Spéléologie en France

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La spéléologie en France compte environ 15 000 adeptes[1] dont environ 7 500 licenciés en 2016 ; ce nombre est stable depuis une dizaine d'années[2]. Cette activité, assimilée à un sport de pleine nature, se pratique au sein de clubs ou en individuel, affilié ou non à la Fédération française de spéléologie (FFS), fédération délégataire de l'activité, ou d'autres fédérations pratiquant cette activité comme la Fédération française des clubs alpins et de montagne (FFCAM).

Karst français[modifier | modifier le code]

Un karst de haute montagne : le Clot d'Aspres

Le territoire français compte de nombreuses zones calcaires où l'on peut pratiquer la spéléologie.

En effet, la formation de grottes ou gouffres nécessite généralement la présence de couches épaisses et massives de calcaire. Ces couches ou horizons se sont majoritairement formées au fond de mers peu profondes, en climat chaud, ce qui était notamment le cas au Jurassique supérieur et au Crétacé, en France. À ces époques la mer y occupait les principales zones suivantes :

  • le bassin parisien,
  • le bassin aquitain et du sud-est,
  • la région du Jura.
Le karst de la Pierre Saint Martin au pied du Pic d'Anie 2504m

Les espaces occupés de nos jours par les Alpes et les Pyrénées étaient également recouverts par la mer. C'est la remontée de la plaque tectonique africaine vers l'Europe qui a provoqué la création de ces chaînes de montagnes, en soulevant et plissant les couches calcaires. Ce fut notamment le cas pour les massifs suivants, tous situés aux pieds des Alpes :

Ce fut également le cas dans l'Ariège, située au pied des Pyrénées.

Article connexe : Géologie de la France.

Les cavités souterraines naturelles françaises (grottes, avens, etc.) sont nombreuses et variées.

Article détaillé : Liste de grottes de France.

Historique[modifier | modifier le code]

Édouard-Alfred Martel est considéré comme le père de la spéléologie française.

Robert de Joly est considéré comme le père de la spéléologie moderne.

Les livres de Norbert Casteret ont suscité des vocations chez de nombreux jeunes.

En 1962, Michel Siffre effectue des expériences de chronobiologie en s'enfermant dans une grotte, afin d'étudier le rythme circadien hors de tout repère temporel.

Organisation de l'activité en France[modifier | modifier le code]

La plupart des clubs de spéléologie sont regroupés au sein de la Fédération française de spéléologie (FFS) ou de la Fédération française des clubs alpins et de montagne (FFCAM). Il s'agit d'associations locales à but non lucratif (ou de droit local en Alsace-Moselle) ou de sections des Clubs alpins français (CAF).

Le canyonisme, qui relève de techniques et d'activités voisines, est considéré comme proche de la spéléologie. La Fédération française de spéléologie compte d'ailleurs de plus en plus d'adeptes de la descente de canyon. Dès 1988 la FFS disposa d'une commission dite de « Spéléologie à ciel ouvert »[3], devenue commission Canyon en 1990 puis École française de canyonisme (EFC).

Par contre, les adeptes de la grimpe d'arbres et les randonneurs en milieu karstique ne sont pas actuellement considérés comme spéléologues.

Organisation des secours en France[modifier | modifier le code]

Les secours font intervenir les pompiers, la protection civile et des bénévoles/volontaires regroupés au sein du Spéléo Secours Français (SSF), commission spécialisée de la Fédération française de spéléologie.

Le spéléo secours français (SSF)[modifier | modifier le code]

En France, la Fédération française de spéléologie (FFS) est la seule fédération sportive à disposer d'une structure de secours autonome et entièrement bénévole. Le Spéléo secours français, qui a fêté en 2007 à Montélimar ses 30 ans d'existence, est une commission de la FFS regroupant au sein de structures départementales près de 2 000 spéléologues spécialisés dans le sauvetage et l'assistance aux victimes en milieu souterrain.

Le Ministère de l'Intérieur, par convention nationale déclinée au niveau de chaque département, reconnaît le rôle prépondérant et incontournable du SSF pour ce qui concerne la partie souterraine des opérations de secours.

Les techniques et les matériels (civières…) mis au point ont dépassé leur domaine d'application puisqu'ils sont repris par les secouristes en montagne, en ravin, en canyon, etc.

