Catiche

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Une catiche est un terme régional du Nord de la France qui désigne certains types de cavités souterraines, à savoir d'anciennes carrières d'exploitation souterraine de craie, ou plus rarement de marne ou de silex. Ce terme est plus particulièrement utilisé au sud de Lille et dans les communes limitrophes, ainsi que dans quelques endroits de Picardie.

Le mot catiche peut aussi désigner la tanière des loutres.

Description et utilisation des catiches[modifier | modifier le code]

Une catiche désigne spécifiquement une cavité souterraine artificielle, ancienne carrière souterraines de craie, ou plus rarement de marne ou de silex.

Procédé d'exploitation[modifier | modifier le code]

Le procédé d'exploitation consiste à réaliser un puits en l'évasant progressivement, jusqu'à donner à la cavité finie une forme de bouteille. La profondeur est généralement comprise entre 10 et 20 mètres, le diamètre au niveau du terrain naturel est d'environ 1 mètre, pour atteindre environ 15 mètres au niveau du sol de l'exploitation.

Localement, à la suite de remontées de nappes ou des arrêts de pompage, le fond de certaines catiches peut être situé sous le niveau du plafond de la nappe phréatique et être ennoyé, ce qui nuit à la stabilité des piliers.

Fin d'exploitation des catiches de craie[modifier | modifier le code]

Le goulot était scellé en fin d'exploitation par une sorte de voûte en encorbellement de pierres sèches reposant sur la craie franche. Cette voûte était ensuite recouverte de quelques dizaines de centimètres de terre, ce qui permettait de continuer l'exploitation agricole des champs en surface. Il semble que ce type d'exploitation, après un apogée aux XVe - XVIIIe siècles, se soit éteint au début du XXe siècle. Cependant, quelques personnes étaient encore capables de réparer les voûtes lorsque celles-ci étaient endommagées à la fin du XXe siècle.

Lorsqu'une catiche était terminée, on creusait une autre catiche à une distance proche du diamètre de la première, ce qui permettait une jonction au niveau du fond. Ainsi, quatre catiches réalisées au carré laissaient au niveau du sol un pilier de craie en forme d'étoile à quatre branches, et quatre portes plus ou moins hautes. Correctement effectuées, les exploitations en catiches pouvaient atteindre plusieurs hectares. Les plus importantes sont situées sur les communes de Faches-Thumesnil, Hellemmes, Lezennes, Lille, Loos, Ronchin, Seclin, Templemars, Wattignies.

Les catiches ont parfois été transformées en champignonnières ou en site de blanchiment d'endive, dite Barbe de capucin. Celle-ci était cultivée par les barbeux. Il y en avait une cinquantaine dans les années 1960, et il n'en restait plus que deux quarante ans plus tard[1].

Dénombrement et historique[modifier | modifier le code]

La majeure partie des carrières souterraines exploitées en catiches et encore visitables ont été recensées, cartographiées et inspectées par le Service Départemental d'Inspection des Carrières Souterraines (ex-SDICS, aujourd'hui SEISM), dont un chef de service, M. Bernard Bivert, a édité plusieurs ouvrages richement illustrés.

Certaines catiches dateraient de l'époque romaine[2]. On en extrayait la craie qui servait à construire, produire de la craie pour les fours à chaux ou comme amendement agricole, en remplacement de la marne. Les morceaux de craie, se fragmentent sous l'effet du gel hivernal et enrichissent les sols agricoles en calcium.

Le réseau des carrières de Lezennes et des environs est le plus grand réseau de carrières souterraines de France s'étendant notamment sous les communes de Lezennes, Faches-Thumesnil, Lille-Hellemmes, et moindrement Lomme, Loos, Haubourdin et les environs[2],[3]. Il regroupe plusieurs types d'exploitations, en chambres à piliers tournés et catiches, et a servi comme souterrain-refuge comme en témoignent de nombreux graffitis et vestiges. Une visite annuelle est organisée par la mairie de Lezennes lors des journées du patrimoine.

Il n'y a à ce jour pas d'étude exhaustive sur les différentes périodes de creusement des cavités souterraines et leurs usages, même si elles peuvent être localement bien documentées (cas des fortifications de Lille). Les plus anciens exemples de souterrains datent du Paléolithique et ont servi à l'exploitation de rognons de silex par l'Homme préhistorique ; une reconstitution muséologique est présentée au Parc de Samara (Somme).

Autres souterrains[modifier | modifier le code]

Il convient de différencier les catiches des différents types de souterrains, notamment dans la région Nord-Pas-de-Calais.

Ainsi, les catiches du sud-lillois sont distinctes des caves dites boves d'Arras[4] ou de Béthune, des boves superficielles taillées dans les limons particulièrement présentes dans le cambrésis, des carrières souterraines en chambres à piliers tournés (dites également carrières en chambres et piliers), des sapes de guerre (particulièrement liées aux tranchées de la première guerre mondiale), des muches, des souterrains-refuges et souterrains linéaires (intégrés le plus souvent à d'anciennes fortifications telles que celles de Vauban).

Risques d'effondrement[modifier | modifier le code]

Les parois et piliers fragilisés par les mouvements de nappe ou les rejets d'eaux et de déchets, les bouchons endommagés sont une source de danger pour les activités et constructions occupant le sol situé au-dessus du réseau de cavités souterraines.

En 2000-2010, selon les pompiers[5], au Nord de la France, une douzaine de plafonds de catiches s'effondre chaque année, souvent brutalement et après une période de forte pluie et/ou gel, et parfois de manière spectaculaire[5].

La presse fait régulièrement état de découverte de catiches en zone habitée, voire près d'immeubles[6], et une association de riverains[7] s'est créée pour tenter de trouver des solutions.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Reportage sur la culture souterraine de 3 000 m2 d'endives (ou chicorée) dans d'anciennes catiches situées sous le centre de Faches-Thumesnil, dans le département du Nord, dans le noir, à 12 mètres de profondeur, à 12-13°C et 98 % d'hygrométrie)
  2. a et b Article (illustré) de la Voix du Nord intitulé « Les catiches âgées de plusieurs siècles mardi ; La Voix du Nord  » 2009/01/27, consulté 2010 04 29
  3. page illustrée sur les catiches du Nord
  4. Histoire générale de la province d'Artois : Volume 2 - Jean Baptiste François Hennebert  - 1 janvier 1788
  5. a et b [Reportage Lille/Métropole/FR3 sur l'effondrement d'une Catiche à Faches-Thumesnil dans le fond d'un jardin 2009/01/27]
  6. Des catiches repérées au pied des tours, à Lille-Sud : un risque d'effondrement « pas imminent, mais avéré » Art. de la Voix du Nord du 2010/05/06
  7. Victimes de catiches, ils créent une asso pour dire non à « la loi du silence » Art. Voix du Nord du 2010/01/26

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]