Purgatoire

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Le purgatoire, Les Très Riches Heures du duc de Berry, musée Condé, Chantilly, ms.65, folio 113v

Pour la théologie catholique romaine, l'existence du purgatoire est une « vérité de Foi »[1]. C'est un processus de purification de l'âme après la mort qui suit le jugement particulier. Presque tout le monde y passerait avant d’entrer au Ciel, faute de s'être préoccupé de réparer les dommages causés de son vivant. Ce lieu est symbolisé à partir du Moyen Âge par un lieu de feu purificateur, le purgatoire proprement dit, tandis qu'il est représenté chez les premiers chrétiens par un lieu de rafraîchissement appelé le refrigerium (un objectif à atteindre pour les défunts). La lumière, la paix et le rafraîchissement (refrigerium) sont le but que les défunts catholiques désirent encore aujourd'hui, et la croyance dans le purgatoire subsiste. Jacques le Goff est un historien contemporain qui étudia la naissance du concept de purgatoire comme lieu au Moyen Âge à travers l'évolution du mot purgatoire, épithète purgatorius puis nom neutre purgatorium, le culte du purgatoire aurait été redéveloppé au milieu du XIXe siècle par le clergé catholique afin d'occuper le terrain face à la montée du spiritisme[2].

Écritures[modifier | modifier le code]

Saint Pierre tenant en main la clef des portes de l'Hadès

Bien que le mot de « Purgatoire » soit absent dans la Bible, quelques passages de l'Écriture Sainte suggéreraient l'existence d'un feu purificateur intervenant après la mort corporelle. Voir par exemple :

  • Le livre des Maccabées (qui a été enlevé par Luther du canon biblique des protestants) parle aussi d'un sacrifice accompli en faveur de défunts (morts en combattant pour le peuple de Dieu, et qui étaient donc amis de Dieu, mais qui avaient dans leur poches la preuve de leur faute), ce qui laisse entendre l'existence d'un lieu de purification distinct de l'Enfer et du Paradis :

«  Puis, ayant fait une collecte d'environ 2 000 drachmes, il l'envoya à Jérusalem afin qu'on offrît un sacrifice pour le péché, agissant fort bien et noblement d'après le concept de la résurrection. Car, s'il n'avait pas espéré que les soldats tombés dussent ressusciter, il était superflu et sot de prier pour les morts, et s'il envisageait qu'une très belle récompense est réservée à ceux qui s'endorment dans la piété, c'était là une pensée sainte et pieuse. Voilà pourquoi il fit faire ce sacrifice expiatoire pour les morts, afin qu'ils fussent délivrés de leur péché.  »

— 2M 12,43-45

«  Or, si quelqu'un bâtit sur ce fondement avec de l'or, de l'argent, des pierres précieuses, du bois, du foin, du chaume, l'œuvre de chacun sera manifestée ; car le jour la fera connaître, parce qu'elle se révèlera dans le feu, et le feu éprouvera ce qu'est l'œuvre de chacun. Si l'œuvre bâtie par quelqu'un sur le fondement subsiste, il recevra une récompense. Si l'œuvre de quelqu'un est consumée, il perdra sa récompense ; pour lui, il sera sauvé, mais comme au travers du feu. Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous ? Si quelqu'un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira ; car le temple de Dieu est saint, et c'est ce que vous êtes.  »

— 1Co 3,13-17

Remarque : peut-être Paul reprenait-il la parole de Jésus que chacun sera « salé par le feu » (Mc 9,49), ou « de feu », « au feu », « pour le feu », selon les traductions[3].

  • Le purgatoire est un concept relatif à la résurrection des morts qui est un dogme catholique et chrétien affirmé dans la Bible , et par le Christ en l' Évangile selon Luc, (20, 27-38) : «    Des sadducéens ? ceux qui prétendent qu’il n’y a pas de résurrection ? vinrent trouver Jésus, et ils l’interrogèrent : « Maître, Moïse nous a donné cette loi : Si un homme a un frère marié mais qui meurt sans enfant, qu’il épouse la veuve pour donner une descendance à son frère. Or, il y avait sept frères : le premier se maria et mourut sans enfant ; le deuxième, puis le troisième épousèrent la veuve, et ainsi tous les sept : ils moururent sans laisser d’enfants. Finalement la femme mourut aussi. Eh bien, à la résurrection, cette femme, de qui sera-t-elle l’épouse, puisque les sept l’ont eue pour femme ? » . Jésus répond : « Les enfants de ce monde se marient. Mais ceux qui ont été jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection d’entre les morts ne se marient pas, car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont fils de Dieu, en étant héritiers de la résurrection. Quant à dire que les morts doivent ressusciter, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur : « le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob ». Lc 20, 27-38 Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants ; tous vivent en effet pour lui. » Le Buisson ardent, qui brûlait sans se consumer, évoque un feu purificateur, qui purifierai des vivants et non des morts, comme le poisson était consumé par le feu dans l'épisode de la résurrection de Jésus et son apparition au bord du lac de Tibériade. Jn 21,4-14

«  Hâte-toi de t’accorder avec ton adversaire, tant que tu es encore avec lui sur le chemin, de peur que l’adversaire ne te livre au juge, et le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison. En vérité, je te le dis : tu ne sortiras pas de là que tu n’aies payé jusqu'au dernier centime. »

— Mt 5,25-26

Cette phrase a été appliquée dans l'Église au Purgatoire ; l'expression « en chemin » est très utilisée (par exemple par Thomas d'Aquin ou l'auteur de l'Imitation de Jésus-Christ) pour désigner la vie terrestre, en marche vers le Ciel ; et le mot latin viator, « voyageur », pour les personnes d'ici-bas. Saint Basile fait allusion dans ses écrits cette théorie de l'« emprisonnement ».

  • Matthieu 16.18-19 : « Et moi, je te dis (Jésus s'adressant à l'apôtre saint Pierre) que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. Je te donnerai les clefs du royaume des cieux : ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. » Ceci étant une espérance ferme comme une ancre, dans l'au-delà, car avant la mort de Jésus sur la Croix les Portes du Paradis restaient fermées.

Si on sait si peu de choses sur le Purgatoire c'est qu'il n'est pas l'idéal premier du chrétien car la venue du Christ est l'annonce de la Résurrection des morts, comme un miracle parmi d'autres : Lazare ressuscité, l'aveugle guéri, le boiteux qui marche sont les signes de la présence du Messie, Jésus Christ venu sur la terre. Les premiers chrétiens attendaient le retour du Christ. Les chrétiens étaient peu nombreux et leur foi plus forte. Ce n'est donc qu'à partir du XII e siècle qu'on parle beaucoup du purgatoire.

Refrigerium, « repos et fraîcheur »[modifier | modifier le code]

Épitaphe de Fortunatus et Volusianus de l'abbaye Saint-Victor de Marseille : « REFRIGERET NOS ».

Les premiers chrétiens avaient la notion de refrigerium, un lieu de rafraîchissement pour les âmes défuntes[4],[5]. Cette tradition liée aux banquets funéraires subsisterait en Roumanie [6]. Le mot utilisé déjà par les païens, puis par les chrétiens, était tout d'abord « refrigerare », rafraîchir la mémoire (entretenir le souvenir de morts), et il évoquait la pratique romaine puis chrétienne des banquets funéraires, la célébration de cérémonies liturgiques et d'anniversaires des défunts, ou le rafraîchissement par l'eau. Ou bien c'étaient des prières pour que l'âme parvienne enfin au lieu de rafraîchissement et de repos après un temps préalable de purification (feu du purgatoire ?).

Dans Tertullien, refrigerium est synonyme de giron d'Abraham. On a rapproché de cela la Parabole évangélique du pauvre Lazare et du riche (Luc 16, 19-31), où ce dernier, souffrant cruellement dans les flammes, demande à Abraham d'envoyer Lazare lui « rafraîchir » la langue du bout de son doigt trempé dans l'eau, ce qui lui est refusé parce qu'il est en enfer et non au purgatoire. Toutefois, dans cette parabole, il n'est pas question de « prier pour les morts » ; au contraire, c'est le « mort » qui voudrait « prier Pour les vivants (il demande que l'on prévienne ses amis vivants), mais il est clairement en enfer et non au purgatoire. Le mot « refrigerium » semble ensuite utilisé par les chrétiens pour symboliser soit le banquet funéraire, notamment dans les catacombes, soit le rafraîchissement par l'eau, ou par l'ombre, mais ensuite, la paix, le repos et enfin, plus tardivement, le bonheur céleste et les joies de l'au-delà. Les âmes dans refrigerium sommeillent, ne souffrent aucune tourment et restent là avant leur résurrection[7].

François de Sales rappelle que ce mot est issu d'un psaume. Au psaume 63 : « Transivimus per ignem et acquam et eduxisti nos in refrigerium » : « ce lieu est interprété de la peine du Purgatoire par Origène ( Homélie 25 sur les Nombres ) par Saint Ambroise sur le psaume 36 et sermon 3 sur le psaume 115 où il expose par l' eau le Baptême et par le feu le Purgatoire »[8].

Épitaphes[modifier | modifier le code]

On le trouve mentionné sur les épitaphes chrétiennes[9] et dans les catacombes de manière courante : « Puisse Dieu rafraîchir ton esprit », c'est-à-dire « Deus refrigeret spiritum tuum » « in pace, vivas in Deo, refrigeret tibi Dominus » comme en Provence, l'Épitaphe de Fortunatus et Volusianus de l'abbaye Saint-Victor de Marseille[10]. comme joie et rafraîchissement survenue après le martyre par le feu, et ainsi dans la Lettre écrite à l'occasion du Martyre de saint Polycarpe : « Qui pourrait ne pas être ému d'admiration à la vue de ces hommes incomparables pour qui les tortures et les chevalets, les fouets armés de pointes, le fer des bourreaux et les flammes d'un bûcher ardent n'étaient qu'un doux et agréable rafraîchissement ? »

  • Le jeune frère de Perpétue, Dinocratus, obtient le refrigerium grâce aux prières de sa sœur. Tertullien écrit dans De Monogamia (10) : « pro anima (mariti defuncti) orat et refrigerium adpostulat » : elle prie pour son mari défunt et lui obtiendrait le refrigerium.
  • Dans la messe des martyrs Corneille et Cyprien, on trouve l'expression refrigeria aeterna (Mabillon). De nos jours encore la prière pour les défunts fait allusion à un lieu de rafraîchissement, de paix et de lumière : « Ipsis, Domine, et omnibus in Christo quiescentibus, locum refrigerii, lucis et pacis, ut indulgeas deprecamur » » : mais réfrigerium est ici traduit par joie en français.
  • Bossuet fait allusion au Refrigerium dans le Panégyrique de saint Gorgon et montre que ce terme vient du Psaume 65:12.