Le « savoir-faire » développé au fil des années s'est exporté dans le monde entier. Ce savoir-faire recouvre en particulier les activités suivantes :

  • assistance et secours à victimes : point chaud (aménagement d'un espace dans la cavité permettant de sécuriser et protéger un blessé en attendant les secours), premiers soins, médicalisation ou assistance à médecin, maintien en vie, etc. ;
  • techniques d'évacuation de victimes en conditions difficiles (horizontale en milieu confiné et verticale en terrain complexe) ;
  • gestion et organisation d'une opération de secours ;
  • plongée souterraine ;
  • pompage ;
  • moyens de communication : téléphone et radio souterrains (Système Nicola) ;
  • mise en œuvre de forages ;
  • désobstruction à l'explosif ;

Le spéléo secours a aussi un rôle préventif[4].

Accès et règlementation en France[modifier | modifier le code]

La pratique de la spéléologie est libre, dans la limite du respect de la propriété privée qui s'étend aux tréfonds.

À la suite d'accidents qui ont mobilisé d'importants secours, le parcours de certaines cavités nécessite cependant une autorisation (par exemple, pour la traversée du Verneau souterrain à Nans-sous-Sainte-Anne).

Certaines cavités font l'objet de conventions entre le propriétaire ou le gestionnaire du lieu et une association (club, comité départemental ou régional, etc.) spéléologique. C'est le cas par exemple de l'accès au réseau du Rupt-du-Puits, avec la Ligue spéléologique lorraine[5].

Classification fédérale du niveau de difficulté des cavités[modifier | modifier le code]

Les cavités sont répertoriées en cinq catégories, définies dans les recommandations de la Fédération française de spéléologie et entérinées par les pouvoirs publics :

  • Classe 0 : cavité aménagée pour le tourisme.
  • Classe 1 : cavité ou portion de cavité ne nécessitant pas de matériel autre qu'un casque avec éclairage.
  • Classe 2 : cavité ou portion de cavité d'initiation ou de découverte permettant une approche des différents aspects du milieu souterrain et techniques de la spéléologie avec des obstacles ponctuels. Leur franchissement nécessite éventuellement du matériel et la présence d'eau ne doit pas empêcher la progression du groupe.
  • Classe 3 : cavités ou portions de cavités permettant de se perfectionner dans la connaissance du milieu et dans les techniques de progression. Les obstacles peuvent s'enchaîner. L'ensemble des verticales ne doit pas excéder quelques dizaines de mètres, de préférence en plusieurs tronçons. La présence d'eau ne doit pas entraver la progression du groupe, ni entraîner une modification de l'équipement des verticales.
  • Classe 4 : on retrouve le reste des cavités non classées dans les précédentes.

Cavités remarquables[modifier | modifier le code]

Grottes touristiques[modifier | modifier le code]

Entrée inférieure des Cuves de Sassenage

Le Gouffre de Padirac fut aménagé pour les touristes dès 1898. De nos jours, on trouve des grottes aménagées dans tous les grands massifs karstiques :

Cavités écoles[modifier | modifier le code]

Certaines grottes ou avens se prêtent particulièrement bien à l'apprentissage de la spéléologie en milieu naturel : facilité d’accès, puits de profondeur modérée, absence d'étroitures extrêmes[6].

Initiation classique[modifier | modifier le code]

L'initiation de nouveaux membres se fait la plupart du temps dans les clubs spéléologiques, sur le terrain (cf. supra).

Dans certains départements (Isère[7], Ardèche[8],Rhône[9]etc.) des écoles sont créées.

Entraînement sportif[modifier | modifier le code]

Dans certains départements éloignés de toutes cavités, des structures d'entraînement ont été mises en place. Des spéléodromes ont ainsi vu le jour comme le Spéléodrome de Nancy en Meurthe-et-Moselle, celui de Rosny-sous-Bois en Seine-Saint-Denis[10] ou de Méry-sus-Oise dans le Val-d'Oise.

Siphons[modifier | modifier le code]

La France compte également de nombreux plongeurs-spéléo, ou spéléonautes, qui se sont illustrés aussi bien dans le pays qu'à l'étranger. En effet, l'accès à certaines cavités n'est parfois possible qu'en forçant un siphon.

Énigmes[modifier | modifier le code]

L'origine de certaines sources fait l'objet de légendes (Cuves de Sassenage, Fontaine de Vaucluse, etc.) et d'interrogations scientifiques (par exemple : l'Exsurgence de Port-Miou, Fontaine intermittente de Fontestorbes)[11].

Grandes expéditions/explorations[modifier | modifier le code]

Conquête des gouffres en France[modifier | modifier le code]

La grotte Chevalier vue de l'intérieur.
Puits dans la Dent de Crolles.

