vers l'été de la date de Pâques, fête du printemps et du renouveau, fondamentale dans le calendrier liturgique romain.

La réforme grégorienne eut pour objet de :

  • rétablir l'alignement du calendrier avec le soleil ;
  • définir un système d'intercalation qui ajuste l'année calendaire sur l'année tropique avec plus de précision ;
  • définir un calcul de la date de Pâques en accord avec le nouveau calendrier et conforme aux prescriptions du premier concile de Nicée.

Permanences religieuses du calendrier julien[modifier | modifier le code]

Si, pour les usages civils, tous les pays de culte majoritairement orthodoxe (essentiellement en Europe de l'Est et du Sud-Est) adoptèrent le calendrier grégorien avant 1927, ce n'est pas le cas de leurs Églises nationales. En mai 1923, le congrès panorthodoxe de Constantinople[12],[13] proposa un calendrier julien révisé, constitué d'une partie solaire identique au calendrier grégorien (et qui le restera jusqu'en 2800) et d'une partie lunaire calculant la date de Pâques par observation astronomique à Jérusalem. Les Églises orthodoxes refusèrent toutes la partie lunaire. Presque toutes les Églises orthodoxes continuent de célébrer Pâques selon le calendrier julien (seule l'Église orthodoxe de Finlande utilise le calendrier grégorien).

La partie solaire du calendrier julien révisé ne fut acceptée que par quelques Églises orthodoxes, dans l'espoir d'un meilleur dialogue avec l'Église d'Occident : le patriarcat œcuménique de Constantinople, les patriarcats d'Alexandrie et d'Antioche, les Églises orthodoxes de Grèce, Chypre, Roumanie, Pologne, Bulgarie (en 1963) en Amérique (certaines paroisses y ont toujours le droit d'utiliser le calendrier julien). Les Églises orthodoxes de Jérusalem, Russie, Macédoine, Serbie, Géorgie et Ukraine continuent d'utiliser le calendrier julien (ainsi que certaines Églises schismatiques, vieilles-calendaristes). Elles fêtent par exemple la Nativité le 25 décembre julien, c'est-à-dire le 7 janvier grégorien (jusqu'en 2100). Certaines paroisses occidentales de l'Église orthodoxe russe célèbrent la Nativité le 25 décembre grégorien, ainsi que celles des orthodoxes bulgares d'Amérique, avant et après le transfert en 1976 de ce diocèse de l'Église orthodoxe russe hors frontières à l'Église orthodoxe en Amérique.

Une variante du calendrier julien est utilisée en Égypte, en matière liturgique, par le calendrier copte.

Permanences civiles du calendrier julien[modifier | modifier le code]

Outre les églises déjà citées, le calendrier julien demeure utilisé en Afrique du Nord dans le monde rural en particulier : il n'est utilisé que dans un but agricole, c'est pourquoi il est appelé "calendrier agricole", assana alfilahiya en arabe. Les noms des mois ont été arabisés du latin tel qu'on le prononçait en Espagne pendant la période arabo-espagnole : ianuarius devint yanâyer ; februarius: fabrâyer ; martius : mâris ; aprilis: abrîl ; maius : mây ; iunius : yônyô ; iulius : yôlyôz ; augustus : Oughoustous (le son g n'existant pas en arabe maghrébin, il a été remplacé par gh qui se prononce comme le r français ; le ch vient de l'espagnol où le s se prononce comme ch) ; september devint chotambir (le ch vient de la prononciation espagnole du s) ; october : oktôbar ; november : nowanbir ou nofambar (le son v n'existant pas en arabe, il a été remplacé par w comme le w anglais ou f) ; december : dojambir (le son c en espagnol est proche du j français). Le premier jour de l'année correspond actuellement au 14 janvier du calendrier grégorien.

Utilisé par les populations rurales d'Afrique du Nord, berbérophones et arabophones[14], en même temps que le calendrier grégorien et le calendrier musulman, ce calendrier julien localisé est parfois qualifié aujourd'hui de calendrier berbère (en accord avec une renaissance identitaire culturelle berbère).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) B. Richmond, Time Measurement and Calendar Construction, 1956, p. 113 extrait (consulté le 28 mars 2014).
  2. a, b et c (en) B. Richmond, Time Measurement and Calendar Construction, 1956, p. 114 extrait (consulté le 28 mars 2014).
  3. a et b (la) Censorinus, De Die Natali,‎ 238
  4. a, b et c Macrobe, Les Saturnales
  5. France, Collection complète des lois, décrets d'intérêe général, traités internationaux, arrêtés, circulaires, instructions, etc, volume 6, Recueil Sirey, 1834, p. 297 extrait (consulté le 28 mars 2014).
  6. Bède, Sur le Décompte du temps,‎ 725
  7. Cette erreur provient vraisemblablement de la méthode utilisée par les Romains pour décompter les intervalles de temps. En effet, dans le décompte des intervalles, les Anciens décomptaient le point de départ et le point d'arrivée ; ainsi de l'an 1 à l'an 5, ils comptaient cinq ans (1, 2, 3, 4 et 5) et non pas quatre selon notre méthode moderne de calcul (5 - 1 = 4 ans). Ainsi, la règle spécifiant que l'intercalation devait survenir tous les quatre ans fut interprétée comme arrivant la quatrième année suivant l'année courante, celle-ci décomptée, c'est-à-dire tous les trois ans selon notre décompte moderne. C'est typiquement une erreur off-by-one comme on peut en rencontrer en informatique de nos jours.
  8. J.P. Parisot, F. Suagher, Calendriers et chronologie, Masson, 1996
  9. [PDF] A. R. Jones, "Calendrica II: Date Equations from the Reign of Augustus", Zeitschrift fűr Papyrologie und Epigraphik 129 (2000) p. 159-166. (consulté le 28 mars 2014)
  10. On appelle style un type de datation du début de l'année
  11. René Kahn, Régulation temporelle et territoires urbains : habiter l'espace et le temps d'une ville, L'Harmattan,‎ 2007, 273 p. (lire en ligne), p. 65-66
  12. La ville ne portera officiellement le nom d'Istanbul qu'à partir du 28 mars 1930.
  13. Le qualificatif de panorthodoxe fut attribué au congrès par ses partisans, mais il est largement usurpé, car une très petit minorité ds Églises orthodoxes y participèrent
  14. Vincent Battesti, « Les échelles temporelles des oasis du Jérid tunisien », Anthropos, vol. 95, no 2,‎ 2000, p. 419-432 (ISSN 0257-9774, lire en ligne)

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