«  Mais en quoi a nui à saint Gorgon tout le mal qu'il a souffert ? « Tout ce temps de peines et de » souffrances est passé comme un songe : Transierunt tempora laboriosa; temps de fatigues, temps de travail, qui l'a conduit au véritable repos, à la paix parfaite ; et c'est ce que le prophète-roi exprime si bien par ces paroles qu'il a dites au nom de tous les martyrs : nous avons passé par l'eau et par le feu ; mais vous nous avez fait entrer dans un lieu de rafraîchissement : » Transivimus perignem et aquam, et eduxisti nos in refrigerium (Psal. Lxv. 12.). Dieu a essuyé tous les pleurs : il a ordonné à saint Gorgon de se reposer de tous ses travaux. On a cru lui ôter tout son bien et même la vie ; et on ne lui ôte que la mortalité : Ubi est, mors, Victoria tua (1. Cor., xv. 55.) ? «  Ô mort, où est ta victoire? »  »

— Bossuet, Panégyrique de saint Gorgon

Une enluminure de la Bibliothèque Sainte-Geneviève, du Pèlerinage de l'âme de Guillaume de Digulleville possède sept enluminures sur le Purgatoire, sous la forme des flammes mais une enluminure montrant un homme prisonnier d'un bain d'eau glacée, en froidure et « en glace enclos » : ceci serait le châtiment des paresseux[11]. Es en feu ou en ardeur/ es en glace ou en froidure.

Jacques de Voragine fait allusion à une âme perdue dans un glaçon pour ses péchés et délivrable du glaçon par trente messes.

Prière pour les morts[modifier | modifier le code]

La prière pour les morts existe depuis les premiers temps du christianisme comme l'indiquent des graffiti : sur la paroi extérieure de la « crypte des papes », dans les Catacombes de Saint Callixte à Rome on peut lire ces mots : « Ô Saint Sixte, souviens-toi d'Aurelio Repentino dans tes prières…, Ô Saintes âmes, souvenez-vous de Marcien, de Successo, de Sévère et de tous nos frères… »[12]. Peu à peu l'expression : « Que Dieu rafraîchisse ton âme », qu'on trouve sur les épitaphes paléochrétiennes fut remplacée par la seule expression familière « Qu'il repose en paix », requiescat in pace, ou « Donne-lui le repos éternel » en gardant seule l'idée de « repos » et de « paix » après la mort, et non plus celle de « fraîcheur », liée à toutes le prières pour les défunts. Ceci donna son nom aux Messes de Requiem dites à un enterrement, ou en mémoire d'un mort. Cependant cette expression figure explicitement après la Consécration, dans le Canon romain (ou « première prière eucharistique ») de la Messe catholique, qui date des tout premiers siècles :

« Memento etiam, Domine, fa­mu­lorum, famularumque tua­­rum n… et n…, qui nos præ­ces­serunt cum signo fidei, et dormiunt in somno pacis. Ipsis, Domine, et om­ni­bus in Christo quies­cen­ti­bus, locum refri­ge­rii, lucis et pa­cis, ut indul­geas, depreca­mur » : Souvenez-vous aussi, Seigneur, de vos serviteurs et de vos servantes n… et n…, qui nous ont précédés avec le signe de la Foi, et dorment du sommeil de la paix. À eux, Seigneur, et à tous ceux qui reposent dans le Christ, accordez, nous vous en supplions, le lieu du rafraî­chissement, de la lumière et de la paix. Par le même Jésus Christ notre Seigneur. Ainsi soit-il. Les deux expressions de prière pour les morts et d'inscriptions funéraires étant le «  MEMENTO » et le « MEMOR ESTO » puis aussi le psaume dit « Miserere ».

Article détaillé : Requiem.

Chez les premiers Chrétiens[modifier | modifier le code]

Témoignages écrits[modifier | modifier le code]

Un des témoignages les plus anciens est le récit de la passion de Perpétue et Félicité : en prison Perpétue voit en songe son jeune frère mort avant elle, sortir d'un puits sombre. À la suite de ce songe, elle va offrir des prières pour lui et ensuite un autre songe le montrera heureux« je vis qu'il avait été soustrait à sa peine » [13] Le récit latin dit :« vidit Dinocratem...refrigerantem »« Si la localisation du purgatoire ne gênait pas les premiers chrétiens, ni le fait d'avoir un nom pour désigner ce lieu, la réalité de secourir les défunts par la prière et l'ascèse est clairement établie dès l'antiquité chrétienne » [14].

Dante, Le Purgatoire.

Origène (IIe siècle) est l’un des premiers à avoir introduit le concept de purgatoire en faisant de l’enfer un état provisoire : car d’après lui, il n’y a pas de pécheur si mauvais qui ne soit sauvé, au terme d’un processus de paracatartase (du grec catharsis, purification), pour se retrouver finalement au Paradis[15] (cette opinion d'Origène est considérée par l'Église comme hérétique : car l'enfer est éternel, en ce sens qu'il ne finira jamais, et la punition aussi, voir Matth. 25, 41-46).

Grégoire de Nysse (IVe siècle) : « Quand il a quitté son corps et que la différence entre la vertu et le vice est connue, il ne peut pas s'approcher de Dieu avant que le feu de purification ait ôté les taches dont son âme était infestée. Ce même feu chez d'autres effacera la corruption de la matière et l’inclination au mal. » « Celui qui est dans l’amitié du Christ, et qui n’a pas achevé de se purifier de ses péchés en ce monde, en sera purifié, au sortir de cette vie, dans les flammes du purgatoire. »

Augustin d'Hippone : « Certains subissent des punitions temporelles dans cette vie seulement, certains après la mort, pour certains avant et après, mais tous avant le jugement dernier, le plus rigoureusement mené. Mais ceux qui subissent des punitions temporelles après la mort n’encourront pas tous les punitions éternelles, qui doivent suivre ce jugement. » Pour Augustin, peu de chrétiens sont admis au Purgatoire. Il souligne que les peines y sont très pénibles. Augustin fait la distinction entre un « enfer inférieur » et un « enfer supérieur » (ce qui perdurera entre le VIe et le XIIe siècle), ce qui se transformera en une « localisation » du Purgatoire en un lieu « au-dessus » ou «  proche » de l’Enfer, avec des peines qui y ressemblent beaucoup, ce qui deviendra à la fin du XIIe siècle, le Purgatoire proprement dit[15]. Augustin distingue également un feu de la purgation provisoire, destiné aux pécheurs repentants, et le feu de la damnation éternel qui frappera les criminels, les impies, les impénitents : Augustin pensait que seraient remis les petits péchés. Dans d'autres textes il admet la nature spéculative de l'idée de purgatoire : Au livre de la pénitence, parlant du feu du purgatoire, il écrit : « Il est meilleur que j'apprenne à bien vivre, que d'enseigner (semer) des choses non certaines du feu de cette nature. Car, si en faisant bien j'ai soin de me repentir, je ne craindrai pas les tourments du feu. »

Le théologien Césaire d’Arles (Ve siècle et VIe siècle) complète la pensée d'Augustin d'Hippone en faisant une liste des menus péchés et en expliquant que le feu purgatoire (ignis purgatorius) ne lave pas les crimes capitaux mais seulement les petits péchés de la vie quotidienne appelés ensuite « péchés véniels ». Bède (VIIe siècle et VIIIe siècle) situe la purgation des péchés non plus dans un lieu souterrain (la partie supérieure des Enfers), mais sur une montagne, comme Dante le fit ensuite avec succès dans la Divine Comédie.

Théologie catholique[modifier | modifier le code]

Manuscrit alsacien, XVe siècle, La Légende dorée.

On trouve trace dans 2 Machabées 12,39-45 de sacrifices offerts en faveur des morts dans les livres juifs, mais le sort des personnes décédées n'était pas clairement établi. Une confusion est souvent faite entre la perfection d'une âme et le fait que toutes ses cicatrices soient effacées. Chaque péché engendre une plaie à l'âme alors que chaque acte d'amour accroît sa perfection. La perfection ne peut s'accroître que parce que les personnes disposent de leur libre arbitre pour poser des actes d'amour ou des actes de haine (les péchés). Après la mort, l'âme perd l'usage de son libre arbitre, il n'est donc plus question pour elle de progresser en perfection, elle est comme statufiée au degré d'amour ou de haine qu'elle a atteint durant son existence.

Les plaies causées par les péchés sont effaçables pendant la vie par : la prière, l'aumône, le jeûne, les actes de pénitence corporelle, le désir d'aller au ciel, un grand dévouement pour ses frères, un grand amour pour les autres, et enfin par la tristesse et le regret intérieur d'avoir commis ces péchés «si je pouvais, je reviendrais en arrière et ne ferais pas ces actes», le plus important étant de regretter non par apitoiement sur soi mais par amour de Dieu, et plus spécifiquement en la personne de Jésus Rédempteur. Tous ces actes effacent les conséquences nuisibles du péché, ce que la théologie nomme « la peine due pour le péché. » Si les personnes n'ont pas travaillé à réparer de leur vivant le tort qu'elles se sont causé par leurs péchés, le purgatoire exerce une action purificatrice par le feu et par l'état de non vision de Dieu, qui est une souffrance incomparablement plus aiguë que l'action du feu.

Rohrbach, Autel des « Pauvres Âmes » du purgatoire, XVIIIe siècle.

Pour les chrétiens catholiques, le Purgatoire (du latin purgare, « purifier, nettoyer » - verbe qui a aussi donné le mot « purger » et l'expression « purger une peine de prison » ou encore du grec « pur », le feu par homophonie, feu moyen de la purification ?) désigne l'ensemble des moyens par lesquels les âmes mortes en état de grâce mais non encore entièrement purifiées des conséquences de leurs péchés, accèdent à la vision directe de Dieu, vision qui cause une jouissance infinie et éternelle, «le paradis», ou «le ciel». « Mes bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons un jour n'a pas encore été manifesté ; mais nous savons qu'au temps de cette manifestation, nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu'il est. Quiconque a cette espérance en lui, se rend pur, comme lui-même est pur » (1 Jean 3,3)

Il y aurait plusieurs peines au purgatoire : « On dit que, dans le purgatoire, il y a une peine particulière, appelée peine de langueur, infligée aux âmes qui, en cette vie, ont peu désiré le paradis » », saint Alphonse de Liguori. C'est chez les catholiques un temps et un lieu de purification. Les indulgences peuvent abréger ce temps.