La première véritable topographie d'une cavité serait celle de la Grotte de Miremont en Dordogne qui, d'après Martel, aurait pu être levée en 1765 par M. Brémontier sur plus de 4 km. Mi-1780, Benoît-Joseph Marsollier des Vivetières est le premier explorateur qui emmène une expédition à la Baume ou grotte des Demoiselles. Il publie la communication de son périple à l'Académie de Lyon en 1785[12].

De nombreux pionniers contemporains de Diderot et de D'Alembert, poussés par une curiosité scientifique, seront les précurseurs d'une discipline qu'on nommera plus tard la « spéléologie ».

Avec les romantiques, la grotte devient à la mode. Les cavernes sont aménagées pour être visitées et l'aventure est recherchée par une bourgeoisie en quête d'émotion et de retour à la nature. Les archéologues découvrent les restes des hommes des cavernes et leurs peintures. La caverne séduit par son mystère, par son histoire redécouverte et par ses secrets.

C'est en juin 1888, avec la traversée de la rivière souterraine de Bramabiau, qu'Édouard-Alfred Martel met en évidence le système hydrogéologique d'un cours d'eau souterrain, système qu'il recherchera ensuite au cours de nombreuses campagnes menées dans les différents massifs karstiques français. Martel mettra en œuvre plusieurs techniques, passant de l'escarpolette à l'échelle de corde, se servant du téléphone. Il contribuera aux prémices de l'hydrochimie en démontrant qu'il est nécessaire de créer un périmètre de protection en terrain calcaire.

Après la guerre de 1914-1918, laquelle a interrompu pour un long moment l'exploration souterraine, deux grands noms vont assurer la relève : Robert de Joly et Norbert Casteret.

De Joly marquera son temps par la discipline spartiate et hiérarchisée qu'il impose à son équipe et par le matériel moderne issu de l'industrie de guerre qu'il mettra au point pour ses explorations.
Casteret est un solitaire, ses découvertes (notamment la résolution de l'énigme des sources de la Garonne) sont l'œuvre d'un individu exceptionnel qui a su ruser avec la nature. Ses quelque trente livres et plusieurs centaines de conférences ont fait de Casteret l'inspirateur de multiples vocations de spéléologues.

L'entre-deux guerres verra l'arrivée d'alpinistes (Pierre Chevalier (alpiniste, spéléologue)), accoutumés au vide, apportant avec eux de nouvelles connaissances techniques. La spéléologie se « démocratise » du fait de l'emploi de la technique sur corde simple. Les expéditions, beaucoup plus légères, permettent la découverte d'énormes réseaux labyrinthiques bien plus complexes que ne l'envisageaient les théories de Martel.

À la Libération, les livres de Martel et l'esprit de liberté de l'après-guerre font affluer de nombreux jeunes vers cette activité devenue « spéléologie sportive ». C'est la naissance des spéléo-clubs et, avec elle, l'augmentation des records de profondeurs atteintes dans les cavités. La spéléologie française organise des expéditions à l'étranger et se fédère : Fédération française de spéléologie (FFS). La FFS à son tour se structure et crée l'École française de spéléologie (EFS). L'apport de cet enseignement, lié à de nouvelles techniques de progression aux bloqueurs et descendeurs sur cordes simples, fait exploser le nombre des cavités explorées. Les records de profondeur ou de développement de réseaux se succèdent.

Hauts lieux de la conquête spéléologique en France[modifier | modifier le code]

Habitat préhistorique

La France compte de nombreuses grottes où l'on a retrouvé des vestiges d'occupation préhistorique (homme de Néandertal et homo sapiens) :

Voir davantage dans : catégorie « Grotte monument historique en France »

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Grand rhinolophe.

Les cavités françaises sont habitées par une faune dont certaines espèces font l'objet d'une protection particulière. On y trouve des chiroptères (chauves-souris), des salamandres, des crustacés (Niphargus, Caecosphaeroma), des collemboles, des acariens, des papillons, des escargotsetc.

On distingue, suivant leur degré de dépendance, les trogloxènes qui ne font que passer, les troglophiles dont c'est l'habitat principal et les troglobies dont c'est l'habitat exclusif.

Principaux massifs[modifier | modifier le code]

Alpes-Haut Giffre-Platé[modifier | modifier le code]

Les Alpes françaises comptent des grottes parmi les plus profondes du monde : le Gouffre Mirolda (−1 733 m)[13] et le Gouffre Jean-Bernard (−1 602 m) à Samoëns en Haute-Savoie. Sur le Désert de Platé les deux réseaux les plus importants sont le système Solfarate-Muraille de Chine de 852 mètres de dénivelé[14] et le réseau de la Tête des Verds -768 m pour un développement de 11 kilomètres[15].

Bornes[modifier | modifier le code]

Dans le massif des Bornes, le Parmelan avec le réseau de La Diau [16](45 km pour -720 m) et de Bunant (33,5 km pour -370 m)[17] ainsi que La Tournette avec le réseau des Praz d'zeures( -1 148 m)[18] se distinguent.

Bauges[modifier | modifier le code]

Les surfaces karstifiées occupent un quart du massif. Sous le Mont Margériaz le système Tanne aux cochons-Tanne Froide[19] développe ses méandres étroits sur 18 km pour une profondeur de 823m [20] Plus à l'ouest, sous le Revard le système Creux de la Cavale-Trou du Garde[21] donne accès à une rivière souterraine émergeant à la grotte de La Doria. Au nord de ce réseau on trouve sous la montagne de Prépoulain l'ensemble Creux de la Benoite-Litorne-Grotte de Prérouge de 55 kilomètres de galeries pour 857 mètres de profondeur.

Chartreuse[modifier | modifier le code]

Dans le réseau de la Dent de Crolles.

Le massif de la Chartreuse contient de petites unités karstiques dont certaines sont les plus caverneuses de France : réseau de l'Alpe - Alpette : 72 km pour −605 m, système du Granier : 55 km pour −505 m, réseau de la dent de Crolles : 55 km pour −690 m et le réseau de Malissard -415 m pour plus de 17 kilomètres situé sous l'Aulp du Seuil.

Dévoluy[modifier | modifier le code]

Le massif du Dévoluy est connu pour l'émergence des Gillardes où ressortent la plus grosse partie des eaux souterraines. Le puits des Bans (-331 m) est une cheminée d'équilibre de la zone noyée. La cavité la plus profonde est le réseau Rama-Aiguilles de 980 mètres de dénivellation[22]. En 2016 la Tune des Renards a atteint la profondeur de 890 mètres [23] sans dévoiler le collecteur convoité.

Jura[modifier | modifier le code]

Le massif du Jura s'étend sur plusieurs départements et aussi en Suisse. Il existe prés de 12 000 cavités[24]. Le réseau le plus profond est situé dans l'Ain : le Gouffre de la Rasse (−690 m). Le département du Doubs compte de nombreuses cavités. On y trouve des gouffres, des rivières souterraines visitables (Chauveroche à Ornans, le Verneau souterrain à Nans-sous-Sainte-Anne, la Grotte d'Osselle à Osselle) et d'importantes résurgences (la Source du Lison, la source de la Loue). Le département du Jura connu notamment pour ses reculées a de grandes grottes dont la Borne aux Cassots avec 18 kilomètres[25] est l'une des plus importante.

Grands Causses, Languedoc et Bas Vivarais[modifier | modifier le code]

L'Aven d'Orgnac.

L'ensemble géomorphologique des karst du Sud & Sud-Est du Massif-Central regroupe les Grands Causses, les massifs calcaires du Languedoc et le Bas-Vivarais. La zone traverse six départements au Nord du golfe du Lion : le Sud de la Lozère et le Sud de l'Aveyron, le Nord-Est de l'Aude, une bonne partie de l'Hérault et du Gard, et le Sud de l'Ardèche. Elle est sillonnée par de profonds canyons caractéristiques (gorges du Tarn, gorges de la Jonte, gorges de la Dourbie, gorges de la Cesse, gorges de l'Hérault, gorges du Gardon, gorges de la Cèze, gorges de l'Ardèche). On y recense des milliers de cavités dont certaines sont exploitées (grotte de Dargilan, aven Armand, caves de Roquefort, gouffre de Cabrespine, grotte de Limousis grotte de Clamouse, grotte des Demoiselles, abîme de Bramabiau, grotte de la Cocalière, aven d'Orgnac, grotte de Saint-Marcel…).

Marguareis[modifier | modifier le code]

Le massif du Marguareis est un karst de haute montagne des Alpes du sud situé sur la frontière franco-italienne. Les plus grandes cavités sont sur le versant italien :Complexe de Piagga Bella de 40 kilomètres de développement pour 950 mètres de profondeur mais des gouffres profonds existent aussi du côté français : aven de l'Ail de 565 mètres de profondeur[26].