Folklore populaire[modifier | modifier le code]

« Lieu » du purgatoire[modifier | modifier le code]

Le purgatoire n'est pas un article du Credo catholique, mais celui de la résurrection des morts en est un. Il entrait donc une certaine part de folklore populaire et de traditions, se mêlant à la croyance dans le purgatoire, à côté des écrits des saints, que Dante a repris. On situait le purgatoire dans un lieu proche de l'enfer (Augustin d'Hippone, Quatrième dialogue de saint Grégoire), un lieu souterrain. Ou bien on pensait avec Jacques de Voragine que le pécheur expiait ses fautes sur le lieu où il avait péché. Le défunt pouvait ainsi parfois revenir avertir ses proches. On pensait donc, et aujourd'hui encore, que les morts pouvaient faire leur purgatoire sur les lieux où ils avaient péché.

Au Moyen Âge, on localise ce lieu de manière imaginaire en deux endroits, la Sicile (Etna) et l'Irlande (monde celtique, purgatoire de saint Patrick d'Henry de Saltrey). Jacques Le Goff montre que les moines cisterciens mettent en place toute une géographie de l'au-delà (Pseudo-Bernard, Helinand de Froidmont,Césaire de Heisterbach)[16].

Etna[modifier | modifier le code]

l'Etna, lieu du purgatoire avant l'an mil ?.

Jostuald dans la Vie de saint Odilon et d'autres auteurs depuis le IXe siècle, placent l'entrée du Purgatoire dans le Stromboli et une variante de cette légende relative au roi Dagobert[Lequel ?] le situe dans l'Etna. Jacques de Voragine et Pierre Damien rapportent que saint Odilon, abbé de Cluny, apprenant que l'on entendait souvent sortir de l'Etna les hurlements des démons et les voix plaintives d'âmes défuntes qui demandaient à être arrachées de leurs mains par des aumônes et des prières, décida que, dans les monastères de son ordre, la fête de la Toussaint serait suivie de la commémoration des âmes défuntes, le Jour des morts [17]. Vincent de Beauvais ferait état des confidences d'un ermite qui situerait le Purgatoire au mont Etna, c'est aussi le cas dans les Gesta Dagoberti [18], les Gestes du Roi Dagobert. Cette légende alors célèbre aurait été gravée sur une tombe de la Basilique de Saint-Denis de manière symbolique et on la retrouve sur une tombe de l'église de Rennes-le-Château par l'inscription DAEGO et ET(I)NA.

«  Un saint homme, nommé Jean, demeurant sur les côtes d'Italie, vit son âme enchaînée dans une barque, et des diables qui la rouaient de coups en la conduisant vers la Sicile pour la précipiter dans les gouffres du mont Etna. Ce saint homme rapporte que saint Denis[Lequel ?] avait tout à coup paru dans un globe lumineux, précédé des éclairs et de la foudre ; qu'ayant mis en fuite ces malins esprits et arraché cette pauvre âme des griffes du plus acharné, il l'avait portée au ciel en triomphe.  »

— Gesta Dagoberti, Rex Francorum, Ch. 47

Ce purgatoire de l'Etna se trouve aussi dans Gervais de Tilbury (Otia Imperalia) ou Étienne de Bourbon[16]. Julien de Vézelay y voyait pour sa part l'antichambre de l'enfer[19].

Pouzzoles[modifier | modifier le code]

Lough Derg : purgatoire de saint Patrick[modifier | modifier le code]

Carte du Purgatoire de Saint Patrick.

En Irlande existe ce qu'on appelle le Purgatoire de Saint Patrick. Le Tractatus de Purgatorio Sancti Patricii est un traité (Purgatoire de Saint Patrick) écrit par un cistercien du monastère de Sawtry en Angleterre au XIIe siècle. Le Tractatus de Purgatorio Sancti Patricii fut adapté par Marie de France[20].

La Navigatio de saint Brendan pourrait faire allusion au Purgatoire dans le thème de l'île aux Oiseaux, avant l'arrivée sur la Terre de Promissions des Bienheureux et le passage de l'île de l'Enfer, mais il n'est pas nommé sous ce nom.

En Bretagne[modifier | modifier le code]

Plogoff (Bretagne, France), baie des Trépassés.
Étang de Laoual Cleden-Cap-Sizun.

En face de l'île de Sein, en Bretagne, se trouve dans le folklore populaire la baie des Trépassés, en breton Boe ann Anaon francisé en Trépassés, ce qui signifierait « baie des Âmes du Purgatoire », « baie des Âmes en peine », celles des marins morts en mer, selon une légende bretonne, Procope et Claudien[21]. Villemarqué étend le domaine des âmes défuntes à l'Étang de Laoual (Ile de Sein). Le « chant des Trépassés », Kanaouenn an anaon, est une gwerz contenue dans le Barzaz Breiz adaptée d'un cantique du purgatoire traduit d'un dialecte de la Cornouailles au XIXe siècle par Anatole Le Braz[22].

  • « Les pêcheurs et les autres habitants des côtes de la Gaule qui sont en face de la Grande-Bretagne, dit le premier de ces auteurs, sont chargés d'y passer les âmes, et, pour cela, exempts de tributs. Au milieu de la nuit, ils entendent frapper à leur porte ; ils se lèvent : ils trouvent sur le rivage des barques étrangères où ils ne voient personne, et qui pourtant sont si chargées, qu'elles semblent sur le point de sombrer, et s'élèvent d'un pouce à peine au-dessus des eaux. Une heure leur suffit pour le trajet, quoique avec leurs propres bateaux ils puissent difficilement le faire dans l'espace d'une nuit'. » (Procope)
  • « ... Il est un lieu, il est à l'extrémité de la Gaule, un lieu battu par les flots de l'Océan..., où l'on entend les plaintes des ombres volant avec un léger bruit. Le peuple de ces côtés voit des fantômes pâles de morts, qui passent. » (Claudien)[23]

Voyage dans l'au-delà[modifier | modifier le code]

D'après Jacques Le Goff se développa aussi un genre littéraire, celui du « voyage dans l'au-delà » ou la visio : Bède dans Historia Ecclesiastica Gentis Anglorum thème développé par Dante[24].

La visio de Charles le Gros, transmise par Hariulf dans Chroniques de Saint Riquier es une utilisation politique du concept de Purgatoire[15].

Mystère de l'au-delà[modifier | modifier le code]

Si les visions du purgatoire (de saint Patrick) devinrent progressivement généralement effrayantes, surtout au XVIe siècle, d'autres invitent à la joie, et à la paix comme ce récit contemporain du Padre Pio :

«  Un autre récit de Padre Pio rapporte l'apparition d'un novice. Il priait un soir dans le chœur quand il fut intrigué par un remue-ménage autour de l'autel. Croyant que quelqu'un était entré dans l'église avec de mauvaises intentions, il demanda : "Qui est là ?" Pas de réponse. Le père se remit en prières, supposant que c'était le vent, mais le bruit se fit à nouveau entendre. Padre Pio s'approcha alors de la grille du chœur, regarda le maître-autel et aperçut la silhouette d'un jeune novice en train de faire du nettoyage. Il lui dit : "Que fais-tu là-bas ? Je suis en train de nettoyer. Mais comment peux-tu faire cela dans l'obscurité ?" Et le novice répondit : "Je suis un novice capucin qui fait ici son purgatoire. J'ai besoin de secours." Puis il disparut. Le lendemain, Padre Pio vint à son aide en célébrant la messe pour lui[25].  »

Processus de Purification dans l'Amour de Dieu[modifier | modifier le code]

Sainte Catherine de Gênes a longuement insisté sur la joie du Purgatoire, tout en affirmant que ses souffrances égalent celles de l'enfer, insiste sur l'amour de ce lieu ou de cet état paradoxal et transitoire : « L'âme se voit, par une vue intérieure, ainsi tirée par Dieu avec un tel feu d'amour. Alors, sous l'ardeur de cet amour embrasé de son doux Seigneur et Dieu qu'elle sent rejaillir en son esprit, elle se liquéfie tout entière » tandis que le curé d'Ars insistait plutôt sur son aspect effrayant et pénible, les souffrances des âmes du purgatoire, sans doute devant l'indifférence de ses paroissiens.

« Joie des âmes du Purgatoire. Leur croissante vision de Dieu. La raison de la rouille : Je ne crois pas qu'il puisse se trouver un contentement comparable à celui d'une âme du purgatoire, à l'exception de celui des saints en paradis. Chaque jour s'accroît ce contentement par l'action de Dieu en ces âmes, action qui va croissant comme va se consumant ce qui empêche cette action divine. Cet empêchement, c'est la rouille du péché. Le feu consume progressivement cette rouille et ainsi l'âme se découvre de plus en plus à l'influx divin (...) Ainsi la rouille, c'est-à-dire le péché, est ce qui recouvre l'âme. Au purgatoire cette rouille est consumée par le feu. Plus elle se consume, plus aussi l'âme s'expose au vrai soleil, à Dieu. Sa joie augmente à mesure que la rouille disparaît et que l'âme s'expose au rayon divin. Ainsi l'une croît et l'autre diminue jusqu'à ce que le temps soit accompli. Ce n'est pas la souffrance qui diminue, c'est uniquement le temps de rester dans cette peine »

— Catherine de Gênes

Enseignement de l'Église depuis le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le terme purgatorium est utilisé pour la première fois par l'archevêque de Tours, Hildebert de Lavardin en 1133. Le mot désignant le lieu « purgatoire » était en effet inconnu avant le XIe siècle mais pas ce qu'il désigne : un des premiers documents à mentionner ce nom est une lettre du bénédictin Nicolas de Saint-Alban au cistercien Pierre de Celle en 1176 (Haggh, 1997). Selon l'historien Jacques Le Goff, c’est entre 1170 et 1180 qu’a lieu la « naissance » du Purgatoire dans le milieu intellectuel parisien. La purgation cesse d'être un état pour devenir un lieu. Les peines purgatoires (poenae purgatoriae) ou de feu purgatoire (in igne purgatorio) deviennent au pluriel des « lieux purgatoires » : les âmes sont lavées et purifiées in purgatoriis – ou au singulier dans un purgatorium. Mais avant 1150, l'au-delà est conçu dans l'incertitude et le flou… Pierre le Chantre est le premier maître à intégrer le Purgatoire dans l’enseignement théologique à l’école Notre-Dame de Paris, il meurt en 1197[26].