Meurthe-et-Moselle[modifier | modifier le code]

Le département de Meurthe-et-Moselle comprend essentiellement un karst sous-alluvial ayant donné les grottes de la vallée de la Moselle, de Gondreville à Pierre-la-Treiche : grotte du Géant, grotte du Chaos, grotte des Sept Salles, grotte des Puits, grotte Sainte-Reine, grotte Jacqueline, trou des Celtes, grotte des Excentriquesetc.

Meuse[modifier | modifier le code]

Le département de la Meuse se caractérise par son karst de contact lithostratigraphique. Il compte de nombreuses cavités qui ont la particularité d'être peu profondes (~40 mètres), mais qui peuvent atteindre des développements importants. Citons quelques cavités dans une ancienne carrière souterraine de tuffeau à Savonnières-en-Perthois : le Réseau de la Sonnette, le Gouffre de la Besace, le Réseau de l'Avenir - Grande viaille et les Grandes Viailles. On trouve aussi quelques cavités dans les bois de Robert-Espagne (Réseau du Rupt-du-Puits, Gouffre de la Comète, Aven Annieetc.) ou ceux de Lisle-en-Rigault (Gouffre des Cascades, Gouffre des Parsons, Gouffre du Tobbogan, Gouffre du Blaireau, ruisseau souterraine de la Dorma, ruisseau souterrain de Jean d'Heursetc.)[27].

La région compte aussi quelques longs siphons, par exemple à Cousances-les-Forges, ou entre la Beva et le Rupt-du-Puits (10e plus long siphon de France pour son développement noyé maximum de 1 770 m, longueur totale de 2 950 m[28]). En 1971, le Rupt-du-Puits fut la plus longue cavité explorée post-siphon[29] ; en novembre 2016 c'est la 37e plus longue cavité naturelle de France[30]. On y accède actuellement par un puits artificiel cylindrique de 47 mètres de profondeur et de 80 cm de diamètre.

Plateau d'Albion[modifier | modifier le code]

La résurgence est la Fontaine de Vaucluse. Parmi les nombreuses cavités du plateau d'Albion (aven de Jean-Nouveau[31], aven du Caladaire, aven Autran), seul le système aven des Neiges-Aubert-Trou Souffleur a permis de suivre le collecteur : la rivière d'Albion[32],[33].

Pyrénées[modifier | modifier le code]

Lapiaz de la Pierre saint Martin

Les Pyrénées comptent de nombreux réseaux importants, dont le plus grand de France (117 km). Les plus connus sont probablement les Gouffre de la Pierre-Saint-Martin et la Coume Ouarnède, mais on en compte de nombreux autres. Le karst d'Iseye des Pyrénées-Atlantiques, difficilement accessible, comporte des gouffres profonds tel le gouffre Cambou de Liard 2 (-926 m)[34], Touya de Liet[35] ( -894 m) et Tasques-Krakoukas (-822 m); la grotte des Eaux Chaudes permet de remonter une rivière souterraine sur 810 mètres de dénivellation. Dans le Pays basque, le massif des Arbailles comprend de nombreuses cavités dont le gouffre d'Aphanicé avec le plus grand puits souterrain de France de 328 mètres de profondeur : le puits des Pirates[36] . Les karsts des Hautes Pyrénées répertorient prés de 2000 grottes et gouffres; le massif de Saint-Pé-de-Bigorre contient des cavités majeures tels le gouffre de la Ménère (-765 m) et le puts dets Tachous (-804 m). Dans l'Ariège parmi les nombreux massifs, le réseau Jacques Paloumé (-750 m pour 10 000 m de développement)-source d'Aliou est un ensemble homogène même si la jonction est encore théorique. Les Pyrénées-Orientales sont connues pour de grandes cavités, avec des concrétions à fusion, tel le Réseau André Lachambre de 35 kilomètres de long ou de Fuilla-Canalettes (26 500 m).

Vercors[modifier | modifier le code]

Scialet Jeunesse d'Automne du réseau du Clot d'Aspres dans le Vercors.

Le massif du Vercors, plus vaste karst de France, compte de nombreuses grottes dans le département de la Drôme et grottes dans le département de l'Isère, en particulier le Réseau du gouffre Berger dont la réputation est mondiale[37]. On y trouve notamment des glacières, celle de Corrençon-en-Vercors étant la plus connue. La grotte de Gournier, le réseau du Clot d'Aspres, le Réseau du Trou qui souffle, la grotte de Bournillon, les Cuves de Sassenage, la grotte de Choranche et la Grotte de la Luire font aussi partie des cavités visitées par de nombreux spéléologues et pour les trois dernières aussi par des touristes.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Édouard-Alfred Martel, Les abîmes : les eaux souterraines, les cavernes, les sources, la spéléologie : explorations souterraines effectuées de 1888 à 1893 en France, Belgique, Autriche et Grèce, Paris, Librairie Ch. Delagrave, , 578 p. (lire en ligne)
  • Édouard-Alfred Martel, Les Cavernes de la Grande-Chartreuse et du Vercors, Grenoble, impr. de Allier frères, , 87 p., In-8 (lire en ligne)
  • Édouard-Alfred Martel, Le gouffre et la rivière souterraine de Padirac (Lot) : historique, description, exploration, aménagement (1889-1900), Paris, Librairie Ch. Delagrave, , 180 p. (lire en ligne)
  • Édouard-Alfred Martel, La France ignorée : Sud-Est de la France, Paris, Librairie Ch. Delagrave, , 290 p. (lire en ligne)
  • Pierre Chevalier, Escalades souterraines, 1948
  • Haroun Tazieff, « Le gouffre de la Pierre Saint-Martin », sur arsip.fr, Arthaud, (ISBN 2-7003-0175-7), p. 190
  • Jean Cadoux, Jean Lavigne, Geo Matthieu, Louis Potié, Opération -1000, 1955
  • Pierre Minvielle, Grottes et canyons (Les 100 plus belles courses et randonnées), Denoël, 1977
  • René Parein, André Languille, La Haute Provence souterraine, 1981
  • Pierre Rias, -1455 mètres et après?, Grenoble, Glénat, coll. « Aventures Extraordinaires », , 89 p. (ISBN 2-7234-0229-0)
  • Luc-Henri Fage, Spéléo Sportive dans les Monts du Vaucluse, 1981
  • Maurice Duchêne, Pierre-André Drillat, La Coumo d'Hyouernedo, 1982
  • Gilbert Bohec et Baudouin Lismonde, Fédération française de spéléologie, « Les grande cavités françaises au 1/50000 », Scialet : bulletin du CDS de l'Isère, Grenoble, Comité départemental de spéléologie de l'Isère, no 12,‎ , p. 4-9 (ISSN 0336-0326, lire en ligne [PDF]).
  • Yves Aucant; Jean-Claude Frachon, Spéléo Sportive dans le Jura Franc-Comtois, 1983, (ISBN 2-85744-141-X)
  • Richard Maire, Christian Rigaldie, Spéléo Sportive dans les Alpes de Haute Savoie (Haut Giffre et Désert de Plate), 1984 (ISBN 2-85744-181-9)
  • Jean-Jacques Delannoy et Richard Maire, « Les grandes cavités alpines. Répartition et contexte hydrogéologique », revue Karstologia, vol. 3,‎ , p. 60-69 (lire en ligne).
  • Jean-Pierre Urlacher, Yves Aucant, Marc Chocat, Claude Schmitt, Le Verneau souterrain : Spéléologie en Franche-Comté, Shag, 1985, (ISBN 978-2-9500854-0-5)
  • Michel Douat, Jean-François Pernette, Serge Puisais, Spéléo Sportive à la Pierre Saint-Martin, 1985 (ISBN 2-85744-182-7)
  • Jean-Jacques Delannoy, Dominique Haffner, La Spéléo Sportive dans le Vercors, 1987 (ISBN 2-85744-274-2)
  • Alain Oddou, Jean-Paul Sounier, Spéléo Sportive dans le Marguareis, 1986
  • Claude Chabert, Association française de karstologie, « Les grands phénomènes karstiques français par les chiffres », Karstologia : revue de karstologie et de spéléologie physique de la Fédération française de spéléologie et de l'Association française de karstologie, Paris, Fédération française de spéléologie, no 1,‎ , p. 1-6 (ISSN 0751-7688, lire en ligne).
  • Philippe Drouin, Thierry Marchand, Spéléo Sportive en Ardèche, 1989 (ISBN 2-85744-401-X)
  • Paul Courbon, René Parein, Atlas souterrain de la Provence et des Alpes de Lumière., 1991 (ISBN 2-7417-0007-9)
  • Patrick Labadie, Franck Vasseur, Spéléo Sportive dans les Garrigues Nord Montpelliéraines,1992 (ISBN 2-85744-577-6)