Papes[modifier | modifier le code]

« Ce n'est qu'à la fin du XIIe siècle qu'est apparu le mot et la doctrine du purgatoire et qu'il a été conçu comme un troisième lieu de l'au delà, entre le ciel et l'enfer. L'Église a formulé la doctrine concernant l'existence du purgatoire aux conciles de Florence (8e session, 1439) et de Trente. (25e session, Décret du 4 décembre 1563) »[27].

Le concept de « purgatoire » fut repris au siècle du pape Grégoire le Grand. Il a établi un purgatoire comme lieu de guérison, qui acquit une grande importance culturelle et historique avant la Réforme : « Vous devez croire qu'il y a un feu purificateur pour certains péchés parce que la vérité éternelle affirme que, si une personne blasphème contre l'Esprit Saint, ce ne lui est pardonné ni dans le siècle présent, ni dans le monde futur » (Mt 12, 32) écrit Grégoire le Grand, dans Dialogi de vita et miraculis patrum Italicorum, (4, 39). Cette déclaration montre que certains péchés ne sont pas pardonnés ni en ce monde ni en l'autre mais que d'autres peuvent être expiés dans l'autre monde. Dans six anecdotes du IVe livre des Dialogues, il émet l'idée que les peines du péché sont subies sur les lieux du péché. Il préfigure le concept de purgatoire, défini plus tard, au XIIIe siècle[15].

En 1254, une lettre du pape Innocent IV au légat Eudes de Châteauroux à Chypre, qui demande que la définition du Purgatoire comme lieu où l’on purge ses péchés véniels mais non mortels soit acceptée par les Grecs est, selon Jacques Le Goff, « l’acte de naissance doctrinal du purgatoire comme lieu ». Elle est suivie par la reconnaissance officielle du Purgatoire par le deuxième concile de Lyon en 1274[28]. En 1336 la bulle Benedictus Deus (de) de Benoît XII propose un enseignement catholique des papes sur la vie après la mort, paradis, enfer et purgatoire.

Le mot « Purgatoire » apparaît au XIVe siècle dans la lettre du pape Clément VI à Mekhitar d’Arménie du 29 septembre 1351 : « Nous demandons si tu as cru et si tu crois qu’il existe un purgatoire vers lequel descendent les âmes de ceux qui meurent en état de grâce et qui n’ont pas encore satisfait pour leurs péchés par une entière pénitence. » Le pape Clément VI écrit : « Nous croyons que c’est au purgatoire que descendent les âmes de ceux qui meurent en état de grâce et qui n’ont pas encore satisfait pour leur péché par une entière pénitence. De même, nous croyons qu’elles y sont tourmentées par un feu pour un temps et que, dès leur purification, avant même le jour du jugement, elles parviennent à la véritable et éternelle béatitude qui consiste à voir Dieu face à face et à l’aimer. » La bulle Iniunctum nobis de Pie IV du 13 novembre 1564 présente le purgatoire : « Je tiens sans défaillance qu’il y a un purgatoire et que les âmes qui y sont retenues sont aidées par les intercessions des fidèles ».

Le pape Benoît XV, dans sa Bulle Incruentum altaris du 10 août 1915, traite du purgatoire ; il autorise les prêtres à célébrer trois messes le jour de la commémoration des fidèles défunts (2 novembre) ; il parle aussi des flammes du purgatoire : « Nous demandons instamment que tous les enfants de l'Église, se souvenant des nombreuses obligations qu'ils ont envers nos frères qui sont dans les flammes du purgatoire, interviennent en ce jour avec une grande foi dans les fonctions sacrées[29]. »

S. Thomas d'Aquin[modifier | modifier le code]

Valladolid, Église du Mont-Carmel.

Au Moyen Âge, Frère Réginald de Piperno (secrétaire de S. Thomas d'Aquin), docteur de l'Église, évoque le purgatoire (questions 70 et 71) et la prière pour les défunts (Suffrages) dans un Traité des Fins dernières écrit d'après des notes de conférences de son maître[30] : « Le feu du purgatoire est éternel quant à sa substance ; mais l’action purificatrice qu’il opère ne dure qu’un temps. [Les peines] du purgatoire ont pour but principal d’effacer les restes du péché : on leur donne donc le seul nom de feu, parce que le feu purifie et consume... Il y a deux peines en purgatoire : la peine du dam, l’ajournement de la vue de Dieu ; la peine du sens, le tourment infligé par le feu. Le moindre degré de l’une comme de l’autre surpasse la peine la plus grande que l’on puisse endurer ici-bas... Si l’on meurt en état de grâce, le péché véniel est remis, dans l’autre monde, par le feu du purgatoire. En effet, la souffrance qu’il cause, et qui est volontaire de la manière expliquée plus haut, reçoit de la grâce le pouvoir d’expier tout péché qui n’est pas incompatible avec la grâce... Les mêmes expressions scripturaires peuvent renfermer plusieurs sens. Le « feu » dont il s’agit ici peut désigner les souffrances de ce monde ou celles de l’autre monde, qui, les unes et les autres, purifient du péché véniel, tandis que la mort, comme simple phénomène naturel, y est impuissante, ainsi qu’on l’a dit. »

Il y a aussi une mention du purgatoire dans la Somme contre les gentils, livre IV, chapitre 91.

Conciles[modifier | modifier le code]

Michel Serre, Vierge à l'enfant et le purgatoire.

Une explication concise de la doctrine catholique sur le Purgatoire a été présentée par le cardinal Julien Cesarini aux pères orientaux orthodoxes assemblés au Conseil de Ferrara-Florence, lors de la Session VI, en juin (1438 ?) :

« Dès le temps des Apôtres, l'Église catholique enseignait que les âmes parties de ce monde, pures et franches de tout péché - c’est-à-dire les âmes des saints - entrent immédiatement dans la félicité. Les âmes de ceux qui après leur baptême ont péché, mais qui se sont ensuite sincèrement repentis et ont avoué leurs péchés, quoiqu'incapables d’exécuter l'epitimia prescrite par le confesseur, ou d’apporter des fruits de repentir suffisants pour expier leurs péchés, ces âmes sont épurées par le feu du purgatoire, tantôt rapidement, tantôt plus lentement, selon leurs péchés ; et ensuite, après leur purification, elles partent pour les lieux de bonheur éternel. Les prières du prêtre, les offices liturgiques et les actes de charité concourent dans une grande mesure à leur purification. Les âmes de ceux qui sont morts dans le péché mortel, ou dans le péché originel, vont directement à la damnation. »

Un décret canonique contenant une doctrine semblable est incorporé au « Décret d'Union » rédigé avant la clôture du Concile de Florence, lequel avait donné un court instant l’espoir de mettre fin au Grand Schisme d'Orient. Un développement de la doctrine sur le Purgatoire se retrouva par la suite dans les canons du Concile de Trente (Session XXV) qui tire l’idée de Purgatoire « des Écritures Saintes [I Co 3, 12-17 et II Ma 12, 43-45] et de la tradition ancienne des Pères enseignée dans les Conciles. » Les Églises protestantes rejettent presque toutes cette conception. (voir ci-dessous).

Saints[modifier | modifier le code]

Tableau de Michel Serre (1658-1733) se trouvant dans l'église Notre-Dame à La Ciotat (Bouches-du-Rhône), représentant la Vierge de grâces et le purgatoire.

Les saints insistent sur des points différents[31], sur le fait que la souffrance du Purgatoire passe toutes les peines de ce monde (Alphonse de Liguori), presque aussi terribles que l'enfer, mais pas éternelles, ou bien que c'est une souffrance subie par amour (Catherine de Gênes), et que les âmes du Purgatoire ont des cantiques sur leurs lèvres.

Au XVe siècle sainte Catherine de Gênes écrivit un Traité du Purgatoire. Julien Green lut ce Traité lors de sa conversion. Au XVIIe siècle saint François de Sales écrivit sur un Traité sur le Purgatoire

Tradition catholique : prières des saints[modifier | modifier le code]

Depuis les premiers temps du christianisme, la coutume est de prier pour les vivants afin qu'ils parviennent au purgatoire (ou refrigerium)[32] Dans la théologie catholique, on peut aider les morts dans l'au-delà par la prière ; on appelait les prières pour les morts « suffrages ». Saint Paul fait allusion au fait de « baptiser pour les morts ».

Thomas d'Aquin cite plusieurs forme d'aide aux morts : en plus de la prière, le jeûne et l'aumône « Saint Augustin dit que les défunts sont aidés par les suffrages, selon qu’ils l’ont mérité de leur vivant. La valeur des suffrages dépend donc de la condition du défunt, peu importe leur provenance... Une peine doit s’expier par une peine. Or, le jeûne est plus pénible que l’aumône ou la prière. Il est donc aussi un suffrage plus efficace. Ces trois suffrages énumérés par saint Augustin semblent insuffisants, puisque saint Grégoire y en ajoute un autre : les âmes des défunts sont délivrées par les oblations des prêtres, les prières des saints, les aumônes de leurs amis, le jeûne de leurs proches[33] » Les Indulgences étaient alors appliquées aux défunts. Le lieu des obsèques revêtait une importance particulière : « La dévotion qui pousse les fidèles à faire ensevelir les corps de leurs chers défunts dans un sanctuaire n’est point vaine, parce qu’elle procure à leurs âmes les suffrages du saint auquel ce sanctuaire est dédié ». On offre encore traditionnellement des messes pour le repos des défunts[34].

St.Ulrich am Pillersee, Saint Nicolas de Tolentino aide les âmes du purgatoire.