  • Beaudouin Lismonde, Jean-Jacques Delannoy (coll.), Jérôme Biju-Duval (coll.) et Bernard Cruat (coll.) (ill. Régine Landry, photogr. Serge Caillault et al.), Le Trou qui souffle de Méaudre - Vercors, Grenoble, Comité départemental de spéléologie de l'Isère, , 148 p., 30 cm (ISBN 2-9026-7027-3, lire en ligne [PDF]).
  • Philippe Audra, Association française de karstologie & Fédération française de spéléologie, « Karsts alpins, genèse de grands réseaux souterrains », Karstologia Mémoires, Paris, Association française de karstologie, no 5,‎ (ISBN 2-7417-0132-6).
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  • Phil Bence, Flo Guillot, Spéléo Guide Ariège-Pyrénées, 2002
  • Georges Marbach, Le monde invisible, Glénat, 2006, 159 pages (ISBN 2-7234-5462-2)
  • Philippe Audra-Responsable d'édition, Association française de karstologie, « Grottes et karts de France », Karstologia Mémoires, Paris, Association française de karstologie, no 19,‎ (ISBN 978-2-95-042225-5)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [PDF]Jean-Louis Thomare, « Enquête sur les pratiquants de la spéléologie et du canyon », , p. 32.
  2. « Historique », sur Site de la Fédération française de spéléologie, (consulté le 20 novembre 2016).
  3. (fr) « Ceux qui ont fait la Fédé... 1988 », sur le site de l'Association nationale des anciens responsables de la FFS (Anar-FFS) (consulté le 2 janvier 2017)
  4. François de Félix, Nouvelles topos de la dent de Crolles, Spéléo Secours Isère, 4 janvier 2015.
  5. ONF / LISPEL, « Convention d'accès au gouffre du Rupt-du-Puits du 11 février 2004 » (consulté le 5 juin 2008)
  6. Parc naturel régional du Vercors, « Grotte des Eymards », sur parc-du-vercors.fr, Parc naturel régional du Vercors (consulté le 3 octobre 2016).
  7. « L'école Spéléo Campus », sur speleo campus (consulté le 23 novembre 2016).
  8. « Ecole départementale de spéléologie-Comité départemental de spéléologie de l'Ardèche », sur cds 07 (consulté le 23 novembre 2016).
  9. « Ecole Départementale de Spéléologie et de Canyon-Comité Départemental de Spéléologie du Rhône », sur cds 69.
  10. [PDF] Spéléodrome, Comité départemental de spéléologie de Seine-Saint-Denis[1]
  11. Philippe Audra-Responsable d'édition et Christophe Bés, Association française de karstologie, « Grottes et karts de France - La fontaine intermittente de Fontestorbes,Ariège », Karstologia Mémoires, Paris, Association française de karstologie, no 19,‎ , p. 268-269 (ISBN 978-2-95-042225-5).
  12. Benoît-Joseph Marsollier des Vivetières, Description de La Baume ou Grotte des demoiselles, à Saint-Bauzile, près de Ganges, dans les Cévennes, s.l., s.n., , 24 p., In-8° (notice BnF no FRBNF30891438, lire en ligne).
  13. En spéléologie, les mesures négatives ou positives se définissent par rapport à un point de référence qui est l'entrée du réseau, connue, la plus élevée en altitude.
  14. Guiche, « Traversée mythique », sur le site du spéléo club du Mont Blanc, 13 février 2015.
  15. Philippe Audra-Responsable d'édition, Gérald Favre, Ludovic Savoy et Denis Favre, Association française de karstologie, « Grottes et karts de France - Le Réseau de la tête des Verds-La Poya- Désert de Platé,Haute Savoie », Karstologia Mémoires, Paris, Association française de karstologie, no 19,‎ , p. 198-199 (ISBN 978-2-95-042225-5).
  16. Baudouin Lismonde, Association française de karstologie, « Le réseau de la Diau », Karstologia : revue de karstologie et de spéléologie physique de la Fédération française de spéléologie et de l'Association française de karstologie, Paris, Fédération française de spéléologie, no 1,‎ 1e semestre 1983, p. 9-18 (ISSN 0751-7688, lire en ligne).
  17. Philippe Audra-Responsable d'édition et Guy Masson, Association française de karstologie, « Grottes et karts de France - Massif du Parmelan,Haute Savoie.Les réseaux de la Diau et de Bunant », Karstologia Mémoires, Paris, Association française de karstologie, no 19,‎ , p. 202-203 (ISBN 978-2-95-042225-5).