Dans nombre de vies de saints (saint Dominique, saint François d'Assise, sainte Faustine…) apparaissent traditionnellement des récits de demande et d'aide par la prière des âmes défuntes, demandant leurs suffrages afin de soulager leurs souffrances expiatoires et de parvenir aux joies du Ciel, ou des descriptions du Purgatoire[35]. Ainsi à saint Dominique apparaît Alexandra après sa mort : « Saint Dominique prit tellement à cœur l'heureuse fin du miracle que Dieu avait opéré par lui, il fit lui-même et fit faire à d'autres tant de pénitences, de prières, d'aumônes et de jeûnes, qu'il obtint la délivrance entière d'Alexandra. Au bout de quinze jours, elle lui apparut toute éclatante de lumière, semblable à une étoile. Elle pria le saint de remercier pour elle ses confrères, qui lui avaient été autant de bienfaiteurs, et qui avaient par leurs suffrages hâté son salut. ». Sainte Thérèse de Lisieux y fait allusion comme un lieu réservé aux « âmes saintes » .

Franciscains[modifier | modifier le code]

Les Ordres Mendiants jouèrent un grand rôle dans la transmission de la foi concernant le purgatoire, dans les homélies et sermons, les ' exempla[36], dans les testaments. La charité fraternelle des franciscains s'exerce au-delà de la mort [15]:

Brooklyn Museum, Saint François sauvant les âmes du Purgatoire.

« Comme il plut à Dieu, il advint que peu de jours après sa conversion, ledit jeune homme mourut ; ce dont les frères eurent beaucoup de peine. Et peu de jours après sa mort, son âme apparut à frère Conrad qui se tenait pieusement en oraison devant l'autel dudit couvent, et le salua dévotement comme son père. Et frère Conrad lui demande : "Qui es-tu?" Celui-ci répond : "Je suis l'âme de ce jeune frère qui mourut ces jours-ci". Et frère Conrad dit : "Ô mon fils bien-aimé, qu'en est-il de toi?" Il répondit : "Mon Père bien-aimé, par la grâce de Dieu et par votre doctrine, ça va bien, car je ne suis pas damné ; mais pour certains de mes péchés, que je n'ai pas eu le temps d'expier suffisamment, je supporte les très grandes peines du purgatoire. Mais je te prie, Père, que, de même que par ta piété tu m'as secouru de mon vivant, ainsi il te plaise de me secourir maintenant dans mes peines, en disant pour moi quelques "Notre Père" ; parce que ta prière est très bien acceptée en présence de Dieu".

Alors frère Conrad consentant à ses prières avec bienveillance et disant pour lui une fois le "Notre Père" avec le "Requiem aeternam", c'est-à-dire: "Donne-lui, Seigneur, le repos éternel", cette âme dit : "Ô mon père bien-aimé, quel bien et quel rafraîchissement je sens ! Maintenant, je te prie de dire ces prières une autre fois". Et frère Conrad les récita ; et dès qu'il les eut récitées, l'âme dit : "Père saint, quand tu pries pour moi, je me sens tout soulagé ; aussi je te prie de ne pas cesser de prier pour moi". Alors frère Conrad voyant que cette âme était ainsi aidée par ses oraisons, dit pour elle cent fois le "Notre Père". Et quand il les eut achevés, cette âme dit : "Je te remercie, mon père bien-aimé, de la part de Dieu, de la charité que tu as eue envers moi, car, par ta prière, je suis libéré de toutes les peines et je m'en vais au royaume céleste". Et ceci dit, cette âme s'en alla. Alors frère Conrad, pour donner aux frères allégresse et réconfort, leur raconta toute cette vision »

— Chapitre 44, Fioretti de Saint François d'Assise

Leur fête dans le calendrier catholique est le 2 novembre, appelé le « Jour des morts », ou jour des âmes, lendemain de la Toussaint.

«  Ledit frère Jean disant une fois la Messe, le jour après la Toussaint, pour toutes les âmes des morts, selon que l'Église l'a ordonné, offrit avec une telle affection de charité et avec une telle piété de compassion ce très haut sacrement (que les âmes des morts, à cause de son efficacité, désirent par-dessus tous les autres biens que l'on peut faire pour eux), qu'il paraissait se consumer tout entier par douceur de piété et de charité fraternelle. Et pour cela, en cette Messe, levant dévotement le corps du Christ, l'offrant à Dieu le Père et le priant que, par l'amour de son Fils béni, Jésus-Christ, qui pour racheter les âmes était pendu à la croix, il lui plût de délivrer des peines du purgatoire les âmes des morts par lui créées et rachetées, il vit aussitôt un nombre presque infini d'âmes sortir du purgatoire, à la manière d'innombrables étincelles de feu qui sortiraient d'une fournaise ardente, et il les vit monter au ciel par les mérites de la passion du Christ, qui est offert chaque jour pour les vivants et pour les morts dans cette hostie très sacrée, digne d'être adorée dans les siècles des siècles. À la louange de Dieu  »

— Chapitre 50, Fioretti de Saint François d'Assise

Confréries[modifier | modifier le code]

St Egid Klagenfurt.

Elles jouèrent un grand rôle dans l'attribution des indulgences en faveur des défunts, les « pauvres âmes » du purgatoire. Saint François de Sales expliquait que « Dans cette seule œuvre de miséricorde envers les âmes du purgatoire sont renfermées les treize autres œuvres de la miséricorde corporelle ou spirituelle[37]. »

La chapelle Notre-Dame de Délivrance des Pénitents gris d'Avignon était jusqu’au XVIIIe siècle le lieu de sépulture des pénitents gris, lesquels avaient une dévotion spécifique pour la Bonne Mort, ce qui avait donné naissance à « l'Association de la Bonne Mort », chargée de prier pour la délivrance des âmes du purgatoire. Elle délivre aussi les femmes enceintes, et on pourrait bien relier les deux choses à la caverne des Sept Dormants d'Éphèse, sorte de receptacula avant le paradis.

Certaines confréries du rosaire avaient l'autorisation papale d'inscrire des défunts sur leurs registres. Le mois de novembre était appelé « mois des âmes du purgatoire » : on méditait pendant trente jours sur la mort, sur le purgatoire et on priait pour les morts[38].

À la basilique Notre-Dame de Montligeon on prie pour les âmes du purgatoire et, « selon de décret Donum Dei de la Sacrée Congrégation des Rites, du 6 juin 1968, on peut gagner une « indulgence plénière » à la Basilique de Notre-Dame de Montligeon : Le jour du pèlerinage solennel de mai (déplacé au dimanche de la Miséricorde), le jour de la fête des apôtres saint Pierre et saint Paul (29 juin) et le jour de la Portioncule (2 août). »

Notre-Dame-de-Délivrance : suffrages de la Vierge Marie[modifier | modifier le code]

La bulle « Sacratissimimo culmine ».

Les prières de la Vierge sont réputées, chez certains catholiques, être les plus efficaces pour la délivrance et le soulagement des âmes du Purgatoire. Bulle sabbatine ou « Privilège Sabbatin » du Scapulaire du Mont Carmel. Mère de Miséricorde, Marie selon Sainte Faustine Kowalska est appellée « Etoile de la mer » par les âmes du Purgatoire.

Suite aux apparitions de saint Simon Stock de Notre Dame du Mont-Carmel : « Pour tous ceux qui auront porté dignement le Saint Scapulaire, qui réciteront les prières et auront observé la chasteté selon leur statut, la Vierge Marie promet la rapide libération des âmes du Purgatoire, le premier samedi suivant leur mort ». Il est attribué au pape Jean XXII un document communément appelé Bulle Sabbatine (3 mars 1322) « Sacratissimimo culmine » dans lequel est relatée la vision de la Vierge qui lui promettait sa protection personnelle en échange de l'aide qu'il donnerait aux Carmes. Le samedi est traditionnellement un jour dédié à la Vierge Marie dans l'Église catholique.

Sœur Faustine Kowalska rapporta après un « voyage dans l'au-delà » que les âmes du purgatoire appellent la Vierge « étoile de la Mer ». Elle fut surtout appelée « Notre-Dame de Délivrance » (des âmes du purgatoire) donnant ce nom à nombre de lieux et de statues comme celle du monastère cistercien trappiste Notre-Dame de Délivrance en Slovénie, du nom d'un tableau de la chapelle, et donna sans doute leur nom à Notre-Dame de la Délivrande (Calvados), la Vierge noire de Paris, Notre-Dame de Bonne-Délivrance fêtée le 18 juillet et surnommée par saint Vincent de Paul la « Vierge des Âmes en peine » [39], le sanctuaire de Notre-Dame de la Délivrance, à Issia, dans le diocèse de Daloa.

Un des « Miracles de Notre-Dame » compilé vers 1330 au XIVe siècle par un dominicain du Soissonais dans le Rosarius, évoque une âme sortie par l'intercession de la Vierge du Purgatoire et de saint Jean-l'Évangéliste. Cette âme est dite en « froidure » et en « chaleur » [40]:

Église du Sacré-Cœur - Moulins.

«  Par dessus tous estre honnouree
Doit la blanche buletee,
Quar ele est de plus grant povoir,
Auctorité, vouloir, savoir.
En cest chaignoine le monstra
Diex, qui a un d'eus demonstra,
Quant passez fu de ceste vie,
Comment li fu la dame amie.
À un en vision sambloit
Que l'evangeliste venoit
À ma dame sainte Marie

Et li requeroit son aïe :
« Dame, dist il, dame de gloire,
Nostre ami est en purgatoire,
En grant tourment et en douleur,
En froidure, puis en chaleur ;
Quar hui ont chaut et demain froit.
Par reson estre ainsi leur doit :
Froit ont esté a bien ouvrer,
Chaut a fames deshonnourer ;
Siques ils ont puis froit, puis chaut.
Maintes gent sont a cui n'en chaut ;
Ains a tout preudomme doit plaire
Que sueffrent selonc leur affaire :
Ps. Letabitur justus cum viderit vindictam.
« Preudons adont fait feste et joie
Quant punis est cilz qui foloie. »
Cesti sueffre pour ses pechiez
Et, combien qu'en fust entechiez
Ne ne fust de parfaite vie,
Il est ja purgiez en partie.
En purgatoire ne doit mie
Estre lonc temps sans nostre aïe.
Il nous a amé et servi
Et pour ce il a bien desservi
Qu'au besoing ne li faillons mie.
De li vous pri, dame Marie. »

Tantost la dame a ce s'acorde,
Quar mere est de misericorde.
Tout dui en purgatoire vont
Et leur ami issir en font.
Donc cil ne perdent pas leur painne
Ne n'est pas leur loenge vainne
Qui servent saint Johan et la dame
Qui a tel cure de nostre âme »

Eugénie Smet[modifier | modifier le code]

Les sœurs auxiliatrices forment une congrégation religieuse catholique, la Société des Auxiliatrices des âmes du Purgatoire, fondée en 1856 à Paris par la bienheureuse Eugénie Smet (Loos, 1825-Paris, 1871), en religion Sœur Marie de la Providence (béatifiée en 1957). Dès sa jeunesse, celle-ci était préoccupée du sort des âmes du purgatoire.

Maria Simma[modifier | modifier le code]

Maria Simma est une mystique laïque contemporaine, née en 1915 et décédée en 2004, et qui vécut à Sonntag, petit village dans la montagne du Vorarlberg en Autriche, qui popularisa le concept de purgatoire au XXe siècle : elle dit avoir eu, comme Faustine Kowalska la visite d'âmes du Purgatoire lui demandant de prier pour elles. Elle leur voua sa vie, fit construire une chapelle et écrivit un livre, Les Âmes du Purgatoire m'ont dit…. Cependant son témoignage personnel sur l'au-delà, fondé sur des révélations et visions privées, n'est que particulier et non reconnu par l'Église. Elle n'engage pas l'Église catholique dans sa doctrine, laquelle rapproche le feu du purgatoire de la Vive Flamme d'Amour de Jean de la Croix : chaque catholique est libre d'y ajouter foi ou non[41].

Catéchisme[modifier | modifier le code]

St. Martin in Alberschwende im Bregenzerwald. Porte ouest, bas relief, E. Gitterle, 1980.

Le catéchisme pour adultes, publié par la Conférence des évêques de France en 1991 avec l'accord de la Congrégation pour la doctrine de la foi qui a donné le l'approbation du Saint-Siège, indique simplement ce qui suit : « ...Pour parvenir à cette contemplation de Dieu, une "étape" de purification, appelée purgatoire, peut être nécessaire. Il ne s'agit ni d'un lieu, ni d'un temps ; on peut parler plutôt d'un état. En tout cas, le purgatoire, qui est bien une peine, n'est pas à concevoir comme une punition, par laquelle Dieu se vengerait en quelque sorte de nos infidélités. La communion avec Dieu, dans laquelle nous introduit la mort, nous fait prendre conscience douloureusement de nos imperfections et de nos refus d'aimer, et du besoin de nous laisser purifier par la puissance salvatrice du Christ. » « C'est Dieu lui-même qui purifie et transforme. Mais la Tradition de l'Église catholique affirme que ceux qui sont au purgatoire bénéficient des prières et des supplications adressées en leur faveur à Dieu par leurs frères, et aussi de l'intercession des saints déjà introduits dans la béatitude de la vision de Dieu ».

Le Compendium du Catéchisme de l'Église catholique, d'abord publié en 2005, est un résumé du Catéchisme de l'Église catholique[42].

« 210. Qu'est que le Purgatoire ?

Le Purgatoire est l'état de ceux qui meurent dans l'amitié de Dieu, assuré de leur salut éternel, mais qui ont encore besoin de purification pour entrer dans le bonheur du Ciel.

211. Comment est-ce que nous pouvons aider les âmes à être purifiées au Purgatoire ?

À cause de la Communion des saints, les fidèles qui sont encore des pèlerins sur terre sont capables d'aider les âmes dans le purgatoire en offrant des prières en suffrage pour eux, spécialement dans le Sacrifice eucharistique. Ils peuvent aussi le aider par des aumônes, les indulgences, et les œuvres de pénitence. »

Ces deux questions et réponses résument les renseignements dans les sections 1020–1032 et 1054 du Catéchisme de l'Église catholique, publié en 1992, qui parle également de purgatoire dans les sections 1472 et 1473[43].

Concile œcuménique Vatican II[modifier | modifier le code]

« L’union de ceux qui sont encore en chemin, avec leurs frères qui se sont endormis dans la paix du Christ, n’est nullement interrompue, au contraire, selon la foi constante de l’Église, cette union est renforcée par l’échange des biens spirituels… Tous cependant, à des degrés divers et sous des formes diverses, nous communions dans la même charité envers Dieu et envers le prochain » (Concile Vatican II, L’Église, no 49) »

Encyclique Spe Salvi du pape Benoît XVI[modifier | modifier le code]

Le purgatoire représenté dans l'église de Pontevedra en Espagne

La théologie contemporaine récente [44] a rejeté l'idée de purgatoire comme un lieu de « punition temporelle » au sens d'un délai d'attente. Au lieu de cela, les théologiens parlent d'un processus de purification. Le processus de purification est un « aspect de l'union à Dieu » et une image de l'espérance du croyant en la purification par Dieu

L'encyclique Spe Salvi fait allusion au Purgatoire : croire dans le Purgatoire c'est en effet avoir l'espérance chrétienne que la vie ne cesse pas après la mort, que les corps ressuscitent un jour, et qu'on puisse accéder un jour au Ciel, à la béatitude et la communion des saints malgré une vie parfois imparfaite, en passant par une étape purificatrice, aidé par le prières de ses proches.

«  Dans le judaïsme ancien, il existe aussi l’idée qu’on peut venir en aide aux défunts dans leur condition intermédiaire par la prière (cf. par exemple 2 M 12, 38-45 : 1er s. av. J.-C.). La pratique correspondante a été adoptée très spontanément par les chrétiens et elle est commune à l’Église orientale et occidentale. L’Orient ignore la souffrance purificatrice et expiatoire des âmes dans « l’au-delà », mais connaît, de fait, divers degrés de béatitude ou aussi de souffrance dans la condition intermédiaire. Cependant, grâce à l’Eucharistie, à la prière et à l’aumône, « repos et fraîcheur » peuvent être donnés aux âmes des défunts. Que l’amour puisse parvenir jusqu’à l’au-delà, que soit possible un mutuel donner et recevoir, dans lequel les uns et les autres demeurent unis par des liens d’affection au-delà des limites de la mort – cela a été une conviction fondamentale de la chrétienté à travers tous les siècles et reste aussi aujourd’hui une expérience réconfortante.  »

— Benoît XVI, Spe Salvi

Gustave Doré, Purgatoire, 25.

Sur la prière d'intercession :

« Qui n’éprouverait le besoin de faire parvenir à ses proches déjà partis pour l’au-delà un signe de bonté, de gratitude ou encore de demande de pardon ? À présent on pourrait enfin se demander : si le « purgatoire » consiste simplement à être purifiés par le feu dans la rencontre avec le Seigneur, Juge et Sauveur, comment alors une tierce personne peut-elle intervenir, même si elle est particulièrement proche de l’autre ? Quand nous posons une telle question, nous devrions nous rendre compte qu’aucun homme n’est une monade fermée sur elle-même. Nos existences sont en profonde communion entre elles, elles sont reliées l’une à l’autre au moyen de multiples interactions. Nul ne vit seul. Nul ne pèche seul. Nul n’est sauvé seul. Continuellement la vie des autres entre dans ma vie : en ce que je pense, dis, fais, réalise. Et vice-versa, ma vie entre dans celle des autres : dans le mal comme dans le bien. Ainsi mon intercession pour quelqu’un n’est pas du tout quelque chose qui lui est étranger, extérieur, pas même après la mort. Dans l’interrelation de l’être, le remerciement que je lui adresse, ma prière pour lui peuvent signifier une petite étape de sa purification. Et avec cela il n’y a pas besoin de convertir le temps terrestre en temps de Dieu : dans la communion des âmes le simple temps terrestre est dépassé. Il n’est jamais trop tard pour toucher le cœur de l’autre et ce n’est jamais inutile. Ainsi s’éclaire ultérieurement un élément important du concept chrétien d’espérance.  »

— Le Purgatoire de Botticelli

De nos jours, la prière pour les morts est toujours à l'honneur au sein de l'Eglise, quoique souvent occultée par la pensée contemporaine, car elle est l'étape nécessaire pour que le chrétien puisse contempler Dieu après sa mort : « À l'heure actuelle nous avons tendance à gommer plus ou moins ces valeurs des fins dernières, que ce soit le lieu de la purification, le purgatoire, ou même l'enfer. C'est parce que nous n'affirmons pas avec assez de force que nous adorons un Dieu qui est Saint, un Dieu qui est transcendant et en même temps tout proche ! » (P. Marie-Joseph Le Guillou O.P.)

Arts : Le « Voyage dans l'au delà »[modifier | modifier le code]

Théologie protestante / évangélique[modifier | modifier le code]

William Blake, purgatoire de Dante.

Les églises chrétiennes issues de la Réforme (luthérienne, calviniste), ainsi que les Evangéliques, rejettent l'existence du purgatoire, étant donné qu'il n'est pas cité nommément dans la Bible. Le Canon protestant et juif de l'Écriture considère les livres des Macchabées comme apocryphes, que les catholiques insèrent dans les livres deutérocanoniques. Si les catholiques voient dans le texte de 2 Macchabées 12, 39-45 (cité ci-dessus) une justification pour la prière au mort ainsi que les germes de la doctrine du purgatoire, le Protestantisme, de son côté, n'y voit qu'une déviation dans la pratique de la prière. En effet, le reste des écrits bibliques ne reprend jamais ce thème.

Quant au texte de l'apôtre Paul sur le salut « comme à travers un feu », le feu représente le jugement dans les Écritures, lequel est unique, c'est-à-dire réservé pour chaque homme « une seule fois », et à l'issue duquel Dieu l'accepte ou non dans sa présence (Hébreux 9, 27). Mais la préparation pour ce jugement se fait uniquement pendant la vie sur terre, par la foi (sola fide). Après la mort, plus rien ne peut être changé. Cf. 2 Pierre 3, 7-14. Verset 9 : « Le Seigneur (...) use de patience envers vous ne voulant pas qu'aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance. » Le jour du jugement est aussi appelé le jour de la colère de Dieu, dont on ne peut être épargné que par la justice, qui s'obtient par la foi dans l'œuvre rédemptrice de Christ. Cf. Proverbes 11, 4 : « Au jour de la colère, la richesse ne sert à rien. mais la justice délivre de la mort. »

De même, la Communion anglicane, à l'exception des Anglos-catholiques ne reconnaît pas l'existence du Purgatoire.