  18. Patrick Génuite, « Tanne des Praz d'zeures - Un nouveau -1000 en Haute Savoie », Spéléo, Fontaine, Spéléo magazine, no 21,‎ janvier- mars 1996, p. 4 (ISSN 1629-1573).
  19. Fabien Hoblea, « Sentier des Tannes et des Glacières », sur le site comité départemental de spéléologie de Savoie, 1er janvier 2012 (lire en ligne)
  20. Robert Durand, Des chiffres, Comité départemental de spéléologie de la Savoie, 7 mars 2012.
  21. [PDF] « Réseau souterrain du Garde-Cavale », sur le site comité départemental de spéléologie de Savoie.
  22. Philippe Bertochio, « Réseau chourum de la Rama-chourum des Aiguilles », sur [2] le site du Spéléo Club Alpin de Gap, (consulté le 27 novembre 2016).
  23. Philippe Audra-Responsable d'édition et Philippe Bertochio, Association française de karstologie, « Grottes et karts de France - Le massif du Dévoluy, un bastion calcaire entre alpes du nord et du sud », Karstologia Mémoires, Paris, Association française de karstologie, no 19,‎ , p. 218-219 (ISBN 978-2-95-042225-5).
  24. Philippe Audra-Responsable d'édition et Pascal Reilé, Association française de karstologie, « Grottes et karts de France - Le karst franc-comtois du massif du Jura », Karstologia Mémoires, Paris, Association française de karstologie, no 19,‎ , p. 176-181 (ISBN 978-2-95-042225-5).
  25. « La Borne aux Cassots », sur Comité départemental de spéléologie du Jura (consulté le 23 novembre 2016).
  26. Philippe Audra-Responsable d'édition et Eric Madelaine, Association française de karstologie, « Grottes et karts de France - Le karst Franco Italien du Marguareis », Karstologia Mémoires, Paris, Association française de karstologie, no 19,‎ , p. 226-227 (ISBN 978-2-95-042225-5).
  27. (fr) « Domaine spéléologique meusien », sur le site de la Maison lorraine de la spéléologie (MLS), (consulté le 25 juillet 2011)
  28. (fr) « Siphonométrie de France (liste établie au 20/6/2008) », sur le site Plongée souterraine (consulté le 24 décembre 2013)
  29. (fr) Daniel Prévot, « Trentième anniversaire du forage du Rupt-du-Puits », (consulté le 5 juin 2008)
  30. Voir la liste des plus longues cavités naturelles
  31. [PDF] Paul Courbon, « L'exploration solitaire du Jean Nouveau, mai 1972 », sur chroniques-souterraines, (consulté le 3 décembre 2016).
  32. [PDF] Olivier Sausse, « Ouverture de l’aven Aubert : nouvelle entrée du trou Souffleur (Saint-Christol-d’Albion, Vaucluse) », extrait de Spelunca n°130, 2013, sur le site du Groupe Spéléo Bagnols Marcoule (GSBM), (consulté le 23 novembre 2016).
  33. [PDF] Pascal Caton, « Découverte de l'aven des Neiges:nouvelle entrée du trou Souffleur (Sain-Christol-d'Albion, Vaucluse) », extrait de Spelunca n°137, 2015, sur le site du Groupe Spéléo Bagnols Marcoule (GSBM), (consulté le 26 novembre 2016).
  34. Baudouin Lismonde, Fédération française de spéléologie, « Le gouffre du Cambou de Liard », Scialet : bulletin du CDS de l'Isère, Grenoble, Comité départemental de spéléologie de l'Isère, no 1,‎ , p. 81-85 (ISSN 0336-0326, lire en ligne [PDF]).
  35. Maurice Chiron, Baudouin Lismonde et Guy Masson, Fédération française de spéléologie, « Explorations récentes au gouffre Touya », Scialet : bulletin du CDS de l'Isère, Grenoble, Comité départemental de spéléologie de l'Isère, no 12,‎ , p. 103-108 (ISSN 0336-0326, lire en ligne [PDF]).
  36. [PDF]Paul Courbon, « evolution des techniques spéléologiques 2/2, la progression sur corde, p. 4 ».
  37. Jean-Jacques Delannoy, Association française de karstologie, « Le Vercors : un massif de la moyenne montagne alpine », Karstologia : revue de karstologie et de spéléologie physique de la Fédération française de spéléologie et de l'Association française de karstologie, Paris, Fédération française de spéléologie, no 1,‎ 1er semestre 1984, p. 34-45 (ISSN 0751-7688, lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]