Théologie orthodoxe[modifier | modifier le code]

Les Orthodoxes au Concile d'Ephèse n'ont pas admis l'existence du purgatoire. Leur doctrine distingue trois états, la béatitude paradisiaque et deux sortes d'enfers, l'un dont on peut se libérer grâce aux prières de l'Église en vertu d'un processus intérieur de l'âme et celui dont on ne peut pas se libérer[46]. Mais elle ignore le purgatoire en tant que « lieu » pour admettre l'existence probable d'un «  état » de purgation ou purification. Certains écrivains russes, assignent cependant tantôt une vingtaine, tantôt une quarantaine de jours aux âmes des défunts pour parcourir certains espaces imaginaires avant d'atteindre le lieu de leur repos. D'après la tradition de l'Église orthodoxe l'âme du défunt se prépare au Jugement divin pendant quarante jours[47]. Du 1er au 3e jour, l'âme du défunt reste dans les lieux de sa vie terrestre. Du 3e au 9e jour, il voit le paradis. Du 9e au 40e jour, il voit les souffrances de l'enfer. Le 40e jour : est prise une décision divine à l'égard de l'âme, qui déterminera l'endroit où se trouvera l'âme jusqu'au Jugement dernier. « C'est pour cela que l'Église prescrit de marquer d'une commémoration particulière les 3e, 9e et 40e jours. Puis, chaque année, le jour du décès du défunt. » » [48]

L'Église orientale est venue à admettre l'existence d'un intermédiaire en état après la mort, mais elle associe à cette doctrine une conviction dans l'efficacité de la prière pour les morts, caractéristique constante des liturgies de l'Orient et l'Occident. Cette prière est jugée sans signification sans la croyance en un état « provisoire » dont pourraient bénéficier les morts[49].

L'enseignement orthodoxe oriental est que, bien que tous subissent un arrêt particulier immédiatement après la mort, ni les justes, ni les méchants n'atteignent l'état final du bonheur ou de la peine avant le dernier jour[50], avec certaines exceptions pour les âmes justes comme la Théotokos (Vierge qui a été emmenée par les anges directement au ciel).

L'Église orthodoxe orientale pense qu'il est nécessaire de croire dans un état intermédiaire après la mort dans lequel les croyants sont perfectionnés et amenés à la pleine divinisation (théosis) [51],. « . dans un processus de croissance plutôt que de peines, que certains orthodoxes ont appelé «  purgatoire » . » La Théologie orthodoxe orientale ne décrit pas généralement la situation des morts comme lieu des souffrances ou de feu, bien qu'elle le décrive néanmoins comme une condition de purification [52] Les âmes des justes morts sont à la lumière et de repos, avec un avant-goût de bonheur éternel. Mais les âmes des méchants sont dans un état inverse. Certains parmi ces derniers, qui ont quitté ces âmes avec foi, mais « sans avoir eu le temps d'apporter des fruits dignes de repentance…, peuvent être aidés à la réalisation d'une résurrection bienheureuse [à la fin des temps] par des prières offertes en leur nom, surtout en union avec l'offrande du sacrifice sans effusion de sang du corps et du sang du Christ, et par des œuvres de miséricorde offertes en leur mémoire. » ."[53]

L'état dans lequel les âmes subissent cette expérience est souvent appelé "Hadès"[54].

La Confession orthodoxe de Pierre Mogila (1596–1646), adoptée, dans une traduction grecque par Mélèce Syrigos, par le Conseil de 1642 à Jassy, en Roumanie, professe que bon nombre sont libérés de la prison du Diable… à travers les bonnes œuvres de la vie et les prières de l'Église pour eux, la plupart tout au long du sacrifice non sanglant, qui est offert certains jours pour tous les vivants et les morts (question 64). et (sous la rubrique « Comment doit tenir un compte le feu purgatorial ? ») l'Église, à juste titre, effectue pour eux le sacrifice et des prières, cependant ils ne peuvent pas se purifier eux-mêmes par quelques souffrances. Mais, l'Église n'a jamais maintenu les histoires fantaisistes de certains concernant les âmes de leurs proches morts, qui n'ont pas fait pénitence et sont punis, comme ce fut, « dans les ruisseaux, sources thermales et marécages » (question 66).

L'orthodoxie de l'est du Synode de Jérusalem, qui s'est tenu en 1672, a déclaré que « les âmes de ceux qui sont tombés endormis sont au repos, ou au supplice, conformément à ce que chacun a forgé de sa vie » (une jouissance ou une condamnation qui ne sera complète qu'après la résurrection des morts) ; mais les âmes de certains « partent en Hadès et il y subissent la peine en raison des péchés qu'ils ont commis. Mais ils sont conscients de leur prochaine version de là et sont offerts par la bonté suprême, à travers les prières des prêtres, et le bien accompli par les parents de chacun ; surtout le sacrifice non sanglant notamment pour les parents qui sont endormis dans la foi, et que l'Église apostolique offre quotidiennement pour tous. Bien entendu, il est entendu que nous ne savons pas quel sera le moment de leur libération. Nous savons et pensons qu'il y a eu pour eux un état avant la résurrection commune et le jugement, mais on ne sait pas quand. »" [52] Certains orthodoxes croient en des « Demeures aériennes » pour les âmes des défunts. Selon cette théorie, qui est rejetée par les autres orthodoxes, "après la mort une personne quitte son corps et est escortée à Dieu par les anges de l'âme. Au cours de ce voyage l'âme traverse un Royaume aérien qui est gouverné par les démons. L'âme rencontre ces démons à divers points où les démons tentent de l'accuser de pécher et, si possible, faire glisser l'âme en enfer. » [55],[56]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Livres anciens (théologie catholique)[modifier | modifier le code]

Ouvrages contemporains[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

Livres en ligne[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Concile de Trente, session VI, canon 30, Denz. 840, et session 25, décret sur le purgatoire, Denz. 983
  2. Guillaume Cuchet, Les Voix d'outre-tombe. Tables tournantes, spiritisme et société au XIXe siècle, éd. du Seuil,‎ 2012, 458 p.
  3. http://lire.la-bible.net/
  4. Lire Histoire des persécutions pendant la première moitié du troisième siècle (Septime Sévère, Maximin, Dèce) (1905), pages 131 et 132) Author: Allard, Paul, 1841-1916
  5. Études sur le latin des chrétiens, vol. II, Latin chrétien et médiéval par Christine Mohrmann [lire en ligne]
  6. «  Refrigerium în mitologia şi în istoria poporului român » = Le « refrigerium » dans la mythologie et dans l'histoire du peuple roumain IONESCU I. ; Article INIST, langue roumaine : ''Permanence de la coutume funéraire du « rafraîchissement » (refrigerium) des morts en Roumanie ; coutume qui consiste notamment à placer un récipient d'eau sur la tombe… 1990, vol. 42, no4, p. 85-99 (dissém.)
  7. . On trouve dans la neuvaine que le Christ enseigna de manière « surnaturelle » à Faustine Kowalska, béatifiée par Jean-Paul II au XXe siècle, ces paroles : « Aujourd'hui, amène-moi les âmes qui sont dans la prison du purgatoire et immerge-les dans l'abîme de ma miséricorde, que les flots de mon sang rafraîchissent leurs brûlures… »
  8. François de Sales, Controverses, Discours LXXV
  9. (it) Textes d'épitaphes paléochrétiennes
  10. Epitaphe de Volusianus et Fortunatus
  11. Paris, Bibl. Sainte-Geneviève, ms. 1130, f. 115
  12. Crypte des Papes
  13. . Jacques Le Goff, La Naissance du Purgatoire, Gallimard, coll. « Folio », Paris, 1991 (1re édition 1981) ISBN 978-2-07-032644-0, p. 74-75
  14. Récit de Perpetue : « Après peu de jours, pendant que nous étions en prière, je parlai malgré moi tout à coup, je nommai Dinocrate. Je fus stupéfaite de n'avoir pas encore pensé à lui et affligée en me rappelant son malheur. Et je reconnus que j'étais maintenant digne d'intercéder pour lui. Je commençai donc à faire pour lui beaucoup de prières et à pousser des gémissements vers le Seigneur. Pendant la nuit, j'eus une vision : je vis Dinocrate sortant d'un lieu ténébreux, où se tenaient beaucoup d'autres personnes ; son visage était triste, pâle, défiguré par la plaie qu'il avait lorsqu'il mourut. Dinocrate avait été mon frère selon la chair, mort à sept ans d'un cancer à la figure, dans des circonstances qui avaient fait horreur à tout le monde. Entre lui et moi je voyais un grand intervalle, que ni l'un ni l'autre ne pouvions franchir. Dans le lieu où se trouvait Dinocrate il y avait une piscine pleine d'eau, dont la margelle dépassait la taille d'un enfant. Dinocrate se haussait comme pour y boire, et je m'affligeais en voyant cette piscine pleine d'eau, et cette margelle trop haute pour qu'il y pût atteindre. Je m'éveillai, et je compris que mon frère souffrait. Mais j'espérais que ma prière adoucirait ma souffrance; aussi ne cessai-je de prier pour lui chaque jour jusqu'à ce que nous fûmes transférés dans la prison Castrensis ; en effet, nous devions combattre dans les jeux que l'on donnait en l'anniversaire du César Géta (fils de l'empereur Sévère). Pendant ce temps, jour et nuit, je priais, je pleurais, je gémissais pour Dinocrate. « Un jour que nous avions les ceps, voilà ce que je vis : le lieu que j'avais vu plein de ténèbres était plein de lumière, et Dinocrate bien vêtu, bien soigné, joyeux. La plaie du visage semblait cicatrisée et la margelle de la piscine s'était abaissée, elle lui arrivait à mi-corps ; l'enfant y puisait librement. Sur le rebord de la margelle était un vase rempli d'eau, Dinocrate buvait de cette eau, mais elle ne diminuait pas. Quand il fut désaltéré, il s'éloigna et se mit à jouer, en enfant qu'il était. Alors je m'éveillai et je compris que mon frère avait quitté le lieu de souffrance pour une demeure de joie » in : Recueil de pièces authentiques sur les martyrs depuis les origines du Christianisme jusqu'au XXe siècle, par le R. P. Dom H. LECLERCQ, 130/ http://www.abbaye-saint-benoit.ch/martyrs/martyrs0001.htm
  15. a, b, c, d et e Jacques Le Goff
  16. a et b La Naissance du Purgatoire (XII-XIII siècle), Jacques Le Goff, Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public, Année 1975, Volume 6, Numéro 6, p. 7-10
  17. « Un des motifs qu'on a eu dans l'Église d'établir la mémoire des Morts annuellement, qui a été sur le rapport, qu'un Religieux de Cluny fit à son retour de la Palestine à saint Odiíon, qu'un saint Ermite, qui habitoit au pied de la montagne d'Etna, luy fit des plaintes, que les Démons faisoient sans cesse contre les Religieux de Cluny, de ce que par le commerce de leur suffrages ils leur ravissaient, et aux flammes impitoyables, qui sortent de cette Montagne, des Âmes, qui y faisaient leur Purgatoire. Ce qui obligea ce devot Abbé, d'ordonner dans tous les Monastères, un jour dans l'année, auquel ils redoubleraient pour cet effet leurs suffrages… Après luy les souverains Pontifes de le rendre général à toutes les Églises des fidèles… parce que leurs plaintes, qui nous persuadent l'efficace de notre commerce, ont servi de motifs à l'Église, à ce saint Abbé de marquer un jour dans l'année pour le soulagement de toutes celles qui gémissent en Purgatoire, on peut conclure sans contredit, que les démons confessent ce trafic de nos suffrages » Le commerce des vivants, fait en faveur des âmes du Purgatoire, Bonaventure Breugne, page 37, XVIIe siècle
  18. Gesta Dagoberti Geste++du+Roi+Dagobert&hl=fr&ei=10mwTLSWNsuTjAf2gY11&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=3&ved=0CDYQ6AEwAg#v=onepage&q&f=false Histoire literaire [sic] de la… - Google Livres
  19. Voir Mythologies de l'Etna: études, Presses Universitaires Blaise Pascal (2004), pp. 73 et sqq.
  20. Notice INIST : Purgatory and the Earthly Paradise in the " Tractatus de Purgatorio Sancti Patricii EASTING R. Cîteaux commentarii cistercienses, ISSN 0009-7497 1986, vol. 37, no1-2, p. 23-48 « L'A. propose une division du monde de l'au-delà en quatre parties… un lieu de repos pour les âmes délivrées du Purgatoire » et [lire en ligne] Mémoire en temps advenir : hommage à Théo Venckeleer Tractatus de purgatorio sancti Patricii Peter Dewilde.
  21. Bulletin de la Société archéologique du Finistère, volumes 102 à 103. Société archéologique du FinistèreLa Société., 1974
  22. Le Chant des Trépassés et An Anaon La Bretagne poétique: traditions, mœurs, coutumes, chansons, légendes, ballades, etc O. Pradère. Librairie générale, 1872 - et Le cheval d'orgueil: mémoires d'un Breton du pays bigouden Pierre Jakez Hélias Plon, 1995 - 606 pages
  23. Cité dans Barzaz-Breiz : chants populaires de la Bretagne, volume 1 - Théodore Hersart de La Villemarqué : « ... les âmes avaient trois cercles à parcourir après la mort : le premier était le cercle des peines, ou l'enfer; le second, celui de la purification; le troisième, celui du bonheur parfait. C'est ce qu'établissent les documents que nous ont laissés les vieux bardes bretons du pays de Galles » sur Google livres
  24. Thème encore contemporain ; sainte Faustine Kowalska est conduite par son ange gardien dans l'au-delà et raconte sa vision ; « Je vis mon ange gardien qui m’ordonna de le suivre. En un instant je me trouvai dans un endroit enfumé, rempli de flammes, où se trouvait une multitude d’âmes souffrantes qui prient avec ferveur, mais sans efficacité pour elles-mêmes ; nous seuls pouvons les aider. Les flammes qui les brûlaient ne me touchaient pas. Mon ange gardien ne me quittait pas un seul instant. Et je demandais à ces âmes quelle était leur plus grande souffrance. Elles me répondirent d’un commun accord que c’était la nostalgie de Dieu. J’ai vu la Sainte Vierge, visitant les âmes au Purgatoire. Elles l’appellent "Etoile de la mer". Elle leur apporte du soulagement. Je voulais encore leur parler, mais mon ange gardien m’avait déjà donné le signal du départ. Nous sortions de cette prison de douleurs quand Dieu a dit : "Ma Miséricorde ne veut pas cela, mais la justice l’exige". Depuis ce moment je suis en relations plus étroites avec les âmes souffrantes. » Petit Journal de sainte Faustine, 20
  25. Source site JésusMarie
  26. Le Purgatoire, pour quoi faire ?
  27. Source : Site Cybercuré
  28. La naissance du Purgatoire (XII-XIII siècle) Jacques Le Goff, Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public, année 1975, vol. 6, no 6, pp. 7-10
  29. Incruentum altaris : en italien et en latin.
  30. Traité des fins dernières, Le Purgatoire
  31. Lire Louvet, Le Purgatoire d'après les Révélations des Saints
  32. Il faut prier pour ceux, dit Jean l'Évangéliste dans ses épîtres, qui ne commettent pas "le péché qui mène à la mort", appelé ensuite « péché mortel » lequel empêche l'accès au Purgatoire parce que source de mort éternelle (ou « seconde mort »). « Si quelqu'un voit son frère commettre un péché qui ne va pas à la mort, qu'il prie, et Dieu donnera la vie à ce frère, [à tous ceux dont ce péché ne va pas à la mort]. Il y a tel péché qui va à la mort ; ce n'est point pour ce péché-là que je dis de prier. » Jean, Ep. 1, 5(16), traduction Crampon.
  33. saint Thomas d'Aquin, Traité des fins dernières article 9 : « Les prières de l’Église, le saint sacrifice et les aumônes sont-ils les suffrages les seuls utiles ou les plus utiles aux défunts ? »
  34. Ainsi ce récit dans la Vie de saint Malachie (Vita Malachiae) de saint Bernard de Clairvaux : « Le saint, dès le lendemain, monte à l'autel et offre le saint sacrifice pour la défunte. Au bout de quelque jours, elle se fit voir à lui dans une autre vision : mais, debout sur le seuil de l'église, comme s'il ne lui était pas encore permis d'entrer. Elle était là, triste et suppliante, cependant son vêtement n'était plus noir, mais couleur de cendre. Saint Malachie alors ne passa pas un seul jour sans offrir pour elle le divin sacrifice. Bientôt il la revit. Elle était vêtue de blanc et dans l'église, mais loin de l'autel dont elle ne pouvait approcher malgré ses efforts pour y arriver. Le saint persévéra dans ses suffrages, et Dieu couronna sa charité par une quatrième vision. Sa sœur lui fut montrée près de l'autel, toute brillante de gloire et entourée d'une foule d'âmes radieuses comme elle. Toutes avaient quitté l'exil pour monter à la patrie. » Ce qui démontre parmi tant d'autres preuves, que la vertu du divin sacrifice, comme le dit saint Bernard, efface les péchés, délivre du purgatoire et ouvre les cieux.
  35. Citations extraites du Petit Journal de sainte Faustine Kowalska.
  36. Histoires édifiantes que les prédicateurs intégraient dans leurs sermons.
  37. Manuel des Confréries pour la Bonne Mort et pour les Âmes du Purgatoire
  38. Livre ancien : Le mois des âmes du purgatoire et exemple de mois du Purgatoire sur Jésusmarie
  39. 2008-39. Notre-Dame de Bonne Délivrance, la Vierge Noire de Paris. Sur le blog Journal du Mesnil Marie
  40. UNIVERSITÉ D'OTTAWA : ROSARIUS, MIRACLE XXXIV (livre 2, chapitre 18)manuscrit fr. 12483 de la Bibliothèque nationale de France
  41. Les âmes du Purgatoire selon Maria Simma, par sœur Emmanuel Maillard (Communauté des Béatitudes) et vidéo
  42. 210-211
  43. Catéchisme de l'Église Catholique, sections 1020-1032 et Catéchisme de l'Église Catholique, section 1054 et Catéchisme de l'Église Catholique, sections 1472-1473
  44. Meinolf Schumacher : Souillure du péchés et pureté du cœur. Des études sur l'imagerie du péché dans la littérature latine et allemand du Moyen Âge ; Munich : Fink, 1996 ; ISBN 978-3-7705-3127-1. p. 468-470.
  45. Voir aussi : Purgatorio  (en) - St Patrick's Purgatory  (en) -The Dream of Gerontius (poem)  (en)
  46. L’orthodoxie, Serge Boulgakov, Sergej Nikolaevič Bulgakov, Constantin Andronikof, page 205
  47. L'Église gréco-russe, Avgustin Petrovich Golitsyn
  48. Source: Blog Moinillon
  49. Cross, F. L., ed. The Oxford Dictionary of the Christian Church. New York: Oxford University Press. 2005, article Purgatory
  50. John Meyondorff, Byzantine Theology (London: Mowbrays, 1974) p. 220-221. « At death man's body goes to the earth from which it was taken, and the soul, being immortal, goes to God, who gave it. The souls of men, being conscious and exercising all their faculties immediately after death, are judged by God. This judgment following man's death we call the Particular Judgment. The final reward of men, however, we believe will take place at the time of the General Judgment. During the time between the Particular and the General Judgment, which is called the Intermediate State, the souls of men have foretaste of their blessing or punishment » (« The Orthodox Faith » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)).
  51. Ted A. Campbell, Christian Confessions: a Historical Introduction (Westminster John Knox Press 1996 ISBN 978-0-664-25650-0), p. 54
  52. a et b Confession of Dositheus, Decree 18
  53. Catechism of St. Philaret of Moscow 372 and 376; Constas H. Demetry, Catechism of the Eastern Orthodox Church p. 37; John Meyondorff, Byzantine Theology (London: Mowbrays, 1974) p. 96; cf. "The Orthodox party… remarked that the words quoted from the book of Maccabees, and our Saviour's words, can only prove that some sins will be forgiven after death" (OrthodoxInfo.com, The Orthodox Response to the Latin Doctrine of Purgatory)
  54. « What Are the Differences Between Orthodoxy and Roman Catholicism? », Constas H. Demetry, Catechism of the Eastern Orthodox Church, p. 37
  55. « Death and the Toll House Controversy »
  56. cf. en occident aussi la légende de Dagobert Ier que les démons entraînent dans l'enfer de l'Etna, libéré par saint Denis
  57. Repris dans Un autre Moyen Âge, Paris, 1999, p. 771-1225.